BOIS-DORÉ, ADAMAS
ADAMÀS.
Asseyez-vous là, monsieur le marquis.
BOIS- DORÉ, tombant essoufflé sur une chaise, près de la table.
Vive Dieu ! monsieur d'Alvimar est réellement un rude adversaire I
A DAM A S, après avoir poussé les verrous des deux portes.
J aurai vilement réparé le petit desordre de voire toilette, (n ouvre
une boite, remet à Bois-Doré un ^miroir à main, et se met à peindre et à farder
son maître.) I,a partie a été chaude, mais il me semble que nous avons gagné la bataille.
BOIS-DOR K
OIi ! non, Adamas, non! monsieur d’Alvimar a eu toujours le dessus. J’aurai de la peine à me faire à sa manière un peu:., comment dirai-je ? -
ADAMAS
Un peu traîtresse.
Disons un peu imprévue. — J’estime, moi, que notre escrime française doit toujours garder la courtoisie qui laisse sa grâce même à la défaite. N'importe! la divine Lauriane a daigné me consoler par un mot qui m’a été au cœur.
ADAMAS
Un mot qui promet à monsieur le marquis une belle revanche!
Hé ! lié I j’espère, Adamas ! j’espère 1 Ali ! le cœur volage de ton maître est à jamais fixé, Adamas. Hylas le frivole sera désormais Céladon le constant, (on frappe « ia porte. Avec alarme.) Mais vois donc, est-ce qu’on ne heurte pas à cette porte ?
ADAMAS
Qui est là ?
MARIO, à travers la porte.
C’est moi, Mario, qui voudrais bien parler à monsieur le marquis.
Ali ! le petit Mario! Dis-lui qu’il attende un moment.
ADAMAS
Attendez un peu, mon bel ami.