‹ Les beaux jours de Marie-AntoinetteChapitre 23 sur 37 · Lettre du i5 juin · texte numérisé non relu

Lettre du i5 juin

28o LES BEAUX JOURS DL MARIE-ANTOINETTE.

Joseph II, les lois de l'étiquette disparaissaient. Ce n'étaient plus des souverains, c'étaient de bons parents qui vivaient en famille. Malgré toutes ses splendeurs, la cour de Louis XVI avait ses moments de bonhomie et de simplicité pour ainsi dire bourgjoi^e. Le 2 i avril, Joseph II soupait avec la famille royale chez Madame, comtesse de Provence. « Le souper fut plus que gai, c'est-à-dire de la part du roi et des deux princes ses frères. Ils se mirent tellement à leur aise qu'au lever de table ils s'amusèrent à des enfantillages, à courir dans la chambre, à se jeter sur les sophas, au point que la reine et les princesses en furent embarrassées à cause de la présence de l'empereur... Madame, dans un mouvement d'impatience, appela son époux et lui dit qu'elle ne l'avait jamais vu si enfant *. »

Le 25 avril, Marie-Antoinette et son frère étaient dans la même loge à l'Opéra. On jouait Iphigéiiie en Aulide, un des chefs-d'œuvre de Gluck. Au moment où la reine et l'empereur parurent, les applaudissements éclatèrent. Mais quand on fut à la scène où Iphigénie est promenée en^riomphe dans le camp di.s Grecs, et où les Thessaliens disent en chœur :

Que d'attraits! que de majesté !

Que de grâces ! que de beauté !

Chantons, célébrons notre reine !

1. Lettre du comte Je Mercy-Argenteau à Marie-Thérèse. l5 juin 1777.

l'enthousiasme alla jusqu'au délire, le public^électrisé par l'allusion qui se présentait d'elle-même à tous les esprits, fit recommencer le chœur, au milieu de transports inexprimables. Le chanteur qui jouait le rôle d'Achille, montrait directement la loge de Marie-Antoinette, en répétant aux Thessaliens :

Chantez, célébrez votre reine.

Tous les spectateurs se levaient, joignant leur voix à celles des choristes. La belle et.radieuse souveraine pleurait de joie. Et à la fin de la représentation, dans les corridors, sur les escaliers, à l'entrée même du théâtre, la foule fredonnait encore le refrain du dévouement et de l'admiration :

Chantons, célébrons notre reine.

Joseph II avait à Paris un succès immense. Une foule d'anecdotes, toutes à son honneur, circulaient dans la foule. « Son voyage, écrivait le nouvelliste Metra », présente déjà plusieurs de ces traits qui ont fait connaître l'affabilité et la bienfaisance de ce prince. Arrivé à une poste plus tôt qu'oigne l'attendait, il ne trouve point de chevaux. Le maître de poste, ne le connaissant point, le prie d'attendre; il a, dit-il, envoyé tous ses chevaux pour chercher ses parents et ses amis, qui doivent assister au baptême d'un fils que sa femme vient de lui

j. Correspondance de Metra, 19 avril 1777.

donner. Le comte de Falkenstein propose de tenir l'enfant sur les fonts, le maître de poste préfère un tel compère à son cousin le fermier qu'il avait fait avertir. La cérémonie se fait. Le cu~é de« mandj le nom du parrain : — Joseph... — Celui de famille? — Comment? Joseph, c'est assez... — Mais!... Eh bien! mettez.... Joseph second. — Second? soit... et les qualités... — Empereur... Le curé, le vicaire et tous les assistants de pâlir, de trembler et le maître de poste de tomber à ses pieds. L'empereur a laissé à cette famille de bonnes gens djs marques dz sa libéralité, et a promis de ne point oublier son filleul. »

