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Mous avons pris sur 1rs originaux ex|>osés dans son cabinet, et qu’il a mis à notre disposition avec une complaisance pour laquelle nous lui adressons ici. nos sincères remerciements. Nous espérons voir imprimer quelque jour son mémoire, qui mérite de trouver place dans les recueils archéologiques, et qui doit ajouter de nouvelles et vives lumières à celles que nous possédons déjà sur ces époques jusqu'iei si peu connues. Ce qui pourrait peut-être faire assigner une data; aux découvertes de M. Mou fié. c'est la parfaite similitude qui existe entre les haches H les fers de lance trouvés dans le cimetière de la hutte des l'.argans et la hache et les fers de lance trouvés dans le tombeau de Hildérik l"r, découvert a Tourna} en 1650. Nous engageons beaucoup M. Moulié à publier son mémoire et a raccompagner d'un atlas qui permette d’établir une discussion raisonnée sur l'antiquité des tombes de ce cimetière mérovingien.
La séance annuelle de la société archéologique de Bamhouillel a été constamment intéressante, et les mémoires qui y ont etc lus nous paraissent dignes de fixer raltentioii du monde savant. Nous aurions désire donner une analyse plus complété et de cette seauce et des mémoires de M. l’evtal. son secrétaire. e| de M \l Bolicrl et Moulié, Le defaut d’espace non-
oblige à renvoyer uns lecteurs aux mémoires mênies, qui, nous l’espérons, seront bientôt, publics.
M. le duc de Luynes a promis son concours éclaire et puissant, a cel le société dont nous signalons avec joie les premiers et intéressants travaux; déjà il a fait don à ses collègues de trois cents volumes composés des ouvrages les plus importants des bénédictins, tels que VArt de vérifiée 1rs datas , le Trésor de Diplomatique, les écrivains II, •mm G aille, et h'rmi ci sc. i les Monuments de la monarchie française, ctr,
Le commencement de bibliothèque aidera MM. 1rs archéologues de Bainbouillei dans leurs estimables travaux, les encouragera a persévérer dans la voie qu’ils se sont ouverte, et nous serons heureux de les applaudir souvent , comme nous le faisons aujourd'hui. Nous leur demanderons surtout de veiller attentivement a la conservation des monuments jdacés mi quelque sorte sous leur tutelle, de les défendre contre le badigeon et de répéter sans cesse aux conseils municipaux, aux fabriques et a >1 MM. les curés que dépouiller les églises de leurs richesses artistiques pour les vendre, même dans un but d’utilité, est un vol punissable; que les mutiler parle badigeon ou par de maladroites réjiaratmns. est presque un sacrilège.
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l y a quatre ans, lorsque Gavarni touchait a l’apogée de sa célébrité, que d’envieux rassures par sa fécondité même annonçaient déjà sa décadence. Ces braves gens comptaient sur l’inconstance de la mode, leur complice ordinaire, et sur l’apparente impossibilité de soutenir longtemps une gageure aussi hardie, aussi téméraire, et qui veut , avec l’esprit, de chaque jour, la verve, le caprice, le bonheur de chaque
jour.
Depuis quatre ans, celte brillante réputation, conquise par des œuvres passagères, se maintient par de nouvelles créations du même ordre, et loin de décroître, gagne et. s’étend. Jamais, dans l’histoire de l’art, on n’a pu constater, nous Je croyons, une pareille fougue d’improvisation, tant d'esprit dépensé au jour le jour, des progrès si constants, un pouvoir de séduction si infaillible et si bien établi. Jamais on n’a vu un crayon si rapide et si lin servir une faculté d’observation aussi délicate, jamais une aussi heureuse alliance de l'esprit écrit et de l’esprit
dessiné.
Pour ceux qui ne connaissent pas notre élégant satirique, ce doit être insoluble problème que de le suivre dans toutes lés modifications de sa pensée; ceux-là mêmes qui l’étudient de plus près se (latteraient gratuitement s’ils pensaient en démêler les mille nuances, car cette imagination toute française est. un labyrinthe, pour ainsi dire, vivant et comme perdu dans ses propres détours ; inextricable lacis de mobiles chemins, où l’analyse moqueuse et le doute mélancolique promènent çà et là leurs lilsà chaque instant rompus.
On le voit, les mots nous manquent, les métaphores nous font défaut, pour peindre ce vagabondage de la pensée, cette bohèmerie d’une intelligence vive et preste qui se compliquent chez l’artiste richement doué des impressions du cœur et des prestiges de la rêverie Et cependant , nous ne saurions assigner
une origine plus simple a une œuvre aussi complexe que celle de Gavarni. Ge qui frappe, en effet, dans les innombrables productions qu’il fait passer tour a tour sous nos yeux, c'est la richesse organique à laquelle il doit d’être presque toujours comique sans trivialité, distingue sans afféterie, ironique sansamertume ; ce qui frappe encore, c’est cet amalgame de qualités opposées qui lui permettent de sympathiser avec les cotes vrais de toute chose, de comprendre l’énergie brutale de l'homme du peuple comme les minutieuses finesses de la fashion, et de sympathiser aussi bien avec les grâces naïves de l’innocence féminine qu'avec les roueries du dévergondage féminin.
