‹ Les beaux messieurs de Bois-DoréChapitre 56 sur 86 · MARIO, BOIS-DORÉ · texte numérisé non relu

MARIO, BOIS-DORÉ

ROIS-DORÉ

N’est-ce pas Jovelin qui s'éloigne, mon petit Mario? J’avais précisément à m’entendre avec lui. Je donne à madame Lauriane, pour cette dernière soirée, le spectacle d’une chasse aux flambeaux, et pendant la chasse, et pendant le sou|>er qui suivra, il nous faudrait de belles fanfares bien sonnantes.

Jovelin no pourra pas vous servir en cette occasion, monsieur le marquis; nous voilà obligés de quitter le château avant ce soir.

BOIS— DORÉ, avec douleur.

Oh! que me dis-tu là, Mario! et pourquoi donc ce départ précipité?

MA RIO

II n’y a pas de notre faute, allez, monseigneur !

bois-doré.

J’espère que personne de la maison ne vous a causé de peine.

Oh! nousavonsété traités avec une douceur et une amitié sans égales; je serais bien ingrat de dire autrement! Et j’ai le cœur gros de penser que je vais quitter des personnes si bonnes et si chères.

Je m’étais aussi attaché à toi, Mario. J’avais pris tout de suite la douce habitude de te voir près de moi, chez moi. Tu étais déjà pour moi ce qu’on appelle, d’un nom si tendre, l’enfant de la maison... Mario! à moins- que tu ne sois heureux autre part, reviens vers moi, cnlends-tu, reviens vers moi ; nous pourrons nous con -

solcr ensemble; car, si nos Ages nous séparent, nos destinées nous rapprochent, toi qui cherches ta famille, moi qui ai perdu mon frère et son fils.

Ah! vous avez aussi perdu des parents, mon bon monsieur?

rois-doré.

Ou : , Mario, oui. Et c’est étrange! depuis que tu es ici, depuis hier surtout, je te regarde, je te suis des veux, et chaque fois que je le vois passer, marcher, parler, je m'imagine revoir l’apparition de mon cher frère enfant.

MARIO

Ah! je ressemble à votre frère, monsieur?... Et votre frère avait un fils?... C’est donc pour ça que vous m’interrogiez hier avec tant d'inquiétude?

BOIS- 1)0 RK.

Oui, au moment où je me croyais résigné, j.’avais encore entrevu je ne sais quelle espérance...

MARIO

Une espérance!

Bien vite évanouie, hélas! J’ai la preuve, Mario, la preuve matérielle que je m’étais trompé.

M A R K), tristement.

Ah! vous avez la preuve’...

rois-doré.

Oui, mon pauvre petit.

mari o.

Pardon! quelle preuve donc, monsieur?

Eh! mon Dieu! la date et le lieu de la mort de ton père ne se rapportent nullement aux dernières nouvelles reçues du frère que je pleure.

MARIO, tout tremblant.

La date! vous avez dit la date, monsieur! C'est une différence de date qui vous a montré votre erreur?

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