L'incognito de Joseph II n'était pas dénué de prétention. Cet empereur, qui faisait parfois le paysan du Danube, rentrait fort bien dans le goût de l'époque. Il courtisait très-adroite nent cette opinion publique qui déjà gouvernait avec plus de despotisme que tous les souverains de F Europe. C'est pour être mieux vu qu'il affectait de se cacher. C'est pour être plus flatté qu'il prétendait avoir horreur des louanges et des applaudissements. Comme sa modestie et comme sa philosophie, sa bonhomie n'était pas toujours très-sincère, et sous son apparence de naturel, il y avait certainement beaucoup d'art. Cependant il excitait un engouement universel. Mme du Deffand écrivait à Horace Walpole, le 18 mai 1777 : « On ne parle ici que de l'empereur. Il est surpris qu'on s'en étonne; il dit que l'état naturel n'est pas d'être roi, mais

d'être homme. » La marquise raconte dans la même lettre que Joseph II était à la Comédie- Française. On v jouait Y Œdipe de Voltaire. Au quatrième acte, Jocaste dit en parlant de Laïus :

Ce roi, plus grand que sa fortune, Dédaignait comme vous une pompe importune, On ne voyait jamais marcher devant son char D'un bataillon nombreux le fastueux rempart; Au milieu des suj:ts soumis à sa puissance, Comme il était sans crainte, il était sans défense; Par l'amour de son peuple il se croyait gardé.

En écoutant ces vers, toute l'assistance se tourna du côté de l'empereur, puis une triple salve d'applaudi -.sements éclata. Ainsi, par une de ces contradictions comme on en voit si souvent en France, la même société qui reprochait avec tant de sévérité à Marie Antoinette de ne pas suivre les lois de l'étiquette assez rigoureusement, exaltait Joseph II parce qu'il les méprisait et les foulait aux pieds. A Versailles, dans l'Œil-de-Bœuf, comme il se mêlait à la foule, attendant avec elle que la chambre du roi s'ouvrît, il avait répondu à quelques expressions de surprise qui lui étaient adressées : « Mais j'y suis accoutumé. C'est comme cela que je vais tous les jours faire la cour à ma mère1. » Il écrivait à son frère Léopold (29 avril 1777) : « Hier, j'ai vu célébrer un dimanche à Versailles

1. Joseph II, né le i3 mars 1741. portait le titre d'empereur depuis 1765, époque de la mort de son père; mais c'était sa mère, l'impératrice Marie-Thérèse, qui régnait.

in publco : le lever, la messe, le grand couvert. Moi, j'étais confondu dans la foule à tout observer. J'avoue que cela était amusant, et que jouant la comédie si souvent, je profite de la voir jouer à d'autres. »

Observer, c'était son plaisir. Il consignait ses remarques dans ses lettres à son frère Léopold. C'est ainsi qu'il y jugeait le roi : « Cet homme est un peu faible, mais point imbécile. Il a des notions, il a du jugement, mais c'est une apathie de corps comme d'esprit... Enfin le fiât lux n'est pas venu-, la matière n'est pas encore en globe. » Q.iant au comte d'Artois, le futur Charles X, il était qualifié de « petit maître dans toutes les formes. » Mais c'est surtout pour le futur Louis XVIII que Joseph II était mal disposé : « Monsieur, écrivait-il, est un être indéfinissable; mieux que le roi, il est d'un froid mortel. Madame, laide et grossière, n'est pas Piémontaise pour rien; elle est remplie d'intrigues. »

L'aversion de Joseph II pour le comte de Provence était d'ailleurs bien réciproque, et voilà le portrait que Monsieur traçait de l'empereur dans une lettre adressée au roi de Suède, Gustave III : « 11 est fort cajolant, grand faiseur de protestations et de serments d'amitié; il a l'esprit orné de plusieurs connaissances utiles et l'entretien lacile. Voilà ce qu'on voit au premier coup d'œii ; mais, à l'examiner de près, ses protestations et son air ouvert cachent le désir de faire ce qui s'appelle tirer les

