‹ Les beaux jours de Marie-AntoinetteChapitre 36 sur 37 · LA MORT DU MARIE-THÉRÈSE · texte numérisé non relu

LA MORT DU MARIE-THÉRÈSE

pold, grand-duc de Toscane, l'archiduc Ferdinand, la duchesse de Pnrme, Marie- Amélie, la reine de Naples, Marie-Caroline, et enfin cel'e dont elle ne prononça le nom qu'avec des sanglots et un tremblement dans la voix, la reine de France, Marie- Antoinette.

Puis elle se mit à écrire, non sans une grande difficulté, une lettre à son ministre, le prince de Kaunitz, pour le remercier de ses fi ièles services, et une autre plus longue au chancelier de Hongrie, le prince Esterhazy. L'impératrice-reine le chargeait d'exprimer au peuple hongrois sa gratitude pour les preuves de dévouement qu'elle en avait reçues dans sa jeunesse. Elle demandait à cette chevaleresque nation d'agir avec son fils et successeur comme avec elle. Semblable à cet empereur romain qui avait voulu mourir debout, elle expédia encore quelques affaires, et donna ses recommandations pour son enterrement, réglant les dernières prières qu'on y devait réciter. Comme l'a remarqué sa fille, l'archiduchesse Marie-Anne, elle n'avait pas conservé la moindre crainte ni le plus petit scrupule de conscience. Elle disait : « J'ai toujours agi avec une intention bonne, j'espère que Dieu sera miséricordieux envers moi. » Elle disait encore : « J'ai toujours désiré mourir ainsi ; mais je craignais que cela ne me fût pas accordé. Je vois à présent qu'on peut tout avec la grâce de Dieu. » • Le 28, dans l'après-midi, le mal augmenta.

« C'est la gangrène, s'écria-t-elle, elle m'enlèvera en vingt-quatre heures. » Et, comme elle souffrait cruellement : « Est-ce l'agonie ? dit-elle à son médecin. — Non, répondit-il, pas encore. — C'est donc quelque chose de pire, » reprit-elle. Dans une de ses crises, elle laissa échapper cette parole : « Mon Dieu! cela fînira-t-il bientôt? » Le prélat qui était à ses côtés lui recommandant alors la résignation, elle répondit : « Ce n'est pas pour moi que je désire voir finir ma souffrance, c'est pour vous tous. Je vous tue ; je vois bien comme vous souffrez. » La nuit du 28 au 29 fut affreuse. Un instant, le sommeil semblait vouloir la gagner, mais elle y résistait, et, comme ses enfants l'engageaient à ne pas lutter : « Comment, dit-elle, voulez-vous que je m'endorme, lorsqu'à chaque minute je puis être appelée devant mon juge ? Je crains de m'endormir, je ne veux pas être surprise, ie veux voir venir la mort. »

Le matin, en apercevant les lueurs de l'aurore du 29 novembre, elle dit avec tranquillité : « Voici mon dernier jour. » Puis elle ordonna aux trois archiduchesses de sortir de sa chambre, ne voulant pas que ses filles la vissent mourir. Vers huit heures du soir, cinq minutes avant la fin de sa longue agonie, elle se leva vivement de son fauteuil en essayant de marcher. Joseph II, la retenant doucement par le bras, lui demanda où elle voulait être portée. « Près de là, » répondit-elle en montrant la fenêtre ouverte. Puis, regardant le ciel

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