US LES BEAUX ME891ÏBB
teiiilî, prenant dos poses lassos, so relevant on trois temps quand il était assis; en un mot, faisant, avec sa bauto taille et ses tmita accentuas, ce personnage do polit marquis fadasse, que, trente ans plus tard, Molière trouva complet dans son rmicuw cr mor pour m satire.
Cette manière d'être aida Bois-Doré «cacher la pesanteur réelle de ses années sous un déguisement qui faisait de lui une sorte de fantôme comique.
n'Alvimar le trouva même enrayant à première vue. 11 ne comprenait rien 1 cotie profusion de boucles d'éb&no sur celto face ridéo, a ces gros sourcils terribles sur des yeux si doux, a ce fard éclatant qui avait l'air d'un masque follement posé sur une figure respectable et bienveillante.
Quant au costume, il était, par sa recherche, par la quantité de galons, de broderies, de rosettes et de panaches, on ne peut plus ridicule en plein Jour, à la campagne, outre que les couleurs tendres ei pûtes, que notre marqua» affectionnait, Juraient davantage avec l'aspect léonin de sa moustache hérissée et de sa crinière d'em-
S Mais l'accueil que lui fit le vieux gentilhomme détruisit agréablement, chez oVAlvimar, l'effet rébarbatif de cette mascarade.
M. de Beuvre s'était levé pour présenter l'ami de Guillaume au marquis, et pour lui rappeler qn'il était chargé de lui pour plusieurs Jours.
, c'est un plaisir et un honneur que je réclamerais pour moi-même, dit M. de Beuvre, si j'étais dans ma propre maison ; mais je ne dois pas oublier que Je suis chez ma fille, et, d'ailleurs, cotte maison est moins riche et moins ornée aue la vôtre mon cher Sylvain, et nous
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US nois-noi.ê 4»
un voulons pas priver M. de Yillaroal des douceurs qui l'y attendent.
— J'aeeeplu l'Iiypi'i'linlp, r^.mi.lit liois-Uorû, si cil» peut éblouir M. do YHliuwil nu point de lu faire resler luu«tfliups sous ma garde,
lît, ouvrant ses deux grands liras couverts île ui.indicllui jusqu'aux craiiU's, il tiiiilu'iiss;! le proteiiilii Villare:il en lui tait avec un bm rire qui montrait K» grande* ileiii^ blanches :
— Fussiea-vous le diable, monsieur, du moment quo vous m'êtes coulW, vous devenez pour moi caimne un
Il se garda bien rie dire « comme un l'ûs. > Il efit craint Je niveler le chiffre de ses années, oliiliro qu'il eroyait mystérieux, députa qu'il l'avait oublie lui-mùuio.
Villarenl d'.Uvimar s*, fut bien passé rteeelteacculaile,
la part d'un catholique iUî si fraiefs,; .lato, d'autant plus que les parfums dont le marquis était imprégné lui ùtèrenl le pou d'appétit qu'il avait, et qu'après l'avoir cmbrassi, il lui serra vigoureusement les mains entre ses do&U aeca, armés de bagues énormes. Hais d'Alvimar devait songer avant, tout à sa propre BÛretû, et il wtilit, h l'accent cordial et résolu de M. Sylvain, qu'il était réellement place en des mains loyales et dévouées.
Il prit donc son parti do reconnaîtra la double hospitalité dont il était l'objet, en se montrant sous son meilleur jour, et, lorsqu'il sortit de table, les deux vieux gentilshommes étaient enchantés de lui.
Il eût pourtant bien souhaité de prendre quelque repos; mais le châtelain, le provoqua améchecs et ensuite au billard avec Bois-Doré, qui se fit battre.
D'ÀIvimar aimait le jeu et n'était pas indifférent au gain de quelques écus d'or.
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*& m mis »w«uca»
Las heures s'écoulaient dans une intimité pour ainsi dira escomptée, puisque ces amusemonis n'animèrent aucun entretien asse* suivi pour mettre ces trois personnes à même de se connaître.
Madame da Beuvre, qui s'était retirée après le repas, reparut vers quatre heures, eu moment où elle vit falro dans le préau les préparatifs du départ de ses notes,
Elle leur proposa de prendra Tair dans les jardins avant de se séparer.
On était alors a la fin d'octobre. Les Jours, devenus courts, étaient encore doux et claire, l'été de Saint-Martin s'étant prolongé jusque-là. Les arbres, tout a lait dépouillés, dessinaient leur belle silhouette sur le soleil rouge qui se couchait derrière les noires broussailles de l'horizon.
