‹ Les Beaux-Arts (volume 2)Chapitre 65 sur 150 · SONNETS · texte numérisé non relu

SONNETS

— Divine Aura, protège et guide mon navire \ travers les réseaux de l'archipel douteux ;

Et que, pour nous sauver du naufrage honteux.

Ton haleine toujours à la poupe respire.

Je cherche une patrie. Oh ! qui pourra me dire Où gît lTle féconde et qu’appellent mes vœux. L’asile où le bonheur a fleuri pour mes yeux ?

De la route à présent je n’ai plus qu'à m’instruire.

Car, je le sais, j'en crois l'oracle de mon cœur,

Celle terre est vivante, et le dépit vainqueur Seul, aux siècles passés, en nia l'existence :

Mais mon espoir plus fort rit des flots en courroux. Et je saurai saisir, jeune et sans assistance,

Ce brillant Lilium dont les dieux sont jaloux

— De ton navire ailé dont la quille dansante Sonne comme un archet sur la lyre des flots,

O jeune homme, où s’enfuit l'essor à peine éclos, Et qui demande aux vents une patrie absente?

Ne vois-tu pas celte île et sa rive innocente Dont le sable moiré monte jusqu’à l'enclos,

Où la nymphe pâmée en amoureux sanglots,

Lustre de ses baisers la feuille caressante?

Pourquoi chercher plus loin? C'est ici le séjour Où vivent tous les fruits promis à ton amour ;

Puis attendre, au jeune âge, est la pire souffrance.

Et nous avons noué le bouquet enchanté Qui délivrant ton sein d’une obscure espérance,

Y fera resplendir la triple volupté.

— Il faut dans ton cerveau vivre avec la sagesse; Jeune homme, il faut fermer le vase de ton coiur,

Où se glisse en serpent celte voix charmcresse :

J'ai prévu le péril et l'en rendrai vainqueur.

De tes jeunes désirs pour accomplir l'ivresse. L’abstinence est sans doute une froide liqueur ;

Mais elle remplira ton âme d'allégresse,

Ton esprit de lumière, et les bras de vigueur

Les écueils ne sont rien, les tempêtes sont vaines.

Et le seul gouffre à fuir, c'est l'amour des Sirènes : Leurs douceurs ont toujours un lendemain cruel.

L’esprit quille déjà quiconque les écoule.

Pour moi, je suis sans feinte, et je t'ouvre une route Pénible, mais qui marche au repos éternel.

C’est ainsi qu'au départ se vante la jeunesse ;

C’est ainsi que se prend à nos désirs flattés Le chant trois fois menteur des fausses voluptés.

Et <| ne parle à son tour l'intrépide sagesse.

Le plaisir est d’abord une île enchanteresse Dont les abris lascifs, riant de tous eûtes.

Ne montrent que festins et chansons, et honnies. Fruits ouverts d'où jaillit la pourpre do l'ivresse;

El fleurs aux lèvres d’or, harmonieux bouquets, Danses aux pieds légers, et gazons, et bosquets.

On arrive, on s'installe; alors c’est autre chose ;

Partout sous la verdure on sent craquer des os,

Dont les parfums sourdant de la terre morose Ne laissent plus à l’âme un instant de repos.

Le comte F. i>b Gra.mon i

Physionomie Parisienne.

Nous apprenons avec plaisir à Lous les touristes qui n'ont pas oublié les belles sculptures en bois du chœur de 1 église de Saint-Bertrand de Comminges, dont M. Dauzats a lait, il y a deux ans, une magnifique étude, que M. le ministre de l'intérieur vient d’envoyer M. l’arcliilecte du déparlement delà Haute-Garonne pour étudier la consolidation de ce monument et la restauration possible de toutes scs parties.

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