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quand il assurait que monsieur avait encore de galantes aventures.
— Il doit y avoir h cette ferme, dit-il tout bas a Clindor, chemin faisant, quelque bergère du bonne mine I
11 te conliraia dans cette ingénieuse Idée quand son maître lui défendit de parler de sa course à travers les pris.
Au Mou de s'arrêter a Ara , le marquis Ht courir drcit sur Brlantea. Il était surpris , et un peu bonteux déjà, du moment d'eifroi qui l'avait entraîné a quitter Brih bauli sans rien édaircir.
— Si J'en parle, on ae moquera de moi, pensa-t-U; on se dira tout bas que l'âge me fait radoter. Mieux vaut ne confier ceci a personne; et, comme, après tout, il m'importe peu que Brilbaull soit au pouvoir d'une bands de bateleurs ou de sorciers, Je chercherai pour Luctlio quelque autre gîte plue paisible.
A mesure qu'il approchait de ohw lui, son esprit reposé s'interrogeait sur ce qu'il avait éprouvfi.
Ce qui le frappait, c'est d'avoir été surpria par la peur dans un moment ou rien ne l'y avait disposé, et ou, bien au contraire, il s'était senti entrain de rire des focéria de ces lutins et de la bizarrerie divertissante de leurs portraits sur la muraille.
Par aune de ses réflexions h oe sujet, H arrêta Ans tendre devant les prés Cbambon, et descendit à pied le court sentier qil conduisait à la chaumière de la jardinière Marie, ditt la Caiue-Bottée.
Cette chaumière existe encore; elle est encore occupée par des maraîchers. (Test une maisonnette vermoulue, flanquée d'une tourelle d'escalier en pierres sèches. Le gentil verger, tout entouré de haies bourmea et de
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»b nois-i-one r,j lilluî ronces, est, à ce- oui) l'on assura, un cadeau de M. do Bois-Iinra 6 b Caillo-Bottée.
11 trouva lit la fpera oblal, psrtaaeaot la pitance du. couvent avec sa maîtresse, qui partageait avec lui le vit. el toa fruLia de Ha jardin.
Leur aviation n'était cependant pas ostensible; II* y minaient quelque précaution, alln de n'être pas « commandés do se marier, « M, par U., de perdre le privilège finvalidat pu Jean lo Ctope avait au couvent des Carmes.
- Ne craignez rien, mas amis, dit lo marquis en surprenant leur léte-à-tôle. Nous avons des secrets ensemble, et je vous veux seulement dire deux mois...
- Présent, mon capitaine I répondit Jean lo Clone on sortant do dessous ta table, où il s'était réfugié ; je vous prie do me pardonner, mais je ne savais qui approchait de la maison, et l'on tait tant de propos sur mon
qub. Mais réponds-moi, mon ami; je n depuis certain événement. le t'ai fait remettra une petite récompense par Adamas, a qui tu as juré d'avoir exécuté (Idèlementmes ordres. Avant un moment ce soir pour te parler sans témoins, je souhaite savoir de toi quelques détails sur la maniera dont tu as lait les choses.
- Quoi, mon capHainef a n'v a pas deux manières d'enterrer un mort, et J'y ai Dut office de chrétien aussi ™^*wimeo.t que l'eût bit lo prieur de M commu-
- Je n'en doute pas, mon camarade; mais as-tu été prudent!
- Mon capitaine doute de moi î s'écria l'invalide avec une sensibilité qui ae développait parUcuIiSrement en lui
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— Jr douiu, non jlis de in discrétion, Jean, mais peu do ton adresse a cacher colle sépulliire ; car la mnrt do M. rt'Mtfmar est aujourd'hui connus du inns mi mû, et pouvant le ne saurais douter do h fidélité mes gens, non |uus que du In tienne.
— Hélas) monsieur la marquis, vas gens n'élaiont pas leulsdans lesrarw. n!isnrra juilidsisiimnil la Caills- Rtfléfi; cr-ux ds M. d'Ar.* mil pu parler, et, d'ailleurs, l'IiiT.'lièi/.-vmis pr.a, ivt'.c- imi1-l:i, un luronne que vu vouliez tenir et qui s'est échappé!
— Il est vrai ; e'itit cidui-)!i smil que J'accuse. Jo : viens [point, mes amis, pour voua Taire des reproches, mais pour vous demander où, quand aveu donné la sépulture a co cadavre.
-OuTaUJauiteCtope.
C'est on nalrc jardin, et, si vous voulez voir la place...
— Jo n'en suis point i;u[k;u\.Mm= faisait-il iniilgraudf ou petit jour!
— Celait environ sur les... deux matin, dit le frère oblat avec un peu d'hésitation, en n> gardant encore la vieille fille gfâWe, qui semblait, & l'œil, lui souffler ses réponses.
— Et vous ne fûtes vus de personne î dit encore Bois- Doré examinant avec attention l'un et l'autre.
Ce^le question troubla tout à lait le frère oblat, et Is marquis surprit da oouvei lui et sa compagne.
Il devenait évident pour lui qu'ils craignaient d'aiot été vus, et que, dans la crainte d'être contredits par in témoin digue de foi, ils n'osaient donner des détails surù manière dont Us avaient rempli les intentions dumarquis.
