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I.(!S salons de M. le prince de Ligne ne se sont pas ouverts celle saison. Le représentant de la fille de cette augnsle mère qui, comme l'affligée de la Bible, ne veut pas être consolée, ne pouvait plus convenablement
s associer aux grandes douleurs de la famille dont partie son souverain ; mais on compte beaucoup les fêtes brillantes qu’il laisse annoncer pour l’année eliaine. Ln même temps, on vante beaucoup l’immi fortune de l'Excellence belge, et ses goûts magnifiqi dont il a donné d’ailleurs une preuve si fastueuse au ( ronnementde la reine d’Angleterre. LordCowley, em sous le coup delà perte douloureuse qu’il vient de f dans la personne de lord Wellesley, son frère, n’a pi donne de fêtes officielles, au grand regret de nos Fi yaises .si bien accueillies naguère par l’excellent 1 <•1 an ville, et de bon nombre de ses compatriotes que le gueurs de V incarne tax ont obligés a venir faire des < nonnes en France. Le comte d’Appony seul a soute cette saison, l’honneur du corps diplomatique ; mais a remarque que ses bals de jour et de nuit n’ont pas I pn train et la verve des années précédentes. Les p
sionoinies allemandes surtout étaient sérieuses et téfiéchies ; I indisposition un instant menaçante du prince de Metlernieh avait fait naître des pensées graves sur l'avenir du gouvernement autrichien , quand cet illustre doyen des hommes politiques de notre siècle viendrait a laisser vacant cet héritage d’habileté, de talent, de lorce patiente et calme qu’il a si péniblement, si glorieusement amassé. Mais si cesaustères préoccupations agitaient ici les fortes têtes de l’ambassade allemande, elles ne paraissent pas avoir eu sur le carnaval, à Vienne, la plus légère influence: « Ce n’estqu’à Vienne seulement, nous écrit un correspondant, que l’on connaît le prix de la vie. lit.
« on goûte le plaisir pour le plaisir; lii seulement la gaîté « est franche, insouciante, folle, comme autrefois a Paris « sous 1 ancien régime. » A Vienne, le même correspondant nous apprend que les ambassadeurs anglais et français ont donné des fêtes somptueuses. Sir Robert Gordon avait fait ajouter exprès, au palais de l’ambassade, une vaste salle de bal, et le comte deFlahaut, décori'r entièrement a neuf son magnifique hôtel. Les soirées-bals de M. de Maliaut ont eu un éclat extraordinaire, auquel
LES BEAUX- A RTS.
u'oiit pus peu contribué lu beauté, les grâces et l’esprit de miss Elphinslone, la tille du premier mari de Mme de Flaliaut, d’origine anglaise, comme on sait. MissElphinstone compte une foule d’adorateurs parmi les nobles viennois, adorateurs d’autant plus désintéressés que la belle miss, héritière d’une double baronnie et d’une fortune immense, doit perdre ces avantages si elle n’épouse pas un Anglais. On s'entretient également beaucoup il Vienne des fêtes de nuit et des dîners babyloniens du prince Esterhazv; celui qu’il a donné dernièrement aux membres de la diète hongroise, qui s'étaient réunis sous sa présidence à son hôtel, ne comptait pas moins de deux mille couverts, lin Angleterre, les journaux auraient regardé comme une bonne fortune de donner a leurs lecteurs le menu de celte colossale mungerie; nous regrettons de n’avoir pu nous procurer cet intéressant document. — Fort peu de bals a Merlin . avant et depuis la fête du roi. Berlin est une ville grave, méditative et studieuse; c’est la métropole intellectuelle de l’Allemagne. Berlin d’ailleurs a dans ce moment des préoccupations assez vives : les réactions absolutistes de son souverain, l’exil d’un poète qui lui était cher, l’essor loul-a-coup comprimé d’une liberté précieuse dont elle avait salué l’aurore avec enthousiasme, la liberté de la presse, ont encore ajouté a la gravité ordinaire des cercles berlinois. Berlin porte en ce moment le deuil de ses beaux rêves politiques. On a vu cependant un nombre considérable île nobles prussiens au dernier bal de l'empereur de Russie. En Russie, les bals de la cour présentent cette curieuse particularité qu’on n’y est pas admis en habit de ville. De la . une variété éblouissante des plus riches uniformes «le toutes les parties du monde. En' Russic, d’ailleurs, la consigne de l’uniforme ne ferme à personne l’entrée du palais, l’ordre civil se confondant dans l’ordre militaire, par suite de celte singulière fiction qui fait