‹ Les beaux messieurs de BoisDoré. 1Chapitre 10 sur 25 · I-'iriifadl fut HiUivù · texte numérisé non relu

I-'iriifadl fut HiUivù

I.udlio rejoignit la cheval, prit io pfttit cnvnlier par le cnll.it .II- s» ■ouqueuillo, «l alla Io jeter sur lo tfltus, dans lus IwiM do sa more, oui avait suivi, nu courant ut cm criant, kis puripûiies rte en polit drame,

l'uis il retourna manulllanwat chercher lu trop simple Squilindro, qui s'acharnait «mire- la barrage <lu l'élue^ et, lu forçants rebrousser chemin, lo remit sain et sauf aux mains du mmtmscm: éperdu.

Toute In maison (tait accourue aux cris do la Morteque, et l'on tut attendri do la voir, « toute pleurante, • embrasser les genoux do I.udlio, ot lui parler on arabe avecomïsinn, on s'étonnanl qu'il no lui répondit pas un mot, bien qu'il ont l'air d'entendre cette langue et qu'il l'uuinnilii fort bien.

Lo marquis embrassa l.ucilio en lui disant tout bas :

— Eh ! mon pauvre ami ! pour un homme tourmente par la main du bourreau jusque dans la moelle des os, vous êtes encore un vigoureux nageur I Dieu, qui sait que vous ne vivez que pour le bien, a voulu foire en vous des miracles. Or ça, allez vilement changer de tout, et vous, Adamas, faites sécher et réchauffer ce petit diable, qui n'a pas l'air plus effraye* que s'il sortait de son lit- le souhaite que, tout a Plieure, après mon ro pas, vous me l'ameniez avec sa mère ; faites-les doue

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PK noia-nonS

nus>i profita qtm *«s pmirrus. - Mais ofl daii>! i st Itismî M. tin VHIbmviU

Cn prétendu Villarmil etall rentré* dans In cmllcon, H.M'DldaMMsbambn.II priait le Dion vindicatif auquel il croyait il« ne point trop ht pnnirde l'aprelé mue |iii|ii«lli< il avilit dosint, smii «iHïe, In mm t ilu polit 1m.- Mmien.

Nous appclnos ainsi l'enfant, |hiui' faim comme les jînis L'outouraiunt en <hh instant; mais, lorsque, niirèslc iIIiiit, M. <lc Hois-Huff! jinssii ilans mi<; nueit-uni* h illn de suri castel, qu'Adiinins décorait du litre nonqicM*; <Iii salle des audiences, et quelquefois de sali) île justice; quand co vieux ministre du l'intérieur du marquis lui présenta In Morisqun Rt son nilfaiit, lu premier mot <!u marquis fut pirnr s'ùorier, après un intiment île siletnai imposant :

— Mus je considère ce ((arçonuM, plus Je m'assure qu'il n'est ni Ècyirtion, m Morisquo, mais bien plutôt Ksp:i|jnol du bunue rai», et pmit-ntrn même du snnj; français.

Il 110 fallait pas titra bien Bottier pur faite cette dtîcouvorto; néanmoins, die fut écoutéu avete grand respect par Adatnns, qui, an sa qualité d'introducteur, notait présent h la conférence. M. d'Alvimar et l.ucilio étaient invités par le marquis a former l'assistant*!.

— Voyez, c on tint» Bots -Doré naïvement sntisfnitdo mi pénétration, en écartant la grosse chemise blonolie de l'enfant : sa figure est brûlée du soleil, mais pas plus que celle de nos paysans en temps de moisson ; son cou est blanc comme neige, et voilà des pieds et des mainssl petite, que jamais serfou vilain n'en eot de pareils. Allons, mon petit lutin, n'ayez point bon te.et, puisque vous

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114 LE3 MAUX UESSIEORB

entende* le fronçais, à ca que l'on (M, répondei-iUj'Ja Gumment vous nomme-t-oo ?

— Mario, répondit l'enfant sans hoaUer.

— Mario î C'est Ht un nom italien 1

— Jo ne sais pas, mai.

— De quel paya âtos-votw 1

— Je suis Francis, je crois.

— Oh étas-vous né?

— Je no m'en sauvions pus.