Celui-ci se leva et renouvela la question d'un air d'au-
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nu EQia-uun8 !»
— Ilôlnsl mon bon seigneur, dit In Cnille-lloUea ci s'ftcnnouillant, pardonnez !i es pauvre estropié île oorpi et d'esprit, qui a peut-étra un peu trop bu ce soir, et no sait point s'Mpllquar îomme il fnut !
— Oui, psrdonnoi-moi, mon caprine, iijonia l'invalide, attendri apparemment sur In situation ita son propw oeiveau, et en s'nKonoulllant aussi.
-- Mes amis, vous m'avez trompa I die lo marquis r<inliiiiles confesser; voua n'avea point enseveli vousuicuies M. d'Alvimar ! Vous avâï eu peur, ou scrupule, ou tfpimnnm» ; vous avez avorti M. Poulain.,.
— Non, monsieur, non 1 s'écrln 1* Caillo-Bolloo avec éacrgio ; nous n'aurions jamais fait paratllachase sachant quo il, Pnulainest contre vous! Puisque vous snveaquo nouï no vous avons pas obéi, vous dovoz savoir aussi qu'il n'y a pas de notre faute, et qiiB le diable on personne s'en est mêlf.
— llacontei ce qui ost arrive, reprit le marquis ; ju ieui savoir si vous ma dire! la vérité.
La jardinière, persuadée que le marquis en savait plus qu'elle-même, raconta très-sincèrement ee qui
■ — Quand vous fûtes parti, mon uliermansieur.notra premier soin lut de porter ce mort dans notre jardin, oxi nous le couvrîmes d'un grand paillasson; car, de le [aire entrer céans, je ne m'en souciais point et n'en voyais [oiin L'utilité. Je confesse que j'en avait grand'peur,, et que, pour tout autre que vous, mon bon monsieur, je n'eusse voulu recevoir pareille compagnie.
> Jean me traitait do sotie et riait, tout en avalant le reste de son pichet de vin, soi-disant pour se prémunir Mitre le frais de la nuit, mais peut-être bien pour se livofifr l'esprit des idées tristes qui viennent toujours
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» US IIKAIIX
I h vue d'un mort, si dur que l'on sort do m cœur.
m pauvre Jean, que voUa, avait été de prendre ce qull j avait dans les poches de ce mort et dans la malctte du cheval qui l'avait apporté ici... Vous n'avien tien dit; nous pension» que cala noua revenait, et nous étions il a compter l'argent sut la table, afin de vous le rendre
■ H y avait de l'or plein une assez grosso bourse, et Jean, buvant toujours, prenait plaisir à le regarder et à le manier. Que voulea-vous, monsieur ! de pauvres gens comme nouai ça surprend de loucher à ça. Et nous nous taisions des idée» sur la manière de placer cette fortune. Jean voulait acheter une vigne, et mol, je disais que mieux valait une ouehe bien plantée en noyers de rapport; et, moitié riant de nous voir ai riches, moitié dis-
» — A présent, que je dis à ce pauvre Jean, je n'ai plus peur, et, comme tu n'es pas bien adroit de ta Jambe de bois, encore que tu boches un peu de ton bon pied, je ie^veux aider a faire h fosse. Je n'ai jamais souhait;
«et mort, je ne lui souhaite point de revvvnTliyai ça du monde qui, en s'en allant, profite bien à et
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DE DP (S- HOU*
caché Je corps. Nais qui futélonné, monsieurt II n'y avait rie-n dessous ; on noua avait volé notre mort!
» Nous voila de chercher, do tout retourner : rien, monsieur, rion ! Nous pensions Ûtre fous et avoir rêvé tout ce qui cta't arlvé celle nult-ia, et vilement Je courus pour voir si l'argent n'était point une vision.
> Eh bien, monsieur, si vous n'étiez là pour nous questionner, um pourrions croire que le diable nous avait Joué nne pièce de comédie ; car le tiroir oh J'avais mis la bourse et les bijoux était ouvert, et la tout s'était envol'? de la maison, du temps que nous étions dans le Jardin, comme le mort s'était envolé dujardin, du temps que nous étions dans la maison. »
Ën achevant ce récit, ht Cnille-Botlée se lamenta sur Il perte de l'argent, et le frère oblat, qui ne demandait qu'une occasion de pleurer, versa des larmes trop sincères pour que le marquis pot révoquer en doute le double et étrange vol commis chez eux, d'une bourse pleine et d'un mort trépané; ainsi disait d'un ton dolent la jardinière.
XL Vil
Pendant ce duo de lamentations, te marquis rëilé-
— Dites-mol, mes amis, reprit-il, ne vltes-vous point, dans votre jardin, des empreintes de pas, et, dans votre maison, des traces d'effraction ï
— Nous n'y fîmes point d'attention tout de suite, répondit ht Caine-Boltée; nous étions trop troublés; mais, quand le jour fut venu, nous observimes toutes
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choses do notre mieux. Dans la maison, it n'y m d'extraordinaire. On avait pu y entrer dis que nom eûmes le dos tourne : nous avions laissé la porte et h tiroir ouverts, et i'argenten vue; il r avait la bien dt notre faute, kolas !
