COL LE CTI OMS PARTI CC U EH ES DE PARIS
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tic ces hommes heureux <| possèdent ce t|u’ils aiineu Prudhon est le peintre favc de M. Marcille ; et il a pl «le soixante Prudhon, de sins et tableaux. C'est t bonheur comme celui d gens d esprit qui trouvent des mots à plaisi M. Marcille trouve des Prudhon quand il en veu parce qu'il en veut toujours et qu’il les aime av passion.
ha seconde affection de M. Marcille, c’est. Greuz et il a douze Greuze à l'huile, un pastel, un nomb infini de dessins, sans compter une collection t copies de toutes les tètes de Greuze qui ont pai dans les collections ou dans le commerce.
En général, les prédilections de M. Marcille s’ dressent aux peintres gracieux, comme cerlah al tistes de notre école du dix-huitiéme siècle, Fri gouard, Chardin , Boucher, après Greuze toutefoi d surtout après Prudhon. Je soupçonne ans M. Marcille d avoir un faible pour les grands cof nsles de toutes les écoles , car on voit chez lui pl sieurs copies des plus beaux tableaux du Corrége,
''cfa"1 de ces wes peintures qm sont maintena Classées a demeure dans les collections royale; deux bonnes esquisses originales de lîtibeils ' VE fnrmenl cl’ une femme par les Ce, Heures, Mars parla pour la guerre menu par Vénus, provenant de 'cote de M Dubois. Il a encore réuni .me vingt»], de Gencault, a l'huile ou au crayon.
Quand on entre chez M. Marcille, on rencontre, des I antichambre, Gronzo, Chardin, Gérieanlt, Prudhon, et tout 1 appartement est tapissé d excellentes peintures. On s’arrête souvent, jusqu’à ce qu'on arrive au sanctuaire où les principaux dessins (le Prudhon soûl exposés. Après quoi, M, Marcille conduit les intimes dans quelques pièces qui servent de magasin a tableaux. Là, vous trouvez deux cents toiles entassées par terre et formant des montagnes qui laissent à peine un sentier étroit pour les pieds du visiteur. Alors votre gracieux bote détache au hasard du flanc de la montagne quelque trésor poudreux, et vous montre une éludé de maître, ou bien un charmant portrait de femme. Il est difficile d indiquer seulement tout ce que possède M. Marcille, et il ne ie sait pas lui-même; car celte collection est le résultat d'un amour de vingt ans, sans cesse actif et désintéressé. Il faut donc nous contenter d’une rapide énumération des ouvrages de Gérieanlt, de Greuze et de Prudhon, celle glorieuse Irinile si bien représentée chez M. Marcille.
Géuicallt. — Léda et Le Ci/cjne, au bord d'un ruisseau entoure d'arbres mystérieux. C'est nue petite esquisse à l’huile, d'une superbe tournure et d une vigoureuse couleur. — Deux Lions, du tableau de Bubons dans la série des Médicis, du Louvre; étude a l’huile. — Joueur de flûte, éluda aa\démique, d'une exécution toute magistrale. — Por~ trail d homme assis dans l’altitude de la méditation ; esquisse à I huile. — La Méduse, étude à la plume pour le grand tableau du Louvre, avec une composi-
lion différente : la barque qui doit sauver les naufragés est tout près d’eux. On sait que Géricault a retourné dans tous les sens la pensée de son tableau.
— Autre élude pour la Méduse , avec de nouvelles variantes. — Plusieurs éludes de fragments pour la même composition. — La Traite des Nègres, dessin très-important, à la plume et lavé, pour le tableau dont il parlait sur son lit de mort. — Plusieurs éludés pour un Mazeppa. — Scène de brigands nas; grande composition avec de nombreux personnages.
— Le Triomphe de Silène, lavé et rehaussé de blanc.