MARIE-ANTOINETTE ET JOSEPH lï. 285

vers du nez et de dissimuler ses sentiments; mais il est maladroit, car avec un peu d'encens, dont il est fort friand, loin d'être pénétré par lui, on le pénètre lui-même bien facilement, et il pousse l'indiscrétion, en ce cas jusqu'à l'excès. Ses connaissances sont très-superficielles; aussi, dès qu'il s'aperçoit qu'on veut approfondir quelque matière, il change brusquement la conversation, son entretien facile dégénère en bavardage. II. conte beaucoup et peu agréablement, mais il s'y plaît et répète ses histoires impitoyablement, au grand déplaisir de ses auditeurs. Il est poli jusqu'aux compliments avec les gens qu'il croit devoir ménager, mais haut et même quelquefois brutal avec les gens en dessous. Le voilà tel que je l'ai vu1. »

Au dire de Mme Campan, Joseph II ne plaisait pas autant à Versailles qu'à Paris : « Il obtint moins de suffrages à la cour... Des manières bizarres, une franchise qui dégénérait souvent en rudesse, une simplicité dont on remarquait visiblement l'affectation, tout le fit envisager comme un prince plus singulier qu'admirable. »

A Paris même, l'engouement diminuait un peu. Écoutons la marquise du Deffand (lettre à Horace Walpole, 27 mai 1777) : « Je vous ai promis hier de vous parler de l'empereur, je vous tiendrai parole; mais il faut auparavant que je vous parle de mon petit chien. Je l'aime à la folie,. il a pour moi

1. Lettre du 5 octobre 1778. Gustave lllet laCourde Fr.ntce, par M. A. Geffroy.

une tendresse qui lui a acquis mon cœur et fait que je lui pardonne tous ses défauts, quoiqu'ils soient très-grands; il aboie, il mord, il a innombrablemcnt d'ennemis; la liste de ses morsures et des manchettes déchirées est très-longue... Venons à l'empereur. Il a été partout, il a voulu voirie passé, le présent et l'avenir; on ne pénètre point l'époque qu'il préfère... Son séjour ici a été le double de ce qu il avait projeté. On s'est peut-être trop accoutumé à le voir; les impressions qu'il a faites se sont usées; la simplicité plaît, mais à la longue paraît peu piquante. »

Peut-être était-il temps que Joseph II partît. A la longue, les Parisiens auraient percé à jour une prétendue simplicité dont il était lui-même le premier à sourire, quand il écrivait à son frère Léopold : « Vous valez mieux que moi, mais je suis plus charlatan, et, dans ce pays-ci, il faut l'être. Moi, je le suis de raison, de modestie; j'entre un peu làdessus en paraissant simple, naturel, réfléchi, même à l'excès1. »

Joseph II eut un tort, ce fut de critiquer trop haut sa sœur, et de fournir ainsi un aliment à la malveillance si injuste dont l'aimable et charmante souveraine commençait, dès cette époque, à être la victime. Il aurait dû lui faire ses remontrances plus bas, et ne pas mettre la cour et la ville dans le secret de ses observations plus ou moins fondées.

i. Lettre du 11 juillet 1777. Maria-Theresia und Joseph II, recueil publié à Vienne par M. A. d'Arneth.

Cela aurait été certainement plus discret, plus généreux, plus sage. On racontait des propos aigresdoux, dans le genre de celui-ci, que relate la correspondance de Metra : « L'empereur était dernièrement à la toilette de son auguste sœur; elle avait sur sa tête une quantité de plumes et de fleurs, et demanda à son frère si elle n'était pas très-bien coiffée. — Oui. — Mais ce « oui » est bien sec. Est-ce que cette coiffure ne me sied pas bien? — Si vous voulez que je vous parle franchement, madame, je la trouve bien légère pour porter une couronne. »

Une autre fois, la reine avait donné rendez-vous à son frère au Théâtre-Italien, puis elle avait changé d'avis, et s'était décidée pour la Comédie- Française. En allant d'un théâtre à l'autre, par suite de ce contre-ordre, l'empereur avait dit au comédien Clairval : « Elle est bien étourdie, votre jeune reine; mais, heureusement, cela ne vous déplaît pas trop, à vous autres Français. »