— Je le crois Mon, dit lo marquis en riant ; mais dont rmduK-le a votre rotat,

Mario so tourna vors la Morisquo et out tit la bouche pour lui parlor.

Il avait un air d'expression et de bonheur do se sentir accueilli paternellement par ca beau monsieur qui le louait entre ses jambes, et dont il touchait timidement, du bout de ses petits doigts, les beaux habits de soie et te joli petit cliîcn onrulmno.

Mais, dès qu'il eut rencontré les yeux de sa mbre, il parut comprendre un avertissement de grande Importance; car il quitta doucement M. de Bols-Doré, et, se rapprochant de la Morisque, il baissa les yeux sans rien dira.

Le marquis lui adressa d'autres questions auxquelles il ne répondit pas davantage, quoique, par un doux et tendre regard, il semblât lui demander furtivement pardonne son impolitesse.

— Je croia, mon ami Àdamas, dit le marquis , que tu m'as un peu surfait ton histoire, en prétendant que ce garçonnet parlait couramment notre langue. H est vrai qu'il la prononce assez bien et qu'il a dit plusieurs mots sans trop d'accent étranger; mais jo crois qu'il n'en sait pas davantage. Puisque tu sais ai bien l'ospa-

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lirai v|t<»ir niui, J'avoua m Miroir fort pan), Eiis-to iluiw

- Inutile, mon aient la marquis, dit Ad.unas suns * ilc'uiinecrlgr, jo vous jure qiu> lu p 'lit drille parle fraudais bjuiiiic un dure : seulement, il est intimidé devant vous, voilà toute Affaire.

~ finis non ! ilil le marquis; c'est un petit lum qui n'a jitiur do rien. Il est sorti de l'eau aussi riant qu'il y est entré, « il volt bien que nous aonuuea de baouea

Mario parut tres-bie» comprendre; car son n»il aiina- Mii disait ouï, tandis que l'a-il intelligent et craintif ilu la Morisquu, a'arrÉtani sur d'ANiwar, semblait dire non, quant à OOiué-li.

— Voyons, voyons, reprit le bon M. Sylvain en repieitaot Mario dans ses jamlius, je vous que nous sayn'is lions amis. J'aimu lus enfanta, oteolui-ci me plaît. N'oMiw pas, maître Jovelin, quo voilà u:ie ligure qui n'est pas failli pour tromper, et un regard d'enfant qui va droit an cuiur? Il y a du mystère la-dessous, et je veux le savoir. Écoute, maître Mario, situ iuo rejionds la vérité, je tu donnerai... Que veux-tu que je to donne?

L'enfant, obéissant k l'impétuosité naïve do su» iye, s'élança sur Fleurial, le beau petit cliien blanc qui, lorsque son maître Était assis, ne quittait pas son giron.

Il semblait que Mario était résoluà tout pour l'avoir; mais un nouveau regard de Mercedes l'avertit do se contenir, et il remit le petit chien sur les genoux du marquis, ù ia grande satisfaction de celui-ci, qui avait craint de s'être trop avancé.

I. "enfant secoua la tête d'un air triste et fit signe qu'il ne youlait rien.

Jusque-la, d'Alviaiar n'avait rien dit; tout eu faisant

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1, 0 (,£> HEIIII HBSSmUH»

sa prière après la scène du lossé, il avait repassé dan» la mémoire, rapidement, mais avec certitude, toutes ta circonstances de m vie. Bien ne s'y ûiait formula qui pût avoir rapport, même indirectement, aveo unu femme et un entant dans la situation oEicenx-ci se trouvaient,

L'dmolinn qu'il avait ressentie était donc une pure hallucination; il s'était repenti de ne l'avoir pas surmontée tout de suite; il avait repris possession do sa raison.

Pendant 1° dîner, ie marquis ne lui avait point parlé du récit d'Àdamasaur te mystérieux voyage de Mercédèa. Lui-même ne l'avait écoulé, la veille au soir, que d'une oreille, eu s'endormant, D AIvimnr, depuis quelques minutes, regardait dune aveo une tranquillité méprisante ces deuï mendiants, et il avait cru trouver eufln la cause vulgaire de sa répugnance pour eut.

11 prit la parole.

