‹ Les Beaux-ArtsChapitre 147 sur 204 · IH · texte numérisé non relu

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1 Histoire Ancienne est presque complètement abandonnée ;

« l°Qu il eu a été des portraits historiques comme de l’Histoire même 53, 23, 7);

« 5" Que les portraits de salons et les sujets de genre affluent toujours dans une proportion considérable et à peu prés constante ;

« 6° Que la Mythologie et la Fable, qui, au salon de 1851, dépassaient de près de 1/5 l'Écriture Sainte, et. qui, en 1857, étaient passées presque inaperçues, ont repris quelque faveur en 18 55, mais de telle manière pourtant qu'elles ne dépassent que de peu le 1/5 des sujets tirés des livres saints;

« 7° Enfin, que ceux empruntés à des romans ont descendu graduellement des quatre cinquièmes. »

Tel est, d’après les calculs de M. Schmit, le résumé moral de l’exposition de 1 845. Ne nous en félicitons pas trop vite. Si nous sommes tenté de croire à une recrudescence de la foi, M. Schmit s’empresse de dissiper nos illusions. « Les tableaux de sainteté, dit-il, sont devenus un article de commerce. Le clergé en achète beaucoup ; il est peu de communes qui n’en demandent au gouvernement. Chacun espère qu'en faisant un tableau d’église, il trouvera un acheteur, tandis qu'il a peu de chances de se défaire d’un sujet historique. L’artiste qui n'a d’autres ressources que son talent, est bien forcé de calculer ce qu’il peut en tirer; il se fait peintre ou statuaire religieux pour manger. » Le mal que signale M. Schmit est presque sans remède. Après les vives et nombreuses attaques dirigées contre le christianisme, il est difficile aux artistes de conserver intact le depot des croyances catholiques ; ils sont involontairement en butte à une incertitude sceptique dont leurs œuvres se ressentent. L’art, qui fut longtemps au service des temples, s’est mis à la solde des princes et des grands, et se trouve aujourd’hui sans influence et sans direction. Est-il urgent de lui en donner? Oui, sans doute; et nous nous associons de grand cœur aux vœux par lesquels M. Schmit termine ses judicieuses réflexions : « Le culte absolu et athée de la forme, de la beauté purement matérielle, que chacun comprend à sa manière, subsistera tant que l’éducation intellectuelle et morale des artistes continuera d’être négligée. Or <pii s’en préoccupe aujourd'hui? Un maître reçoit. des élèves dans son atelier, les écoles publiques dans leurs salles, et ici, pas plus que là, nul ne songe à leur demander : Avez-vous de la religion et des mœurs? quelques notions d’IIistoire Sainte et (l'Histoire Profane? ou même: Savez-vous lire couramment.? Et il en est beaucoup, nous pouvons l’affirmer, qui m* le savent qu’à peine. Pourvu qu’un élève soit vacciné, personne ne s’inquiète, du reste, pas plus (pie s'il s'agissait d’un manœuvre destiné à porter l’oiseau du maçon; nul ne prend la peine de veiller à ce qu’il acquière ces connaissances, une fois qu'il a pris le crayon ou l’ébauchoir, commencé à

nasiller une octave, à faire gémir un piano ou crier un violon. Encore moins un maître, un professeur, croil-il pouvoir porter sa sollicitude sur ce qui se passe hors de la classe ou de l’atelier. N'est-il pas même passé en force de chose Jugée qu’un jeune homme est déshérité du feu artistique, s’il n’est quelque peu bon compagnon, ce qui ne veut pas dire précisément homme île bonne, compagnie, et l’on sait à quels lazzi de mauvais goût, à quels sobriquets ironiques, à quelles mystifications incessantes doit s’attendre celui dont l’œil pudibond s’offusque de quelques croquis par trop excentriques, dont les oreilles souffrent à des plaisanteries licencieuses, encore mieux celui qui a le courage de s’avouer chrétien et croyant.

« N’est-il pas connu que trop souvent l’esprit de l’atelier n’est que celui du maître? Si l’on en doute, qu’on interroge.... non pas des individus peut-être trompés, peut-être trompeurs, mais les propres œuvres déplus d’un de ces maîtres, et qu’on dise, en jugeant leur moralité, quelle peut être la moralité de leur enseignement !

« Vainement, disons-nous, essayera-t-on de faire remonter l’art à sa hauteur divine, si l’on ne commence par s’occuper de l’éducation morale et intellectuelle des artistes. 11 faut qu’un père ne puisse plus dire: « Qu’importe que mon fils réussisse mal dans ses éludes, il en saura toujours assez pour être peintre, sculpteur, architecte, comme moi ou comme tels et tels. » Il faut qu’on ne se borne pas à enseigner à ce jeune homme à dessiner, à peindre ou à modeler une académie, un écorché, un squelette; à distinguer les proportions des cinq ordres de l’architecture antique, puisqu’on n’en est pas encore venu

à comprendre que l'art qui a fait Notre-Dame Chartres et Sainl-Ouen do Rouen est aussi do par. ch i lecture; à déchiffrer un solfège. Il faut qu’on lui apprenne aussi ou qu’on le force à apprendre l'usage des nobles facultés de son âme et de sou intelligence au prolit de lui-même et doses semblables. Nous l’avons dit, et nous le répétons, un artiste est un instituteur public; une œuvre d’art esi un prédicateur dont la voix parle sans cesse aux générations qui se succèdent. Une mission aussi sublime peutelle s’exercer sans préparation ? l)oit-on confier un apostolat aussi élevé, sous le patronage avoué de l’autorité publique et des corps savants, sans s’être assuré à l’avance que moralement le sujet est capable de le remplir dignement, et ne peut-on demander, sans être absolument déraisonnable, que dorénavant les grands prix ne soient plus accordés sur la simple exécution d’un tableau, d’une statue, d’une partition, et qu’on astreigne encore les concurrents à subir un examen au moins sur la langue française, sur l’Histoire Sainte et sur l’Histoire Profane, enfin sur l’histoire et même sur les théories generales de l’art spécial que le grand prix a pour objet ?

« Plus d’une voix, nous nous y attendons, s’écriera que nous voulons faire des savants et non des artistes; nous répondrons que chacun de ces grands artistes du xvr siècle, que ceux du xixe regardent comme les maîtres de l’art , était savant à lui seul comme les quatre sections de l’Académie des beauxarts ensemble; que, sans doute, certains esprits peuvent être disposes à abuser de la science, mais qu’abus pour abus, nous préferons encore celui-là à l'abus de l’ignorance. »

LES ISKAI X-AIITS.

CO R H lis l’ON l)A N CE

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