Quand 1 heure des adieux arriva, la causticité habituelle de Joseph II lit place à un attendrissement profond. C'était le 3o mai 1777, entre onze heures et minuit. L'empereur, en embrassant le roi, lui dit : « Je vous recommande instamment une sœur que j'aime si tendrement. Jamais je ne serai tranquille qu'autant que je la saurai heureuse. » Joseph II comprenait ce qu'il y a de bonheur, de poésie, d'émotions aussi exquises que

saintes dans l'amour fraternel, si touchant et si suave,

Amour dont l'innocence est aux autres tendresses

Ce qu'à des deux d'orage est un beau ciel d'azur;

Doux amour sans remords, sans craintes, sans tristesses.

Et qui charme la vie en laissant le cœur pur.

Ce qu'il regrettait en partant, ce n'était ni Paris et ses plaisirs, ni Versailles et ses pompes, c'était cette sœur chérie qui, en évoquant les souvenirs de l'enfance, avait comme rafraîchi et rajeuni son cœur de frère; cette sœur qui lui avait montré tant de confiance, tant d'abandon, tant de bonté. Il s'en allait ému, touché, reconnaissant, les yeux remplis de ces bonnes et nobles larmes qui font à la fois du mal et du bien, et qui sont en même temps une douleur et une joie. Puis il écrivait à sa mère : « J'ai quitté Versailles avec peine, attaché vraiment à ma sœur; j'ai trouvé une espèce de douceur de vie à laquelle j'avais renoncé, mais dont je vois que le goût ne m'avait point quitté. Elle est aimable et charmante; j'ai passé des heures et des heures avec elle, sans m'apercevoir comment elles s'écoulaient. Sa sensibilité au départ était grande, sa contenance bonne; il m'a fallu toute ma force pour trouver des jambes pour m'en aller. » Quel homme de cœur, n'eût-il pas été le frère de Marie- Antoinette, aurait pu quitter sans émotion cette bonne et belle jeune femme de vingt et un ans, cette reine si attachante, si généreuse, et pourtant

MARIE-AN rOlNlil !.. M JOS l'II Ii. 289

déjà environnée de tant de pièges et de tant d'embûches ?

Joseph II n'était pas un flatteur, c'était un conseiller, un ami, qui avait déjà comme un vague pressentiment de l'avenir. En partant, il laissait à sa sœur un écrit qui a pour titre : Réflexions données à la reine de France. Il s'y exprimait comme un juge éclairé, mais sévère. Citons quelques passages : « Vous rendez-vous nécessaire au roi?... Modérez-vous votre gloriole de briller à ses dépens? Etes-vous d'une discrétion impénétrable sur ses défauts et ses faiblesses ? Mettez-vous du liant et du tendre quand vous êtes avec lui ?... Votre seul objet, le but de vos actions doit être l'amitié et la confiance du roi. Avez-vous pensé à l'effet de vos amitiés, si elles ne sont point placées sur des personnes en tout point irréprochables?... Avez-vous pesé les conséquences affreuses des jeux de hasard?... Daignez penser un moment aux inconvénients que vous avez déjà rencontrés aux bals de l'Opéra et aux aventures que vous m'avez racontées vous-même là-dessus. » L'empereur terminait par des paroles empreintes d'une tendresse véritable : « Vous êtes faite pour être heureuse, vertueuse et parfaite; mais il est temps et plus que temps de réfléchir et de poser un système qui soit soutenu. L'âge avance. Vous n'avez plus l'excuse de l'enfance. Que deviendrez-vous si vous tardez plus longtemps ? Une malheureuse femme et encore plus malheureuse princesse; et celui qui vous aime le

plus dans toute la terre, vous lui percerez Famé. Cest moi qui ne m'accoutumerai jamais à ne vous savoir pas heureuse... Acquérez la réputation dont vos vertus, vos agréments, votre caractère sont dignes. »