— Monsieur le marquis, dit-il, si vous me permette* de me retirer, je crois qu'avec quelque argent vous ferez parler ce dr&le tant que vous voudrez, Il est possible que ce soit un chrétien volé par celle Morisque, cor je n'ai nucundouussur la race de celle-ci. Pourtant, vous vous tromperies beaucoup si vous pensiez que la couleur de la peau soit on signe certain. Il y a de ces misérables infants qui sont aussi blancs que nous, et, si vous voulez être sur de quelque chose, vous ferez bien de soulever tescheveuxqui couvrent le front de celui-ci ; vous y trouverez peut-Stre la marque du fer rouge.

— Quoi 1 dit le marquis en souriant, ont-ils tellement peur de l'eau du baptême qu'ils l'effacent parie feu?

Celle marque est colle de l'esclavage, reprit d'Alvimar. La loi espagnole la leur inflige. On les marque au front d'une S et d'une télé do clou, ce qoi se traduit ainsi de la langue figurée en espagnol : £«*mw.

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de aois-nonl 117

— Uut.dit le marquis, je me souviens, c'ost un rébus ! T.], binn, je h> trouve fort laid, et, si ce pauvre petit en r>si maniué et qu'il soit esclave do votre nation, je la racheté, mûi, et je le fais libre sur la bonnu terre .le France.

Mercedes n'avilit rion compris a ce qui se disait autour rt'uiiû. Snulemeut, elle voyait aveu anxiété d'Alvim.ir s'approcher de Mario, comme pour li? toucher; mais d'AIviniar n'eut, pour rien au monde, souille sa main ganli'n au contact d'un More, et il attendait iwu le marquis iuu- Mllsa cheveux de l'enfant; seulement, le marquis n'en faisait rien, et cela par un sentiment de délicate commisération pour ia pauvre mère dont il croyait comprendre l'humiliation et l'inquiétude.

Quant à Mario, il comprenait de quoi il s'agissait; mais, dominé ot comme fasciné par le regard de Merejdôa, il se renfermait dans un impossible silence.

— Vous le voyeB.dit d'Alvimarau marquis, il baisse la lûte et cache sa houle. Allons, j'en sais assez sur leur compte, et je vous laisse en cette honnête compagnie. II n'y a point de danger qu'ils desserrent les dents devant un Espagnol, et ils savent apparemment que je le suis. Il y a, entre cette race abjecte et la nùtre, un instinct d'aversion qui fait qu'ils nous sentent comme le gibier sauvage sent l'approche du chasseur. Celte femme, je l'ai rencontré* hier sur les chemins, et je suis sûr qu'elle a essayé quelque pratique de sorcellerie sur mun cheval, car il est boiteux ce matin. Si j'étais le maître de cette maison, une pareille vermine n'y resterait pas un instant de plus 1...

— Voua êtes mon hâte, répondit Bots-Doré mélaol > sa politesse un accent de dignité et de fermeté dont M. d'Alvimar ne l'eut pas cru capable, et, en cette qua-

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US LUS BEAUX .UK331KUKS

Ule, vous aveî Jroit a' ne point wwwmlrer cIjb* moi «!o discussion contre vos idées, qu'elles soient uu mmli* uùvwii'S. Si In vue du ces mailieuivuK vous importun.-, connue Jo ne veux pas qu'il tn>ît dit que vous ave* élu conirwriô dans ma maison un chose i]iiu ee soit, uns'ar rang'.'Ri pour qu'ils ne blessant point vus regards; mai* vuus no imiriffil exiger quo je chasse brutalement on entait el une femme.

— Kun, certes, monsieur, dit iTAlvliwar reprenant possession .le lui-même; c« serait méconnaître vos boutes, et je ViW» demande pardon do mou emportement. Vuus savez l'horreur de mn nation pour eus Infldeje», otje sais, mui, que j'aurais lift in contenir ici.

— yne voulez-vous dire? demanda Hois-Doré mi peu impatient» ; nous prenez-vous pour des musulmans ï

— A l>ii>u ne plaise, monsieur le marquis ! je voulais parler de ia tolérance française en minerai j et, comme c'est unu loi de civilité qui! du se coiilWmcr aux usages do la nation oii l'on roiiuit l'hospi taillé, je vous prameis de iii'obsorver et de voir cliez vous sans répugnance quiconque il vous plaira d'accueillir.