— Donc, observa lo marquis, le défunt ne s'an est |» allé tout seul, et il a eu, non -seulement qualq.ies
— Je suppose, monsieur, qu'il y en eut dnux pour la |iremiftre liesogne, et an pour 1 lequel mome n'était pas liien d'accord avec ^
deux paires de pieds qui s'on allaient vers notre éâa lier duunaui du coté do lïriantes, lesquels pieds pi salent être chaussés Ai bottes ou de patins , taudis qu* aur le salila de notre petite cour, il y avait comme at marques de pieds nus, des pieds d'enfant tout petits qi ■'en allaient du eût; de ta ville. Mais, comme il y an déjà de l'eau dans les sentiers, nous ne pûmes rien ft hors de notre enclos.
Bois-Doré fil en lui-même le raisonnement suivant:
— Sanche, qui s'était échappé, nous aura suivis observés. Puis il aura été trouver M. Poulain, qui aai envoyé quelqu'un ou sera venu lut-môme avec Sancb chercher le corps de d'Alvimar pour lui donner la sépu ture. La délation vient de là. Le recteur n'aura pas as pour des raisons que j'ignore, pruduire ce cadavre ao regards de ses paroissiens et me dénoncer publiquement 11 aura peut-être vouludooner à Sanche le temps de fin Quant à l'argent, quelque petit malandrin aura surp les allées et venue-, écouté aux portes et profité de 1 circonstance: ceci m'importe asseï peu.
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puis, après avoireruviro riïfl&hi sur toutes ces choses i faii ilivnrscs; questions qui n'amenèrent aucun éclaircis-
3B travers Un son choral, nous vou le, sans songur à autru clioso qu'A tti vue ot nous laver les mains du tout ce qui avait
Ksniisuiain, qu'il so pouvait trouver dans celte valiso .les papiata intéressants pour nous, nous vous les fftms ré- ' ', al vous l'qiDndi .'i vhni.T.. qu'il no s'y (il ait ouvé qu'un liai] il lu m ont rfa rechange, un peu do ■t aucun papier ou parchemin.
Test la vérité, monsieur, répondit la jardinera, i pouvons voua mnntrer la molette encora pleine, attelle qu'elle nous a été remise, le voleur ne la rit point sur le piod du lit, on nous l'avions jetée, ou bien il ne voulut pas s'en embarrasser. I.a marquia se la lit apporter, et constata la vérité de
qui avait échappé aux roclierches de ses hôtes, et qu'il fut forcé do découdre pour l'ouvrir.
uelques papiers qu'il empnrta, après la Jardinière et l'invalide de la perte qu'ils avaient faite, et leur avoir recommandé lo silence jusqu'à nouvel ordre.
H était passé onze heures quand la marquis rentra ms sa grande maison.
Ifarione dormait pas; il jouait aux jonchets avec Latimo dans la salon, ne voulant pas se couchersana avoir
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Lucfflo lisait su coin ilu lent, ne sa laissant paa distraire pat les Tires des ffiiùnut, mais as trouvant agréablement bercé dan* eai profondes rêveries par cette musique frafcnn « charmante, a laquelle son cœur tendra et son tneOIp ndlodiqua étaient particulitraniBnt son- Bibles-
Depuis «juif arait fait le devin en pésence da M. le Prince, les enfants l'appelaient M. l'astrologue , et la taquinaient an paroles pour le foire sourira. L'aimabh .savant souriait tant qu'on voulait, sans se déranger de sou travail d'esprit, ta bienveillance da son caractère et la douceur de ses instincts demeurant, pour ainsi dire, urnes a son corps, et parlant à travers ses team yem itsnens, même quand aon âme était en voyage dans las sphères célestes.
Adama s, qui malgré son adoration pour son petit comte, s'ennuyait jusqu'à la mélancolie, en l'absence de aoa divin marquis, errait par l'escalier et le préau, comma une ame en peine, lorsqu'il entendit enfin le trot retentissant de Pimante et de Squilindre, et les plaintes des cailloux du chemin, broyés sous les roues de la* monumentale oarroche comme des noiï sous le pressoir.
— Voilà monsieur qui arrive! s'écria-t-il en ouvrant la porte du salon avec autant de bruit et de joie que si le marquis eût été absent pendant, une année et ii courut à la cuisina pour en rapporter lui-même une sorte ds punch réchauffant, composé de vin et d'aromates, savante et agréable boisson dont il se réservait le secret,
h fille, serra la main ds son attrvtogue, but le cordial que loi présentait son boa serviteur , et, ayant ainsi con-
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tenté tout son monde, mit ses grandes Jambes presque dan» la feu, fit placer une polito table ronde * coté de lui, el pria Ludlio de lire des yeux certains papiers Hs que Marin les traduirait tout haut
On y voyait que d'Alvimar, dont, pendant ces quelques Jours de résidence à Brisâtes, on ne estait pas expliqué la vie de retraite et les longues écritures, n'avait pas tussé de rendre compte a un prince, ministre ou protecteur quelconque, d'une sorte de mission secrète, très-bostila à la France et pleine d'aversion et de dédain pour les Français de toutes les classes avec lesquels il s'était trouvé en relation.
