‹ Les Beaux-Arts (volume 2)Chapitre 96 sur 150 · LES HR AUX -A MS · texte numérisé non relu

LES HR AUX -A MS

l'aiguillonnait jusqu'au cœur de ses montagnes.

Comprenant le besoin d’acquérir ce qu’on nomme une position , et u ‘ayant, grâce à Dieu, aucun des genres d'aptitude qui font les parvenus, il s'inquiétait de l’avenir, sombre et menaçant pour lui. Sa jeune et courageuse femme soutint sa résolution, entretint sa sérénité; et tous deux, ils s’acheminèrent enfin, confiants et fermes, la bourse pleine. .. d’espérances, et chargés de bagage comme les oiseaux de l’air, vers

ce Paris, ou ils étaient destinés a captiver tant d’amitiés et d’admirations, à briller du plus vif éclat, et à abriter sous leur toit modeste et vénéré, deux générations d’artistes et de poêles.

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i La /in a In prochaine livraison

A UES CAMARADES lit SA1ÎÎTE-BARBE (MCOLLE).

( j a réunion annuelle des anciens élèves du collège Sainte-Barbe (collège Rollin) a eu lieu le 51 janvier. Parmi les discours qui ont été prononcés, M. Adolphe Dumas a lu, a ses camarades, ces vers que nous reproduisons.)

Amis, longtemps perdus et dispersés longtemps,

Et sur tous vos écueils battus jusqu'à trente ans;

Yirgiles qui partiez quand je demandais grâce Pour Pâme de mon âme et la moitié d’Horace,

Vous voilà de retour, eh ! qu’avez-vous appris !

Vous revenez d'Alliènc et je viens de Paris ;

Maintenant, plus instruite et peut-être plus sage,

Notre amitié sans doute a changé de visage,

El nous nous demandons, vous de moi, moi de vous : Mes amis de quinze ans, nous reconnaissons-nous?

A la gloire, à l’amour, au devoir, à l’élude,

Nous avons tous souffert à quelque servitude.

Les buts sont différents, mais les maux sont pareils ;

Les uns ont voyagé pour voir quatre soleils;

Les autres, enfermés de janvier en décembre.

Ont vécu six mille ans sans sortir de leur chambre ;

Les savants, allumé leur vie à leurs travaux;

Les poêles, bridé leurs cœurs dans leurs cerveaux ;

Vous, mesuré le ciel et vous, la mer profonde,

Vous, gouverné l’Etat ; vous, enseigné le monde ;

Tous ont lutté, beaucoup vaincu; restent les forts.

Les vivants font penser aux autres qui sont morts.

Mais réjouissons-nous. — C’est un beau privilège!

Ces hommes sont encor des enfants de collège ;

Ils n’ont rien oublié, vos jeunes compagnons.

Ni vos noms de baptême, aimés avant vos noms,

Ni le bon Fauconpret, ni le sage Nicolle,

Ni les enseignements, ni le pain de l'école,

Ni le devoir sacré d’entretenir tout bas L'Homèrc familier qu'on promène à son bras,

Ni le thème, inquiet de deux phrases voisines,

Ni le mot du Gradus , fleuri sur deux racines Et qu’il fallait chercher avec des yeux en pleurs,

Car Horace à Tibur le cachait sous des fleurs.

Chagrins charmants, alors mes soucis et les vôtres,

Et bien plus chers depuis que nous savons les autres ! Non, rien n’est oublié, ni les murs, ni l’enclos Où l’étude a couvé tous ceux qui sont éclos,

Où nous avons appris, moi les vers, vous la prose,

Et l'art de bien penser pour dire quelque chose.

Du haut du Capitole et du haut de son char.

Nous avions fait descendre et commenté César;

Nous répétions, au nom de la Gaule héroïque,

Le serment d’Annibal en pleine rhétorique.

Et chacun retrempait un cœur républicain Au bain du vieux Sénèque et du jeune Lucaiu ;

Vous le voyez, amis, rien n’est changé ; nous sommes Ces entants d’autrefois dont on a fait des hommes.

Le maître, seulement, veut de plus grands travaux;

Les frères, écoliers, sont des amis, rivaux.

La France nous commande, avec des droits de mère, Beaucoup de flamme encor, mais beaucoup de lumière; Mourir pour son pays est beau; mais, aujourd’hui, Mourir n est pas assez; il faut vivre pour lui;

Dans le noir tourbillon de toutes les doctrines,

Le monde au désespoir se bal sur des ruines. Conflits des libertés et conflits des pouvoirs,

Où chacun veut des droits, personne des devoirs Le poët.e, impuissant dans des maux nécessaires, Comme Amphion, captif à bord de ses Corsaires, Chante — Athènc, et l'Altique, et le toit paternel, Et l'amitié divine au sourire éternel ! —

Que les astres jumeaux, du haut de l'Empyrée,

D’un souffle bienfaisant, le poussent au Pyréc ! Apollon, dieu des vers, pardon pour les méchants, Si la Grèce est sans voix, la Grèce aura des chants.

Ah ! reviens du Midi, nia muse provençale;

.lotte mon bouclier sur les morts de Pharsale,

El sur tes lits de pampre, au seuil de les villas , Horace, à mes amis verse trois consulats,

El puisqu’il faut laisser la maison de son père Et se coucher un jour sous sa dernière pierre, Partagez, sous la treille, entre vos bras ouverts, Lamia , mes amours, et vous, amis, mes vers.

Adolphe Di mas.

FEINTA ES CONTEMPORAINS

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