— A la benne lieure! répondît te bon marquis on lui tendant la main. Vous platt-il que, dans un instant, quand j'aurai Uni ici, jo vous mène tuer un lièvre ou dons?

— C'est trop de bonté, dit d'Alvimar en sortant ; niais ne vous dérangez pas pour moi : avec votre permission, et eu aitendant l'heure du dîner, j'irai écrire quelques lettres.

Le marquis, s'étant levé pour le saluer, se rassit avec sa grâce nonchalante, et, s'adressant à Lucilio :

— Notre hâte est un cavalier bien élevé, lui dit-if; mais il est vif, et, tout bien considéré, il a un grand malheur en la tête, qui estd'êU-c trop Espagnol. Cessais

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.\»\ fui si «ran*» an temps jiasstS ne mariions gins lirami*. Ayons pitili! Dieu pour (nus!

I.udtiu avait lii'.milu li! luaf-ints ivnc min rolijîiiiusr- atti'iiliun, mais en écrivant, pondant qu'il «lisait sw ■leriiitaia parait».

— Qui) faites-vous liiï lui ilit Unis-Mur. 1 .

!,uri1iii lui passa son papier, qui parut un vrai (jriniuirc «m marquis.

— ■ Or snut, lui i-M|i:nniil lu iiiut't aven nui eiiiynii, !>';; ««filleules paroles que viius vniwifdn dire, traduites ir« aplxi. VoytB! si l'enfant sait lire et s'il entend ciiiuj langue.

Mario regarda to papier qu'on lui prnMintn nt couru! le [ire a la Morisqun, qui l'flcoiita avec uricgi-aridiiéimiti.in. liais* l'écriture et vint se metlrn !i genoux devant le inar.

Puis elle se tourna vcrsCiiovollino et lui dit en arabe ;

— Homme de «tur et de vertu, dis !i cul homme de liien ce quo je vais te dire. Je n'ai [.as voulu parler ma langue devant i'Epafjuol. Je n'ai pas voulu que l'enfant ilii.un mot ilr:vantlui l.'Kriiia^uol nous liait, et. en quelque lieu cjti'Jl nous rencontre, il nous Tait du niai. Pourtant l'enfant est chrétien, il n'est pas esclave. Tu peux voir

mon froj:! la m;irqin: '!<' l'iiiijuiriitiui] ; clin y nul cure, quoique je fusBe bien petite quand on m'a bnïfuo.

]S0 IKS BKAIIK MESSIEUM

Et, on pariant ainsi, elle défaisait te mouchoir de serpillière bariolée qui retenait ses longs cheveux noirs, et montrait son front, qui ne présentait aucune trace ito feu.

Maie elle so le frappa du creux de la main, et aussiiof l'horrible n'iras au dessina en blanc sur la peau rougie.

— Mais, reprit elleen relevant la chevelure abondante at douce de Mario, tu peux regarder eo Jeune front. S'il eût été marqué comme le mien, ht trace ne serait pas encore possible a méconnaître. C'est un front baptisé par un prAlre de ta religion;, l'enfant est instruit dans la foi et dans la langue de ses paras.

Pendant que la Morisque parlait, Lucilio écrivait traduisant, et le marquis lisait à mesure.

— Demandez-lui son histoire, dit-il au muet; faiteslui savoir que nous portons intérêt à ses malheurs etque nous la prenons bous notre 'protection.

Il ne fut pas nécessaire que Lucilio écrivit les interruption*, da Bois-Doré. Mario, qui parlait aussi facilement l'arabe que le français et te catalan, les traduisait, au fur et à mesure, à sa mère adoptive, avec une remarquable fidélité.

Nous continuerons donc l'entretien de ces quatre personnes, comme si toutes quatre avaient parlé la même langue et comme si Lucilio, prompt & transcrire, n'eût pas été empêché d'eu parler une seule.

La Morisque parla ainsi:

- Mario, mon biea-aimé, dis à ce seigneur bienfc!.

