‹ Les beaux messieurs de BoisDoré. 2Chapitre 14 sur 22 · DS ROIS-DOUÉ 19T · texte numérisé non relu

DS ROIS-DOUÉ 19T

uYn souvleiuio. Miittrv-<|uenix I lu me racunlera» les campi-nw iiutosnflicai'jo vois bion, a ion air ot & (un pus, que la goutte lia l'a point été l'allure d'un saulat. ïn as line ilrole desentMir, ajouln-Vil, frappé du parfum iluai, un dépit do 9011 déauiaonienl, toute la paraonna du iimrqufs était imprégnée; c'est comme uno semeur déconfitures! N'Iinportel Je gage que tuas été un put lansquenet?

— Je lu fus uno année durant, répondit Ilois-Ourô, qui savait par coiur tuutu rexislunuo aventureuse do m.illre Pignoux et ta damnnbtu jeunesse do Macabre, Voiro! Je vous via bien taarcetir les huguenote de limii-ges. durant lo massacre doa prisons, eu coiupoiiie du m terrible vigneron que Ton appelait la Grand Vfnai-

— Hein 1 s'écria l'itailou en regardant son capitaine d'un air moqueur, quand je vous le .lisais que vous foies ecau-l papiste, mon capitaine I

-Clmque chose a son temps, répliqua Macabre avocun Kilme philosophique ; mon pire, quilorsétait capitainerie la grosse tour de Bourges avec feu M. de Pisseloup , nrolé(îOa les pauvres parpaillots du pays tant qu'il put- Moi, jo tirai de cété quand il n'y eut pas moyen de mieux faire. Mais j'ai repria le droit iNimin, et j'y suis plus franc du collier que vous, monsieur l'Italien, qui -- L i* des reliques bous voire « "'

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nt tes nEtux wwsbirwb»

désormais le jaune Jfcicahw devenu vieux, se «aHU pl"i

tranquille.

Ce clutF da liande ne pouvait ngir sous ta protection du prince de Condé. Ileut la Ilbané d'esprit da parler cuisina en homme qui n'y entendait bien, et comme, durant «m séjour de deu» heures dam l'auboraa, Uavnit, par inaaifra de passe-tanins, Ntf celte grava question avec madame Hunoux, il savait fort Non la contenu da prde-iunnger et la» ressources do la cave.

— Roue mirons ItionnïUT tlo vous offrir, dil-ll, un quartier de sanglier wlevà d'épices, dont vous me dirira des nouvelles; un fort buisson d'écrovlsses (l'Iasoudun, cultes dons h triera...

— Et bien poivrées, j'osperel dit le capitaine. Non épouse aime les meta du haut goflt.

— On y mettra du piment d'Espagne !

Et, après avoir énuméré tous las plats, le marquis ajouta:

— Mais votre illustre dame ne ssraU-ella pas sensible a quelques mets sucrés, après le rot?

— Diable 1 oui. J'allais oublier qu'elle m'a recommandé certaine omelette au musc...

— Votre Seigneurie veut dire peut-être aux pistaches I C'est de mon Invention .

— Ouais ! EHa m'a dit que c'était de l'invention du

"^Du vieux 1 Qui donc ose w vanter d'à voir découvert mot moilVuneleUe au rirai aux pistaches?

— Sa M,'b vieux Bois-Doré, puisqu'il faut nommer ce maître sot en bonne compagnie !

Sois-Doré se mordit ta moustache.

— Qui donc, dit-il, fait rbouuor au marquis de ré-

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I«<iw ses forfanteries u\ihmuuIo ( Madamn vatre épousa il.iyiia-1-uHB le connaître T

- Il parait! répondit Macabre, et Ja sais en plus, mon vieux dritlo, que tu es l'humlilo sonneur da cotte liildu canaille de faux marquis, ton maître d'écolo on mi-inerie; inala je m'en gausse I Tu es gardé Svue.et l.'i oroilloa ine répondent do tas fricots.

