‹ Les Beaux-ArtsChapitre 61 sur 204 · LS · texte numérisé non relu

LS

|»o|e de la bravoure et de l’humeur belliqueuse des Allemands; Apollon et Junon, glorifiant les Beaux -Art. s allemands. Nous nous estimons heureux de voir dans une collection allemande des tableaux qui ont pour l’Allemagne une importance et une valeur spéciales.

Nous avons du Tintoret deux sujets religieux et un tableau qui concourait, avec ceux de Véroncse, ii rembel I issement de la salle des banquets ; Diane, entourée des Heures . commençant sa course dans les deux. M . \\ aagCIl a fait heureusement transporter sur neuf toiles six fres- ! ques que Bernardino Luini avait peintes , en 1 521 et I .'>22. dans le couvent de Santa Corona, a Milan. I n tableau de Sébastien del Piombo mérite encore une mention particulière. Il avait été commandé par un cardinal de la famille napolitaine des princes de Gesso, ducs de | Gellamare. Il représente le Christ mort, Joseph d'Ari-

mathie, et la Madeleine; les figures sont à mi-corps, de grandeur colossale, et semblent avoir été exécutées d’après un dessin de Michel-Ange.

M. Waagen nous rapporte quelques tableaux espagnols; U11 portrait du cardinal infant Ferdinand , frère de Philippe IV, par Velasquez; un portrait de. femme. et une Madeleine , de Murillo. Cette œuvre est dans la dernière manière du maître, et rappelle l'époque où il s’inspirait de Guido Béni.

La collection de M. Waagen est riche en sculptures.

V enise, qui, pendant si longtemps, entretint avec l’Orient de fréquentes relations, nous a fourni de remarquables morceaux appartenant a l'école grecque, entre autres une scène (ï inspiration bachique, bas-relief qui servait de support a un trépied. Nous possédons la Victoire , de Bresse, statue célèbre, en bronze doré, de quatre pieds de hauteur, et qui date, comme l’indique une inscription, du temps de Marc-Aurèle. Ces antiques, malgré leur mérite, sont inférieurs a un groupe d’ Antonio Begarclli de Modène, le Christ en croix entouré d’anges. On sait que cet habile sculpteur eut une influence notable sur le Collège, et en effet, les statues que nous avons sous les veux ont celte délicatesse de formes, cette vague suavité quicaraclérise les œuvres du peintre modénois.

Nous ne pouvons encore apprécier toutes les richesses que nous devons au voyage de M. Waagen. Un bâtiment, qui en portait une grande partie, a failli périr sur les côtes d’Angleterre, et n’arrivera a Berlin quedansquelque temps.

Le musée vient aussi d’acquérir le cabinet du célèbre architecte Kempgens, qui renfermait des tableaux de l’école allemande, italienne, et flamande. On parle d’une * nouvelle excursion que doit entreprendre un artiste expert, dans le but d’accroître nos trésors, et de faire de la galerie de Berlin l’une des plus considérables de l’Europe.

Cependant, Frédéric Guillaume ne néglige pas les ar- i listes vivants; il a commandé au professeur Begas, notre meilleur coloriste, une suite de portraits des notabilités prussiennes. On ignore jusqu’à ce jour où on les placera, mais on pense que le roi a conçu le plan d’un valhu/lu, destiné a immortaliser les héros, les savants et les artistes de la Prusse.

L’exposition récente des tableaux de peintres bel»cs a partage en deux camps les artistes de Berlin. Les uns portent aux nues Biefve et ('.allait; les autres leur refusent toute espèce dotaient. Les mécontents mômes conviennent toutefois que les maîtres belges, tout en manquant de grandeur , se recommandent par le lini de l’exécution, ('.allait semble prendre Paul Delà roche pour modèle, et son tableau de l’ Abdication de Charles /n'a pas la sévérité convenable à une grande composition historique. Ces tableaux sont partis de Berlin pour Munich, d’où ils doivent être envoyés a Vienne. I.’ école belge a pensé que ce voyage serait une marche triomphale, mais, si elle a gagné bien des suffrages, en revanche elle a rencontré bien des adversaires acharnés. En général, nue vive effervescence règne dans le monde artistique, au delà du Rhin. L’école de Dusseldorf est attaquée par les maîtres belges, auxquels se joignent quelques jeunes peintres du nord de l’Allemagne; Munich est en guerre avec Berlin, surtout depuis que Cornélius s’est fixé dans la capitale de la Prusse. L’académie de peinture de Krancforlsur-le-Mein a été en proie a une guerre intestine, à propos d’un tableau de Lessing. On possédait déjà trois peintures historiques de ce maître; aussi, dès qu’il a été question d’en acheter une quatrième, il s’est manifesté une violente opposition, a la tôle de laquelle était le directeur, Philippe Veït. Le sujet du tableau était emprunté à l’histoire de Jean Mus et choquait vivement les catholiques. Après de longs débats, l’acquisition a été décidée, et M . Veït mécontent a cru devoir donner sa démission. Un assure qu'il s’est associé aSteinle (I), et que tous deux vont fonder une nouvelle école, qui, faisant concurrence a l'académie, travaillera a propager les idées d’Overbeck. L’entreprise de Veït aura pour partisans les artistes de Munich et de I Allemagne méridionale : Berlin et l’ Allemagne du sud tiennent pou r l’académie de Francfort, et ces dissidences sont d’autant plus graves qu’elles ont pour point de départ l’antagonisme religieux.

E H K 0 K 11 I C «ï UN T II E R.