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m nuis-non* 121

f :uil 1)110 je sais uiul parler l'eBnnjjnol, et le français encou! iimins; je dirai monhisloire à son A-ewam. el il la lira,

■ Je suis Dite d'un pauvre fermier de la Catalogne. i>st on Catalogne que le peu du Mures épi runes par rini|iiiiiiimi vivaient eniMre tranquilles, cspé.'ant qu'on les y laisserait gagner leur vie en travaillant, puisque nous n'avions pris part a mienne des guerres do ces derniers temps, si malheureux pour nos frères des aunes provinces d'Espagne,

» Mon père s'appelait ïosid on arabe, et Juan on espagnol; moi, baptisée par ««jicreùw comme les autres, j'étais la chrétienne Mereédes, mais la mo-risque Smbylia»,

ii J'ai a présent trente ans. J'en avais treize quand on commença a nous avertir secrètement que nous allions être chassés et dépouillés à noire tour.

» Déjà, avant ma naissance, le terrible roi Philippe 11 avait ordonné que, dans le délai de trois ans, tous Ici Morisques devaient savoir la langue castillane et ne plus parler, lira ou écrire en arabe, publiquement ou secrètement; a que tous les contrats en celte langue seraient nuls; que tous nos livres seraient brûlés; i que nous quitterions nos costumes pour porter ceux des chrétiens; ■ que les femmes morisques sortiraient sans voile, '.à visage découvert ; e que nous n'aurions ni fûtes ni danses, ni chants nationaux; « que nous perdrions nos noms de famille et d'individu pour prendre des wms chrétiens ; que ni hommes, ni femmes morisques ne pourraient plus se baigner à l'avenir, et que m bains seraient détruits dans nos m tisons.

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ÎH LES BKAUK MESSIKUai

* Ainsi, ou noua iiiauliaii jusqtw dans la pudeur do titiH immu'h ci dans li» aimtd tin nos cori» ! Me» gamins ,*'ët;iii-iii siHiiiiis. (.Imtiid ils virent que cota ne semait du rien et qu'on ue le» pawuemiùl que- tiour «voir leur ancent, 1U Muterait k en amasser et a m car-ber la

r ..iit n-:;—. t., Mit, itism.-iii-ii*, pour mampeenm- un mendier iu in tant d'autivs qui s'iraient laissé surprendra. Mais il élail Écrit que, cumino louslcs autres, je tendrais In main.

■ Noua liiioiis «iiuuri! iisiw iinm:ux, malgré les humiliations dont on nous abreuvait. Nos soiisneurs espars no nous aimaient point; mais, o.mmo il» voyaient bien que nous agate, en Rupagna, savions et voulions cultiver leurs terres, ils demamiaioLii il leur roi do nous épargner.

■ Quand j'ous dix-sC[H ans, lu roi Philippe lit fit rendre tout à coup un nouveau décret contre tous les Horisquoa catalans. Noua étUais b innis du royaume iWK Ils biens nieut'lrs que noua pourrions emporter sur uns corps. Pana trois jouis, sous peint) de mort, H nous fallait quitter nos maisons et aller, soua escorte, au lieu île rembarquement. Tout chrétien qui cacherait un Morisque irait pour six ans aux galères

s Nous étions ruinés. Pourtant, nous uttroo» sur nous, mon père et moi, l'orque nous pouvions emporter, et nous partîmes aans nous plaindre. On nous promettait de nous conduire en Afrique, au pays de nos ancétros.

> Alors nous demandâmes au Pieu de dos pères de nous reprendre pour at

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pllffi* do PKIfll, mais, à pi-iuo riidwi^s, m rirais demanda la prix <b la trawn-fr. la j litp:iri n'aviikul On e^Ava miolos riches payaient junf les |>au-

» Xhm pera, voyant qu'on jHidtalniuoroatt qui ne Mouvaient pas do cautitm, paya sans regret pour Ions .vus qui étaient dniiR noire «Hlwcation; unis, qmm.l u.i vit qu'il n'avait plus rien, on lu joln a la «ht comme les autres !... »

Ici, la Slorisnjun s'alla. Kilo no pleurait pas, mais sa imilrinu était serré.

- Détestable.» coquins rPEsp»anolfl ! Pauvres Morhqw»! murmura le. marquis.

Puis il ajouta, comme averti par un triste regard de l.ucilio :

— HélasI la France n'a fait mieux, et la régente les a traites absolument de même !

