‹ Les beaux messieurs de BoisDoré. 1Chapitre 6 sur 25 · PO LES BKAOH MESSIEURS · texte numérisé non relu

PO LES BKAOH MESSIEURS

» Ah ! que n "avons-nous conservé ce bravo préto avec sa gr.inrtii barba, sa taille de Béant, sa corpulence de futaille, son apprit de Gargantua, sa boite figure, son Grand esprit et son beau savoir I un des hommes les plus lins et les; meilleurs du royaume, bien que, à le voir, on l'eût pris jwur un bon vivant et rien de plus l

» S vous fussiez venu de son temps, mon grand ami, voua n'eussiez- point eu a vous tenir caché nu fond de cette pelite capitainerie; force ne vousent pomlété de traduire votre nom en français, do célor votre science, de passer pour un pauvre sonneur de cornemuse, et de laisser croire aux gens d'ici que vous aviez été mutilé par lea huguenots ; notre brave primat voua eût pris sous sa protection, et voua eussiez imprime vos belles pensées a Bourges, au grand honneur de votre nom cl de mitre province, tandis que nous n'avons pour archevêques que les trop hâtés valets du Condé.

■ Oui, oui, j'en aï encore appris de belles, aiijoufd'bic, cliez de Beuvre, sur le prince renégat de la foi de ses pères et des amitiés de sa jeuuesse ! il nous inonde de jésuites, et, si le pauvre Henri revenait à la vie, 1! verrai! de plaisantes mascarades ! M. de Sully est de plus en plus en disgrâce. Le Condé lui achète par menace toutes ses terres duBerry. Écoute/, i! s'est fait donner le grandbailliage et le commandement de la grosse tour. Le voiià rot de notre province, et l'on dit qu'il songe a devenuroi de France. Donc, les choses sont mal au dehors, et il n'y a Sûreté qu'au dedans de nos petites forteresses, encore à la condition d'y être prudent et d'attendre avec patience la fin de tout ceci.

Giovellino prit la main que le marquis lui tendait pardessus la table et la baisa avec cette éloquente effusion qui, chez lui, suppléait à la parole. En uiâtue temps, il

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ne aois-nonÉ SI

lui (il comprendre, par ws repards el sa pantomime, qu'il se trouvait heureux près du lui, qu'il ne regiviiitit pas la gloire rt le bruit du nwndo, et qu'il était bien disposé à la prudence, par crainte do compromettre unn protecteur.

— Quanti ce jour» gentilho une que voua m'avr-i! vu iiiirailuire ici et frtter de mon mieux, poursuivit Unis- Doro, il fout que vous sachiez que je ne sais rien rie lui, sinon qu'il ost l'ami da mossire Guillaume d'An, qu'il court un danger, et qu'il y a à lo cacher et le d<ifendro au besoin, Maia ne trouvui-vous pas surprenant que, de la journée, cet étranger ne m'ait point pris à part une seule foi') pour me condor son cas, ou qu'il ne î'iiit point lait lors v :, =turolloinunt, nous nous sommes trouvés ensemble t arrivant céans î

Lncilio, qui avait ..lujours un crayon et un cahior de papier près de lui sur .a taule, écrivit a Boit-nord : i Orgueil espagnol. »

— Oui! reprit le marquis, lisant, pour ainsi dire, avant qu'il eut écrit, tant il avait pris, depuis deux ans, l'habitude de deviner ses mots dos les premières leUrcs; a liauteur castillane, « voilà ce que je me suis dit aus.'i. J'ai connu bon nombre de ces hidalgos, et je sais qu'ils no croient pas être impolis en manquant de confiance. Donc, il me faut pratiquer ici l'hospitalité à la mode antique, respecter les secrets de mon liôte et lui faire bon visage, comme à un ancien ami dont on croit tout le plus honorable du monde. Mais cela ne m'oblige point à lui donner la confiance qu'il me refuse, et c'est pourquoi vous avez vu que, devant lui, je voua ai laissé jn un coin comme un pauvre musicien à gages. Et la-dessus, mon grand ami, je vous demande de m'excuser, une fois pour toutes, de tous les manquements d'affee-

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(ion ot do civilité a quoi m'oblige ta soin do votro iHirirté, do mime que pour ces liabits sans luxe et sans «rteo que Je vous fois porter...

