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tic terreur et de violence que l'histoire passée et l 'histoire présente ont fourni en si grand nombre an Musée de Versailles. C’est là ce qui a fait une partie du succès des plus excellents paysagistes de ce temps- ci, Louis Cabat, le rêveur, Paul Huet, le Normand, encore cette année étant allé chercher ces inspirations en Italie, au Mondorc ; on dit déjà qu’un de ses tableaux a été refusé; Edouard Bertin, austère et grand, Marilhat, tout plein des feux du Midi, Jeanron ingénieux , Loubon, Chevandier, qui revient de Brindes, ce même lieu où le poète Horace suivit Mécène et Virgile; Chàtillon , Français, refusés cette année, tout comme Ch. Flandrin ; A. Corot, refusé , lui aussi , cruautés inutiles dont le roi lui -même s’est indigné! Brune, qui se souvient des bords heureux de la Loire, Adolphe Lelcux , un vrai Breton de la Bretagne, Wickenberg , qui aime la neige et les glaces tout autant que s’il était le Jules Dupré de la Laponie, Thuillier, inspiré par le ciel de Naples, Laviron, un sérieux disciple d’Horace, Grésy, un vrai Provençal , qui se révèle par quatre beaux paysages tous remplis des feux pittoresques de ce vieux Midi inspirateur; ce sont là des noms heureux : quelques-uns de ces noms-là sont populaires, les autres le seront bientôt. Tels seront les paysagistes de cette année , et à coté de ceux-là les heureux peintres de la terre ferme , du rosier qui fleurit, du chêne qui verdoie, du soleil qui flamboie dans le lointain ; n’oublions pas les paysagistes de la mer, les peintres de marine, enfants de l’Océan et des mers du Nord : Gudin, qui a soulevé tant de tempêtes, Morel Fatio,qui a été matelot, qui sait mieux que personne comment se tend et se plie une voile, E. lsabey, qui ne quitte guère les rivières de la France , Lepoitevin , et enfin un Anglais bien modeste , peu connu , mais destiné à une célébrité incontestable : cet Anglais se nomme Milbourne ; il a longtemps habité les bords de la mer , longtemps il a vécu de ce bruit et de cette écume , et maintenant il s’en vient demander à Paris un peu de cette renommée que Paris ne refuse jamais aux hommes d’un talent sincère; un autre peintre de marine, M. Emeric, a jeté dans les eaux de sa peinture / Arlemise, un des nombreux navires qui rappellent avec orgueil le nom du prince de Joinville. Ce
sont la des promesses certaines, et nous ne pouvons encore que promettre, mais avant un mois nous aurons bien d’autres merveilles à vous conter.
Après ou avant le paysage, vient le portrait, faire un portrait a été de tout temps œuvre de grand peintre. Les plusexcellenls génies dans la peinture ont signé de leurs noms des portraits qui sont regardés comme leurs chefs-d’œuvre. On ne saurait séparer le souvenir de Léon X du nom de Raphaël. Qui parle du roi Charles Ier, parle en même temps du portrait de Vandick , M. Ingres et M. Bertin l’ainé, dont il a fait l’admirable portrait, sont désormais destinés à vivre aussi longtemps l’un que l’autre dans la mémoire des hommes. Dieu merci , cette année encore, les portraits ne manqueront pas au Louvre. M. Champmartin n’a pas oublié son beau portrait de M. le due de Crussol , de madame de Mirbel , et 31. le duc de Fitz-James, ses plus belles pages. Guignet, qui était un nouveau venu il y a trois ans, se tiendra cette année à la plus belle place; on peut en attester cette tète énergique et fine, tière et douce , sortie toute vivante doses mains. Flandrin s’est souvenu qu’il lui fallait trouver le pendant de celte belle et douce figure qui parait, il y a deux ans, le grand salon du Louvre. Mais quoi ! savezvous ce que l’on raconte déjà? On dit (pie le seul portrait que 31. Flandrin ait fait celte année, le portrait de sa mère, a été refusé par 3131. les jurés patentés séant au Louvre! Plus la chose est incroyable, plus elle nous parait possible, et certes ce n’est pas nous qui voudrions parier pour 31. Flandrin, tant nous connaissons ses juges. Ghassériau, à peine a-t-il achevé sa belle chapelle de l’église de Saint-Mcry , a voulu représenter dans une seule toile ses deux jeunes sœurs , chastes et douces têtes toutes remplies de noblesse et. de candeur. Léhmann, de son côté, s’est amusé à représenter une jolie petite fille qu’on pourrait appeler le Printemps, une belle tète fine et fière en plein Eté, une mélancolique figure, rien n’y manque que le sombre Hiver! Le jeune Rodolphe Léhmann a envoyé d’Italie une belle et charmante et nerveuse «)
fille deCaprêe, énergique et vive nature. — Léon Coignet, lui aussi, a fait de beaux portraits, et aussi 31. Roller, le facteur de pianos, qui s’est posé avec autant de bonheur dans les expositions
du Louvre quà l’exposition de l’industrie. Qui encore? le frère de M. Guignet se montre digne de marcher à la suite de son frère; sans oublier un très fin et très joli portrait par M. Po- Iras Perlet, l’auteur de la Françoise deRmini. Un portrait, parM. Louis Boulanger ; et enfin, dans un cadre de moindre dimension, les beaux portraits d’isabey, le peintre aimé de l'Empereur et des beautés de sa coui , Isabcy qui a conservé quelque chose de la grâce et de la jeunesse de ses modèles. Arrive enfin, glorieuse et triomphante, un artiste sérieux, Mmc de Mirbel , leur maître à tous, et Mmo Sophie Filliol, sa consciencieuse et patiente élève, qui occupera en l’absence du maître la première place parmi les peintres en miniature, et Maxime David, non moins habile à reproduire les grâces et la beauté des plus charmantes; voilà, certes, de quoi vous tenir pour contents : voilà assez de peintres de portraits pour rassurer les grands hommes de notre âge et toutes les belles personnes qui s’inquiètent de cette beauté qui passe. Hélas! à quoi bon tant d’inquiétudes cruelles? Si vous êtes inquiet pour votre gloire, mon brave monsieur, jetezvous aux pieds de M. Ingres; et vous, madame, si vous tenez à revoir dans l’avenir cette fine fleur de jeunesse printanière de vos dix-huit ans à peine accomplis , priez et suppliez Mme de Mirbel, ou tout simplement ce spirituel vieillard lsabey, qui a arraché à l’oubli tant de frais visages, l’orgueil de la cour impériale.
De son côté, le pastel, cette fine et légère et fugitive façon de reproduire la beauté humaine, ne sera pas en retard avec le portrait à l'huile, avec la miniature ou le crayon. Nous ne sommes pas assurés de la même durée éternelle, j’y consens; mais nous, le pastel, nous la couleur fugitive qu’un rayon de soleil emporte, nous sommes vive, éclatante, charmante, nous sommes faite pour que rien ne nous échappe île ce qui est beau , de ce qui passe, s’envole en chantant la nuit dans le ciel. De ces contrerévolutionnaires qui portent écrits sur leur drapeau le nom de Latour, on peut dire que Maréchal de Metz est le chef, il a donné le signal, il a exposé les premiers pastels ; vous rappelez-vous son jeune Bohémien tout noir et sa belle jeune fille en robe rose ? C’était du Maréchal tout pur. Après lui est venu un grand