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A BERLIN

lion d’une nouvelle galerie de tableaux ; elle s’élèvera derrière le vieux musée, et elle est déjà très-avancée. Elle comprendra de vastes salons ; mais l’extérieur laisse à désirer. Le fronton est caché par une espèce d’entrepôt où l’on charge et décharge les bateaux. Le côté opposé doit être réuni au vieux musée par une galerie voûtée, qui, traversant une rue très-passagère, défigurera à la fois les deux édifices. Il est probable que la décoration du nouveau musée sera confiée h Cornélius, qu’un mal d’yeux opiniâtre a empêché de travailler, depuis qu’il est a Berlin. Il s’est contenté d’aider de ses conseils les jeunes artistes, et de surveiller son élève Hermann, chargé de l’ornement du vieux musée.

La nouvelle galerie ne demeurera pas longtemps vide, car les collections d’objets d’art se sont considérablement augmentées. Le professeur AVaagen a fait un voyage de quatorze mois en Italie pour recueillir des tableaux, qui sont arrivés a Berlin depuis peu. Parmi les peintures qu’il rapporte, on distingue un portrait de l’amiral Mauro, daté de 1337, et deux petits sujets par Titien; un tableau allégorique de Giorgione, représentant la Guerre et lu Paix, et surtout une série complète de grandes toiles de Paul Véronèse. Ces derniers tableaux décoraient la salle des banquets de la Bourse que les Allemands avaient jadisa Venise. Les quatre principaux sont : Jupiter donnant à l’ Allemagne l’empire du monde; le Temps vainqueur de l’Idolâtrie , et assurant le triomphe de la Religion; Mars et Minerve, considérés comme svm-

r. y a quelques années encore, la ville de Munich avait incontestablement la primauté sous le rapport artistique ; mais depuis que Frédéric Guillaume IV est monté sur le trône de Prusse, une noble émulation s’est établie entre lui et son beau-frère le roi de Bavière. Le monarque prussien se propose sans doute de faire de Berlin ce qu’était autrefois Weymar, le centre intellectuel de toute l’Allemagne. Non-seulement il réunit autour de lui les savants les plus célèbres, les artistes les plus recommandables; mais encore il sait leur fournir l’occasion et les moyens de se produire. Aussi la capitale «le la Prusse a-t-elle changé totalement de face, depuis l’avènement de ce prince ; partout s’élèvent de nouvelles et magnifiques constructions ; on prodigue les monuments dans la ville, on parsème de parcs et de jardins les environs incultes et déserts. En songeant aux améliorations projetées, un canal qui coûtera seul plusieurs millions, un second musée, une nouvelle église, une nouvelle bibliothèque, on serait tenté de douter de la possibilité de l’exécution ; mais tant d’entreprises si rapidement achevées, nous garantissent que le roi ne reculera devant aucun sacrifice pour réaliser ses vastes desseins.

Nous avons assisté, voila quelques années, a la fonda-

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