LES IJ K U \ - \IU S
Que sous la proue la mer écume el jaillisse! la Jolie galère bondit <le vague en vague. Tandis <jue le maître, attentif aux soins du voyage, commande les matelots muets el dociles, les passagers chantent.
Le plus jeune a pr is l'anse d’un pot rempli de vieux vin et posé sur le banc. Chacun boita la lasse après avoir répondu par une strophe I (pie le vent emporte i ii celle question des voix en chœurs :
« Dans quelle image est la beauté? «
Ht d où vient la galère? où va-t-elle ?
— Qu importe? le vin des côtes est généreux.
« Dans quelle image est la beauté ? »
— « La beauté, c'est ma mie. » a dit l'écolier, « le bonheur est dans l'amour. »
— d Le bonheur est en campagne. » dit le soldat, « rien n'est beau comme un dragon lesabreau poing. »
— « Si ce n'est un coffret plein el bien gardé . » répond l'avare.
— Au tour du laboureur : « Ce qui plaît le mieux a nos regards est un champ d'épis jaunes. »
— Mais le poêle : « C’est de laurier que la beauté se couronne. Par Apollon! point de bonheur sans la pensée. »
— Le joueur de flûte • « V quoi bon la pensée? Sait-on ce que dit le rossignol? On I écoute. »
— Kl le peintre : « La beauté n'a point d'images, c'est une image. »
— « La beauté, » affirme le philosophe, « c'est |a Vt; rité. »
— » C esl le succès ! » s'écrie le partisan.
— «Oui! » ajoute I aventurier . « une belle lille au sein nu , elle tient les dés du joueur heureux.
— <« Oh ! » fait le marchand . « le bonheur ne joue pas, il calcule. »
— Le moine vient à son tour : « L'heureux croit
mes frères, la beauté prie . »
Mais tout a coup : — « Malédiction ! c'est la voix du maître qui vient effraver les chanteurs. — « Malédiction! taisez- vous et serrons les voiles !
Pour le matelot, la beauté, tôle de bois, rit ù la poupe du vaisseau quand on rentre au port après l’orage.
Et en eet instant une troupe de jo\ eu x requins suivaient dans le sillage el pensaient entre eux : Rien n’est beau comme une galère qui va sombrei en mer tonie pleine de passagers.
Le beau esl la forme du bon.
C A V V If M .
u-:s ni: ai \-uns.
* Madame T«i. (iBCTKRn.
Mon âme qui s’élève
Aux splendides hauteurs ,
Aime à s’abattre en rêve
Sur le toit des pasteurs.
La lampe éclaire celle
Oui le soutient , hélas!
Quand sou âme chancelle.
( >11 <pie faiblit son pas.
Sans doute là dans làtre
Kst un humble loyer
Que la main d’un vieux pâtre
Attise et fait briller.
Près d'elle un couple brille l ne fille, un garçon L'espoir de la famille ,
La fleur de la maison.
Quelques pauvres racines
Que sa main glane aux champs ,
Quelques touffes d’épines
Donnent au feu des chants.
Là, ees deux tètes blondes , Qu’un livre réunit .
Alêlent leurs douces ondes Que la vieille bénit.
Il eomtemple la cendre
Qui s'amasse toujours .
Kt parait redescendre
I ,a pente de ses jours.
Kt sur la cheminée
Le Dieu du crucifix .
Qui voit Pâme enchaînée
Des charmants petits fils.
il pense à tous les charmes
De sa jeunesse d’or :
Kt quelques douces larmes
Mouillent ses veux encor.
Semble sous les épines
Ne plus souffrir autant .
Kt les larmes divines Tarissent un instant