considérer, comme partie intégrante de l’armée, F Administration, la Magistrature et les membres des corps savants; e’estainsiqu’on voyait sans étonnement, au dernier bal, un ingénieur français, directeur d’une école scientifique à Saint-Pétersbourg, porter gravement un uniforme de lieutenant-général, côte a côte de vieux militaires, illustres débris des grandes guerres d’Alexandre. Un mot sur cette fête, la plus brillante qu’ait donnée l’empereur cette année. Figurez-vous les salles immenses du palais d’hiver , éclairées de milliers de bougies , contenant plus de quinze cents personnes, toute l'aristocratie de l’empire : et quelle aristocratie plus riche, plus somptueuse, d’un plus beau sang que l’aristocratie russe ? L’empereur a ouvert le bal par une polonaise. Il a dansé d’abord, avec l’impératrice, puis avec les princesses de la famille impériale, et successivement avec les dames de la plus haute noblesse ou delà beauté la plus remarquable. Rappelons,;! ce sujet, que la beauté est un litre d’admission aux bals de la cour de Russie; elle fait oublier l'humilité de la naissance. L’impératrice se plaît a rassembler autour d’elle les [tins ravissantes figures; et il n'est pas rare de voirdes tilles de fonctionnaires d’un rang et d’une fortune très subalternes devenir ses dames d'honneur, grâce seulement au charme et a la distinction de leurs traits. Lorsque l’empereur a eu dansé un certain nombre de polonaises, le
tour des quadrilles français et des mazurks est venu . puis celui des cotillons, danse favorite en Russie. Autrefois I impératrice avait une véritable passion pour la danse, et elle y apportait une grâce enchanteresse: maintenant elle ne figure guère que dans deux ou trois quadrilles et dans une valse. A minuit le bal a été interrompu pour le souper. La famille impériale a pris place aune table a part . dans la salle de marbre: le couvert de l’empereur et d’un très petit nombre de convives d’élite avait été mis dans le jardin d’hiver. Ce jardin d’hiver est une des merveilles du palais : il est rempli de magnifiques palmiers, d’orangers-géants et d’une foule d’arbustes des tropiques, sur lesquels voltigent et chantent d’innombrables petits oiseaux au plumage d’or et d’azur; une douce lumière, placée dans un large globe de cristal, descend du plafond, a travers le feuillage, et se brise en mille reflets; eutiu on entend bruire et l’on \oit scintiller sous l’herbe des filets d’une eau vive et courante qui va plus loin se précipiter en cascades dans un large bassin rempli de poissons aux couleurs les plus variées. Les tables étaient servies en vaisselle plate. On remarquait a celle de l’empereur un vase du poids de plus de 200 kilogrammes , dans lequel un homme pourrait facilement s'étendre. Croirait-on que celle énorme pièce, qui faisait partie d’un service exécuté a Paris , sur les ordres et d’après les dessins de l’impératrice Elisabeth, avait été longtemps égarée, et qu’elle n'a été relrouxée que depuis deux ans , a l’occasion de réparations faites au palais de marbre? Le souper.élait servi par une nuée de valets, parmi lesquels on remarquait quelques Maures dont l’original et pittoresque costume attirait tous les regards.
Comme nous l'avons dit. les Anglais ont peu dansé cet hiver a Londres . Ÿincume fax a fait fermer les plus aristocratiques salons. L’échiquier ne tardera pas a apprendre à ses dépens que Vincome tux est un de ces impôts improductifs dont parle J .-B. Say, qui font perdre d'un côté au fisc ce qu’il gagne de l’autre. Admirons toutefois la patriotique résignation avec laquelle le parti tory . jusqu’il ce jour réputé intraitable sur la question de ses privilèges, dont le plus cher, sans contredit, était de ne contribuer que peu ou point aux charges de l'Etat, supporte à la voix de son illustre chef, et il est vrai . en face des éventualités menaçantes qui pouvaient surgir des déficits du budget anglais, une taxe dont le produit est approximativement évalué à près de lot) millions. Disons-le donc, voila ce qui a toujours fait , ce qui fera toujours la force de l’Angleterre, c’est qu’en face d’un besoin national il n’y a plus d’aristocratie, plus de classe moyenne ou populaire; il n’y a qu’une grande famille, se levant comme un seul homme pour venir en aide a la patrie : imitons nos voisins sous ce rapport, et nous n'aurons bientôt plus rien a leur envier.