Mercédès reprit :

- Me voyant seule au momie, sans un dernier, et privée de tout ce que J'aimais, je voulus suivre mon pauvre pore ; on m'en empêcha. J'étais jolie. Le patron de la galère me voulait pour esclave. Mais Dieu dcchaiua la tempête, et il fallut songer à lutter contre elle. Plusieurs embarcations Turent englouties, des milliers île Morisques périrent avec leurs bourreaux.

b La galère qui nous portait fut emmenée par l'orage sor les cotes de France, et vint se briser vers un lieu dont jB n'ai jamais su le nom.

|» Lit» BE»UK «Hlllll

» Je fus jetée ou rivage, au milieu des morts et 4a nwaraiitB ; c'ûtait mon salut. Je mu «rainai dans des nichera ad, mute miniUMu e t Muta brlufio, m'étant bien caché» et n'ayant pas la força d'aller plu» loin. Je dormis pour la première fois depuis beaucoup da jours et beaucoup da nuits.

. Quutd )o m'éveillai, la tempêta était finie. Il faisait chaud, j'étais seule. La navire brisé était a la cota, te* morts sur la grève. J'avais faim, mais j'avais encore asson île forces pour marcher,

* Je m'éloignai le plus viio que je *i rivage, oh Je craignais ilo rencontrer des Espagnols, oi Je m'en atJuî par les montagnes, mendiant le pain, l'eau et le gitc. On me recevait Iiion mal ; mon costume Inquiétait les paysans.

• lin fin, je rencontrai quelques femmes de ma race qui étaient établies dans un village et qui me donnèrent un habillement ; elles me conseillèrent de cacher nia religion et mon origine, parce que las hommes du pays n'aimaient pas les étrangers et détestaient surtout les Morisqucs. Il parait, hélas! qu'on les déleste partout, car on m'a dit, plus tard, qu'au lieu d'accueillir comme do; frères ceux qui purent arriver en Afrique, les Berbères les ont massacres ou réduits à un pire esclavage que celui de l'Espagne.

i Comment pourois-je suivre le conseil qu'on me donnait de cacher mou origineî Je ne savais pas nsci bien la langue catalane pour cela. D'abord, on me lit quelque aumône; mais, quand un Espagnol passait, il disait aux gens du pays:

„ — vous avez là chez vous une Morisqua.

> Et l'on me chassait de partout. Je marchai Je valida en vallée.

nu rniiB-Minft 1»

■ Un Jour, }f> me trouvai sur une grniitln ratio tjui i-rlh do l-.ni, commit jo l'ai *ti plu* Innl, ot c.'«it là ([.Ht Ih eittl M III lutintniriir mi» f.iiiiiuo wiraw plus iiKtUiCHRnMi <pnt mol. Cotait la giora do l'oitfiutt qttu ntii.i voyo/, fit qui <;at clfivttini lu romn... ■

- Continuez, drt I» marquis.

Mai* Slcrwhlfts K'nrnWa ortijuni, |«irui rMfylm: it dit, s'a. I rossa lit ,>i I.imiliii ,

- Se ne peux pas raenniw riibiNra ilua paronts do IViiIÎiiiI, si ud n'tut ;t vous MUl... qui lui nvtn: siiunî l.t vu', «1 qui no paraisse* un tingo sur ta iitrm. Si l'un vmt mu Hariior ici quelques jours ot quo ju no wfo nmiio ilan»or pour Marin, je juin ([un je dirai (nul; mais j» crains I'Kspa(;nol, et j'ai vu cd vieux seigneur ninuro sa main dans la siouno, après l'avoir r«|nis Ju si iIun-Lipour nous. J'ai Unit compris avec nu» yeux : lus soiipviurasont les seigneurs, ut les pauvres esclaves ne duivoni pas cspiircr quo les meilleurs mémos prendront leur parti contra tours égaux,

— Il n'y a pas d'égaux qui tiennent I s'écria le marquis lorsque l.udlio lui ont traduit, par écrit, lu réponsu du Mercedes. Je jure, sur ma foi de chrétien et sur mon lioitiimir do geniilhomme, ilo protéger le faillie envers et outre tous.

U ilorisque répondit qu'elle dirait la véritii, mais (|u'elle cacherait certains détails inutiles. Fuis elle reprit ainsi:

- J'étais sur la route de Pau, mai* au coeur des montagnes, dans un endroit fort désert. U, comme je me reposais en me cachant, par crainte des mauvaises gens quo L'on rencontre en tous paya, je vis passer un homme qui voyageait avec sa femme.

