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A peine écrite, cette lettre est confiée aux soins du plus habile plongeur de l’équipage, un jeune et vigoureux matelot. Sacken, qui lui a donné ses dernières instructions, aide lni-même à le descendre à la mer. Mais le jour a commencé de poindre, l'ennemi est. sur ses gardes ; il a vu se mouvoir quelque chose et comme un corps glisser sur les lianes de la canonnière. Plusieurs coups de fusil sont partis de l'une des galères... le messager disparaît sous les Ilots.
Ce fut un moment terrible que celui où les regards du commandant se fixèrent sur les vagues qui venaient de se refermer. Avec quelle anxiété, quelles angoisses il les interrogeait! et combien il redoutait que la mer eût pour jamais englouti sa proie! Chaque seconde d’attente était pour lui une horrible torture ; enfin il respira ; son émissaire venait de donner signe de vie. Il replongea presque aussitôt, et lorsqu’il reprit haleine pour la seconde fois, il était loin, bien loin, hors de portée, même du boulet.
C’est alors que les galères en observation, soupçonnant quelque piège, se rapprochèrent tellement de la canonnière russe, que leurs voilures frôlaient ses agrès. Sacken se tenait sur le pont, les bras croisés, ferme comme un roc, impassible au milieu des murmures, au milieu des marques non équivoques de la bouillante impatience de ses soldats. Cependant, ces mots: — Russes, amenez votre pavillon, rendez-vous ! l’ont tiré de cette froide impassibilité.
— Russes, s’écrie-t-il à son tour, agenouillezvous! recommandez vos âmes à Dieu et au grand saint Nicolas!
Et les matelots, subjugués par le ton avec lequel ces paroles furent dites, fascinés surtout par le regard de feu qui illuminait en ce moment la figure de leur chef, tombèrent tous à genoux, la face contre terre.
— Allah ! allait ! ont crié les musulmans qui se précipitent à l'abordage, la hache d'une main et le
pistolet de l’autre. Allah! ail Ces cris expirent
étouffés dans le fracas d'une horrible détonation.
Sacken avait mis le feu à la sainte-barbe...
Pendant longtemps une épaisse fumée couvrit la surface de la mer, et quand le vent eut balayé ces noirs tourbillons de soufre et de salpêtre , l'œil n'aperçut plus ni la canonnière russe ni les galères turques... çà et là seulement, on voyait flotter des débris de poutres et de planches, des agrès hachés, des tronçons de cadavres et des membres sanglants et à moitié consumés: triste présage de la boucherie qui allait bientôt avoir lieu.
En elîet, une heure ne s'était pas écoulée, que lecture de la lettre du commandant Sacken avait été donnée à tous les équipages de la flotte , et que son immortel fait d’armes était mis à l’ordre du
Alors il se lit a bord de toutes les nefs moscovites un religieux silence. On y célébra, en grande pompe, un service funèbre en l’honneur des braves de la canonnière ; puis l’escadre déploya ses voiles, et l'on entendit retentir dans les airs un cri terrible , semblable au mugissement de la tempête : c’elait un cri de vengeance ; le combat, ou plutôt le carnage avait commencé.
Des Ottomans furent battus . exterminés sans quart ici*.
Nous sommes à Saint-Pétersbourg; le comte Pantin, premier ministre de Sa Majesté Impériale, vient de lui remettre une dépêche aux armes du prince de Nassau Siegen. Catherine a rompu le cachet avec une. vivacité vraiment inexprimable.
— Victoire! victoire! s'écrie-t-elle avec feu. Le prince a tenu parole.
Elle continua de lire, et deux larmes sillonnèrent son visage au récit de l’héroïque trépas de Sacken. L'impératrice parut réfléchir; une pensée soudaine lui avait traversé l’esprit
— Monsieur le comte, qu’on m'aille chercher à l’instant la veuve de cet officier.
Le comte s’inclina et sortit pour exécuter les ordres de sa souveraine .
