DEPUIS CINQUANTE ANS
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i HKATJiKS DE MÉLODRAMES. — Nicolet et la Gaieté, Audinol et l’Ambigu : célébrités populaires, noms inséparables, dynasties jumelles, bercées ensemble, a la foire Saint-Germain, au bruit des mêmes (lontlons, puis installées côte à côte au boulevard du Temple où elles devaient s’émanciper, se transformer, s’illustrer et s’enrichir ensemble.
-Ni col et jouait les Arlequins dans la troupe des grands diviseurs, lorsqu’en 1772 il prit un jour faniai>ii‘ a Mme Dubarry d appeler à Choisy, pour se di>ti aii e, ces bateleurs dont on disait déjà merveille. Nicolet et ses acolytes réjouirent si bien la cour, que Sa Majesté leur permit, pour récompense, de se parer désormais du titre de grands danseurs du
roi. Ils le justifièrent de leur mieux en montant, dès cette époque, des pièces a spectacle et des ballets héroïques, tels que l 'Enlèvement d’Europe, et la P u celle d’Orléans, à laquelle Mme Nicolet prêtait le prestige de sa rare beauté.
Ce fut elle qui prit la direction de la troupe a la mort de son mari, peu de temps avant la révolution, et l’humble théâtre dut bientôt délaisser sou nom trop aristocratique pour prendre celui de la Guide. La terreur, à son tour, effaroucha celte nouvelle patronne, qui céda momentanément son rôle à l 'émulation. Car, sous la loi d’instabilité qui dominait tout alors, les directions théâtrales ne subissaient pas moins de variations que les partis politiques, et
LES BEAUX-AKTS.
les recettes de la Gaieté, sous le directoire, atteignaient à peine le chiffre de 100,000 francs. Mais vers 1S03, le succès prodigieux d'une féerie de Martainville, le Pied de mouton, vint leur imprimer un brillant essor, et activer les démarches des héritiers Nicolet qui poursuivaient judiciairement le recouvrement du privilège. Ils gagnèrent en effet leur cause, en 1808, et leur premier soin fut de raser l’ancienne salle pour en édifier une nouvelle dont M. Peyre fut l’architecte. M. Bourguignon, gendre de Mme Nicolet, garda la direction jusqu’à sa mort. En 1810, sa femme lui succéda et géra les affaires avec le même bonheur; et à son décès, en 1825, le privilège échut à MM. Martainville et Guilbert l’ixérécourt, pour qui la fortune ne se montra pas plus rebelle, au moins jusqu’en 1830 Mais cinq années de rudes épreuves devaient tarir entre leurs mains le bénéfice qu’ils avaient réalisé, et la conclusion de cette fatale période fut Xincendiede I S33qui nécessita de nouveau la reconstruction complète du théâtre. Depuis, le niveau des recettes a dépassé celui des époques antérieures les plus brillantes. En voici le résumé général depuis 1807.