■ La femme marchait un peu en avant ; des bandit*

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120 tu M*»* mamni ;mMirareirtiiortInrriî'rowK,lMt>iwitBl vi#rnnlM voyageur, si vile, ipio su femme no In vit pmul, et, ruveiiani pour l'opi'i'iûi-, I» trouva et H" travers du chemin.

■ A erill» vu», olhi tomba mourante, et Je via qu'olk «tait ensxbw,

a h< nu siivals comment la eoutognr al In consoler. A gisMijx pri'w il'i'Ho, je priais et J« pleurais, htfitf|tt\tn homme H la mnusliiclm grise et tout hahilh* ilijiiolr parut (i cheval, et vint «avoir |inur>|itni jii pleurais ainsi. Je lui munirai min femme euuehen sur lo corps tlo son miiri. tl lui pari:, tfl plusieurs titanes, niril élnil un grand savant; mais il vit bientôt ipiVllo n'était pas on «al 'le rnpntHln.

s (.a eeefflissn qu'elle venait d'éprouver hâtait son aceouchomont.

s Dus hrrgcrs passaient avec leurs troupeaux. Il les appel* ; ot, comme lia virent uuo cil homme do Mon »H lit un prêtre un leur religion diretienno, ils obéiront a «un commandement et prièrent la femme dans leur maison, où ode mourut, mie heure après avoir mis Hnrlo au monde, et après nvoir donne au prfllra la bnfinn île mariage qtrtiUa avait au doigt, sans pouvoir rion expliquer, maison lui moiitriiui l'enfant ot lo ciel!

» ta prulro s'arrêta ebez les bergers pour faire ensevelir ces pauvres morts, ot, comme il crut que j'avais été IVsclave do cette darne, il me confia l'enfant en me disant de le suivre. Mais jo no voulus pas le tromper, :iyant connu qu'il était savant et humain. Je lui dis mon histoire, et comment j'avais vu, par hasard, l'assassinat du colporteur. »

— C'était donc un colporteur ï dit te marquis.

- Ou un gentilhomme deguisfi, répondit Mercedes ; car sa femme avait, sous aa pauvre cape, les vêtement»

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IM OUIS-MIUÉ 121

.rnii'Mlnimi, ot lul-mèmo, quand ou le di'-p"itiltn pnnr

IVusmvIir, fut tri.uvii on i:l line ( it en uliaussus ilu

suin sous sus Jmlijtft ('russiiT . Il avait lus munis (daudxx, et un trouva missi sur lui nu cm :1ml où il y avait du» animlrio*.

— - Mniili-iiK-tiiDi i:e cidii't ! sM^riii IkiU-l W fm t ,-iuu. I,a Murisquo Kiiisiua lu t«li> ut ilit :

— Je ne l'ai pus.

--OUe r,:ni[iu; au nu'' [in du timis, ivpril In marquis n'adressant ù I.imIio, et ]ii mi 1 In ut ci tti- liist"lru m'iulor.safl plus qu'elle m cruit! (lui sait si...ï Voyons, mou Knwd ami, indien, au moins, île lui fuira dire h quelle ùpoquo prtdwwwiiil est turivrio riivmiluru qu'elle nous raconte.

l-udlio lit ajiiio uu marquis d'inierro;,w l'enfant, qui

n'i lit salis hésiter :

- to suis mi min lieurti après la mort iii! mon \>:-n; min Iiouri! avant uullu du Iwu roi do Frauee, Henri le qtialriemo. Vnllftco que M. l'aillai Anjnrraut, qui a pris soin île moi, m'a appris, on me recommandant de nupmnis l'oublier, et ai que nia mim Merci'*- ne nu; d.'~ fiiinl pas de vous lire, Ji londitinn que l'Ktpogaul ne la saura pas.

— l'ouniuui î dit Âdamas.

— Jo ne Biiii;, répondit Mario.

— Alors, prie ta mère de continuer son liistoire, dii H. du lloifi-l.'oru, ut comptez que nous vous un garderons la awrut, comme nous l'avons promit.