(1) M. Stcinle est auteur do dessin de la gravure que nous avons donnée sous le titre : la Compati ion de la Sain le-Vierge-

LES BEAUX- virrs.

Ils donnaient sous le chaume ou sous les tuiles frêles; Ils rêvaient d'un bonheur toujours prompt à finir;

Et parfois du sommeil ils écartaient les ailes ,

Et se disaient: « L'aurore est bien longue avenir! »

Les bœufs interrogeaient la crèche vide et sombre,

Et ruminant pensifs, ils songeaient aux grands prés ; Et le coq matinal se remuait dans l’ombre En appelant le jour de cris désespérés.

Les mères entr’ouvrant les lourds rideaux de serge, Ecoutaient des petits respirer les poumons ;

Puis après un /ioe dit pour la sainte Vierge ,

Elles pensaient: le ciel est encor noir: dormons !

Et les heures passaient : la cloche du village Les comptait faiblement avec des accents sourds. L'écho n'entendait rien sur le rocher sauvage;

Et quand midi sonna la nuit durait toujours.

Cependant le sommeil fuyait de leurs paupières, Comme un licite importun qui se retire et sort;

Nul rayon du foyer ne blanchissait la pierre, lit les enfants disaient: le soleil est donc mort !

Non! le soleil, là haut, de splendeurs souveraines, inonde la cascade et les lacs écumants ;

Et les sommets joyeux de vos Alpes sereines ,

Brillent comme des fronts chargés de diamants!

Mais tandis qu'abrités sous la chaude muraille,

\ ous dormiez tous, vieillards, mères, enfants , époux, L’avalanche a sellé, son cheval de bataille .

Et d'un bond dévorant elle a passe sur vous !

Elle a bu d'un seul trait le torrent et la source , j D’un précipice immense elle a fait son sentier.

Un rocher vous gardait : sans ralentir sa course ,

Sur sa croupe elle a pris le rocher tout entier!

Et maintenant , maisons que la neige égalise ,

Pour que le voyageur vous jette son adieu ,

Il ne reste de vous que la croix de l’église ,

Cette croix , 6 chrétiens , qui porta votre Dieu !

Pour crier quelques mots d’espoir dans votre abîme ,

La science, de l’homme a trompé les efforts ;

L’été seul de l’hiver peut réparer le crime :

Il faut trois mois d’été pour retrouver vos corps !

Oui , vous êtes perdus ! mais la croix vous protège ,

De votre désespoir monument solennel !

Votre âme sortira de vos tombes de neige;

La croix est l’arbre saint par où l’on monte au ciel !

Autrefois Dieu laissa le Vésuve descendre Sur la ville romaine où régnait Jupiter.

Valseuestre a la neige : Herculanum la cendre .

La neige vient du ciel , la cendre de l’enfer.

Lorsqu’après deux mille ans de séjour sous la lave . Herculanum sortit de son volcan éteint ,

On vit ses habitants , troupeau des sens esclave ,

Assis encor autour des tables du festin.

Vous . pauvres villageois , quand juin va dissoudre Ce manteau glacial qui vous recouvre tous.

Faites-nous voir avant de retomber en poudre Que la mort des chrétiens vous surprit à genoux !

Il EMU 1)F. T. \ C. R F. T K 1. 1. F.

LES LE A La -A IMS.

J'ïtl

C’était un soir d’hiver , et l'on parlait d’amour , Chacun sans hésiter découvrait sa blessure ,

Le chaste souvenir et le riant parjure ,

Aux flammes du récit se brûlaient tour à tour;

BEAXJX-ARTS.

M. Lami de Nozan qui, depuis plusieurs années, s’occupe a Toulouse de la peinture sur verre, vient de terminer les vitraux du chœur de la cathédrale d’Agen commandés par M. le ministre des cultes. Le slylelégendairc adopté pour chaque fenêtre , et qui rappelle les faits principaux de la vie de saint Caprais, de saint Étienne de saint Dulakle, de saint Phabadé, de saint Vincent <«i autres patrons de celte église , s'harmonie parfaitement avec T’arhilecture de cette partie du monument (dixième siècle). Il est a regretter que le défaut de fonds ne permette pasd’entreprendre lescroiséesde la nef; l'ensemble de cette antique cathédrale, dont M. Hourières l’architecte a conduit la restauration avec autant de science (pic de goût , se trouverait complet.

— Le conseil municipal de la ville de Paris vient de voter les fonds nécessaires pour l’exécution du fronton de Sainl-Yincent-de-Paule et de six grandes ligures destinées a la décoration de la façade de cette église. Les figures du fronton, au nombre de quatorze, seront en ronde bosse , comme elles l’étaient au Parlhénon : cet important travail est confié à M. Nanleuil : les artistes chargés des statues de la façade ne sont pas encore désignés. Tous les vitraux de ce monument, commandés à M. Maréchal de Metz, sont en cours d'exécution.

N ous me disiez alors : tous ces cœurs sans détours Qui savent si bien rire , ont souffert leur torture ,

Et l'aiguillon vainqueur brisé dans sa piqûre ,

S'était vengé d’avance et pendant plus d’un jour.

Mais 1 amour a fait place à la sagesse austère ,

De ses combats sanglants l’âme sortpresqu’entière , Et le rire effeuillé renaît comme une fleur.

On bénit le réveil après ce triste songe ,

Le bonheur tant cherché, c’est le repos ; mensonge ! Le bonheur, c estl amour ; 1 amour, c est la douleur!

Mahie Nodieb-Mennessieh.

Physionomie parisienne.

'"•Wj.ll /

Page 1