Cens minutieuse critique n'était pas sans esprit, partant sans intérêt. D'Alvimar avait l'intelligence subtile et le raisonneiûent spécieux. Faute de relations aussi élevées et aussi intimes qu'il les eût souhaitées pour le progrès de aa fortune et l'importance de sou rôle, il était ar un petit fait observé, et..* interjiré-
as quelque lieu qu'il se trouvât, tout lui servait, et
63 IKS HK»B!I MKEÎlEDIia
l'on voyait .tons ce travail, à la fois perfide et puéril, la tondiinco IrrésistiliLu <it la secrète aaliafjcUon d'une àma pleine de bile, d'envie ol de souffrants.
Lucilio, qui devina, dûs les premières lignes, l'intérêt quii in marquis prenait a colle trouvaille, chercha dans les derniers feuillet.-*, et trouva bien vile celui-ci, que Jlariu traduisit ecnrammeiil, presque sans hésitation, un regardant do ses beaux yeux dansles beaux yeux de son prulosseur li la Bu de chaque pliraso, pour s'assurer rapidwruerit, avant do poursuivre, qu'il n'avait pas fait de contre-sens :
i Pour ca qui est du pr.... de C.é, je ferai ensorle d'approcher de sa pci'sonne : J'ai eu des renseignements d'un ecclésiastique intelligent et intrigant qui peut être
■ Helenez le nota de Poulain, recteur à Briairtes. Il est de Bourges et sait beaucoup do choses, notamment sur ledit prince, lequel est fort avide d'argent cl forl peu capable du côté do la politique ; mais il ira où l'ambition Is poussera. On pourrait le leurrer de grandes espérances et s'en servir comme on a fait des Guises, caril n'a de Condé que le nom, et craint toutes choses et toutes gens.
• |1 est donc plus malaisé à prend» qu'il na paraît. 3a personne n'est bonne à rien, Son nom est encore un parti. Dans l'espoir d'être roi, il est prêt a donner beaucoup dégages a latine-sainte I-.., saufà se retourner si Celait son intérêt. On oit qu'il ne reculerait pas à sa défaire du H... et de son frère, et que, dans un besoin, on pourrait frapper haut st fort au moyeu do ce pauvre esprit et de ce faible bras.
» a c'est votre opfcùon de le nourrir dans cette pensée, faites-le savoir a votre très-humble... »
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DE BOIS-BÙBÈ
— Ces! bien , c'csi Mon I s'écria le marquis. Nous louons lit de quoi lirouillur notre ami Poulain avec M. te Prince, Ri loua doux avec la mémoire de ca cher H. d'Alvimar. Dieu sait mie mnu gotu serait délaisser ce itéfunl tranquille; mais, si l'on nou3 menace de le venger, nous le ferons connaître aux bons amis qui le plaignent.
— Cest fort bien, dit la géniale madame de lteuvre, i> b condition que vous pourreï prouver que as ootea sont écrites de sa main!
— 11 est vrai, répondît le marquis; sans cela, nous ne . tenons rien qui vaille. Mais, sans doute, Guillaume nous pourra procurer quoique lettre signée de luiî
— Il est probable; etil faudra vous on inquiéter bien tite, mon marquis!
— Alors, dit le marquis en lui baisant la main pour lui souhaiter le bonsoir, — car elle s'était levée pour so retirer, — je retournerai demain die! Guillaume, et, en attendant, gardons bien nos preuves et nos moyens.
ï-= leodeniain, en s'éveiliant, le marquis vit entrer diei lui Lucilio, qui lui remit une page écrite par lui à
Le pauvre muet voulait s'en aller pendant quoique ternies, afin de ne pas attirer plus vile sur son généreux ami forage qui les meiLaçait tous deux.
-Non, non! s'écria Bois-Doré très-ému; voua ne ma causer» point cette douleur do me quitter! Le danger est ajourné, cela nous est bien prouvé à tous , et les notes de il. d'Alvimar sont faites pour me rassurer tout a bit sur mon affaire. Quant a vous, croyez que vous ne deves rien craindre du prince, ayant si bleu annoncé la mort du favori. D'ailleurs, quels que soient les risques pour vous d'être ici , je crois qu'ailleurs ils seraient
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M Ul BSAUï ■(•UNM
pires, et c'ost dans « pays que je vous puis el
voua ma rendez de faire d'un ni de tête et de oœur, et vous reconnaîtra» que ce n'est ni ma fortune ni ma vie qui pourraient m'acquhler envers vous, car ni l'une ni l'autre ne valent la science et la vertu que vous nous donnai.
Ayant, non sans peine, arraché a son ami le sonnant
marquis allait retourner a Ara, lorsqu'il vit arriver Guillaume avec H. Robin de Coulogne, celui-ci très-surpria de ce que lui avait raconté le matin même son métayer Faraudet, celui-la s'étonnant de n'avoir pas reçu, la veille au soir, la visite du marquis, annoncée par si
Bois-Doré se confessa et raconta sincèrement la vision qu'il avait eue a Brilbault, affirmant toutefois que, jusqu'à l'apparition du profil de d'Alvûuar sur la muraille, U crevait étra certain de n'avoir pas rêvé un tapage et des ombres provenant d'être parfaitement réels.
n eut la mortification de surprendre un sourire d'incrédulité sur la figure de ses deui auditeurs; m quand il eut raconté les aventures antérieures du logis de la jardinière, el montré les notes de d'Alvunar, Il vit
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ns bois-dose «S sont Won de sa main, Mattes-les dans vos archives et alterniez, pour publier la mort de ce tratlce, que l'on revienne officiellement vous en demander compte.