A la dernière soirée de AI. île Ramb . des Anglais
de distinction qui avaient assisté 'a la grande mascarade donnée récemment par le roi de Prusse a ses sujets, comme fiche de consolation de leur désillusionnemcnt a l’endroit d’une représentation nationale, nous assuraient que le dernier grand bal costumé de la reine Victoria.
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laissai! bien loin derrière lui la fête de sa majesté prussienne. A propos de ce bal, qui ne date que d’hier dans le souvenir de l’aristocratie anglaise, il est assez curieux de faire connaître les excentricités qu’il provoqua chez nos confrères de la presse de Londres. Trois mois avant le grand jour, les journaux ouvrirent leurs immenses colonnes aux récits épiques des apprêts de la fête; a l’occasion des déguisements projetés, l’histoire du costume en Europe fut discutée a fond. Le lendemain du bal, chaque gazette publia la valeur d’un fort volume in-octavo sur l’impression générale qu’il avait produite. Le second jour, liste complète des invités par ordre de litres: le troisième, aperçu général sur les costumes, quelques citations; le quatrième, examen plus détaillé; le cinquième, examen fort détaillé; le sixième, (valuation des diamants portes par chaque incite, article spéeial ; le septième, évaluation au prix fort, et au prix marchand, de l’ensemble de chaque costume ; le huitième enfin, indication des noms et de l’adresse des artistes et industriels de tout genre, ayant travaillé pour les iusilés. — Du reste, en thèse générale, on ne danse pas en Angleterre, on mange; et personne, dans ce pays, ne songe à protester contre un pareil état de choses, pas même ces frêles et délicates ladies, que l'on croirait vivre seulement de la vie des anges, et qui se font remarquer cependant par la solidité masculine de leur appétit. «C’est la le secret de nos victoires sur " 'OU s autres Français, nous disait un gentleman, vous « attaquez toujours a jeun ! »
U. le ministre ,1c l’intérieur a chargé M. Augnv ,1c SC rendre en Créer pour dessiner les principaux silos pittoresques del'Atliqueet du Péloponfce, Athènes jh lathon Mycenes, Saturnine, Platée, les Tlicrmopvles Connthe,: Delphes, Olympia, Sparte, Dé, os, leJt
déel M "T Cl°lil,lc Vic'" d'ô‘<* commun-
-.‘aüXS:
— Le ministre de l’intérieur a alloué h M ru une somme de mille francs h litre de subvention concourir aux frais de publication d’un ouvrage sur I vieux monuments de la ville d’Évreux.
— M. le Directeur des Beaux-Arts a adressé h M su nien Petit la lettre suivante :
« Monsieur,
« .1 apprends que le jury de l’exposition a refusé le tableau qui vous a été commandé par M. le ministre dé l’intérieur, .le sais cependant, par le rapport de M. |’jns. speclcur des beaux-arts, que si votre ouvrage a été exécuté trop rapidement , vous y avez fait preuve de beaucoup de talent , et qu’on peut en augurer que vous aurez un bel avenir dans la carrière des beaux-arts. Loin de vous décourager, vous devez donc redoubler d’efforts' J’aime a vous annoncer que l’administration ne vous fera pas attendre les encouragements que vous méritez.
« Agréez, etc. »
— Les sculptures du temple de Diane que la gabarre l’ Expéditive a apportées de l’Asie-Mineure en France
sont arrivées au Havre. M. Charles Texikr a éléenv
ovr
dans cette ville par M. le ministre de l’intérieur pour surveiller le transbordement et l’arrimage de ces précieux restes de l'antiquité. On espère qu’ils pourront être ira rr
portés a Paris pour la lin de ce mois. On lait des prépa ratifs au Louvre pour les recevoir.
Physionomie parisienne.