Le départ de Joseph II désolait Marie-Antoinette. Après avoir trop pris sur elle pour faire bonne contenance, elle eut des crises de nerfs assez violentes. . Madame ma très-chère mère, écrivait-elle à Marie-Thérèse le 14 juin 1777, H est vrai que le départ do l'empereur m'a laissé un vide dont je ne puis revenir ; j'étais si heureuse pendant ce peu de temps que tout cela me paraît un songe dans ce moment-ci. Mais ce qui n'en sera jamais un pour moi. c'est tous les bons conseils et avis qu'il m'a donnés, et qui sont gravés à jamais dans mon cœur. J'avouerai à ma chère maman qu'il m'a donné une chose que je lui ai bien demandée et qui me fait le plus grand plaisir, c'est des conseils par écrit qu'il m'a laissés. Cela fait ma lecture principale dans le moment présent, et si jamais, (ce dont je doute) je pouvais oublier ce qu'il m'a dit j'aurais ce papier toujours devant moi, qui me rappellerait bientôt à mon devoir... Dans le moment de ce départ, où j'étais le plus au désespoir, le roi a eu des attentions et des recherches de tendresse pour moi que je n'oublierai de ma vie, et qui m'y attacheraient, si je ne Tétais déjà. »

Quoi de plus simple et de plus charmant que cette lettre, où éclate une sensibilité si vraie?

•Marie-Antoinette y parle aussi de la nation français? avec un optimisme que l'avenir, hélas! ne devait guère justifier. « Il est impossible, dit-elle, que mon frère n'ait pas été content de la nation d'ici, car pour lui, qui sait examiner les hommes, il doit avoir vu que malgré la grande légèreté qui est établie, il y a pourtant des hommes faits et d'esprit, et en général un cœur excellent et beaucoup d'envie de bien faire. II n'y a qu'à bien mener; il en voit un exemple à cette heure dans la marine, dont il est très content, et dont, j'imagine, il rendra compte à ma chère maman. »

Cette belle lettre se termine par une effusion de piété filiale : « Je reçois dans l'instant par la poste une lettre de ma chère maman. Quelle bonté que, dans le moment où elle a tant d'affaires, elle veut bien encore penser à mon jour de nom ! Cela me rend bien confuse. Elle veut faire des vœux pour mon bonheur. Ah! le plus grand de tous est de la savoir contente de moi, de mériter toujours ses bontés et de pouvoir lui persuader que personne au monde ne l'aime plus tendrement que moi. »

Plus on étudie Marie-Antoinette, plus on l'aime. Les personnes qui ont cru pouvoir faire figurer Joseph II au nombre des témoins à charge contre la reine martyre se sont bien grossièrement trompées. L'impression finale de l'empereur se trouve dans ses lettres à Léopold (2 mai et 9 juin 1 777) : « J'ai quitté Paris sans regrets, quoique l'on m'y ait traité à merveille. Pour Versailles, il

m'en a plus coûté, car je m'étais véritablement attaché à ma sœur, et je voyais sa peine de notre séparation, qui augmentait la mienne. C'est une aimable et honnête femme, un peu jeune, peu réfléchie, mais qui a un fonds d'honnêteté et de vertu dans sa situation vraiment respectable. Avec cela, de l'esprit et une justesse de pénétration qui m'a souvent étonné. Son premier mouvement est toujours le vrai... Sa vertu est intacte, elle est même austère, par caractère plus que par raisonnement. » Plus Joseph II était porté, par sa nature, au dénigrement et à la critique, plus son suffrage avait de valeur. Lui qui, dans sa correspondance avec son frère Léopold, ménageait si peu la famille royale, il n'hésitait pas à reconnaître les qualités de sa sœur, à saluer le charme d'une souveraine qui, à toute autre époque, n'aurait recueilli que des bénédictions et des hommages, car ses intentions étaient louables, son esprit droit et son cœur pur.

LE DUEL DU COMTE D ARTOIS ET DU DUC DE BOURBON. 2Cp

Page 1