SCÈNE III
Les Mêmes. BOIS-DORÉ s’appuyant sur l’épaule de M ARI O. Il n’a plus de perruque ni de fard ; ses cheveux sont blancs ; il est vêtu très-simplement de velours brun. Mario est en habit de satin blanc, relevé de jais blanc, feutre blanc à plume blanche ; petite rapière ornée de perles.
L AU R I ANE et d’aLVIMAR.
Mario !
BOIS-DORE, à de Beurre.
Arlamas ne s’est pas trompé, mon vieux camarade. Le marquis de Bois-Doré a l’honneur de vous présenter à tous son neveu Mario, comte de Bois-Doré.
DALVIMAR, foudroyé.
Mario, le fils du comte l
DE BE U V RE
Se peut-il ! est-ce là, marquis, le fils de votre frère?
bois - no RÉ.
Oui, son fiis, et par conséquent le mien, mon ami. Vous voyez que la prédiction d’hier avait raison et que me voici père.
L A U R I A N E , embrassant Mario.
Cher Mario! que je suis contente!
GUIULAUM E.
Votre main, mon jeune cousin.
> MARIO
Ah ! on est bon pour moi comme l’a été Dieu !
Je tenais, mes chers hôtes et amis, à vous faire part de ma meilleure richesse et de mon plus précieux bonheur, c’est-à-dire de mon enfant bien-aimé. Et vous comprenez maintenant pourquoi nous avions disparu : il s’agissait d’improviser à mon héritier une toilette un peu convenable.
GUILLAUME
Eh! mais à vous aussi, cousin!
DE LyCENAY.
C’est vrai, vous ne paraissez plus du tout le même!
LAURIANE
Oh! vous êtes bien mieux ainsi!
N’est-ce pas, Lauriane? les cheveux blancs, cela sied à un père. Un enfant m'a changé avec un baiser. Et ma foi! 1 ’Astrce n’est décidément pas aussi belle que ce que je sens dans mon cœur!
DE B E U V R E , riant.
Oui-da, monsieur mon futur gendre, voilà des façons qui mo donnent quelque inquiétude; est-ce que, par hasard, après avoir si gravement atteint le cœur de ma fille, vous penseriez à reprendre votre parole?
Non, je ne la reprends pas. Seulement je demanderai à Lauriano de lui engager celle do Mario à la place do la mienne. — Vous ne contesterez pas, je pense, compère, qu’il ne soit, lui, le jeune et le beau monsieur de Bois-Doré.
MARIO, souriant à Lauriane «l’un air d’intelligence.
Madame connaît et comprend ma pensée; elle m’avait reçu déjà pour son serviteur, me permettra-t-elle de continuer à l’être?
LAURIANE, même ton.
De tout mon cœur, cher comte.
DE B E U V R E , bas il d’Alvimar.
Ah ça! mordi ! est-ce que nous n’avons fait que changer de fol ie !
D’ALVIMAR, à pnrt.
Oh! plus que jamais je dois agir !
DE BEUVRE, & Mario.
Tu entres un peu tard et un peu tôt dans la lice, mon jeune ami, et tu n’auras eu guère que le loisir de te montrer : la nuit