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U; lasse a ! Hôpital des Ions
A l'heure où nous écrivons, les galeries du Louvre soûl fermées. Le public a jeté son dernier regard sur l’exposition de l’année 1817» ; c’en est fait , ces 1 507 cadres plus ou moins remplis de belles choses, vont disparaitre pour ne plusse rencontrer jamais dans le même espace. Pendant deux mois ils ont habité les mêmes demeures royales, ils ont été éclairés des rayons du même soleil, maintenant jusqu’à la fin du monde ils vont errer, çà et là, au hasard.
selon les nécessités de l’heure
résente ; trop heureux s’ils se retrouvent à l’exposition dernière de la vallée de Josaphat. Faisons-leur nos derniers adieux, des adieux sans espoir de retour.
Nous aussi, cependant, nous jetterons notre dernier coup d’œil sur l’exposition de cette année. Nous n’avons pas tout vu, et surtout nous n avons pas tout dit. Mais que faire? on n’est pas toujours le maître de s’arrêter , quand on marche si vite. Celle revue rapide vous pousse, vous presse et vous emporte, si loin et si bien que le tableau même qui vous arrêtait le plus, est bientôt loin de vos regards. Vous étiez là, attentif, empressé, curieux, studieux... vous vous retrouvez, vingt pas plus loin, emporté par la fantaisie et par la foule. Mais encore une fois nous n’avons pas le temps de nous plaindre, il faut se hâter. N entendez-vous pas la grosse voix des messieurs en livrée rouge qui glapissent à qui mieux mieux : — On ferme, messieurs, on ferme!
Parmi les choses que nous avons vues et que nous n’avons pas racontées, il faut placer les miniatures, les aquarelles, les gravures, les porcelaines, les pastels, rien que cela. Petit art, dites-vous (comme on dit : le petit four!), petit
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LES BEAUX- A RTS.
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art, à la bonne heure, mais cependant c’est, l’art des plus jolies mains, des plus jeunes artistes et des plus belles. Les fruits, les fleurs, les porcelaines, ipii peut en faire, hors les femmes? Et la miniature qui la fait le mieux, sinon une femme d’un grand art ? Nommons-cn quelquesunes dans cette liste des choses faciles et charmantes : M11'1 Bcrthon et le portrait de cette jolie personne blonde et pale ; Mme Bost qui improvise sur l’ivoire; M"c Bouvrct qui copie Yan- Spaendonck , tout comme ce M. Van, etc., copiait lui-même la nature; MUc Brosselard, aux camélias blancs et rouges; Mmc Callault, plus habile à représenter le portrait des hommes que celui des femmes ; Mme Chantereine, la digne élève de Redouté ; MmeCbcnou, le peintre des digitales et des pois de senteur; Mme de Bourge qui a fait MlleDoze très-ressemblante et partant fort jolie ; Mmc Demiannay a rempli un très-beau vase des plus belles fleurs d’après M",e Bruyère, son amie. Arrivent en même temps Mmc Ducluzeauqui a copié une belle tête du Tintoret, Mll0Duvivier et son beau pastel ; M11' Eilbol, l’élève bien-aimée dcM,1,e deMirbcl, le grand maître, le grand peintre de toutes les élégances et île toutes les beautés parisiennes ; les portraits de M"c Filliol sont pleins de charme, de jeunesse , d’élégance, de belle et bonne grâce; on ne fait pas mieux avec plus d’envie de bien faire. M,ncFourdrin est un grand amateur de roses, de tulipes, de giroflées ; MB,C Girardin aime les œillets avec autant de passion que Raguenot, le jardinier célèbre. Mllc Guener compose un bouquet avec autant de bonheur que Mme Prévost elle-même. -MUe Haillecourt a renfermé dans un espace de quelques pouces, des chefs-d’œuvre de Velasquez et de Van-Dyck. Mmc Herbelin a plus de portraits qu’elle n’en peut faire , elle en fait trop. Mllc Janet vous présente, d’une main fine et blanche, des lilas fraîchement coupés ; M,ne Lallemand cueille avec soin les plus beaux fruits de l’automne; MUe Colin s’appelle aujourd’hui M,m' Leloir, nous la reconnaissons à sa grâce, à son invention, à son esprit; Mme Laure de Léoménil est toujours la même inspirée qui a le sentiment le plus exquis de la beauté des femmes. « y a encore des roses- thé de Mmc Levasseur, un portrait du duc d’Orléans de Mlle Lotlion, (les fruits de M"* Mareschal, un médaillon de M"" Mège , un paysage de M”* Michel, de
beaux chevaux de MUe Montrouge. M,MMonvoisin et M"° Mu tel ne doivent pas être oubliées dans notre liste ; les beaux raisins et les belles roses de M11' Weber!
