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l commencement de l'été de 1 7 s 7 , tout annonçait qu'une lutte Uorni idableallai t éclater entre la Porte Ottomane et la Lussie. Les drapeaux moscovites flottaient confondus avec les aigles autrichiennes L’impératrice Latlierine, par son alliance avec Joseph II, s’était assuré un corps auxiliaire de quatre-vingt mille hommes; elle avait, en- outre, de nombreux bataillons dans le Kubay et dans la Crimée; des troupes échelonnées de Kaminiek jusqu’à Halta, et sur la mer Noire, une escadre commandée par le valeureux piince de Nassau-Siegen. Celte escadre se trouvait on vue de celle des Turcs ancrée alors dans le golfe de Liman, tout près du fort d’Otchakoff.
Hepuis plusieurs jours déjà, on s’observait de part et d'autre, sans en venir aux mains. Fatigué de oette inaction, le prince réunit un soir à son bord tous les commandants de la flotte.
—Camarades, leur dit-il, demain nous coulons bas le eapitan- pacha et nous bombardons Otchakoff. L’impératrice ne veut recevoir qu’un bulletin de I victoire; n’oubliez pas que je me suis engagé sur j
1 honneur à le lui envoyer. Vive impératrice ! vive ! la Russie !
1 ii bourra général accueillit ces paroles. On e serme,u 'le vaincre ou de mourir, et l’on but c vance au succès du lendemain ; puis chacun retoui a son bord disposer tout pour le combat.
Cependant, trois officiers restaient à causer «mi 1,1 lac du vaisseau amiral.
Celaient, dune part, le prince de Nassau- «uure, le célébré chef d’escadre américain P : 0neS> ?ue ,'on était sûr de rencontrer partout 1 y fait (les hasards de guerre et des aventure C0U,',r' Xenul0«l exprès en Hussic pour mettre « çpee ou service de cette puissance, il avait otfer impei ,iti ice deux vaisseaux de olien-P ,|01lf j, sV|
emparé sur les cotes de la Gi amle-Lrelague. En retour de cette gracieuseté, Catherine l'avait nomme contre - amiral de la flotte aux ordres du prince de Nassau. Le troisième de ces officiers, le jeune .Sacken, n'était encore que commandant d'une simple canonnière. L’amiral vient de le choisir entre tous pour aller reconnaître le mouillage de l'escadre ottomane.
Lu un instant , Sacken a passe son monde eu rr vue, il a fait prendre les armes aux marins et charger les canons, puis, tons les feux éteint*, il saisit lui-même la barre et se dirige en silence du cote de>- 1 lires,
La canonnière glisse rapide sur les Ilots grâce a I obscurité profonde , elle arriva sans coup le rir, presque a portée de pistolet de l 'ennemi. La position est reconnue, Sacken sait tout ce qu'il voulait savoir, et déjà il s’apprête a virer de bord quand la lune, perçant tout a coup les sombres nuages qui la voilaient, découvre aux regards des Ottomans l’aventureuse canonnière. A l'instant . trois voiles se sont mises à sa poursuite; elles entourent , elles pressent le bâtiment russe pour le couler bas; mais une heure, deux heures s’écoulent sans que l’attaque ail commencé. Sacken a profile de ce répit pour écrire les lignes suivantes :
« Monsieur l'amiral .
« L’escadre ottomane continue à garder son premier mouillage, rangée dans le même ordre de bataille; seulement, il s’en est détaché trois galères qui me tiennent cloué dans un cercle de hronze. Je n’entrevois aucune chance de salut ; mais que Votre Excellence se rassure , pas un Lusse ne tombera vivant au pouvoir des infidèles. L honneur du pavillon moscovite restera pur et intact.
« Je recommande ma femme à notre magnanime impératrice, cl l’intrépide porteur de celle missive a Votre Excellence.