Ce ne fut pas l'avis de M, Robin. Il blâmait le silence garde" sur cet événement, les précautions prises pour faire disparaître le corps et la continuation de ce mystère, dans un moment où les esprits de la localité étaient disposés en faveur du beau Mario, toueltés du récit de ses aventures, et tout portés il maudire les taches assassins do son père.
Bois-Doré eût suivi cet avis sur-Se-ehamp, sans la crainte de déplaire a Guillaume, qui persistait dans son
— Mon cher voisin, dit celui-ci, je me rangerais i votre opinion et me repentirais du conseil donné par moi au marquis, sans une réflexion qui me vient et que je vous prie de peser sérieusement; et cette réflexion, la voici : c'est que le marquis n'a pas besoin de s'accuser d'avoir tué un homme qui n'est peut-être pas mon.
MM. Robin et Bois-Doré tirent un mouvement de surprise, et Guillaume continua :
— Pour parier et penser arasl.fal deux fortes raisons : la première, c'est que l'on a emporté du jardin de la Caille- Bottée un bommequl pouvait, bien que percé d'un vaillant coup d'épée, n'avoir pas rendu le derni-r soupir; ta seconde, c'est que notre marquis, dont h courage n'est point de ceux doot on puisse douter,* -a 6 Brilbatut la figure de son ennemi.
H. Robin garda le silence de la réflexion; Bois-Doré recueillit ses souvenirs de la veille, et lâcha da les dégager du trouble qu'il avait éprouvé; puis il dit :
— Si H, d'Alvimar est mort, ce n'est pas sur le Usa du comiat, a 1» RochaMe, ni au logis de la Jartunew;
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c'est a BrtBwutt, pjs plus lard qu/hier au soir. Il eal mort en jo na sais quelle étranso et brutale compagnie, mate tmaté d'un prétro qui pouvait et™ M. Poulain, et soigné par un valet qui devait être lo vieux Sanche. Les ombres confusus que j'ai mes nu m'ont rien offert da conir.-iire a ces suppositions, et, quant à ce que j'ai saisi Je la lafon lu plus clairu et la plus nette, c'est une croix aussi bien dessinée ut» celio d'un blason, et sous ta duxtra brandie de l'otla croU, la face amaigrie et comme déchamén de M. d'Alvimar. Celte face sembla d'abord un peu agitée pendant qu'une voit disait une psalmodie mortuaire; de faibles soupirs, que j'avais entendus à travers la bacchannio, se firent entendre encore durauL la prière. Puis natte plainte cessa, la face davint connue de pierre; on eût dit que ses ligues s'endurcissaient sur U muraille qui m'en présentait lo reflet. La tète était non plus penchée, mais renversée en arrière, et alors...
— Alors, quoi? dit Guillaume.
— Mors , reprit ingénument le marquis , je devins sot et faible, et je me sauvai pour ne plus rien voir.
— Eh bien, quoi qu'il en soit et quoi qu'il y ait, dit M. Robin, nous irons examiner et bouleverser cette masure de fond en comble, s'il le faut, pour voir ce qu'elle cache et quelles gens elle abrite.
Guillaume fut d'avis de n'y aller qu'aux approches de la nuit, et avec beaucoup de précautions, afin de surprendre le but de ces réunions mystérieuses.
Karaudet avait donné à M. Bohin des détails précis sur l'heure à laquelle commençait le vacarme, et, du moment que ce» bruits étranges n'étaient point une pure imagination des paysans effrayés, on devait voir, dans leur régularité et dans leur otetinalion, un système
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un nois-ooas 07 adopta* pour somor l'épouvante et l'esploUer au profit J'iin intérêt quelconque.
H. Kûbin remarqua, en mure, qu'a» dire du métayer, cette fantasmagorie os as produisait a Brillrault que dopuia environ dcius mois, <:\:st.-ii-i!ir« rciviron depuis l'époque assignée par Guillaume et le marquis à la mort :1a d'Alrimar.
jour de ma domlero arrivée au Goudray, la semaine passée, je n ■:v ■.imiruià plusieurs reprisas sur mon rjiomin, et de loin i'ii ln;n, dus koiis li'asse* mauvaise mine, qui ne me parurent ni paysans, ni bourgeois, ni soldais, at quaje m'étonnai de ne point connaître. Saches da vos gens si, dansées derniers temps, ils n'ont fait pas des rencontres pareilles dans vos environs.
Divers domestiques furent mandés. Cetiï do liois- Ittro et ceux de Guillaume s'accordèrent i dira que, depuis quelques semaines, ils avaient vu rôder dans les bols et dans les chemins p certaines figures suspectes, et qu'ils s'étaient di
On se souvint alors, de vols ai dons les fermes et basses-cours nantas; enfin, la figure de La Flèche avait reparu, avec
des villes voisines. Ou croyait, du moins, pouvoir affirmer qu'un personnage de tréteaux, outrecuidant le babillard, déguisé de diverses manières, était le marne aui avait rodé, deux ou trois jours durant, entre Brianles ' et la Motte-SeuaiT, à l'époque de la recouvrance ds
s que l'an' présuma
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M les anus ntstiiitki
■voir affaira a l'espèce la plu» méflan» et b plus ruaée des vagabonds et des bandiis, ot l'on sa concerta pour s'emparer de leur secret sans leur donner l'éveil.