Mais quoi ! les jolis portraits ne manquent pas à l’exposition de 1843. M. Vidal a fait un portrait charmant de madame Nathan -Treillet, cette femme qui chante si bien ; M. Thevenin a dessiné à merveille le portrait de M. Chernbini, par M. Ingres, moins la muse. I n digne homme qui revenait d ’Angleterre où il avait fort réussi, M. Negelen a envoyé au Louvre seize portraits , on lui en renvoie quinze, et, dans le nombre, la piquante figure de mademoiselle Relion , cette jolie danseuse si légère, dont l’Opéra nous a privés ! Les portraits de M. Meure! sont pleins de finesse et de vérité; les miniatures de M. Maxime David sont remarquables par l’élégance, par l’esprit, la ressemblance et l’ornement. Qui n’a pas vu les pastels de M. Giraud? Ils sont pleins de vie, pleins de verve, dessinés avec art, et d’une ressemblance parfaite ! Vous avons déjà dit tout le succès de M. Antonin Moine et la popularité naissante de ses adorables pastels. Après le portrait, le paysage , la fantaisie , le moulin à vent, l’eau qui coule, le soleil qui resplendit là liant. La Normandie et Fl talic ne. sont pas moins favorables au pastel qu’à la peinture à l’huile. M. Schitz rapporte de Troyes en Champagne b* jubé de la Madeleine; M. Soulès ramasse un château en traversant les Pyrénées; M. Tourrteux
vous représente les Mages marchant au berceau du Christ guidés par la clarté divine de l’étoile. La paysanne deM. Ramelet est îles plus jolies : le roi Robert de M. Rcvoil fait regretter le peintre aimable qui vient de mourir; j’aime assez les Italiennes de M. Quantin, les ruines de M. Pelletier. Sur le parvis de Notre-Dame, M. Mansson a exposé les Templiers condamnés par Philippe le Rel ; si vous voulez voir la maison de François Pr à Orléans , regardez le beau dessin de M. Magne; M. Leblanc envoie de Florence une fontaine d’eau vive qui s’épand entre d’élégantes cariatides du siècle des Médicis ; les dessins de M. Gerard-Seguin méritent qu on les loue • M. Gerard-Seguin est l’ami des poètes et des romanciers dont il reproduit habilement les compositions les plus savantes. Sa main est légère, son esprit facile, son invention estprompte, l’exécution est rapide;c’cst un improvisateur qui pourrait
suivre à la course M. Eugène Sue, M. Frédéric Soulié et M. de Balzac. Que M. Penguilly-L’llaridon avait fait de jolis dessins! Toute l’histoire du chevalier de la Triste Figure dans un seul cadre! Et dans ce cadre, il avait jeté tant d’esprit, de gaieté, de bonne humeur, d’imagination plaisante, que messieurs du jury ont renvoyé soudain ce beau cadre chez M. le duc de Monlpensicr , à qui M. Penguilly-L’Haridon l’avait offert. Jugez de la joie du jeune prince qui se croyait privé de ce beau dessin pour deux grands mois! Enfin M. Foussereau , quand il lâche ses chevaux par les grandes routes, M. Garnerey , quand il abandonne aux vents du midi lcsvoilesde scs vaisseaux nombreux, M. Fiers, quand il va saluer le soleil couchant sur les bords de la Marne, M. Fontenay, l’heureux voyageur, quand il étudie les plus doux aspects du château d’Eu que baigne la mer, sont véritablement des artistes ingénieux autant qu’habiles ; rien ne leur manque sinon un peu de couleur.
