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Je ne sais quel duc de Toscane, En personne osa s'oublier.
Ainsi qu’un simple bachelier, Au logis d’une courtisanne;
Or voici ce qu’il en advint :
C'est que souvent il y revint.
Quels lutins invoqua la belle?
Quelle madone? et tous les soirs, Quel parfum sur ses cheveux noirs Et sur son cou fauve ruisselle ?
Quel philtre ou quels vœux ingénus?
Quels maléfices inconnus?...
Nul philtre en vérité, madame, Pour mettre un duc à ses genoux.
Nul charme, nul parfum plus doux Que l’amour d’une belle femme Qu’on implore, sans marchander Et qui se rend sans minauder.
De plus, le bras rond, la main blanche, Et, dans les jours les plus ardents,
Un petit craquement de dents,
Et certaine allure de hanche Que sa mère, la Dalila,
Vu lit de mort lui révéla.
Bref, Tisbé, l’amoureuse brune,
S'éveilla duchesse un matin,
Au nez du peuple florentin.
Dieu sait le bruit. — Quoi t duchesse une !... — Eh ! pourquoi pas, monsieur l’abbé?
Quel nom plus ancien que Tisbé?
Le pis est qu’ils furent fidèles.
Malgré courtisans et valets Qui tendaient en vain leurs filets A ce beau nid d'amours nouvelles; Les mères surtout se. plaignaient.
Elles dévotes s’indignaient.
Tandis que la foule jalouse Autour d'eux conspire et s'aigrit.
Le bon prince persiste et rit Dans sa barbe, et la jeune épouse S’obstine, en sa fidélité.
Par amour pour la nouveauté.
On respirait sur la terrasse L’air frais, l’air embaumé du soir; C’était là qu’il faisait beau voir Nains trapus, lévriers de race, Perroquets aux vives couleurs Gravissant des vases de (leurs ;
Pages dont flottent les panaches Sous la brise des éventails.
Cavaliers aux rouges camails, Princes, cardinaux à moustaches, Vieux Bvsantins aux caftans lourds De brocard d’or et de velours.
Là, des cheveux noirs qui se tordent Sous des griffes d’or et d’émail Saignent des gouttes de corail,
Là, des seins montent et débordent Quand sous l’ombre du parasol Une baleine effleure un beau col.
En bas, sur les dalles brillantes,
Le peuple sale, mais heureux,
Du melon frais et savoureux Hume les tranches ruisselantes,
Beau, luisant, ventru, débâté, ivre de joie et de santé.
Et l’insouciante duchesse Egrène en riant son collier Sur les marbres de l’escalier Ou la foule accourt et se presse,
Et plus d'un, en levant les yeux,
\ cru voir la reine descieux.
— Qui put s'y tromper de la sorte?
\ a s’écrier un connaisseur,
— Le premier fut son confesseur.
Le plus tin s'y trompe, et qu’importe?
N'est-il pas deux fois insensé L'amant que ronge le passé?
Unis, gardons-nous des morsures Du serpent nommé souvenir; Avons-nous peur que l’avenir Nous garde trop peu de tortures ;
Pour jouir sachons oublier,
L'amour n’a point de sablier.
La virginité c’est la grâce,
C’est la beauté, c’est le désir,
C’est l’instant qui suit le plaisir,
C'est la courtisanne qui passe,
C’est le fruit qu’on n’a pas goilté.
C’est l’espoir, c’est la nouveauté.
Le iMédiois pensait de même;
Que pouvait -il faire de mieux?
Comme il était sentencieux.
Il exposa tout son système De philosophie et d’amour Par-devant les railleurs de cour.
On comprend que toute la glose A mots couverts se déroula La duchesse était près de là,
A ses pieds gisait une rose;
Le duc vers la fleur se baissa.
Et gravement la ramassa.
Puis il sourit et dit — Mignonne,
Y combien de plats courtisans As-tu prodigué ton encens Toi que déjà l'on abandonne?
Petite fleur que Dieu bénit,
Et que nul souffle ne ternit.
Petite fleur, l'ennui me ronge,
La création me déplaît,
Mon bouffon n'est pas assez laid.
A l'amitié, doux et vain songe.
Déjà mon cœur a dit adieu.
Et je ne croirais pas en Dieu,
S'il n’avait fait deux belles choses Dont le parfum a demeuré Après que tous l’ont savouré ;
Vivent les femmes et les roses 1 Il dit. Tisbé se détourna.
La cour comprit et s’inclina
Le marquis i>f. lin.i.m.
LES K EAUX- A RTS.
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A S’JLTIO FELLXOIO,