On marchait sur un lit de feuilles sèches dans les allées de buis et d'ifs taillés qui donnaient aux jardins de ce temps-là une raideur propre et digne.
Dans les fossés, de belles vieilles carpes suivaient les promeneurs, habituées à recevoir les miettes de pain que leur apportait I.auriane.
Un petit loup apprivoisé la suivait aussi comme un chien, mais asservi et brutalisé par le grand épagneul favori de M. de Beuvre, animal jeune et folâtre, qui ne montrait aucune aversion pour ce compagnon suspect,
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et .jm lu roulait et la moruHua.it avec h brusquerie superbe d'iinwifuntde qualité daignant jouer avec un vilsin.
U'Alvimar, au moment d'offrir son bras à la balle f Lauriane, s'arrêta en voyant M. da Bois-Doré s'approcher d'clla dan- la même intention.
Hais, à son tour, le courtois marquis recula,
— C'est votre droit, lui dit-il : un hâte toi que voua doit primer tous les amis; mais sachez le prix du sacrifice quejfi voua Ode.
— J'en sens tout le prix, répondit d'AWiraar, au bras do qui Lauriane appuya légèrement sa petite main; et, de toutes les bontés que vous avez pour moi, j'estime celle-ci être ta plus grande.
— Je vois avec plaisir, reprit Bols-Doré en marchant à la gauche de madame de Beuvre, que vous entendez la galanterie française comme le feu roi, notre Henri, de douce mémoire.
— J'espère l'entendre mieux, s'il vous platt.
— Oh! ce serait beaucoup promettre!
— Nous autres Espagnols, nous l'entendons, du moins, autrement, (tous croyons que l'attachement fidèle à une seule femme est préférable à la galanterie envers
— Oh! alors, mon cher comte... Vous Êtes comte, n'est-ce pas, ou duc?... Pardon, mais vous files grand d'Espagne, Je le sais, je le vois... Vous donnez dans la fidélité parfaite du roman ï Rien de plus beau, mon cher bote, rien de plus beau, sur ma parole!
H. de Beuvre appela Bois-Doré à quelques pan de là pour lui montrer je ne sais quel arbre nouvellement plante, et d'AMmar profita de cette interruption pour demander a Lauriano si M. de Bois-Doré avait voulu ae moquer de lui.
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Ij6 hts beaux Mtisiiii-ruiis
— Nullemont, répondit-elle; il fout que voua sachioa qija notre cher marquis fait sa nourriture favorite du roman de 3J. d'Urfé, fit qu'il le soit quasi par cœur.
— lorm.nent feiro accorder cas goûts de belle passion avec ceux de l'ancienne court
— C'est bien aisé. Quand notre ami était jeune, il aimait, dit-on, toutes les dames. En vieillissant, son cœur s'est refroidi; mais il prétend cacher cela, comme n croit cacher ses rides, en feignant d'avoir été converti à ia vertu des beaux sentiments par l'exemple nos héros de VAstvée. Si bien que, pour s'excuser de ne faire ia cour h aucune belle, il se vante d'être Adèle à uno seule qu'il no nomme point, f 110 personne n'a jamais vue et ne verra jamais, [iar la bonne raison qu'elle n'existe que dans son imagination.
— Est-il possible qu'à son âge il se croie encore forcé de feindre l'amour !
— 11 le faut bien, puisqu'il veut passer pour jeune- S'il avouait que les femmes lui sont devenues aussi indifférentes lus unes que lesautres, pourquoi prendrait-il la peine do sb barbouiller la figure et do porter de famt cheveux!
— Vous pensez done qu'il n'est pas possible d'être jeune sans être épris do quelque femme!
— Cela, je n'en sais rien, répondit gaiement madame de Beurre; je n'ai point d'expérience et no connais pas le cœur des hommes. Mais j'entends quelquefois dire qu'il en estainsi, et H. de Bois-Doré semble en être persuadé. Que vous en semble, à vous, messire?
— II me semble, dit d'Alvimar, curieux des opinions de la jeune dame, que l'on peut vivre longtemps d'un amour passé, en attendant un amour a venir.
Elle ne répondit pas et regarda le ciel avec ses beaux 1 grande veux bleus.
os mus-houe" 47
— A quoi songez-vous? lui demanda-t-il avec une familiarité peut-être un peu trop tendre.
ljiii*iatio parut étonnée du celte question indiscrète.
