SCÈNE V
JOVEL1N, MARIO.
MARIO
Elle sort comme si elle s’enfuyait. Qu’a-t-elle donc?
J O VELIN
Ne me le demande pas!Je n’ose y réfléchir, j’ai peur d’y croire I Ce qu’il y a de sur, ce qu'il y a d’effrayant, c’est qu’il faut que nous nous en allions d’ici sur l’heure.
MARIO
Nous en aller d’ici! quitter ce bon monsieur de Bois-Doré! Ah!
je ne sais pas, il me semble qu’il ne faut pas le faire I il me semble que j’aurais tort!
jovklin.
Oui, toi, Mario, tu peux, tu dois rester peut-être.
MARIO
Mais toi, vas-tu donc laisser le champ libro à monsieur d’AIvimar ?
JO VE LIN
Non! non, certes! Peut-être, après tout, me sera-t-il plus aisé d'atteindre hors de celle maison l’hôte de cette maison.
Oh! mais tu ne sais pas ce qu’il projette ! Tout à l'heure, Clindor vient de m’aborder avec son air de mysièrc; il m'a demandé : « Est-ce que vous êtes de la surprise ! — Quelle surprise ? — Hé ! celle que monsieur d’Alvimar prépare à madame Lauriane! ne serait-ce point quelque jolie musique? » J’ai fait semblant d’en savoir autant et plus-que lui. Mais il ne sait pas grand’chose. Il présume seulement que ce serait pour ce soir ou pour cette nuit. Monsieur d’Alvimar lui a dit qu’il pourrait le servir, ayant la garde du pavillon de madame Lauriane.
JOVELIN
Juste Dieu !
MARIO
Veux-tu encore t'en aller à présent ?
Hé ! il ne s’agit pas de ce que je veux, mais de ce que je peux ! N'importe! jusqu’à la dernière minute, je lutterai, je lutterai ! Oui, démontrer à Lauriane ce qu’est cet homme, et puis la sauver de cet homme , Dieu m’en offre peut-être l’occasion en ce moment. Où est Clindor ?
MARIO
Au pavillon !
JOVE 1. 1 N
J’v cours... Monsieur de Bois-Doré!... Qu’il ne me voie pas. Toi, parle-lui, annonce-lui que je suis contraint de partir, (a sort
en courant.'