‹ Les beaux messieurs de Bois-DoréChapitre 67 sur 86 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LAURIANE, seule, UNE CAMÉRISTE.

LAURIANE

Demain! demain! ainsi je n'en suis plus à compter les jours, mais les heures, bientôt les minutes I..-

UN K CAMÉRISTE, entrant.

Madame va-t-elle passer maintenant, chez elle ?

LAURIANE

Non, tout à l’heure; afez, je vous appellerai, (ta camériste sort.) Ah! j’avais hâte, et en même temps j’ai peur d’être seule. Je suis comme un voyageur qui marche et doit marcher perdu dans l’obscurité, sachant qu'il côtoie des abîmes. Qui me dirigera? que résoudre? plus de conseil, plus do lumière, plus d’appui : il n’est même plus là le seul ami qui m’ait crié : courage ! — Si encore je n’avais qu’à attendre et qu’à subir ma destinée! mais non, il faut que je la fasse , il faut que j’agisse et que je décide , il faut que je dise : voilà mon fiancé, voilà mon mari 1 il le faut, non pas pour moi, mon Dieu, mais pour mon père. — Ah ! je sais bien ceux que je voudrais rejeter, mais celui que je voudrais choisir?... — Allons! ma propre pensée m’épouvante à présent! — Ne m’abandonnez pas, mon Dieu! — Ce d’Alvimar, là, tout à l’heure encore, son regard m’a glacée! Oui, on avait raison, il est l’ennemi, il est le danger! et je sais enfin quel est le sentiment que j’éprouve à sa vue : il me fait peur !

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