‹ Les beaux dimanchesChapitre 5 sur 19 · PARTIE DE CAMPAGNE · texte numérisé non relu

PARTIE DE CAMPAGNE

M. BOLEÀU. — Vous le verrez attelé. Ça n'est plus le même. Un vrai cheval de teinturier I C'est une bête qui ne déparerait pas une voiture du Bon Marché, vous savez! Et du sang.

MADAME BOLEAu. — Preuds bien garde.

M. BOLEAU. — Ça me connaît. Avec moi !...

MADAME BOLEAU, à $a fille. — Tou père sait tout faire.

LUCIE, à «on père. — Comment s'appelle-t-il?

M. BOLEAU. — César.

MADAME BOLEAU. — Je ne suis pas folle...

un nom grec... Nous lui en choisirons un autre.

M. BOLEAU. — Nous verrous ça. Mais dépêche-toi donc I

MADAME BOLEAU. — C'est toi aussi qui me fais causer. Et puis après...

M. BOLEAU. — Dépêche- toi... Tiens, tu vois, tu m'as mis en retard, je n'ai pas fait ma barbe et mon eau est froide.

LUCIE. — Pourvu qu'il ne pleuve pasi

M. BOLEAU. — 11 ne pleuvra pas. Les fraises I A-t-on bien enveloppé les fraises?

LUCIE. — C'est moi qui ai fait le paquet.

M. BOLEAU. — Et la glace?

MADAME BOLEAU. — Elle y est. Un beau morceau de six sous.

M, BOLEAU. — Elle ne fondra pas trop?

MADAME BOLEAU. — Non. Je l'ai entourée avec un de tes vieux gilets de flanelle.

M. BOLEAU. — Ça va bien. Ah! mes enfants I Plus de blagues à présent, je vais à ma barbe. (Il passe dans la pièce voisine.)

MADAME BOLEAU, à sa fille. — Tu vas voir que finalement c'est nous qui serons prêtes avant lui ?

M. BOLEAU, à la cantonade. — Tra la la!

(Un silence.) Elle est froide.

LUCIE. — Dis donc, petit père?

M. BOLEAU, de la pièce voisine et qui parle en se rasant^ ce qui fait qu'on ne le comprend point. — Ou... âhl

LUCIE. — Quand est-ce qu'elle va venir la voiture ?

M. BOLEAU. — Ou...â...eu.

LUCIE. — Je ne t'entends pas.

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