‹ Les Beaux-ArtsChapitre 160 sur 204 · L M ILE DE LA B E U O I. M K K R E · texte numérisé non relu

L M ILE DE LA B E U O I. M K K R E

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(Exposition d<* Gfcïu'vo.)

LES BEA UX- A BTS.

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L’ÉLECTROTYPE.

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’ Et ECT RO - M ÉT A LL URG IE est une de ces découvertes inattendues qui ont lieu quelquefois à la suite de travaux et d’expériences sur des objets entièrement différents, et que souvent même le hasard seul fait naître. Mais quelle que soit l’origine de ce nouveau mode d’action de la puissance galvanique, il faut rendre justice à ceux qui les premiers l’ont mis en usage et lui ont donné d’utiles applications. L'instrument que nous annonçons, l une de ces applications les plus heureuses et les plus fécondes, estime espèce de génie familier, évoqué par la baguette magique ou plutôt par la batterie à jeu constant d’un savant Anglais, le professeur Daniel , et qui , semblable a ce merveilleux ouvrier dont, parle dans un de ses romans Walter Scott, semble destiné a faire dans les arts la plus miraculeuse révolution. Il est impossible, en effet, de prévoir tous les services que peut rendre l’electrotype , d’énumérer tous les cas dans lesquels il sera nécessairement de la plus haute utilité. En ce moment, des compagnies s’organisent pour l’exploiter et l’appliquer aux objets les plus nécessaires à la vie. Quel que soit le résultat de leurs recherches à cet égard, on peut regarder, des à présent, comme certain que l’electrotype aura pour premier et précieux résultat de répandre dans toutes les classes le goût des beaux-arts, en mettant à la portée des plus modestes fortunes la gravure sur cuivre et sur bois .

Comme nous venons de le dire, l’idée de l’électrotype a été suggérée par la batterie à jeu constant du professeur Daniel. Ce savant remarqua, en retirant une des pièces de métal de sa batterie, quelle reproduisait complètement, en sens inverse, l’empreinte

de celle contre laquelle elle était appuyer; toutefois ce fait, malgré son importance, n’attira que faiblement l'attention de l’expérimentateur qui s'occupait exclusivement alors du perfectionnement de sa machine. En 1836, un Français, M. Delarue, remarqua egalement que le dépôt qui se formait sur nue feuille de cuivre soumise à Faction voltaïque présentait la contre-partie exacte des moindres dèlinéamenls remarqués sur la planche sur laquelle elle avait «Me appliquée. Deux aimées environ après, le professeur Jacolii publia le résultat de ses intéressantes expériences sur l'agent galvanique; ce résultat n 'était autre que la reproduction sur cuivre «le toute gravure en creux ou en relief. Enliu, en IS3X, M. Spcnser annonça qu’il avait réussi à reproduire «pitdques médailles en cuivre. C’est donc à ce dernier «M au professeur Jacobi (car les deux savants paraissent avoir opéré à peu près simultanément <pi<‘ le monde savant et artistique est redevable de l’idectrolypc. Toutefois son domaine était encore limite, lorsque M. .Murray découvrit qu’en étendant une légère couche de plombagine sur les corps non conducteurs de l’éleclric.ilé, ou leur faisait perdre cette propriété: découverte qui fut une conquête immense pour l’étectrolype.

LES B E A U X - A K T S

La batterie du professeur Daniel se compose d’un vase cylindrique en cuivre (c), contenant une solut ion de sulfate de cuivre (s), et dans lequel plonge un autre vase d’une substance très-poreuse (p) contenant <1 ii /inc (z) et de l’acide délayé (a). La hauteur du vase, selon les prescriptions de l’inventeur, doit être de 20 centimètres 2 \ millimètres à G décimètres. Pour se procurer un fac-similé d’une médaille, par exemple, on la moule ; puis on met le moule en rapport avec le zinc, au moyen d’un lit de métal, et l’action galvanique commence dès qu’il est plongé dans la solution que renferme le vase le plus large.