Arrêtons-nous cependant à ces derniers mots qui nous rappellent une des facettes par lesquelles ce talent mult iple jet te son plus vif éclat. Mais comment dire a quel point l’auteur des Fourberies des femmes en matière de senti meut approfondit ce sujet délicat; a quel point il connaît les petits détours d’esprit, les menues réticences de langage, les expédients naïfs et profonds a l’aide desquels la plus belle moitié du genre humain berne et mystifie Ja plus laide? Gomment réunir les traits épars du caractère de M. Coquardeau, cet admirable type de la crédulité coulianle (pie l’homme d’un certain âge apporte dans les relations de galanterie ? Infortuné Coquardeau ! (pii ne connaît maintenant ta physionomie sereine et béate, ta tournure de député, ton front légèrement dégarni, tes rides souriantes , ta placidité comique, les fureurs plus comiques encore? Goquardeau, Ernest ou Alfred, et. Mme de Saint Aigleinonl ou Francine la grisette, tout le drame, toute la comédie de Gavarni roule sur ces trois ou quatre personnages. Et quelle comédie, cependant!
Sur beaucoup d’autres points, la philosophie de notre artiste peut être en défaut, et scs déductions se montrer contradictoires. En politique, par exemple, il ne sait trop comment faire concorder un noble instinct d’égalité avec un certain mépris pour les clabauderies du bourgeois contre, les supériorités sociales. Il ne démêle pas bien lui-même s’il a plus d’aversion pour la morgue des valets que pour Fin-
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solence des tribuns; m;iis des « |« i «.* son épicurienne fantaisie le ni mène à quelque dogme que ce puisse être de la religion du plaisir, nh ! alors, plus d hésitation. Goquardeau est presque inévitablement, sacrifié; Alfred ou Ernest, suivant les circonstances, seront dupes ou fripons; mais entre eux se dressera toujours, impassible et victorieuse, l’aimable arbitre de leur destinée, Certes, Gavarni a retourne bien des idées, repétri bien des paradoxes ; son crayon dédaigneux a toisé bien des préjugés. Nous ne croyons pas cependant qu'une fois, une seule petite l'oi>, il ait frappé d’une épigramme hérétique la femme tendre, légère et perfide dont l'image est sans cesse sous ses pinceaux. L’art et l’amour, ses deux idoles, il ne. les a jamais blasphémés.
Aussi, ne trouve-t-on d'amertume en lui qu'à propos de deux institutions ennemies de. son bonheur et de sa double croyance.
L'une est la critique, dont ce facile enthousiaste ne conçoit pas la mission, et qu’il met au nombre des fléaux publics.
L’autre.... mais comment écrire ici ce grand mol impudemment solennel qui désigne le métier d'Aspasie et de Gais ? l’autre est donc cette profession qui fait de la beauté un fonds de magasin, et de l’amour un billet au porteur, payable a présentation. Le commerce indigne Gavarni, justement comme l'invention de la poudre à canon indignait les preux d autrefois. 11 ne comprend pas celte manière deloyale d’esquiver les conditions égales de la lutte, qu'il aime avant tout. La lice amoureuse lui semble a bon droit déshonorée, si le champion de son sexe y descend avec l’ecu magique.
Nous comprenons celle haine vigoureuse, et nous n effacerions volontiers aucun des cruels sarcasmes qu’elle a dictés au détracteur des LoreUvs. Et pourtant , lui dont la charité semble universelle, lui dont f indulgence est inépuisable, ne pourrait- il songer
aux douloureuses expiations de ce triste et déplora- Me métier. Dans les transactions qu’il flétrit Me discernera-l-il jamais le vrai coupable, l'imbécile acheteur de plaisir, bien autrement avili, bien autrement odieux et. bien autrement ridicule que ses froides et résignées victimes?
Si nous insistons, ce qui peut sembler oiseux, sur la donnée de quelques sériés de caricaturesen apparence peu faites pour être aussi gravement discutées, c'est que l'immense popularité de Gavarni donne à ses idées vraies ou fausses, courues a la légère ou longtemps réfléchies, une puissance d’enseignement dont sa modestie ne s’est jamais demande compte, mais qui 11'en existe pas moins. Et du reste, a ce sujet, nous devons faire remarquer en passant aux moralistes sevéres qui voudraient rendre l'artiste responsable de toutes les folies de l'époque, nous pouvons leur faire remarquer, disons-nous, (pie par sa nature même, accessible à des impressions tout opposées, Gavarni n'a presque jamais émis une idée dangereuse sans lui donner un correctif; il n’a guère frappe de médaille qui n'eût du même coup son endroit et son revers.
Goquardeau lui-même, en certains moments de justice distributive, reçoit ce qu'on pourrait a juste titre* appeler la palme du martyre. Nous avons vu Goquardeau , sous les traits d'un ouvrier, saisir d une main robuste le muscadin adultéré qu'il venait de surprendre en flagrant délit, et lin administrer une leçon sublime sur les droits et les devoirs respectifs des époux. Nous avons egalement vu, dans les Malheurs d'un amant hrurra i, Goquardeau triompher a tout instant, serv i par de merveilleux hasards. Et enlin, — ce souvenir est ineffaçable, — nous avons vu le Second Mari Ernestou Alfred chargé des plus intimes devoirs de la paternité, tandis que maître Goquardeau se prélassait, au bras de sa femme, devant un site enchanteur.