On car* tôt donc de se séparer a l'instant morne ; car il était fort possible que ces gens se fussent aperçus de la visite du marquis a firilbauli, et qu'ils eussent, derrière les buissons des chemins, quelques espions en embuscade.
Guillaume rentrerait choa lui, prendrait bon nombre de ses serviteurs et feindrait de partir pour Bourges.
M. Robin se tiendrait au Coudray avec son monde, jusqu'à l'heure convenue.
Bois-Doré Irait s'embusquer du cote de Thavet,Joïalia, du coté de Lourouer.
A la tombes de ta nuit, les valets et vassaux dirigés par ces quatre chefs, formeraient dans la campagne on cercle qui se rétrécirait brusquement comme celui d'une battue aux loups, chacun calculant le temps qu'il lui fallait, en raison de son point de départ, pour arriver à point au moment de cerner de près la masure.
Cemomentfut fixé a dix heures du soir. Jusque-la, on it en silence et en évitant le plus possible de se
m naïa-DuRt en
H fi» convenu encore que chacun partirait isolément de suu poste, et ce poste fut assigmi ù chacun d'après ia connaissance stratégique que Guillaume et le marquis avaient des moindre» localités.
A cet alTat, Guillaume se séparerait de ses gêna à la Bërthenotw, et ceux-ci «a dissémineraient le long de rigneraia. H. Robin irait seul chez son métayer, tandis que son monde franchirait, par vingt pistes différantes , la pBtlte distance antre le Coudray et Brilbauit, en ayant soin de garder toute la ligne do Saint-Chartier.
De son coté, Bols-Doré irait faire une promenade à Montlevic, et, de la, partirait seul pour le rendez-vous, après avoir dispersé son escorta de la même façon que ses deux amis, afin d'oter tout soupçon a quiooiique observerait ses mouvements.
Toutes les dispositions prises , on pouvait compter mettre sur pied et faire agir avec certitude une centaine d'hommes solides et bien avisés. Pour sa part, BoiB-Doré en fournissait a peu près cinquante, tout en laissant une dizaine de bons serviteurs pour la garde de son château et de sa gentille hôtesse Uuriane.
Afin de paraître, aux yeux des espions présumés, étranger à tout projet sur Brilbauit, le marquis se fil accompagner au château de Montlevic par Karïo, comme pour rendre visite aux jeunes gens ses voisins.
Les d'Oraanra) étaient pedts-fils d'Antoine d'Oraanne, qui fut lieutenant-général du Berry et calviniste.
Le maïqi'S et Mario passèrent une heure chez eux ; après quoi, Sois-Doré chargea Aristandre de reconduire son enfant aBriantes, tandis qu'il remonta a cheval pour s'en aller tout seul a fealié, qui est un hameau sur la route de La Chaire Tbevet, au faite d'une hauteur appelée le Terrier.
70 LSS BEAUX MESSIEURS
Comme Mario, intrigué de (nuits ces proeau lions, demandait a lo suivra, il lui répondit qu'il allait souper cfae» Guillaumed'Ars, et qu'il reviendrait de bonne heure.
L'enfant monta son petit cheval en soupirant, car il pressentait quelque aVonlure, el, a force d'entendre parier [es gentilshommes, lo Rniitil paysan îles Pyrénées ulait vite ibveim Ki!titilliiir.:ifU! lui-iiniiik 1 , .luns le sens romanesque et clievaleresque encore attribué îi ce titre par io bon marquis.
On sait avec quelle merveilleuse facilité l'enfonce se modifie et se transforme selon le milieu oft elle sa trouve transplantée. Mario rùvaitdëja de beaux faits d'armes, de geanis a pourfendre et du damolselles captives à délivrer.
U essaya d'insister ii sa manière, en obéissant sans murmurer, mais en attachant sur lo vieillard qui l'adorait ses beaux yeux tendres et persuasifs.
— Point, mon ctier comte, lui répondit Bois-Doré, qui comprenait fort bien sa muette prière : je ne puis laisser seule, la nuit, en mon manoir, l'aimable Ûlle qui m'esl confiée. Songez qu'elle est votre sœur et votre dame, et que, lorsque je suis forcé de m'absenter, votre place est auprès d'elle, pour la servir, la distraire et la défendre au besoin.
Mario se rendit a cette flatteuse hyperbole, et piquant des deux, a reprit au galop la route de Briantes.
Ans tandre lo suivait, et devait retourner auprès du marquis aussitôt qu'il aurait ramené l'enfant au manoir.
Comme la veille, la soirée était assez douce pour la saison. Le ciel, tantôt nuageux, tantôt éelairci par des rafales tièdes, était fort sombre au moment où le jeune cavalier et son serviteur s'enfoncèrent dans le ravin et pénétrèrent sous les vieux arbres du hameau.
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Comme ita montaient rapidement un de «os petits chemins ondules et hordes de grandes haies qui servaient de rues entre les trente ou quarante feux dont ce hameau sa composait, le cheval da Mario, qui marchait la prainii. ■, fit un écart en suufllani avec détresse.
