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LES H K A EX-ARTS

visatetir. Rien ne les me.L au-dessus de ee que produit i\l. Rriggs , ou M. Geddcs, M. Richard Lee ou tout autre académicien, leur collègue.

C’est encore un académicien qui a réuni , dans un cadre de moyenne grandeur , un nombre infini de ressemblances aristocratiques. Aussi les spectateurs affluent, et c'est à grand’peine que. vous parviendriez à vous faire jour dans leurs rangs pressés. N'allez pas, sur cette vogue, accorder une. valeur intrinsèque à l’œuvre qui en est l’objet. Elle est plus que médiocre et n’a d’autre mérite que celui de montrer aux braves cockneys, autour de leur reine chérie, son entourage ordinaire de grands seigneurs et de ladys. Victoria est agenouillée, la tête nue et sans joyaux , aux pieds de l'archevêque de Canterlniry, qui lui administre le sacrement. Ainsi que le programme l’indique, c’est la dernière partie du cérémonial qui accompagne le sacre. Les pairs et pairesses ont ôté leurscoronets, à l’exemple de S. M. Derrière l’autel se tiennent le lord chambellan et l'évêque de Londres. Lord Melbourne porte l’épée d'Etat; le duc de Wellington est debout à côté de lui, tout prêt à la ramasser si elle tombe. La cou ronne est entre les mains de lord Willoughby d’Eresby. Ensuite se déroule pêle-mêle une foule de grands personnages à chacun desquels la foule essaye d’assigner un nom : le prince Georges de Cambridge, le duc de Sussex, le duc de Cobourg, le prince Ernest de Ehillipstahl, etc. Pour ma part , dans ce noble fouillis, je n’ai voulu reconnaître que la malheureuse lady Flora llastings, cette pauvre jeune femme tuée par la calomnie, et le duc de Nemours, dont j’ai vaguement entrevu les cheveux blonds , l’uniforme effacé , la pâle ligure , indiqués à peine dans une pénombre défavorable. Entre lui et le spectateur, s’étend une haie de jeunes filles d’honneur qui , toutes «à demi tournées vers le public , semblent implorer une attention spéciale pour leurs belles épaules nacrées, leur doux sourire, leurs lèvres en cœur et leurs regards coquets. C’est sur elles que le peintre a voulu concentrer la lumière, et l'on s’en aperçoit bien à quatre ou cinq gros rayons blancs, opaques et lourds, qui, tombant d’aplomb sur ce joli groupe, menacent de le réduire en poussière.

L'auteur de cette solennelle niaiserie, bonne tout au plus à illustrer le Court- Journal , n'est, ni plus ni moins que Leslie, dessinateur incorrect, mais spirituel , et qui ne manque pas de ressources quand il traduit une pensée comique. Je n’en veux d’autre preuve qu’un autre tableau suspendu à quelques pas du Couronnement, il représente la conversation de deux aventurières de Londres, introduites chez le ministre de Wakelield et cherchant à fasciner ses jolies tilles. Certes on trouverait beaucoup à dire, comme exécution, à cette couleur sèche et dure, à ces silhouettes découpées comme dans du carton, à ce joui- partout égal et dont la direction reste inconnue ; mais l’expression des physionomies est heureuse. Les

I prétendues grandes dames font bien la roue; les filles du vicaire, intimidées et rougissantes, leur frère abasourdi, le petit Moïse, ouvrant de Grands veux et. rongeant son pouce, tout cela est d’une vérité un peu triviale, qui trouvera toujours et partout de nombreux admirateurs.

Dans une scène tirée de Molière, Leslie a fait preuve des mêmes qualités, mais en les gâtant , selon moi, par une irrémissible exagération. M. Purgon, irrité par la désobéissance de son malade, l’abandonne à sa mauvaise constitution, à l’intempérie de ses entrailles, a la corruption de son sang, à l’âcrctc de sa bile, etc. (V. acte 5, sc. G.) — ce pendant que.. Toinette , la mauvaise, applaudit en riant à ce terrible anathème. La frayeur d’Argan, la sournoiserie de la soubrette, la colcre impétueuse du docteur, ne demandaient qu'à être un peu moins outrées pour que le tableau fût vraiment comique. Mais il y aura toujours, entre la gaieté, l'abandon joyeux de Molière, et la bouffonnerie un peu fantasque, un peu appesantie des compatriotes de Shakspeare, une nuance que ces derniers ne peuvent pas apprécier.

Si quelqu’un d’eux est capable d’un tel effort de génie, à coup sûr c’est Daniel Maclisc: Maclise a de la finesse et de l’esprit , tout autant que Riard ou Eigal dans ses bons jours. Comme peintre, il peut envier l’énergie du premier, mais il est tout autrement soigneux, élégant, poli, coquet, brillant, flatteur cl recherché.

Admirez avec moi celle salle a manger espagnole, dont le décor moresque étincelle de couleurs enlacées. La brise tiède y pénétre de tous côtés, glissant entre les colonnettes de marbre, et soulève la soie bariolée des rideaux. La table, aux pieds d’ébèue . est entourée de joyeux convives. Jeunes cavaliers débraillés, vieux histrions à rouge trogne, comédiennes blanches cl. fardées, qui tout à l’heure encore riaient, buvaient, chantaient, tout, entiers à leur plaisir insouciant. Voici cependant un visiteur inattendu, trop important pour qu’on lui refuse la porte, trop méprisé pour qu’on l’invite à s’asseoir. Chacun de chercher une altitude à peu près convenable, des propos qui se suivent, un quant-h-soi que l’occasion réclame. Le poêle, cependant, — car c’est un pocte, — troublé par tous ces regards insolents, ébloui par toutes ces lumières, toutes ces glaces, tous ces cristaux, toutes ces joailleries vraies ou fausses, ne sait plus garder l’altitude qui lui convient. 11 s’incline jusqu’à terre, humilié devant ces ivrognes et ces filles perdues. Tant de respect va doubler leur morgue. Voyez se rengorger Arsenic, voyez le seigneur de la Venloleria se recueillir dans son impertinente roideur. Rosimiro, Florimonde et tii/ti quanti . et .tulle (/ liante , voyez-les chuchoter, sourire, et contenir â grand'peine leur belle humeur désobligeante. Ce jeune cadet, à l’œil vif, au maintien à peu près correct, qui se penche pour écouler les mauvais propos

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