— Deux autres études du même sujet, au crayon, avec des changements. — Jésus au jardin des Oliviers, composition pleine île sentiment, à la plume et vigoureusement lavé. — Lion couché, aquarelle qui rappelle les études d’animaux, de M. Eugène Delacroix. — Nègre à chenal , à la plume et lavé. — Ilonune nu retenant un cheval gui se cabre, magnifique dessin au crayon. — Un autre Cavalier , à la plume. — Plusieurs dessins d’hommes et de chevaux. — Enfin, une esquisse du Hussard à cheval, du Palais-Boval.
Gkeuze. — La Frayeur, tète déjeuné femme, de grandeur naturelle et de la bonne exécution du maître, à l’huile. — Tête de Petit garçon, à l’huile.
— Tète de Jeune homme, charmante étude à l’huile pour un tableau. — La Mère île Charles X, portrait en buste, à l’huile. — Portrait de Madame Elisabeth, à l’huile. — Portrait de Jeune femme, avec un manteau blanc, garni de fourrures, à l’huile; quelques personnes l'attribuent à un autre maître du dix-huitième siècle. — Tète de Petite jille , élude à l'huile. — La Pudeur, étude de jeune fille debout, pour le tableau de Psyché et l'Amour , à l'huile. — Tète de Jeune fdle , vue de face, pastel . — La Madeleine, tète de grandeur naturelle, aux trois crayons et harmonieusement estompé ; élude pour le beau tableau de M. de Montlouis. — Portrait de AL Delaborde, tète d’étude à la sanguine, pour le jeune chasseur, dans le tableau de la Mère heureuse. — Télé de vieillard, pour la Malédiction paternelle ; sanguine. — Femme couchée , élude à la sanguine pour le grand tableau de Danaé. — Tète île Jeune femme, d’une expression ravissante; ces deux dessins proviennent de la vente Yillenave. — Tète de Jeun • fille, les cheveux épars, sanguine. — La Comparaison des seins, charmante composition de deux femmes demi-nues, à l’encre et lavée d'encre de Chine. — Et bien d'autres dessins classés dans les cartons.
Prudhon. — Vénus cl Adonis, un chef-d'œuvre digne du Corrége ; c’est la belle esquisse terminée que M. Mareillea payée 8,500 IV. à la vente Sommariva. Ce n’est pas trop, quoiqu'il n’y ait pas un pied carré de peinture. Les chairs sont d’une couleur admirable ; la lumière est harmonieuse et juste. Aux pieds de Vénus, de petits amours jouent avec des chiens. Le paysage est mélancolique et mystérieux.
— L Innocence préférant l'amour à la richesse, petite esquisse terminée, qui peut faire pendant à la précédente. Aille Mayer en a peint un grand tableau.— Le Rêve du bonheur, autre petite esquisse dont Aille Alayer a également fait le tableau : une femme voluptueusement couchée est soutenue par sou amant; l’Espérance, aidée des Amours, conduit la barque. — L'âme s’envolant au ciel , grande figure de femme nue, les bras étendus et le pied louchant a peine un rocher au-dessus de la mer. Cette peinture a 1 huile n’est pas tout à fait terminée et laisse voir les préparants du maître ; elle provient de la vente de AI Dubois, de la rue de Lancry, où elle a été vendue très-bon marché. — Portrait de Jeune femme, coiffée d’un chapeau de paille orné de (leurs. Une demi-teinte très-douce voile le haut de son visage. 11 n’est, pas certain que ce gracieux portrait soit de Prudhoii. — José/ h cl Pulipliur, petite esquisse a l’huile, de deux pouces carrés. Elle offre les plus fines qualités du maître. C’est le même motif que celui de l’esquisse qui vient d'ètre vendue chez Al .Dubois, de la rue Uauleville. — Le même sujet, plus grand, à la plume, à l'estompe et rehaussé de blanc.