Hélas ! le plus grand art parmi les arts, celui qui résume tous les autres, qui les emploie Ions, celui qui est l’abri, qui est la protection, qui est le prétexte des chefs-d'œuvre du peintre et du sculpteur, l’art merveilleux qui peut dépenser sans mesure les millions et les années, l’architecture qui mérite l’attention et le respect universel, c’est à peine si, en passant dans les galeries du Louvre ingrat, on lui accorde un regard distrait. Les plus nobles projets, les restaurations les plus difficiles, les monuments retrouvés par miracle dans leurs propres décombres et sous la poussière dessiècles, les problèmes résolus d’une façon nette et hardie, ce sont là autant d’entreprises auxquelles nul ne songe. On regarde et l’on passe, et l'on ne se dit pas que ceci est l’œuvre de plus d’un grand artiste, de plus d’un habile penseur. Nous autres, cependant, soyons justes, et témoignons au moins à ces artistes courageux que nous savons leurs noms et leurs travaux de l’année. M. Berthelin a expliqué à sa façon la belle restauration de l’église de Troyes. M. Blouet, qui ne dort plus, depuis qu’il a rêvé un couronnenemcnt pour l’arc de triomphe de l’Etoile, popose des chevaux ailés attelés avec des aigles et traînant la Renommée. M. Boltz, un tout jeune homme , très-ardent, très-laborieux, à qui rien ne manque, sinon l'emplacement de la Bibliothèque royale, et cent millions
a dépenser, pour se faire un assez beau nom parmi les architectes de ce temps-ci, a construit en attendant mieux, une petite église économique pour la commune de Russey; voici les trois façades, les deux coupes, et à coup sur ce sera là bien plus une église pour prier Dieu , que ce temple païen qu’on appelle la Madeleine. Elégance et simplicité, voilà le double rêve de ce M. Boltz. M. Chiboys, moins bourgeois que son confrère, a dessiné les ruines de l’Acropolis d’Athènes ; il a rapporté des fouilles de Pompéï, le trépied de Lysicrate. Pauvre homme confiant dans son art! ettant d’efforts pour trouver à peine des cheminées à construire dans le faubourg Saint-Marceau ! La belle galerie en fer de la rue Neuve-des-Mathurins , est de M. Demeunvnck. M. Garnaud est un rêveur, un ingénieux rêveur. Laissez-le faire, et avant six mois il couvrira Paris tout entier des monuments les plus magnifiques. N’avait-il pas rêvé qu'il faisait de toute la montagne de Chaillot un monument dressé à la louange de l’empereur Napoléon ! Son idée est grande, magnifique, impériale, elle n'a qu’un défaut, c’est, d’être impossible proposée à despygmées comme nous. Gela fait, M. Garnaud dresse tout simplement une fontaine à Moïse, et pour alimenter sa fontaine, il ne demande rien moins que le puits artésien et ce fleuve brûlant qui sort de terre en bouillonnant. L’église de Moret a été bien étudiée parM. Garrez , et en effet, c’est là un petit monument sérieux, élégant, complet. M. llénard, dans un moment d’oisiveté, a inventé un tombeau pour M. le duc d’Orléans, M. llénard devait attendre le concours. M. Jourdan a copié deux églises à Rome, une église à Pavie; comme il a vu que dans cet amas violent de matériaux et de fortifications, la chapelle du château de Vincennes allait disparaître, M. Lion a voulu la sauver de la fureur des Vandales du génie. Les belles halles dont M. Magne voudrait doter la ville de Paris! Enfin, pendant que M. Louis Travers s’amuse à restaurer le Parthénon et l'Acropole d’Athènes, M. Mélick érige une mosquée dans le faubourg Saint-Honoré, oui certes, une mosquée, un temple en l’honneur de Mahomet, par la raison que tous les cultes sont égaux devant, l’architecture et devant la loi.