L’expérience peut être faite pour plusieurs médailles à la fois. Nous recommandons comme également simple et peu coûteux l’appareil suivant : il se compose d’une boîte divisée en deux compartiments par une cloison en terre poreuse. L'un de ces compartiments contient, comme dans l'appareil précédemment décrit, une solution de sulfate de cuivre, ainsi que les moules destinés à recevoir l’empreinte métallique; l’autre, de l’acide sulfurique délayé et du zinc. 1. avantage de cet appareil est de faciliter particulièrement la manipulation. Du reste, il ne peut servir, ainsi que le premier, que pour la reproduction de très-petits objets.

Pour opérer sur une plus large échelle, on se sert d’une batterie galvanique et d'un vase destiné à contenir la solution métallique que nous avons décrite plus haut. Peu importe pour le succès de l'opération que le vase soit plus ou moins rapproché de la batterie; les deux parties de l’appareil peuvent être placées à une distance raisonnable, et au besoin même dans deux chambres séparées. Les tils de métal qui doivent mettre en contact les deux pièces de l'appa-

reil sont en cuivre; un fil très-mince suffit pour un petit appareil ; mais lorsque le vase et la batterie sont placés à distance, on donne au fil conducteur la grosseur d’une corde.

Nous n’avons pas besoin de dire qu’une foule d’incidents peuvent se présenter dans le cours de l’opération, et en compromettre le réstiltat. Les personnes qui voudront se servir de l’appareil ci-dessus pourront trouver dans les ouvrages spéciaux, et notamment dans les Eléments it'électro-mèlallnrqie , du professeur Smee, des renseignements plus détaillés et plus complets, dans le cas où la description cidessus leur semblerait insuffisante.

En décrivant la formation de la batterie, nous avons dit que la solution métallique se composait de sulfate de cuivre; on peut y ajouter un tiers de sou volume environ d’acide sulfurique délayé et de l’acide nitrique dans la proportion de deux grammes eL demi pour un litre de fiuide.

Si l’on emploie des substances non conductrices de l’électricité, enduites de plombagine, on se servira utilement d’une préparation composée d’un demi-kilogramme de sel dissous dans deux kilogrammes d’eau, avec environ un kilogramme d’acide sulfurique délayé, dans lequel entrent huit parties d’eau et une seule d’acide sulfurique.

Le plâtre de Paris, comme on le pense bien, sera fréquemment employé par l’êlectrot.y piste ; il peu i servir en effetàune foule d’usages, quand il a été convenablement, préparé. On se sert, encore, pour prendre des empreintes et former des moules d’objets en métal, d’autres substances, telles que la cire blanche, cire de miel, la stéarine, etc., etc. ; mais il ne faut pas oublier que le soufre ne peut être employé dans des solutions métalliques. Voici un excellent mode de préparation pour le plâtre de Paris : mettez-en la quantité que vous jugerez nécessaire dans un mortier on tout autre vase, et versez de l’eau jusqu’à ce qu’il soit entièrement baigné.

L’air s’échappera aussitôt en bulles serrées. Lorsqu’il aura été entièrement chassé, et que le plâtre aura été suffisamment mélangé avec l’eau, on pourra immédiatement l’appliquer sur l’objet dont on veut prendre le moule, eu ayant eu soin toutefois d'eu adoucir la surface par une couche d’huile d’olive. Pour mieux faire encore, on répandra sur l'objet qu’il s'agit de reproduire une petite quantité de plâtre, que l’on introduira, à l'aide d’une brosse line, jusque dans les moindres détails de sa surface. Pour donner au moule la consistance voulue, il faut le renforcer d’une quantité de plâtre suffisante. Cela fait, il se consolidera rapidement, et pourra bientôt après être détaché de l’objet à reproduire; enfin on e fera sécher à une douce chaleur.

Avant de se servir du moule ainsi prépare, on doit e dépouiller de sa propriété absorbante, opération >our laquelle on se sert de suif ou de cire fondus, d’huile, de vernis, ou de toute autre substance pré-

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parée dans ce but. On place le moule sur un plat, dans lequel on verse ensuite la substance choisie par le manipulateur, après l’avoir fait fondre à la chaleur d’une lampe, d’un poêle ou du feu; le moule doit être baigné jusqu’à la moitié de son épaisseur, l/opération dure de 20 minutes à 1 heure, selon les circonstances; mais le plus souvent 20 minutes. Quand elle a parfaitement réussi, la surface du plâtre doit être douce, polie, et sans la moindre aspérité.