— Portrait de la fille de Prudhon, grandeur naturelle, pastel. — Tète de femme, grandeur naturelle, estompe et crayon noir. — Tète de Satyre, grandeur naturelle, fusain. — Portrait en pied de M. Sommariva père, debout.— Portrait de M. Bonhommé , notaire; il esl assis dans un paysage et caresse un chien. On dit que le grand portrait à l'huile est dans la famille de AI. Bonhommé; sur papier gris, aux crayons noir et. blanc. — La France, tète de femme au crayon noir. — Portrait de Joséphine, petite esquisse du grand portrait qui appartient au prince Louis Bonaparte. — Portrait du Roi de Rome en faut ; il esl couché au milieu des Heurs. Il y avait autrefois la couronne impériale suspendue sur sa tète. Prudhon lui-même y a substitué les lis cl le cordon bleu ; petite esquisse à l’huile. — Autre portrait du Roi de Rome, fait à la Alalmaison eu 1811, pour la gravure; tète de profil, au crayon noir. — Femme assise, a la plume, pour la gravure. — Deux Victoires, figures symboliques pour un transparent du sacre de Napoléon. — Lareveillière Lepeaux, caricature à la plume, pour la gravure. —La Renommée, élude à la plume et au crayon. — Deux études de Vénus. — Abel , élude d'homme nu et renversé, pour le tableau du Louvre, estompe. — Vénus au bain , femme nue en pied; crayons noir et blanc. — Vénus et l'Amour, petit médaillon, au crayon noir. — Deux Baigneuses renversées, aux crayons noir et blanc, d’un effet extraordinaire. — Pasiphaé, étude de femme qui serre le cou d’un taureau, d’après un bas relief grec du Louvre ; à la plume. — Les Arts, leCommerce et l'Industrie présentés à la France assise entre la Force et la Justice, petit bas-relief à la plume et lavé. — Deux dessins pour l’illustration du Gentil Bernard. — La Constitution française fondée par la
sagesse, grand dessin pour la gravure. — Vénus présentant Hélène à Paris, peu avancé, aux crayons noir et blanc.— U Émulation donne l’essor à l’Etude; c’est le dessin des deux petits Amours du plafond du Louvre, salle des sculptures grecques. — Minerve conduisant le génie des Arts à l’immortalité , grande esquisse du plafond du musée, exécuté par >1. Mevnier. — Autre petite esquisse du même sujet. — Études pour l’Avarice foulant aux pieds les sentiments humains. — L’ Aurore répandant ses trésors sur la terre, légère esquisse au crayon noir. — L’Offrande à l’Amour, crayons noir et blanc. — La Philosophie, dessin terminé d’une des quatre grandes ligures à l'huile qui sont chez M. de Rothschild; M. le marquis Maison possède deux autres dessins de cette série. — Le Crime conduit devant la Justice, belle composition avec une pièce de rechange dont M. Carrier possède le repentir. M. Ledru-Rollin en a une autre esquisse plus grande et d’une beauté supérieure. — L’Amour qui séduit l'Innocence, étude au crayon noir. ÎU. Legrand, des ponts et chaussées, possède aussi un beau dessin de cette composition, (j ne Prudhon affectionnait et qu'il a répétée quatre fois à l’huile. On voit un de ces tableaux chez M. Martin, agent de change. — Paysage , aux crayons noir et blanc. Les derniers plans sont sévères comme les paysages du Poussin, tandis que les premiers plans sont d’une couleur abondante et vigoureuse. — L’Assomption delà Vierge , deux études au crayon de la délicieuse esquisse achetée \ 2,000 IV. par lord Yarmouth, à la vente de M. Paul Perrier. — Apollon et les Muses, cinq dessins séparés, renfermant dix ligures et deux enfants. C’est noble, élégant et pur, comme les bas-reliefs de la plus belle époque grecque. 11 porte la signature de Prudhon, que nous n’avons jamais vue à ses dessins. — Enlin, une collection d’ Académies, sept hommes debout, dans des attitudes diverses, un homme couché et trois femmes debout; il y en a une dont le bras levé jette une ombre mystérieuse sur le visage. Les académies d’hommes sont a des degrés d’exécution plus ou moins avancés, ot aident ainsi à comprendre les merveilleux procédés du maître. Mais nous nous reservons d'apprécier son talent dans un article spécial, ou nous interrogerons tous les excellents ouvrages que nous avons eu le bonheur de voir dans les musées publics et dans les collections particulières.