Kli » le regarda droit au visaga, d'un ;iir qui semblait dire: » Qu'est-ce que cela vous f a i t ? » Mais, :;itis s'armer, on paroles, d'aucune dureté inutile, die lui dil eu Minant:
— Je ne pensais à rien.
— G'eit impossible, reprit d'Alvimar; on peuaetou- Jours à quelque chose ou à quelqu'un.
— On pensu vaguetnont, si vaguement, qu'en une minute on ne s'en souvient plus.
Lauriiuie ne disait pas la vérité, Elle avait pensé a Charlotte d'Albret, et nous traduirons tout ce qui s'était passé dans sa courte rêverie.
Cette pauvre princesse lui était connue apparu*) pour lui faire la réponse que sollicitait d'Alviinar, et cette réponse, la voici : « Une jeune fille qui n'a point aimé accepte quelquefois, à la légère, l'amour qui se présente, parce qu'elle se sent impatiente d'aimer, et quelquefois elle tombe dans les bras d'un scélérat qui la torture, la flétrit et l'abandonne. .
D'Alviniar était loin de deviner le binaire avertissement que venait de recevoir cette Jeune âme; il crut à un peu de coquetterie, et le jeu lui plut, bien qu'il eût l'èine aussi froide qu'un marbra.
H insista.
— Vous avez, je gage, songé, dit-il, a un amour plus vrai que celui dont M. de Bois-Doré vous donne Iï cornet die, a un amour tel que vous pourriez, sinon le ressentir, du moins l'inspirer h un galant homme?
A peine eut-il prononcé ces paroles de provocation banale, mais d'un ton qu'il sut rendre ému et qu'il crut
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Ija ma Mkvx messieurs
persuasif, qu'il «Mitil le bnw de Uuriaoe tressaillir, s'ar
racher du sien, et, en mome temps, il la vit pâlir et
reculer,
Qu'est-ce donc! s'ëcria-t-il en tâchant de reprendre son bras,
— Rien, rien, dit-elle en s'efforcant de sourire. J'ai vu là une couleuvre dans les joncs, J'ai eu peur; Je vais appeler mon père pour la tuer.
El elle se mit à courir vers M. de Beuvre, laissant d'Alvimar battre avec sa canne les joncs du talus pour chercher la maudite bète.
Mais aucune bâte, laide ou belle, ne se montra, et, quand il chercha des yeux madame de Beuvre, il la vit quitter te jardin et rentrer dans le préau.
— Voilà une herbe sensitive, pensa-t-il en la regardant s'éloigner, soit qu'eue ait peur du serpent, soit plutôt que nu» paroles aient causé ce trouble soudain... Ah ! pourquoi les reines et les princesses, qui tiennent en leurs mains les hautes destinées, n'ont-elles pas cette amoureuse candeur des petites daines de campagne!
Pendant que sa vanité expliquait ainsi rômouon de Uuriane, celle-ci était montée à la chapelle de Charlolte d'Albret, non pour prier, elle ne fréquentait pas cet oratoire catholique, ordinairement fermé comme le sanctuaire d'une mémoire respectable, mais pour s'assurer d'un fait qui venait de la bouleverser.
Il v avait , dans celte petite chapelle , un portrait déjà bien noirci et bien enfumé par les années, que l'on ne montrait jamais a personne, mais que l'on gardait là où on l'avait trouvé, par respect pour 1 arrangement des choses qui avaient été à l'usage de la sainle de I» Jamilte.
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de Bois-nond 49 Lauriane n'avait vu ce portrait que tleux fol» en su via. Une (bis par hasard, pendant qu'une vieille femme, chargée de tenir la clia[iellH propre, avait ouvert, pour l'épousseter, l'espèce d'armoire qui le renfermait,
Lauriane était alors enfant. Ce portrait lui avait Tait p <ur, sans qu'elle sût pourquoi.
!.a seconde fois, et il n'y avait pas longtemps, son père lui racontait, avec certains détails île tradition, l'histoire de la pauvre duchesse, el il lui avait dit :
— Et pourtant notre sainte aïeule ne haïssait pas ce monstre. Soit qu'elle l'eût aimé un instant avant de savoir de quels crimes il était souillé, soit que, poussib uniquement par la charité chrétienne, elle sa Ht un devoir de prier pour lui, elle avait son portrait dans la chapelle.