— Qu'est-ce donc 1 dit l'enfant, qui resta ferme en selle. Un ivrogne endurmi en travers rtu chemin ? Relève-le, Arlstandre, et le reconduis a sa famille.
— ■ Mujisieur le ceinte, répendit le earresseux, qui avait mis m'ad à terre lestement, s'il tist ivre, on peut dire qu'il est ivre-iuurt, car il ne bouge non pluaqu'une pierre.
— raiderai-jflîrepriirenfantendescendantdedieval. El, s'approchaut, il chercha à voir la figure de ce
vassal, qui ne répondait a aucune ries nuDSlions d'Arismdra.
— Si c'est un homme do l'endroit, dit celui-ci avec son flegme accoutume, je n'en sais rien ; mois ce que ja sais, par ma foi, c'est qu'il est mort ou qu'il n'en vaut guère mieict.
— MortI s'écria l'enfant; ici, en plein bourg î et sans que personne ail songé à le secourir:
Il courut a la plus proche ciiaumière et la trouva déserte; le feu brûlait, et la marmite, abandonnée, crachait dans les cendres ; le banc était renversé en travers de la chanibre.
Marin appela Ki vain, personne ne répondit.
Il allait courir à une autre habitation, car toutes étaient séparées les unes des antres par d'assez vastes enclos plantés d'arbres, lorsque des coups de fusil et d'étranges (Umeurs, dominant le bruit des pieds de son cheval sur les cailloux, le firent tressaillir et aire 1er bruaque-
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— Entendeï-vous, monsieur lo comieî s'écria Anstandre, qui avait parti ton mort suri» berge du chemin, tt qui était remonté a couvai pour rejoindre son Jaune lu chitesu, et, pour sur, il s'y passa
- Attente ! attendes ! reprit le carrasseux eu dou-
te Ml n'y ai
vous et sans M. le marquis. On se bat! Entendez-vous comme on cria et comme on jureî Et, tentai, nm un outre mort ou un chrétien vilainement navre au pied de
l'amour de Dieu; jo cours voir ce que c'est, et Je reviens vous le dire.
— Tu te nuques I s'écria Mario ea se A&ageaut ; me cacher lorsqu'on donne l'assaut au château de mon pèrat... Et ma Lauriansl courons la détendre!
sUnce étrange après la tombée de la nuit,
A la lueur d'une meule de paille allumée et flambante devant les bâtiments de la ferme, Mario vit confusément une scène incompréhensible.
Les vassaux du marquis luttaient corps à corps contre une nombreuse troupe d'êtres cornus, hérissés, relutganta, « en tout plus semblables a des diables qu'à des hommes. » Des coups de fusil ou de pistolet partaient de tetnpL en temps, mais ce n'était pas un combat en règle; c'était une mêlée à la suite de quelque brusque et fâcheuse surprise. On voyait se tordre et s'élrendre un instant des groupes furieux, qui disparaissaient tout
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a coup dans h» ténèbres quand le fini de pallia s'obscurcissait sous des nuages do fumée.
Mario, retono 1 bras-le-corps par le carrosse ux, nu put se Jeter dans cette bataille. Il so déballait en vain, et il pleurait de colère.
Enfin, II lui fallut entendre raison.
— Vous voyez, monsieur, lui disait le bon Aristandre, tous m'empêchai d'aller lk-bas donner mon coup de main! Et si, ma poigne en vaut quatre. Mais le diable ne me ferait point tous lâcher, car je réponds de vous, et je ne le ferai point que vous ne me Juriez de rester
. trariquula,
— Va donc, répondit Mario ; Je te le jure.
— Mais, si vous restez là, en vue de quelque traînard... Tenea, je vais vous cacher dans le jardin 1...
Et, sans attendre le conaentemeni de l'enfant, le colosse l'ota de cheval et le porta dans le jardin, dont la porte s'ouvrait sur la gauche, non loin de la tour d'entrée. 11 Pj enferma, et courut se Jeter dans la mêlée.
Quelque arides que soient les détails de pure localité, nous sommes forcé, pour l'intelligence de ce qui va suivre, de rappeler au lecteur la disrrtsitioa du petii manoir de Briantes. Le souvenir de beaucoup d'anciennes gentilhommières, construites sur le même plan et encore existantes sans grandes modU cations, l'aidera h se représenter ceue dont il est question ici.
Nous entrons, je le suppose, par le pont-levis, jeté sur nae première ceinture du fossés : arrêtons-nous un peu sur ce point
La sarrasme est levée. Examinons ce système de clôture.
L'orgue ou sarrashte, ou, comme on disait alors, la tanannaque, était une manière de herse, moins coù-
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7ft IIS BIÀUÏ MESSIEURS
de l'huissfit, et les fenêtres garnies do leura meurtrières percées en biais du coti delà liasse-cour, pouvaient tenir maef longtemps. Par une habitude de lune plutdt que da prudence, le manoir était toujours bien approvisionne
Ajoutons que fossés et murailles, toujours bien entretenus, fermaient le tout, même le jardin, et que, si Aristandre eût pris le temps de la réflexion, il eût emporte Mario hors de la basse-cour, dans le village, et non dans ce jardin, qui pouvait devenir pour lui une prison aussi bien qu'un refuge.