La Morisquo reprit ainsi son récit :

— Le lion prêtre s'elanl fait donner uu Clievro potir nourrir l'enfant, noua emmena en ma disant s

■ — Nous parlerons religion plus tard. Vous êtes malheureuse, ot je vous dois h pitié.

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12S tES BEAU* MESSIEURS

» i: demeurait nw/ loin do la, dans ta cœur ou h inuntaRne. Il nous mit dans «lia petile cabane faim uV pierres de marbra al «ouverte d'autres grandes pierres nolm mutas plaies, (il il n'y avait dan* cette maison qui! dn l'herbe sfcelio. Ce saint n'avait rien do mieux ii anus donner que l'abri «t la parole de Itou. 11 demeuri.il dnns une maison qui n'élait guère plus riche que le el>a lot oi i nous étions.

■ Mais jo lia fus pas lù huit jours snns que l'enfoui fut propre, bien soiuué et lu maison bien close. Les unrgors el les paysans no me rebutaient pus, tanl leur pretro leur avait enseigné la douceur et la pitié. Moi, je leur enseignai vile, pour la soin do laurs troupeaux et pour la culture de leurs terres, des (juins i|u":ls ne Bavaient pas et que savent tous les Morisqiies wtlivateurs. Us m'éenutèront, et, ma trouvant utile, ils ne me laissèrent plus manquer de rien.

■ J'aurais été bien lieureusede rencontrer cethomine de jfflix et ce pays de pardon, si j'avais pu oublier mon pauvre porc, la maison ou j'étais née, mes parents et mes amis que je ne devais plus revoir; mais Jo me mis a tant aimer ce pauvre orphelin, que peu a peu je me consolai de tout.

■ Le prêtre Véleva et lui enseigna le français et l'espagnol, tandis que je lui apprenais ma langue, afin d'avoir quelqu'un au monde avec qui je pusse la parler ; et pourtant, ne eroyei pis qu'en lui apprenant des prières arabes, je l'aie détourné de la religion que le prêtre lui enseignait.

* Ne croyes pas que je repousse votre Dieu. Non, non I Quand je vis cet homme si vrai, si miséricordieux, si savant et si chaste, qui me parlait si bien de son pro-

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LtK UllIS-llOHÉ 129

•fv-n Issu * cl dus beaux prùcu,iics du VEngil *, t\<ii in' ilisviH pas du ftiiv eu qui: lu CuMii nous dulun.!, ju i>i:ii:.ai que la plus bulle ruliylmi diivnit fltra colla i|ii*U ]irjtii|iiiiit ; cl, comiiio je n'avais pan ru<;u lu baptême, nialMnS l'aiiporsion dus prùlros cap:* g nuls (in'ûlant «af.iiiliu aveu mus mains pour qu'aïunum Roullit d*> IV.m i liri'tinimi! nu tombal BUT ma liHu|, ju cunsontla à ûtru iliumiivoau baptisée par ce vcrtiwus, clju jurai . ! i Allali iln m: [Jus juruais renier dans mon eeew U: nulle il'lssa ul du l'aradoi,

Ut-tt'.i naïve déclaration lit be»Hcoii|> de plaisir au mal 1 ijufe, toquai, malgré ses iwmvirtlcs notions du pbilogupliio, iiïiudt, pan plus qu'Adaïuas, partisan du lldolutria isuunno ntiribudo aux Moros d'Espagne.

— Ainsi, dit-il m caressant la téte l.runo de Marin, nous n'avons point «flaira \d ù dus diables, mais à dos cires du notre espi'-cu. Mimes célestes! j'on suis ois», car colle pauvre femmo m'intéresse ei cet orplielîn me touche le cœur. Ainsi donc, mon bel ami Mario, tu as été ulevo par un bon ol savant curé des [^ronéos t et lu us ini-mflmeun petit savant 1 Je ne pourrai pas te parler arahe;niais, si la mère veut te donner à mol, Je jure de te foire élever en gci ni II tomme.

Mario ne savait point ce que c'était que la senlilhom-

Ccrtes, il était prodigieusement instruit pour son âge, pour le temps et le milieu on il avait été élevé; mais, à Mus autres égards que la religion, la morale et les langues, c'était un vrai petii sauvage, ne se faisant aucune idée de la société où le marquis l'invitait a entrer

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