U maquis vit qu'il n'avait d'auira parti h prendra quo de dire du mal de lui-même, ut il ne s'y épargna pu, tilsant bon marché do sa qualité et de son caractère, ot même eu termes assez comiques, mus sans poul'uir sa décider h accoler a son nom maudit et calomnié lépilhoiode vieux, dont asservait contre lui avec orgueil sou contemporain Macabre.

Celui-ci insista d'une maniera désagréable

- Ce Mcochymo doit otro fort cassé, dit-il; car, lorsque je le ris pour la dernière fois, c'était une longue Ilaniborgo, sans barbe nu menton, et je faillis le rompre en d.;ux par mégorde.

-Vrai! dit Bois-Dori se rappelant l'aventure du sa Jeunesse racontée récemment a Adamas; vous lui fîtes l'honneur de vous mesurer avec lui!

- Non, mon brave homme, je ne descendis point jusque-là. Il était a cheval, portant des munitions de guera a nos ennemis. Je le pris par une jambe, et, l'étendant sous mes pieds, je le laissai pour mort et m'emparai de son chargement.

- Oui était de poudre et de balles! répondit Bois- Doré ne pouvant sa détendra de rira en lui-même des hâbleries de l'homme quH avait renversé d'un coup de pied, et de ce fameux chargement de munitions, qui ne «insistait qu'en jouets d'enfants.

- Cénit de bonne prise! répondit le capitaine; mais

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19* m BRA0X (JKSSIRUtta

c'est assoit causer, vleu* babillard! Allen en bas tant jurvelller.

Bois-Uoré, roniuyd a ses fourneaux, fut força ils quitter Mario, que la capitaine rmlnt pris de lui.

[| échangea, en sortant, un regard avec son nia, ua regard plein d'angoissa, que l'entant lui renvoya plein do confiance. Il «Huait qiw Macabre n'était pas mal dispose eu sa taveal.

— Ça, petit, dit lo capitaine, avance ici a l'ordre, al dis-moi, ai tu peu, qui W os!

— Je n'en sais, ma foi, rien, mou capitaine, répondit Marie, qui n'avait pas encore eu la temps d'oublier la manière da parler de la bohème; (a suis enfant volé ou trouvé sur quoique chemin par les estradiots neirs que l'on nomme égyptiens.

— Que saîs-iu faireT

— Trois grande* choses, dit Mario, qui se rappela à propos les belles maximes de La Flécha : jeûner, veiller, umrir; avec ça, on va loin et l'on se tire do tout.

— Il a de l'esprit, dit Macabre en regardant son lieutenant, qui, pour lui témoigner sa mauvaise humeur, lui tourna le dos en s'asseyanl à cheval sur sa chaise, la tcle et les mains appuyées sur le dossier, les reins au feu.

Macabre trouva la posture indécents et lui en fit l'observation en termes cyniques. Saccaga se leva sans rien dire et sortit.

Mario observait toutes choses, et la mésintelligence des deux chefs lui parut de bon augure. 11 se promit d'en tirer parti, s'il était possible, et si l'occasion s'en prosentait.

Macabre reprit la conversation avec lui.

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— n'nf. vient, lui dit-il, «un je ne l'ai point vu 1 Hriltoull. la nuit dcmlero?

tfnrio ne fut pas l»«etempa embarrassé de cette nueslion.

— Je n'y étal» pas, dit-il; Je récoltais des poulea au* t tentons, aeuloment pout les préserver du renard et da M pépie.

— Tu eaia voter lea poules? Kh bien, c'est un don do nature uni pout être mis à profit. Mais dis-moi ai l'Espagnol a parachevé sa crevaison.

— M. d'Alvùnar! demanda Marin, qui commençait s comprendre le récit de Pilor et a no plus le regarder comme un rêve.

— Oui, oui, dit Macabre, ce chien de papiste qui m'a fait tourner te cœur avec ses patenôtres !

— 11 est mort ce malin.

— Il a bien fait, l'imbécile I Kt Sancho? Celui-là vaut mieux; quoique bigot, U entend les affaires. Où est-il, a cette heure?

— Il se cache.

— Que n'esi-il Tenu me trouver ici?

— le vous l'ai dit. Il y.adu danger ici ponr vous, et il le savait

— Quel danger? Le vieux PIgnoux noua trahira?

