‹ Les Beaux-Arts (volume 2)Chapitre 54 sur 150 · EU X I K M E PROU EE ME · texte numérisé non relu

EU X I K M E PROU EE ME

Projection polaire sur des surfaces brisées , courbes ri développables, délier minces.

C’est surtout pour la solution de ce problème et des suivants que paraît la supériorité du tissu transparent sur la glace.

En effet, l'étoffe dont nous avons parlé pouvant s’appliquer a presque toutes les formes, on conçoit qu’il est facile de donner à un châssis une forme semblable a celle de l’objet que l'on veut dessiner. Dès que ce rapport île formes existe, la projection polaire ne consiste plus que dans un calque; pour l’obtenir autrement, il faudrait les operations les plus longues et souvent les plus difficiles.

Supposons, par exemple, qu’il s’agisse de dessiner un tableau peint sur deux murailles obliques, et que l’artiste ne peut apercevoir que sous un angle fort aigu. Vues de la sorte, les figures seront complètement déformées parla perspective. Userait nonseulement difficile de les copier, mais la copie même en serait à peu près inintelligible.

Au moyen de l’appareil de M. Houlliet, rien de plus simple que de les dessiner, et même que d en obtenir le redressement sur un même plan, sans les raccourcis, que donnerait la perspective.

Que l’on construise un châssiseomposé de deux parties obliques parallèles aux murailles, sur lesquelles le tableau est tracé, ayant un anglecça/etunelongueur proportionnelle, enfin que le châssis soit placé dans une position telle qu'il présente une fiçjure semblable à celle de ces murailles. Cela n’est ni fort difficile ni fort dispendieux. Le châssis terminé et l'étoffe transparente tendue, le dessinateur n'a plus qu a calque! sur le tissu les contours qu’il aperçoit. Pendant que son œil, toujours a un point fixe, voit les figures en perspective, son crayon trace des traits et des contours semblables à ceux du modèle. En ellet, pom calquer, il est obligé de former des traits qui, "ls eu perspective par lui, soient semblables a 1 apparence des traits de l'original ; il en résulte que ce qui, sur son châssis, est en perspective a son point de. vue, a réellement un développement semblable a celui de l’original. Le jouet que l'on voit dans tourtes cabinets de physique, et qui sert à produire des

anamorphoses , donne des résultats fondés sur le même principe.

En résumé, le problème que nous venons d’exposer sera résolu toutes les fois qu'on pourra prendre quelques mesures exactes, et donner à l’appareil une forme semblable à celle des objets qu’il s’agit de dessiner. Dans l’application, la construction de l’appareil pourra offrir des difficultés ; elles seront insurmontables lorsqu'il s’agira de certaines surfaces non développables , mais en revanche, dans un très-grand nombre de cas, il sera de la plus facile exécution.

ru o i si Ê ,m e e a o n t.è me.

lied ressèment des images obtenues et îles sur [ares développables .

11 s’obtiendra en détendant le tissu de dessus le châssis qui lui a donné une forme semblable à celle de l’original; mais quelquefois les fils de l'étoffe pourraient être déplacés, ou bien, inégalement tendus, ils ne reviendraient plus dans un plan horizontal. Ce serait une cause d’erreur. On obvierait à cet inconvénient en appliquant sur l’appareil tout monté le papier ou la toile destinée à recevoir la contre-épreuve. Par exemple, un dessin posé sur une portion de cylindre pourrait être décalqué de la même façon que s’impriment les toiles peintes.

Q ü ATR] È M E P ROBLÈ M E.

Grandissement de toute espece de figures planes.

Jusqu’ici, tous les dessins, ou, pour parler plus exactement , tous les calques obtenus sont de dimensions plus ou moins inférieures à celles de l’original, et dans une proportion variable à l’infini, suivant l’éloignement du point de vue au châssis, et du châssis à l’objet. On peut, au moyen d’une seconde opération, arriver à donner au calque la grandeur île l’original, ou même des dimensions infiniment supérieures.

Un dessin étant tracé sur le tissu transparent, que

I on dispose derrière le châssis une lampe dont la flamme occupe précisément la place du point de vue, puis, devant, et parallèlement au châssis, que l’on place une toile ou un papier. La chambredanslaquelle on opèren aurad aulrelumièrequecelle de la lampe. Les ombres des traits vlu dessin se peindront sur la toile plus ou moins grands, suivant l’éloignemen(/ de celle-ci, et suivant l’éloignement de la lampe.

En ayant soin de se placer de manière à ne pas masquer la lumière de la lampe, on pourra suivre avec un crayon les ombres projetées sur la toile. E est encore une espèce de calque qui n’est pas plus difficile à exécuter que les précédents.

Si 1 on connaît les dimensions réelles de l'objet qu on a dessiné en petit sur le tissu, on les marquera sur la toile, et on l’avancera ou la reculera jusqu'à ce <pie 1 ombre corresponde exactement aux points de repère qu'on aura déterminés. De la sorte, par une double opération , on arrive à la grandeur exacte de l’original.

Le grandissement jusqu’au quintuple s’obtient sans que les ombres des traits du crayon s’élargissent assez pour devenir confuses. Passé une certaine distance, le tracé présente plus de difficultés, en raison de l’affaiblissement des ombresetdu vague des contours; dans tous les cas, il faut avoir soin de suivre toujours avec le crayon l’axe du trait, et non le bord intérieur ou le bord extérieur des ombres, afin que le calque conserve l’exactitude désirable.

Dans les expériences auxquelles nous avons assisté, M. Roulliet ne s’est servi que d’une lampe à mèche plate, placée de manière à ce que le plan de la mèche fût perpendiculaire à celui du châssis. Eu baissant la mèche, il parvenait à la réduire presque à un point lumineux. Nous avons reconnu que les ombres se dessinaient assez nettement avec cette faible lumière; mais nous pensons toutefois que ce procédé d’éclairage pourrait être perfectionné, et qu’un appareil un peu plus compliqué donnerait une lumière plus vive et partant d’un seul point.

Eig I .

CeL appareil (fig. lrC) consisterait en un réflecteur en forme d’ellipsoïde de révolution , ABCD. Le réservoir delà lampe serait placé en un point B. La flamme occupant l’un des foyers de l’ellipsoïde, tous les rayons lumineux réfléchis sur la surface polie de l’appareil formeraient autant de rayons vecteurs qui s’échapperaient par une petite ouverture circulaire D, percée à l’autre foyer de l’ellipsoïde.

Une telle lampe, sans doute, produirait un grandissement considérable et projetterait des ombres nettes sur une large surface.

Lorsqu’il ne faut grandir un dessin que médiocrement, M. Roulliet place un papier tendu parallèlement au châssis et à une petite distance. Le châssis et. le papier étant l’un et l’autre opposés à la lumière, la transparence du papier laisse apercevoir les ombres du dessin tracé sur le tissu, et l’opération ressemble de tout point à un calque à la vitre. 11 est inutile d’ajouter que, pour que le calque se trouve dans le sens de l’original, il est nécessaire de placer le tissu dans le sens inverse.

Page 1