Mais on ne s'avise jamais de tout, et Aristandra ne pouvait pas supposer qu'en un tour de main on ne chassât pas l'ennemi de la place.
La brave homme ne brillait pas par llnwgmaUon; ne fut un bonheur pour lui que de ne pas se laisser émouvoir par las figures fantastiques et véritablement effrayantes qui s'offraient à ses regards étonnés.' Aussi crédule qu'un autre, il se consulta tout encourant, mais sans cesser do courir sus, et, quand it en eut assommé on ou deux, il se fit ce raisonnement philosophique, que c'était de la canaille et rien de plus
Mario, collé à la grille du jardin et tout palpitant * d'ardeur et d'émotion, l'eut bientôt perdu de vue.
La meule enflammée s'était écroulée; on se battait dans l'obscurité ; l'enfant ne pouvait suivre que par l'audition des bruits confus les péripéties de l'action.
B. Jugea que l'intervention du robuste et brave Aristandra rendait le courage aux défenseurs du manoir; niais, après quelques instants iHneertitune qui lui parurent des siècles, il M sembla que les assaillants gagoaien' du terrain, que les cris et les piétinements reculaient Jusqu'au pont Armant, et, dam un court mo>
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BR neus-nonfi 77 ment d'affraut silence, il entendit un coup dr feu at K obole d'un corps dans la rivière.
Quelques secondas après, la hersa de l'huisset tombatt à grand bruit, et une décharge de fauconneaux faisait reculer, aveu d'eDroyablea vociférations, la troupe engagés sur le pont.
Une partie de ce drame incompréhensible «tait accomplie ; les assiégés étaient rentrés elenfermés dans le présiu, les envahisseurs étaient maîtres de la baasecour.
. Mario était seul; Aristandre était probablement mort, puisqu'il l'abandonnait au. rotU'Hi au, du moins, tout à coté d'ennemis qui, d'un instant à l'autre, pouvaient taire Irruption dans ce jardin en enfonçant la grille et s'emparer de lui.
Et il n'y avait pas moyen de fuir sans escalader cettegrille et sans risquer de tomber dans les mains de ces démena I Le Jardin n'avait d'issue que sur la bssse-cour r et ne communiquait en aucune sorte avec le château.
Mario eut pour; puis l'idée de la mort d' Arïstandre et peut-être de quelque autre bon serviteur également cher fit couler ses larmes. Et même son pauvre petit cheval, qu'il avait laissé, la bride sur le cou, a l'entrée de lacour, lui revint en mémoire el ajouta 4 son chagrin.
Lauriane et Mercedes étaient en sûreté, sans doute, et il y avait encore bien du monde autour d'elles, puisque, du coté cm hameau, un morne silence attestait que bêtes et gens s'étaient réfugié» tout d'abord dans l'endos pour recevoir l'ennemi à l'abri des muraiBns. (Tétait l'usage f u temps, qu'a la moindre alarme, les vassaux vinssent chercher en même temps qu'apporter aide et secours au manoir seigneurial. Ils y accouraient avec lem famille el leur bétail.
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1t M» BSADÏ MERSIEUBB
— Hais, si Lauriona et ma Worisrmo eb doutent que Je suis ici, pensait lo pauvre Mario, comme ellos doiven* Sirs en peine dû moi! Espérons qu'elles ne me croiaul pas rentré! Et ce hon Adama*. Sa fmU sur qu'il est comme un fou! Pourra qu'on no l'ail pas fait prisonnier t
Sus larmes coulaient en silence ; tapi dans un buisson d'ifs taillés, il n'osait ni se mettra à la grille, ou il pouvait être aperçu par reunenu, ni s'éloigner de manière a perdre do vue ce qu'il pouvait rainom distinguer do la seine de confusion tjui régnait dans la basse-cour.
lleiiti!iula;t les Iisj:-. s ili^iissi.^tsiiils alt;iint.3 ï j:i l
la mitraille des fauconoeag-ï. On les avait emportes h îa terme, et là, sans doute, il y avait aussi des mourant» et des blessés du parti des assurés, car Mario saisissait des inflexions de vois qui ressemblaient a des échanges de reproches et de menaces. Mais tout cela était vague; do jardin a la ferme, il y avait une asseï grande distance; d'ailleurs, la petite rivière gonflée par les pluies d'hiver, se mit à faire beaucoup de bruit.
Les assiégés venaient de lever les écluses et les pelles de l'étang pour grossir les eaux du fossé et les rendre plus rapides.
Une lueur montait au-dessus de la porte du manoir; on avait sans doute allumé aussi un feu dans le préau pour se voir, sa compter et organiser la défense. Celui des assiégeants ne jetait plus qu'un reflet rougeatie, dans lequel Mario vit flotter rapidement des ombres indécises.
Puis il wiendit des pas et des vois qui se rapprochaient de lui, et il crut que l'on "enait explorer le jardin.
fl se tint immobile, et vil passer devant la grilla, eu
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»■ rois-noat 79 dehors, doux personnages, Maarrement accnulreH, qui ko dii ij-'tsiiont vers 1a tour (feutréo.
11 rotinl son haleine et put saisir ce lambeau ifl dialogue :
— tas cliions maudits n'arriveront pas avant lutl
— Tant mieux! notre part sfira meilleur!!!
— imbéciles, qui croyei prendre tout seuls...