ACTE PREMIER
Eh bien, alors reprenez donc cette aisance supérieure que j’admirais tant à Paris et à Bourges! En vérité, quand vous m’avez introduit, moi pauvre provincial, au cercle de la Reine, j’étais, je crois, moins effarouché que vous ne l’êtes, depuis que vous avez mis le pied sur les domaines de Bois-Doré ! (Riant.) Comment! l’aspect d’Adamas vous interdit, la rencontre d’un petit quémandeux vous trouble...
D’ ALVIMAR
Oh! me trouble !...
GUILLAUM E.
Eh! oui, car si vous aviez gardé votre sang-froid, il eût été piquant de savoir pourquoi diable un petit bohémien berrichon vous contemplait avec cette frénésie.
MARIO, écartant les branches d’un buisson ù droite.
A tout risque, il faut que je lui parle.
GUILLAUME
Ah pardieu! je crois que je vais en avoir le cœur net. Cette fois, petit fuyard, tu no t’échapperas pas.
n’ALVIMAR.
Encore ce maudit enfant!
MARIO
Je ne cherche pas à m’échapper, monseigneur; je suis venu volontairement.
d’ ALVIMAR.
Guillaume, laissez ce drôle.
GUILLAUME
Non, non, je veux en tirer pied Ou aile. — Tu viens volontairement, petit? Qu’est-ce qui t’amène? Qu’as-tu à dévorer des yeux ce gentilhomme ?
mari o.
Je voudrais... je voudrais savoir son nom.
GUILLAUME, riant.
Eh! pourquoi faire?
MARIO
Pour pouvoir parier de lui au bon Dieu, quand je le prié.
gui llàtjm fc.
Oh! il n’est pas besoin de le nommer, garçonnet; Dieu connà'tt nos noms comme nos cœurs.
MARIO
Oui, heureusement il connaît tout. — Mais par grâce, daignez me dire... — c’est dans ce château que je me rendais avec mon compagnon... — est-ce vous qui en êtes le maître? ou si c’est ce cavalier?
d’alvim a r.
Allons, Guillaume, répondez donc à ses questions!
GUILLAUME
Oh! il faut d’abord qu’il réponde aux miennes. Pourquoi nous suit-il ainsi tout haletant et tout frémissant? Pourquoi?
D’ALVIM A R.
Eh! quel besoin avons-nous de le savoir?
MARIO
Moi, je voudrais ne pas le dire.
• GUILLAUME
Alors, passe ton chemin.
MARIO, rivement.
Eh bien, je le dirai! je le dirai! Je me figurais, — je me figure avoir rencontré déjà ce gentilhomme, et il faut absolument que je m’assure si c’est lui qu non.
d’alvim A R.
Pour le coup, assez! Vous ôtes d’humeur endurante, Guillaume! mais moi, la patience m’échappe. Je ne suis pas le maître dans ce château, mais j’y suis l’hôte, et, je t’en chasse, vipère. Hors d’ici, petit espion ! hors d’ici !
J O V E L I N , «'avançant tranquille.
Allons! monsieur, soyez sans crainte...