Telle est l’architecture. Elle invente peu , par la raison toute simple qu’elle produit encore
moins quelle y'invente. C’est, l’art des grands rois et des grands peuples qui en sont arrivés à avoir beaucoup de goût et trop d argent. Les peuples et les rois de l’Europe moderne qui n’ont pas assez de l’un et de l’autre, ont renonce à ces joies savantes et coûteuses; ils veulent de l'architecture qui soit d’un bon rapport, etaces causes ils s’en tiennent aux fabriques, aux cheminées à vapeur et aux chemins de fer. — Reste maintenant la gravure, mais la gravure n’a pas besoin du Louvre pour se montrer dans toute sa gloire. L’exposition de la gravure est permanente ; elle se fait à l’air libre, à la clarté du soleil , aux plus beaux endroits de la ville, sur les quais, sur les plus vieilles murailles. Aussi la gravure daigne à peine visiter le Louvre, elle n’a que faire de tant d’honneur. Toute l’année lui appartient : aussitôt .qu'elle a produit, elleexpose, et tant qu’on veut les voir, elle montre ses produits. Aussi le public, quand il passe dans le salon des gravures, leur dit à chacune et à toutes: Je te connais: toi, tu es la belle Georgina (j ni as plaidé contre M. Lépaulle! toi, tu es le portrait de Mûri llo, gravé par M. Blanchard ; vous voici enveloppée dans votre transparent nuage et dans votre blanc linccui 1 , vous , sainte Françoise de Rimini, du Dante etd’Ary Schcfler.
Vous rappelez-vous d’avoirapplaudi à ce joli tableau de M. Cottrau , /’ Evasion, gravé par M. Chollet? Le Dêcameron de Winterhalter, cette révolution de satin et de fleurs artificielles a été réproduite par M. Girard. Eli quoi! le tableau de M. Horace Vernel, Thamar et Jutla, M. Jazetl’a déjà gravé ? Quoi d’étonnant? Cette l’hamar à la jambe nue, a été faite tou! exprès
pour être gravée par M. Jazel. La même aveuturc, ou, si vous aimez mieux, le même accident est arrivé au Paul et Virginie de M. Sehopi,, M. Lefèvre est venu à bout des moindres détails de la bataille d’Aboukir. M. Martinet a fait une belle gravure d’après le Charles l"r <1,> M . Paul Dclarochc ; son frère a gravé l* Innocence , mais une innocence Winterhalter, peu vêtue, et montrant tout ce que peut montrer l'innocence quand elfe ne rougit plus de rien. Les Atala et les Ghaetas ne sont pas morts pour la gravure. Ils vivent plus que jamais dans lessouvenirs du peuple de France. Impérissable poésie ! Conquêtes du génie sur les sympathies universelles! En vain les dédaigneux adoptent de nouveaux héros, en vain on fabrique chaque jour de nouvelles renommées, en vain on met en honneur des noms inconnus, le bon peuple revient toujours à ses héros bien-aimés : le Juif-Errant . le premier de tous, Geneviève de Brabant, Atala, Chactas, Napoléon enfin!
La plus belle gravure de cette année , et la plus savante, c’est la gravure de M. Jési de Florence, d’après le célèbre portrait de Léon \, le royal ornement du palais des Médicis. Le Léon X est peut-être le chef-d'œuvre de Raphaël. Jamais ou n'a donné une idée plus complète et plus sérieuse de ce que peuvent être ces hommes si admirablement reproduits. L'histoire de tout un siècle est contenue dans ce magnifique tableau de Raphaël.
Ici s’arrête cette histoire très-rapide, mais très, loyale et très-bienveillante de l’exposition de 1845. Excusez, en faveur de sa bonne foi . les fautes, les oublis et lesomissions de Fauteur!