Lauriane, comprenant de qui cette vieille peinture était l'effrayante image, elle avait voulu la revoir. Elle l'avait regardée avec attention, avec sang-froid, se jurant à elle-même de ne jamais épouser l'homme qui aurait le moindre trait de ressemblance avec cette ligure terrible.
Malgré le calme de cet examen, le spectre était resté quelque temps devant ses yeux, et, involontairement, chaque fois qu'une physionomie sinistre se présentait devant eue, elle la comparait avec le type abhorré; mais eue avait oublié cette préoccupation, car elle était naturellement gaie, tranquille, et aussi brave que la plupart dea jeunes châtelaines de ce temps de trouble et de danger, dont on était a peine sorti.
Aussi, en voyant d'Alvimar, il ne lui était pas verra a la pensée de faire le moindre rapprochement, et même dans le jardin, en lui donnant le bras, en causant gaie-
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tes ue\e\ MEsairuiia
moni avec lui et en In regardant fece II lace, elle n'avait ressenti aucune crainte. Cependant, pourquoi avait-ollo pansé a Charlotte d'Albrot pendant qu'il lui parlait? Elle n'en savait rien ; elle n'y avait pas fait grande attention d'aliurd.
Mais d'Alvimar avait insialé pour pénétrer ses pensées, il lui avait presque pnrlé d'amour. Ou moins, il lui en avait plus dit on deux inols t lui qu'elle voyait pour la nroniiiTe fois, que n'avait jamais osé la faire aucun des amis, Jeunes ou vieux, qui l'entouraient.
Surprise de tnnt d'audace, elle l'avait regardé encore, mais, cette fols, il la dérobée ; elle avait surpris un sourire perfide sur cette figure charmante ; et, en même temps, le profil qui se dessinait sur le fond rougealra du ciel bas lui avait arraché un cri de terreur.
Ce beau jeune homme, qui semblait provoquer les premiers battements de son cœur, ressemblait a César Borgja 1
Que cola fut une certitude ou une rêverie, il fui avait été impossible de rester un instant de plus à son bras.
Elle avait trouvé un prétexte à aa peur, elle s'était enfuie, et elle venait regarder le portrait, pour uétruire ou confirmer ses doutes.
Comme le jour tombait rapidement et qu'il faisait déjà nombre du coté du préau, elle retourna sur ses pas et alla chercher use lumière dans sa chambre, qui était
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de »ois-nûnft M
située dans le pavillon attenant h la petite gaterio da la eliapo&s.
carres d» planches en relief w<r la muraille, où, dans Les l'élises de villages, on serre lu bannière des processions. Ville l'ouvrit précipitamment, plaça convoii'iblaiiit'iit an bougie et regard*, l'infâme.
I.a peinture était belle, César et Lucrèce Horym sont 1rs contemporains de Raphaël et île Michel-Ange, et ce pjrirait.un pej sèchement étudié, était dans la promit' re manière de Raphaël. Il appartenait à la mime éeolo.
La figure du duc do Valcntinois ne présentait paa ces taches livides et ces pustules hideuses qui décrivant certains historiens, ni ces youi louches a brillant d'un
inf.jiiial .;uliil.(iie même ses i»tilrw. n -ii::!iïut sua familiers ne pouvaient supporter. » Soit quj l'artiste l'eût flatté, soit qu'il l'eût peint à une époque n sa vie o!i le vicu et le crimu ne i suintaient » pas encore s.ir son visage, il ne l'avait pas fait laid. U avait montre le cardinal-bandit de profil, el celui de sc3 veu< qu'il avait copié regardait dreit devant lui.
La face était pale, horriblement pile et maigre, le ne* étroit el acéré, la bouche sans livres, tant elles étaient Incolores et minces, le menton anguleux, le type distinguâmes traits assez purs, la moustache el la barbe rouges, délicatement plantées. Mm-:,, vue ainsi s.ins l'aspect le plus favorable, cette tète do scélérat était peut-être plus repoussante encore que Bielle eût été rongée de lepre. Eile était calme et pensive, et le front ne rappelait eu rien la tète plate de la f ipère.
Non, non, c'était bien pis : c'était une tête d'homme bien conformée, avec toutes les facultés de l'intelligence admirablement développées pour le mal. L'œil, long
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32 LKS HE
et peu ouvert, semblait recueilli dans lu bdute méditation d'un forfait, et l'imperceptible sourira de la bouche transparente avnit la somnolente douceur de la férocité' assouvie.