— Non, le pauvre homme ne sait rien de rien ; et que puurrait-il contre vous?

— .Mais qui nous menace?

— Des seigneurs qui vous cherchent à Brilbault en ce moment, et qui, avec une grosse suite, vont repasser ici pour aller couciicr a Briantes.

— Tu les os vus?

— Oui.

— Combien sont-ils de monde t

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138 tas BRAUX MKSSIEirnS

— Peul-elre deux ceaU tavalierst dit Mario espérant épouvanter son homme.

— La mèche est donc éventée f reprit celui-ci un peu èbtanU

— Il paraîtrait!

Le capitaine parut réfléchir, notant que «a flgora do pierre, ou plutôt do corne, pouvait indiquer une préoccupation morale.

Le oeur do Marie battait sous sa aouquenilte. Un Instant il espora que ea ruse allait aboutir et que Macabre se déciderai! a rebrousser chemin. Mai» la capitaine se mit a parler allemand avec ses eatradiots, qui sortirent aussitôt, et Macabre reprit sa pose gracieuse, une Jambe sur la téta du landiar, l'autre sur la chaise que le lieutenant avait quittée.

Mario se hasarda à l'interroger.

— Eh bien, mon capitaine, lui dit-il, vous aile: reprendre le chemin?...

— De Limeras T Non pas, ma fui, mon petit singe t Mes chevaux sont las et mes gens aussi. Moi, j'ai si mal dormi à Brilbault, la nuit dernière, que je veux me refaire ici. Malheur à qui viendra m'y déranger!

Ces projets de sommeil firent encore renaître l'espoir chez Mario.

-Si ces gens sont bien las, penett+dl.ily aura un moment où nous pourrons nous échapper.

Il ne comptait pas, comme le marquis,, sur l'arrivée de ses amis et de son monde. Hier, en les avertissant de la prise de la basse-cour de Briantas, devait être cause qu'ils y courraient tous à l'instant même, corpptant rencontrer le marquis dans la même direction; car ta petite bohémieone, qui avait l'esprit plus net eue «on âge ne te comportait, ne niaaqoerait pas de

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DU MIB-DOR* 131

Ici* dite que Mario était parti de son cote pour avertit son père.

Comma il taisait ces réttexious an lui-même, le liontenant Saccage rentra, et, s'adressa ut il Macabre, qui l'assoupissait devant le feu :

- Capitaine, dit-il d'un ton moitié humble, moitié arrogant, permettez-moi de voua dira que, grâce a voire idée de nous faire marcher par petites bandes, nous perdons le temps ; votre femme et son monda n'arrivent peint, et, si vous restez longtemps à table, comme de coutume, tout peut échouer. U s'agirait de ne point banqueter, de manger vite, de dormir deux heures et d'aller de l'avant sans donner le temps aux passants de porter devant noua la nouvelle de notre arrivée.

— Supprimez les passants 1 répondit tranquillement Macabre. N'est-ce point chose convenue? Vous n'aurez pas grand'besogne, car nous n'avons pas rencontré un chat depuis Linières, et ce pays est vide comme une église en GS. Mais ce sont là paroles Inutiles. J'entends la voix de ma Proserplne. Elle arrive I allons au devant d'elle 1

En parlant ainsi. Macabre se leva avec effort et descendit a la cuisine.

- Le capitaine vieillit I dit en italien Saccage à un des marichaux-ferrants qui étaient restée devant la por te, plantés comme des statues'.

— Non, répondit le retire, il a pris femme, et c'est pire I On ne songe plus qu'à faire la noce, et on ne sait plus marcher quand il faudrait.

Mario, qui apprenait l'italien avec Lucilio, comprit s peu près ces paroles, et suivit le lieutenant et les deux reitres à la cuisine.

Dès qu'A J fut, sans s'occuper du renfort d'anivanta

tftl LUS BSAUX .ueaSIMUs

qui encombrait la parts, il sa «lissa uuprrs da But» Duré, qui frieassatt de son mieux arec madame Pignons, ae disant que plus loi l'ennemi aérait à tabla, plus tAi a'offrirail quelque chance d'évasion.

