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JMÊO JDJE KiEHZîE.
l a.m) lin architecte n'aurait d'antre li Lie à la célébrité <|iie la magnifique construction du ïValluda , il serait assuré d'avoir une page glorieuse dans l'histoire des arts en Allemagne. En toute chose, mais surtout en architecture, lesucces dépend souvent de circonstances éventuelles que le génie ne peut créer, pas plus, il est vrai, qu elles ne pourraient créer le génie. Faut-il rappeler, en effet, que beaucoup d’époques favorables au développement de l’art sont restées stériles, faute d’artistes d’un grand talent, et que souvent, lorsque les hommes ont existé, les événements leur ont manqué. Si le feu n’avait détruit la vieille église Saint-Paul, Hren aurait-il acquis la grande réputation dont il jouit en Angleterre ? si le vieux parlement n’était également devenu la proie des Uaimnes, Charles Barry serait-il devenu son rival? Cette observation s'applique particulièrement a Klenze; malgré son profond amour de l'art, son nom fût resté complètement inconnu, s il n’avait eu le bonheur de vivre sons un souverain jaloux d’immortaliser son régne par de magnifiques créations artistiques.
Klenze est né a Ilildeshein, dans la liasse Saxe, en MX'*. Ses pareil ls,qui le destinaient à la magistrature, l’envoyèrent étudiera Berlin. Mais Klenze ne se sentait aucun goût pour la science du droit, et manifestaitau contraire une inclination très-prononcée pour l'architecture. Son père, qui n’entrevoyait pour lui, dans cette carrière, ni gloire ni fortune, fiL tout pour le dissuader de l’embrasser; il était di fticile, en effet, de prévoir, à cette époque, les encouragements que l'architecture recevrait plus tard en Allemagne; le père de Léo Klenze pouvait encore moins deviner que son lits serait favorisé par un concours de circonstances unique. 11 consentit toutefois à le lais¬
ser entrer à l’académie de Berlin; trois ans apres environ, frappé des progrès extraordinaires que le jeune Léo n’avait pas tardé à faire, sons la direction du professeur Gilly, il lui fournil les moyens défaire un voyage artistique en France, en Italie et dans la grande Grèce. C’est clans ce dernier pays, et surtout en Sicile, qu’il se prit d'une admiration profonde pour l’architecture des anciens; cette admiration, qui eut le tort d’ètre exclusive, réagit défavorablement sur son talent en le dépouillant de l’originalité qu’il aurait eue sans doute, si Klenze ne s’était pas persuadé que la suprême ambition de l'architecte moderne doit être d’imiter aussi parfaitement que possible le style et les principes de l'école grecfjue.
A son retour d’Italie, en isos, Klenze fut nommé architecte du roi de Wcstphalie, alors Jérôme .Napoléon. Celte place, bien plus honorifique que lucrative, ne pouvait guère lui fournir l'occasion de donner l'essor à son talent, lorsque survinrent les événements de 1813, qui détrônèrent le roi Jérôme. Devenu libre, l’ancien architecte royal se rendit a Munich et y fut accueilli avec distinction par le prince royal de Bavière, aujourd’hui roi. Klenze trouva avec joie dans le prince un ami passionné des arts, et surtout un admirateur enthousiaste de l’architecture grecque. C’est a cette époque que commença la carrière active de notre artiste, et on peut dire que, dès ce moment, les noms de Klenze et de Louis de Bavière sont inséparables. La Glyptolhèqiie de Munich, commencée en 1807, et terminée seulement en 1850, ouvrit cette série de magnifiques constructions qui immortaliseront le roi et l’artiste. Cet édifice seul eût suffi d'ailleurs pour transmettre leurs noms à la postérité; c’est l’imitation la plus pure, la plus correcte, la plus intelligente qui ait jamais été faite du style grec.
Dans l’intervalle de l'achèvement de la Glyplolheque, Klenze lit plusieurs constructions importantes
LKS BEAU X-A K l S.
à Munich; nous citerons le Jleitbahu (manège), 1822; Kriegs-Ministerium (ministère de la guerre), IS24; l'Odéon, 1826 ; l’ AUerltcHiger-Kapellc (la chapelle de tous les saints', ls2ti; la Pinacothèque, IS26; /es A onigsbau et Fvslbau (palais royal et le palais des fêtes), 1829; le palais du prince Maximilien, 1S28, et l'ionique Mouopieros, ou temple Polychronique dans le jardin anglais, 1855. Le style de ces divers édifices est plus varié qu’on ne devait l'attendre d'un imitateur systématique de la forme grecque; ainsi il y a reproduit avec bonheur l'architecture italienne de diverses époques, et même le style lombard et byzantin. La partie du palais royal qui porte le nom de K onigsbau est construite dans la manière, florentine; mais, malheureusement, c’est la reproduction trop exacte du palais Pitti, avec addition de pilastres grecs qui détruisent l’unité du monument, sans remédier à la monotonie de son aspect. La manière florentine est d'ailleurs trop sévère pour un palais moderne. Cet essai des styles les plus divers est-il l’œuvre volontaire et spontané de l’artiste, ou n’a-t-il été fait qu’à l’instigation du roi, c’est ce que nous ne pouvons décider ; il est probable toutefois que Klenze a dû souvent déférer aux désirs de son royal protecteur, qui trouvait sans doute quelque intérêt à réunir ainsi dans sa capitale un spécimen important des principaux styles connus.
En 1850, Klenze commença le Walliala , la plus vaste et la plus remarquable de ses constructions.
Eu 1854, il fut envoyé à Athènes par le gouvernement bavarois, pour étudier divers projets d’amélioration et d’embellissements pour la capitale du roi O thon, projets qui ne paraissent pas avoir eu de suite. A son retour, il mit la dernière main à un livre intitulé : Apliorislische Bcmerlmngeu (Observations aphoristiques), qui parut en I85S. Un autre ouvrage de lui, qui a plutôt nui qu’ajouté à sa réputation, est le Christliclic Bauhunsl (Art de la construction des églises). L'auteur y recommande d’adopter exclusivement l'architecture grecque pour les églises, eldonne un certain nombre de dessins où il a fait une application plus ou moins heureuse à ces édifices religieux de son style favori. Ccttedernière publications été vivement attaquée parWiegman voir nnebrochure intitulée ; le chevalier Léo de Klenze a la fois dans ses tendances et dans sa valeur artistique ; et nous devons dire que ce n’est pas sans raison. Il est d’ailleurs assez extraordinaire que Klenze, qui n’a guère élève qu’un seul édifice religieux, l’ AUerhciligen Kapelle, et encore dans le style byzantin, ait fait un gros livre pour démontrer la supériorité de l’architecture grecque appliquée aux églises.
Un autre ouvrage de Klenze est depuis environ douze ans en cours de publication; c’est le Smamluntj archilecliwischer entwarfe (Collection de dessins d’architecture). Huit livraisons seulement ont paru; les deux dernières contiennent les coupes du Walliala.
II fltlf
Seul sur le rocher grisâtre,
Petit pâtre, petit pâtre,
Humble et pauvre tu me plais.
Dans les deux tu te promènes !
Les déserts sont tes domaines.
Les nuages, ton palais.
Le sommeil t’est plus propice Sur les flancs du précipice Qu'au riche en son lit d honneur; El tandis qu'en songe il souffre.
Immobile au bord du gouffre.
Toi. tu lèves le bonheur !
Sur nos grandes Baby loues.
Cachots ornés de colonnes.
Tu n’abaisses point tes yeux Que t’importent nos orages,
Nos triomphes, nos naufrages?
Ion front plane dans les deux.