On ne pouvait dira précisément où siégeait l'horreur de l'expression ; eue était partout. On se sentait froid dans le corps et dans l'âme en interrogeant cette physionomie Impudente et cruelle *.
— J'ai rové! se dit Lauriaoe en détaillant tons les traits. Ce n'est la ni le front, ni l'œil, ni la bouche de cet Espagnol. J'ai beau regarder, je ne trouve ici rien de lui.
Elle ferma les yeux pour se le rappeler sans voir le portrait. Elle le revit de face : il était charmant avec une expression de mélancolie résignée et flan. Elle le revit de profil : il était enjoué, un peu railleur, peut-être; il souriait. — Hais, dès qu'elle se retraça ce sourire, elle retrouva le profil de l'infâme César, et, comme si les deux empreintes se lussent collées Pune sur l'autre, il lui fut impossible de les séparer.
1 . J'ignore « qu'eai devenu .8 portnUi dont il M toi qusition. J'en ai tu on tout semblable on U possession da l'illnslra général Pope. Ou naît qu'il on oiisio un de Raphaël qoi est nn «hrf-d'œovra. Li, le Borgiï est presque beau; da moins, U j a tant de distintiion dans sa figure el d'eUgueedaus » perawn*, qn'ou hésite d'abord S
■' nltamun^d^po^nari^tu™" 1 ™^
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HE BOlS-BOhf M
Rlh referma l'armoire et regarda la chaire de bois sculpté, le petit autel et le coussin de velours noir blanchi et usé par le» genoux de Charlotte Elle y |iosu les siens et pria sans se demander ai elle était dans une église au dans uu temple, si elle était protestante ou catholique.
Elle invoqua le Dieu des faillies et dea affligée, le Dieu de Charlotte d'Albrot et de Jeanne do France.
Puis, se sentant rassurée et voyant les chevaux prêts pour le départ de ses hôtes, elle redescendit au aalon pour recevoir leurs adieux.
Elle trouva «on père très-animé.
— Venez ça, madame ma chère fille, lui dit-il en lui prenant la main pour la faire asseoir sur le fauteuil que Bois-Doré et d'Alvimar se hâtaient do lui avancer; vous nous ramenai la concorde. Quand les femmes laissent les hommes entre eux, Ils deviennent maussades, ils parlent politique ou religion, et, sur ce point-la, personne ne peut s'entendre. Soyez la bienvenue, vous qui avez la douceur dea colombes, et parlez-noua des vôtres que, sans doute, vous venez de coucher.
Lauriane avoua qu'elle avait oublié ses tourterelles. Elle se sentait sous l'œil clair et pénétrant de d'Alvimar. Elle s'enhardit à le regarder. Décidément, il ne ressemblait pas plus au Borgia que le bon M. Sylvain lui-même.
— Vous vous êtes donc encore querellé avec notre voisinî dit-elle à. son père en l'embrassant , pendant qu'eue tendait la main au vieux marquis. Eh bien, qu'est-ce que cela fait, puisque vous confessez avoir besoin d'un peu de contradiction pour digérer.
— Non, mordi! répondit M. de Beuvre, si c'était avec lui, je ne m'en confesserais pas, je n'aurais fait
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M LES BKiUK MES SI 1:111*9
qu'un pétillé d'habitude; mais je me suis laissé «lier h l'humour contredisante avec M. de Villareal, et cela est contra toute hospitalité ot teuto bienséance. Faites notre paîv, ma chère lille, et dites-lui, vous qui me connaissez, que Je suis un vieux huguenot têtu et batailleur, mais franc comme Par et tout à son service quand même,
M. de Beuvre se vantait, Il n'était p:is un huguenot bien Ptocb, ot les idi'ns religieuses couraient fort einbrouuïéesdausaa cervelle. Mais II avait des haines et des rancunes politiques assez vives, ot il ua pouvait entendre parler de certains adversaires sans donner carrière a Ht brusque franchise.
Or, M. d'Alvimar l'avait blessé en prenant la défense de Peu-gouverneur du Borry, M. le duc de la Châtre, sur le compte duquel le hasard de la conversation les avait mis.
Lauriane, informée du sujet de la discussion, pronui^a doucement son verdict.