Enlin, M. Marcille a réuni l’œuvre entier de Prudhon; cent trente pièces gravées ou lithographiées. La bibliothèque Royale n’en possède pas trois douzaines. Il y a dans ces cartons précieux de petites vignettes grandes comme l’ongle, mais bien rares aujourd’hui, des tètes de lettres, des cartes de visite, etc. ; il ne manque, hélas î à M. Marcille que deux pièces, deux seules, une tète de Vierge et une petite vignette de la révolution. Et croyez bien que cela Rouble sa béatitude. Qui pourra donc découvrir ces deux morceaux tant désirés? Mais il faut que ces
pièces soient introuvables, puisqu’elles ont échappé aux ardentes recherches du possesseur de cette collection.
M. Marcille a réuni aussi des autographes de Prudhon , une lettre à M. Molinos, architecte du département de la Seine, son bon patron (mio Imon padrone ), comme il l’appelle, et deux albums que Prudhon a couverts de croquis et dénotés en Italie. Voila qui est précieux ! Que d'études curieuses d’après les statues grecques; des bas-reliefs, des mascarons. Le grand album porte en litre : Recueil de différentes ligures prises après l’antique. Heureusement, ce n’est pas de la main de Prudhon, qui était plus fort que Greuze sur l’écriture et l’orthographe, llyadansce grand album une quarantaine de ligures au trait et quelques-unes avec les ombres, comme une préparation pour la gravure; quelques tètes, la plupart à la plume; plusieurs extraits d’histoire, à l'intention de sujets de tableaux, sur Slratonice , Limon d’Athènes, Périclès, lloratius Codés, Lucrèce, Muci us Scévola. Le petit album renferme, outre les croquis, les académies et les études de femmes drapées, des notes de dépenses, des adresses, et une superbe lettre d’amour vivement écrite au crayon et très-raturée. Nous réservons cette lettre intéressante pour la biographie de Prudhon.
Après cette longue énumération, il faut bien cependant mentionner encore quinze Chardin environ : les Couseuses, une femme et deux petites tilles, spirituelle esquisse; l'Intérieur d'une cuisine, avec une femme puisant de l’eau «à une fontaine; deux Amures mortes, des fraises, des fleurs et des pots; quinze Philippe de Champagne, dont un portrait de Richelieu mort; dix Van Spandonck; trois Van Dael; deux Pagnest, qui sont si rares, une académie et un torse; une Nymphe au bain, de Meugel ; huit ou dix Eragonard, dont la Jeune femme présentant son enfant aux /leurs, et deux petits portraits de femme, «à la sanguine; plusieurs Boucher; des pastels du dix-huitième siècle, et une collection d’environ cent vingt portraits historiques. Le Bulletin de I alliance des arts en a donné le catalogue complet. .Nous citerons entre les principaux personnages: Molière, par Lefebvre; Voltaire, Rousseau, Mme Dubarry, pastels de Latour; Robespierre, par Danlou, en 1(8/ : la Fontaine, par Rigaud ; Lromwel, Londé, Mirabeau, etc.
M. Marcille possède aussi quelques marbres, comme un buste de Voltaire, par lloudon ou par Pigale; des plats, de Bernard Palissy; des objets de curiosité et des livres rares. Il nous a montré, entre autres, le Bezout qui a servi à Bonaparte pour ses études mathématiques. Le bouquin, tant de lois feuilleté par le jeune homme avant qu’il lut un grand homme, porte sa signature et deux vers autographes en mauvais italien, dont voici la traduction: « Corse, si tu espères un sort meilleur, tu 1 esperes en vain. »