Deux heures après , une femme, belle de la seule parure des grâces et de la fraîcheur de la jeunesse, gravissait, conduite par un chambellan , les degrés qui mènent aux somptueux appartements de l'Ermitage. Elle se demande ce que peut lui vouloir l'impératrice de toutes les Russies, à elle dont toute l’existence, tous les vœux se bornent à revoir celui (ju’un ordre inflexible est venu lui ravir, le lendemain même de son mariage.
La pauvre enfant était toute tremblante : l'impératrice la fit asseoir auprès d’elle, et chercha à la ramener par de douces paroles avant d’aborder la pénible communication qu’elle avait à faire à celte infortunée.
Mais dès les premiers mots , le cœur de l’épouse a deviné l’étendue de ses malheurs... Elle est tombée mourante aux pieds de l'impératrice....
Le lendemain, la Gazelle officielle annonça qu’en récompense de la mort héroïque du commandant Sacken, sa femme la comtesse Sacken était portée sur la liste des pensions pour une somme annuelle de 30,000 roubles.
Malheureusement cet acte de la munificence impériale ne. put sauver la veuve de l'officier.... Elle succomba à sa douleur quelques mois après.
jour.
1 Br.
C’elail le lundi do la Trinité, vers le matin ,
Qu'il était dit que se livrerait celte funeste bataille Ou tant de chevaliers succombèrent.
Hélas ! ce fut grand dommage !
Avant le premier chant du coq.
Lorsque le roi dormait encore, a que sir Gawaine s’approchait de El lui faisait entendre ces paroles
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<>n Iriuity Monday iu t lie inorn,
This soie battayle was doomed to be, Where niany a kni-lu cryed, ‘Well-awa> Alack, il was the more pitié! ’
Ere the lirsl crowing of the cock,
AVben as the king in bis bed I a y ,
Ile thought Sir Gawaine to him came,
And there to him these wordes did say
LES I5EAUX-AHTS.
« Comme vous èies mon oncle bicn-aimé.
Kl (j ne voire vie est précieuse, n'allez pas En ce jour attaquer voire ennemi ; Différez la bataille, si vous le pouvez.
Car sir Lancelot est maintenant en France, Kl, avec lui, beaucoup de braves chevaliers, Qui seront de retour dans ce mois.
Et vous assisteront au combat. »
Le roi réunit alors toute sa noblesse Avant la chute du jour,
El leur dit comment sir Gawaine lui était apparu Kl les paroles <|u’il avait fait entendre.
Toute sa noblesse fut d'avis Que le lendemain, au lever du jour, Il envoyât un héraut d’armes Pour demander à parlementer.
I.e roi Arthur choisit douze braves chevaliers, l.es jdus braves qu'il eût avec lui,
Pour aller trouver l'ennemi en plein champ, Kl faire avec lui un arrangement.
Il recommanda à imite son armée De se tenir prèle à combattre.
Lui défendant d’engager l’action Qu’elle n'ait vu une épée tirée.
• Now, asyou are mine unkle dear,
And asyou prizeyour life, tliis day,
O nieel not with your foe in figbl :
Put off lhe hallayle, if y e niay :
l’ur Sir I.auncelol is now in Fraunce,
And witli him many an liardy kniglit, Whn will wilhin tliis moneth be hack,
And will assist ye in t lie llght. '
The king thon ealled liis nobles ail.
Ueforc the breaking of the day;
Vnd told them how Sir Gawaine came,
Vml there lo him thèse wordes did sa y
11 is nobles ail tliis counsayle gave,
Thaï earlyein the morning, lie Shold send away an heraukl at armes,
To r.sk a parley fait* and free.
Tlien twelvegood knighles King Arthur chose, Plie best of ail tliat with him were,
To parley with lhe foe in field,
And inakc with him agreernent l'air.
The king lie cliarged ail liis bosl.
In readiness there foi to be; tînt no man shold no wcapon sturre, t'nless a sword drawn tliey shold see.
T. II