— Je vousabsous tous deux, dit-elle: vous, monsieur mon ]ière, pour avoir pensé qu'en aucune chose de ce monde, sauf la bravoure et l'esprit, l'exemple de feu M. de la Châtre n'était bon à suivre; — voua, monsieur de Villareal, pour avoir plaidé la cause d'un homme qui n'est plus la pour se défendre.
— Bien jugé! s'écria Bois-Doré, et parlons d'autre chose.
— Oui, certes, ne parlons plus de ce tyran! riposta le vieux gentilliomme, ne parlons plus de ce fana-
— Il voua plaît deletraiter .de fanatique, repr',1 d'Àlvimar, qui ne savait pas céder ; quant à moi, qui l'ai beaucoup connu à la cour, si j'eusse osé lui adresser un
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ne BOis-nonS 5S ivprotfie, tfeo.1 été celui do ne pas «mer assez la i-nde religion ot do n'y voir qu'un moyen do dompter b révolte.
— C'est vrai, c'est vrai, dit Hols-Poré. nui lèieMail la discussion et qui ne cicmonomt qn'.'i en finir, tandis que M. de BeuvM, s'agitant sur sa elwisc, feignit Wuii voir qu'il n'en avait [>as Dnl.
— Apres iduI, reprit d'AKima r <'spi-ismt conclure, n'n-t-il pas fidèlement et nritamnn'iLt servi la rai Henri, ii la mémoire duquel vous me semble:! ici tout dévoués î
— Et avec raison, monsieur! s'écria M. de hVuwv, avec raison, mardi! Oit trouverez-vous un roi jilus sage et plus humain! Mais combien do temps votre enrago ligueur de La Châtre ne l'a-t-il pas combattu? combien de fois ne l'a-t-il pas trahi» et combien d'écus a-t-il fallu lui donner pour qu'il se tint tranquille ! Vous êtes u:i jeune homme, vous, et un homme du monde; vous n'avez vu que le courtisan et le beau parleur; mais nous outres, vieux provinciaux, nous les connaissons, nos tyranneau* de province! Je voudrais bien quoïl.de Buis-Doré vous racontât de quelle manière ce grand iiuerrier fit car mensonge et trahison, la glorieuse conquête deSancerrol
— Merci de moi! dit Bois-Doré avec un peu d'humeur; comment voulez-vous que je me rappelle pareille chose?
— Et pourquoi donc ne vous plairait-il pas vous en souvenir? reprit de Beuvre sans faire attention au dépit du marquis; vous n'éiieï pas a la mamelle, je pense?
— J'étais du moin9 si jeune, que je ne me souviens do rien, dit Bois-Doré.
— Eh bien, moi, je me souviens I s'écria de Beuvre,
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SB ïes ntnuK messieurs
impatienté de cotte défection de son mai. Or, j'avais dix ans de moins que vous, mon voisin, et je n'y étais pas ; j'étais page du vaillant Condé, l'aïeul de celui-ci, et un autre homme, je vous jure.
— Voyons, dit LsurUne, qui liasarda une grande malice pour apaiser son père et détourner la querelle de son objet principal: il faut que noire marquis se confesse d'avoir été au siège de Sancerre et de s'y être vaillamment comporté, car tout le inonde le sait, et c'est par modestie qu'il ne veut pas s'en souvenir.
— Vous saves bien que je n'y étais pas, reprit Bois- Doré, puisque j'étais ici avec vous.
— Obi je ne parle pas du dernier atége, celui qui n'a duré que vingt-quatre heures, au mois de mai passé, et qui n'a été que le coup de grâce ; je parle du grand, du fameux siège de l'an 1572.
Bois-Doré avait horreur des dates. Il toussa, s'agite, releva le feu, qui n'était pas tombé ; mais Lauriane était résolue^ l'immoler sous les fleurs de la louange.
— Je sais bien, dit-elle, que vous étiez fort jeune, mais vous vous battiez déjà comme un bon.
— K est vrai que mes amis firent merveille, répondit Bois-Doré, et que l'affaire fut très-chaude; mais je n'y frappai pas bien fort, malgré mon bon vouloir, ï l'âge que j'avais...
— Mordii vous y fîtes vous-même deux prisonniers! s'écria de Beuvre en frappant du pied. Tenea, j'enrage ma vie quand je vois un homme de guerre et de cœur comme vous renier ses bonnes prouesses plus tôt que d'avouer son igel
Bois-Doré fut vivement blessé, et sa figure s'attrista; c'était sa seule manière de témoigner son déplaisir a ses «mis.
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