‹ Les Beaux-ArtsChapitre 161 sur 204 · EXHIBITION · texte numérisé non relu

EXHIBITION

’où vien I le goût 1 exclusif des Anglais pour l’aquarelle ?

Comment se lait-il qu'un genre considère chez nous comme très- inférieur soit, chez eux, traité avec tous les égards et, — ce qui est pi us signi- (icalif. — rémunère des mêmes prix qu’on accorde aux travaux plus sérieux de. la peinture a l’Iniile ? Par quel prodige, détournant à lui l’activité d une multitude d’artistes, cet art de fantaisie prospère-t-il et semble-t-il grandir tous les jours, dans un pays où les maîtres anciens sont divinisés? Nulle part, autant qu’en Angleterre, on n’accorde de respect à la tradition ; nulle part, les grands maîtres ne sont plus aveuglement admirés; nulle part, on ne forme

autant de collections classiques; nulle part, on ne trouve des juges, sinon aussi éclairés, du moins plus sérieux et cherchant de meilleure foi l'érudition vraie, le grand goût, le sens légitime de la liante peinture. Or il arrive, par un singulier contraste entre les théories et la pratique, entre les idées et les faits, entre les principes et leur application, que ce même peuple, toujours prêt à prodiguer son or et son culte aux œuvres les plus inférieures du temps passe, ne produit pas un seul imilaleui des maîtres ainsi adores. Le fanatisme des grandes choses le conduit aux petites. L'enthousiasme puni Raphaël et Claude Lorrain engendre la manie du StéphanoiT et du Copier Fielding. Le même grand seigneur qui paye mille livres sterling un Paul Potier ou un Hobhéma, donne fort bien la même somme pour trois ou quatre pochades d Ahsolon, de Crislall de Catlermnie ou de Lewis. Nous ne nous chargerons pas d'expliquer une telle anomalie, et. quant

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