‹ Les beaux messieurs de BoisDoré. 2Chapitre 11 sur 22 · XL IX · texte numérisé non relu

XL IX

Les voix se perdirent, niais Mario les avait rneonnuta. Celaient celles de La Flèche et du viens Sanche.

Le courage lui revint tout !i coup, bien que celte découverte n'eût rien de rassurant.

Mario n'avait pu ignorer longtemps l'affaire de la Roch»iJie,etil sentait bien que l'assassin de sot père, Pâme damnée de d'Alvimar, était désormais le plus mortel cnnomi^du nom de Bols-Doré ; mais le concours de ta Flèche dans ce coup de main lui fit espérer que Sanclie avait pour auxiliaires la bande des bohémiens, les anciens compagnons de misère de l'enfant en voyage- Il pensa avec raison que ces vagabonds avaient dû s'associer à d'autres bandits plus détermines ; mais tout cela lui parut moins redoutable qu'une expédition en règle, ordonnée par les autorités de la province, ooume on aur<rt pu le craindre, et, un instant, il eut la pensée de se rendre La Flèche favorable s'il pouvait l'attirer seul de son coté. Maie la méfiance lui revint, lorsqu'il se rappela de quel air brutal et sombre le bohémien lai avait parlé en ce même lieu, mielcpjes moia auparavant.

«0 LES BEtDlL HKBSIEUHS

11 se prit alors à réfléchir sur las paroles qu'il venait d'entendre. 11 sentit qu'il avait besoin de sa lucidité pour les comprendre et en tirer paru' au besoin.

Sans doute, les envahisseurs attendaient un renfort qui n'arrivait pas assez vite au gré de Sanche. a 0a n'arriveront pas avant lui ! > Le M ne pouvait être que le marque, dont on redoutait le retour, « Tant mieux, notre part sera meilleure, * indiquait chei La Flèche l'espoir du pillage. • Imbéciles, qui croyez prendre tout seuls... (ce château, apparemment ) , c'était l'aveu de l'Impuissance des assaillants à iaire le siège du manoir avec quelque chance de succès.

Enfin, Mario, qui avait aperçu des figures barbouillées,

dossés sans doute par les bohémiens pour épouvanter les paysans du bourg et de la ferme, et qui, malgré sa vaillance, an avait été effrayé lui-même, se trouvait plus rassuré d'avoir affaire à des coquins en chair et en os, <]u'a des êtres fantastiques et a des périls inexplicables.

Ne pouvant rien faire pour le moment que de se tenir caché, il attendit que les voix et les pas fussent éloignés de la grille, pour s'en éloigner lui-même et chercher un refuge contre le froid de la nuit dans une des petites fabriques du jardin.

Il pensa avec raison que le labyrinthe, dont il connaissait si bien les détours, lui permettait d'échapper pendant quelques instants h l'éventualité d'une poursuite, et il s'y engagea, en se dirigeant avec certitude vers cette petite chaumière que l'on appelait par métaphore le palais dAUrée.

Il y était à peine entré, qu'il lui sembla entendre des

— Ce sont des feuilles s&elies que le vent foi t tourner, iwnisa-t-il, ou quelque bêle do la ferma qui se sauve ici. Mais, s'il en est ainsi, la grille du Jardin serait donc ouverte? Alors, je suie perdu! Mon Dieu! ayez pitié de moi!

Cependant le bruit était si léger, que Mario s'enhardit à regarder a travers le lierre qui tapissait sa retraite, et il vit un petit dira qui tournait, indécis, comme pour clmrclier un refuge dans le mémo lieu.

Mario n'avait pas eu le temps de fermer la perte de la chaumière derrière lui ; le potlt dire entra et lui dit à

— Fii-ce que tu es là, Maria.

— Cest donc toi, Piler! lui dit l'enfant, surpris par un sentiment de joie en reconnaissant sa petite compagne qu'il avait crue morte.

— Est-ce pour me livrer que tu me cherches!

-Non, non, Mario I répondii-eUB. Je vwii me sauver

de La Flèche. Sauve-moi, mon Mario, car je suis trop

ît pourrais-je te sauver, moi qui ne sais ' ael..,Va-l'end'iciourastesy sans moi, ma pauvre Pilar ; car ces bandits en te cherchant, vont me trouver aussi.

— Non , non; La Flèche croit m'avoir laissée là-Las avec h» mort!

— Quel mort?

— Ils l'appellent d'Alvimar. Il est mort l'autre nuit, ils l'ont enterré ce matin.

— Tu rêves... on je ne comprends pas. N'importe! Tu t'es échappée!

— Oui; je savais que l'on venait ici pour prendre ton

Page 1