Il est une autre manière de dépouiller le moule en plâtre de ses propriétés absorbantes, et peut-être est-ce la plus simple et en même temps la plus sûre. Mlle consiste à le saturer avec de l’huile de graine de lin bouillante; la saturation est complète lorsque le plâtre rejette l’huile à sa surface. L’opération terminée, on peut faire sécher le moule au soleil, s’il a assez de force pour cela, car l'opérateur doit bien s’assurer que la siccation est complète, sans quoi le moule plongé dans la dissolution métallique se briserait infailliblement.

Nous avons vu que les corps mauvais conducteurs deviennent électrisables, si on les enduit de plombagine. La couche doit être aussi légère que possible, et pour cela on fera bien de l'étendre avec une brosse fine.

Le moule de plâtre ayant reçu les diverses préparations que nous venons de décrire, on peut l’exposer au courant voltaïque.

11 est un grand nombre de produits élcctrolypiques qui gagneraient à être bronzés, comme les médailles, les bas-reliefs; le meilleur moyen de leur donner l'apparence du bronze est d'appliquer à l’objet reproduit, en le retirant de la solution métallique, un enduit de mine de plomb, puis de l’exposer prés du feu, et enfin, quand il est sec, d’enlever l’enduit avec une petite brosse à peindre légèrement mouillée.

On peut voir un admirable spécimen des produits de. 1 ’élecfrotype dans les gravures sur bois qui illustrent la belle édition des Saisons de Thompson, de l' Eichimj Club (club de la gravure à l’eau-forte ; peutêtre, cependant, qu’en comparant les épreuves tirées du bois et les reproductions électrotypiques, remarque-t-on un peu de dureté dans ces dernières; mais on ne saurait douter que le métal fac-similé ne finisse, a 1 aide des améliorations et des perfectionnements dont l’électrotype ne peut manquer d’être l'objet, par reproduire la gravure sur bois avec tout le fini, tout le moelleux des épreuves tirées de la planche originale. Pour la gravure sur cuivre, la reproduction ne saurait avoir les mêmes défectuosités que pour le bois, puisque le métal reproducteur est le même que le métal reproduit, et que le dessin est rendu ligne pour ligne ; l’impression doit donc donner des épreuves entièrement semblables.

Nous allons décrire le procédé de la reproduction de la gravure sur cuivre.

La préparation du moule est une opération déli¬

cate qui exige des soins minutieux. On peut employer de la cire, du plomb ou du plâtre de Paris. L’opérateur ayant réussi à se procurer un moulé

parfait, l’enduit d’une couche de plombagine, comme

nous l'avons expliqué plus liant, et le place dans la dissolution métallique.

En mettant le moule en rapport avec le zinc de la batterie, on a l'habitude de l’y souder ; mais pour l'opérateur novice, il est plus simple (l’effet, étant d’ailleurs le même) d’établir le contact avec, un (il de fer partant du zinc et s’attachant au dos du moule. Voici comment doit être construite la batterie : les dimensions du vase cylindrique contenant la dissolution métallique seront calculées d’après la durée du temps pendant lequel la batterie sera mise eu action, car la quantité du liquide à y verser est en raison directe de celte durée, et pou t varier en conséquence d’un à plusieurs litres.

Immédiatement au-dessus de son orifice est étendue une pièce de bois carrée ayant la forme d'une petite poutre \v), à laquelle est suspendue une petite barre en argent (> qui descend dans le vase. De chaque rôle delà pièce de bois, et s’y rattachant par une vis serrée suffisamment , sont également suspendues deux bandes de zinc (z,z ayant entre (‘lies la barre d'argent, mais ne la louchant pas. Le vase dans lequel la reproduction doit s'opérer peut être vertical ou horizontal. S'il est vertical, il sera oblong, en bois et cimenté intérieurement.

On place près d’une des parois le moule qui doit recevoir la couche métallique (n) et servir

L DS BEA lî\- A H T S.