Le pauvre Giovellino, qui, de savio,n'avnitétésibtai mis e! si tendrement ciioj-é, interrompit le marquis eu lui serrant les deux plains, etïtoiM-Uoréfutému en voyant dB);rosse»larinesdoreconi]flis.sBiicetoii]bersurlagratiita nious-tiicue noire de son ami.

— Allons, dit-il, vous me paye* trop, puisque vous m'aimcï à bien!... 11 faut que je vous récompense îi mon leur, en vous parlant de la gentille. Uuriane. Mais ce qu'elle m'a dit pour vous, faut-il vous le redire! Vous n'en scres pas trop faraudî... Nonî... Allons, voici D'abord :

« — Comment se port» votre druide!

> Moi de lui répondre que ce druide était sien bien plutôt que mien, et qu'elle se devait bien ressouvenir que Cllniante n'était, dans l'AsnVe, qu'un faux druide, aussi amoureux que tout autre amant de coite admirable histoire!

i — Oui, oui, a-t-elle répondu, vous m'en donne* à garder; si ce Cumante-ei était aussi épris de moi quo vous me le montrez, il serait venu avec vous aujourd'hui, tandis que deux semaines sont déjà écoulées, que nous ne l'avons aperçu. Me direz-votis, comme dans votre Asirée, qu'il a des tressauta quand il entend mon nom , et des soupirs qui semblent lui mépurtir tttimœ f Je n'en crois rien et le regarde plutôt comme un inconstant Hylas !

> Vous voyez que l'aimable Lauriana continue a se moquer d'^str^e, de vous et de moi. "ourlant, lorsque Jo me suis départi d'elle à la nuit tombte, elle m'a dit :

s — lo veux qu'après-deiuaiu vous ameniez clieï nous

le ■li-utde et sa sourde-line, uu bien je vous forai mauvaisa mine, j>! voua en réponus. »

l.e pauvre ibiiiik écoula en souriant le récit de Bob> [urâ; il savait plaisanter i l'a eci.sk ai, c'ost-à-diro prendre en bonuo parlh iilaisisiitisrit: di's aulros. 11 nu rayait dans Lauriann qu'une charmante enfant dont il efit pu Olre le père; mais il était encore assez jeune pour se souvenir d'avoir aimé, et, ou fond du cœur, le sentiment de son is dénient dans la vie était pour lui uuo grande amertume.

En songeant au passé, il étouffa un soupir de regretet sa mit it jouer spontanément un air italien que le marquis aimait par-dessus tous !cs autres.

11 le j ma avec tant de charme et de passion, que llois- Doré lui dit, en se servant de son juron favori, tiré do M. d'Urfé :

— Numes célestes! voua n'avez pas besoin de lanp.ua pour parler d'amour, mon grand ami, et, si l'objet de vos f.!ux était ici, il faudrait qu'il fit sounl pour ne pas comprendre que toute votre âme se confesse à la sienne. Mais, voyons, ne me ferez-vous point lire ces pages de sublime science î...

Lucilio fit signe qu'il avait la tôle un peu fatiguée, et Bois-Doré s'empressa de l'envoyer dormir, après l'avoir fraternellement embrassé.

Le lait est que Gïovellino se sentait, fort souvent, plus artiste et pins sentimental que savant et philosophe. C'élait a la fois une nature enthousiaste et réfléchie.

Cependant M. de Cois-Doré s'était retiré dans i sa chambre de nuit, » située au-dessus du salon.

C'était à bonnes enseignes qu'il avait dit a Lucilio qu'aucune femme ne pénétrait jamais dans ce sanctuaire de son repos, ni d^ les cabinets qui en faisaient partie;

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