<lf pôle positif, et près île l’autre une feuille de cuivre destinée à être dissoute, et servant de pôle négatif. La plaque métallique est mise en contact avec le zinc (z) de la batterie au moyen d’une vis soudée, et la feuille de cuivre avec la barre d’argent fs). La batterie est chargée d'acide sulfurique délayé, dans la proportion d’un demi-litre de fort acide étendu dans neuf litres (Peau. Le vase devra contenir une solution saturée de sulfate de cuivre mélangée d’un peu plus d'un tiers d’acide sulfurique délayé. On aura eu soin d’ailleurs de donner au moule les mêmes dimensions que la planche gravée. La durée de l’opération est ordinairement de deux à trois jours, et peut exiger plus de temps. Le dos et toute la partie de la feuille de cuivre qui doit être dissoute auront. etc préalablement recouverts de cire, de graisse, ou de toute autre substance non conductrice. Il pourrait arriver, dans certains cas, que les deux plaques vinssent à adhérer fortement; dans ce cas, on les soumet à une vive chaleur, puis à l’action d’un réfrigérant pendant vingt heures. Il faut également empêcher que les deux plaques n'adhèrent par leurs bords, ce qui a lieu quelquefois. Lorsque l'opération est terminée, et que le fac-similé est retiré de l'appareil, on remarque des rugosités à sa surface supérieure; il faut les faire disparaît reavec une lime. Après cette dernière précaution, la nouvelle planche ne laisse plus rien à désirer, et on peut commencer le tirage des épreuves.

La beauté de ces épreuves est remarquable, quand

l’opération a un plein succès; nous nous en sommes assuré en comparant, dans les salons du M allouai Art-l n/on, a Londres, deux épreuves de la gravure des deux tableaux de Turner: liome ancienne et moderne , l'une tirée sur la planche originale, l'antre sur la planche électrotypique. L’examen ligne par ligne, taille par taille des deux estampes, ne nous a pas fait découvrir entre elles la plus légère différence. Ainsi, quant à la précision et a la netteté de la reproduction électrotypique, plus de doute maintenant; reste à savoir combien d’épreuves il est possible de tirer d’une planche [ne-si mile. Les expériences faites à Y.lrl-t mon de Londres par M. Oueen permettent de croire que, sous ce rapport encore, les deux planches originales et électrotypiques ne présentent entre elles aucune différence.

Terminons en faisant remarquer que ce mode de reproduction delà gravure sur cuivre ne nuit à aucun intérêt. Le graveur, en effet, traitera avec l’éditeur à des conditions en rapport avec les avantages que procure à ce dernier la facilité de tirer de la planche un nombre d’épreuves plus considérable que par le passé. La nouvelle découverte n’empêchera pas d'ailleurs que les épreuves tirées de la planche originale ne soient plus recherchées que les autres, et ne conservent une valeur supérieure. Mais à côte des intérêts privés, il y a l'intérêt public, qui sera amplement satisfait par l’abaissement du prix de la gravure et la propagation du goût des arts dans le public.

Sonnet traduit de Mieliel-Aiigr.

SI n DA PS TE.

Bu monde il descendit aux aveugles abimcs,

Vit l'un et l’autre enfer ; puis, sa pensée au ciel L’emportant tout vivant, il connut l'Eternel,

Dont il nous a donné des clartés légitimes.

Lloile de vertu dont les rayons sublimes Dans les secrets divins guidèrent l'œil mortel,

Il en obtint le prix qu'un peuple criminel Souvent garde aux meilleurs d'entre 1rs magnanimes.

Dante a vu ses travaux méconnus, sans éclat.

El son grand cœur honni de ce vulgaire ingrat Qui pour les justes seuls manque de révérence:

Mais avec son génie, oh ! que ne suis-je né!

4e paîrais son exil et son âpre soutirante Du plus haut rang du monde et du plus fortuné.

F. DE (i

Physionomie Parisienne.

MM. A h aux, Eugène La.mi, E. Isauey et Morel Fatio, ont eu l'honneur d’assister au banquet offert par le Roi à S. M. la Heine d’Angleterre au château d’Eu. S. M. a manifesté l’intention de laite construire une galerie destinée à contenir les tableaux qui doivent perpétuer le sou¬

venir de cette mémorable entrevue.

Pri ’

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