— Te voila, mon enfant î dit la marquis a voix basse; lin no t'ont pas maltraité?

— Non, non, répondit .Mario, nous sommes an mieux, le capitaine et moi, Laisse-moi t'aider, mon père. Nous pourrons causer pendant qu'ila na songent pua a noua.

— Très-to.imùsnenousreeiirdonspasivois comme jo fais pour parler a l'hôtesse. — MadamaPignoux, criât-il, passe;- moi le beurre !

l'.t il ajouta tout bas ;

— Qu'est-ce qui arrive encore sur la porte, nu bonno femme î

— Une dame qui descend de cheval. Ne vous retournez pas, si par hasard elle voua connaît.

— Petit, de la muscade I reprit le marquis en frappant sur i'épaule de Mario.

Et il lui dit dans l'oreille :

— Ne te retourne pas non plus. — Madame Pignoux, ajouta- t-ii en se penchant vers l'hôtesse, tache* de vouai figure.

— Je ne la reconnais pas, réponflllaPignoux; elle a un tas de cheveux et de panachfis... C'est une forte

UV

Nos unis personnages étaient placés dans le fond da la cuisine, le long du fourneau, ie dos tourné à la porte et la figure vers une fenêtre du rez-de-chaussée, devant

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BI «OIS-BQHfl ISS

Usuelle ils voyaient pussor ot repussor un duliors la bUhoualiû des reliras montant la garde l'arme au tuas.

Il y en avait don sur chaque lace da la maison, luxa h Mlle, car celte maison n'avatl que daus pairies : celle qui donnait sur la roulo et celle du gnrde-marigor, qui donnait sur un pelll jardin clos de hait».

'l'iiutcn l' s fenêtres du raz-de-chauaséa a! du premier étalât solidement grillées. U ne fallait donc pas espérer sortir de vive force.

lit pourtant, le marquis soupirait d'iiimaliom».

- An! mon fils! disait-il a Mario, pourquoi es-tu tan A»r. ce bon grand couteau de cuisine, jo saurais bien nia débarrasser des deux sentinelles qui se croisent là devant la porte de l'office. Hais avec loi... je n'oserais, je suis lâche.

- Kl, si mon homme était la, ajoutait madame Pignon», tout vieux qu'il est, il ferait bien l'affaire des deux autres, avec Jacquesl Mais j'ai bien peur qu'ils ne l'aient tué, mon bon valet l... Ah I Dieul le voila! voyw comme cas démons l'ont arrangé I 11 est tout en sang!

Jacques le Bréchaud, ainsi nommé parce qu'il était brklie-daals, était laid, sournois et rageur, mais courageun et dévoué.

- Ne faites pas attention, dit-il, ot donnez-moi un torchon pour que je m'essuie la figure.

— Hais ils t'ont fendu la léte, mon pauvre ami! dit le marquis en lui passant son mouchoir à dentelle, qui était resté dans la poche de ses chausses.

Mario s'empara du mouchoir, qui les eut fait reconnalire pour des seigneurs, et le jeta dans le fourneau ardent, on il disparut comme une allumette.

Jacques essuyait son sang et bandait sa blessure avec

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m LUS BIUIIX HBSBIBURM

— Ha vous iwpiiotos pas, dit-il o mailnmo Pignoin ; Ua ru'oo.1 taisai revenir ici pour les servir; dounoit-mol le tranuhe-l»!d, et ta nutt ne se passera pua sans que J'en aie etripâ quelques-uns.

~ TM H ferai tuer, dit WHp

— Ça ne fuit rien, répundil Jacques,

— (Unis tu tmua for:» luor aussi !

— Jacques, ditlû marquis, vola cet enfant et no dit mot, Fais-le sortir ai tu para, mai» suis prudent si lu nous aimes.

Jacques n^arda Mari» en dessous, at, sans répondra,

il alla h plusieurs reprises dans le garde-iuanger, oo 10

pour son service, maison effet pour examiner lesreftwi qui montaient leur garde avec la régularité de detn au-

Ces chiens d'Allemands! dit-U au marquis, ça M dort pas, ça ne boit ni ne mange. ttnl °.«* î° »' a P M tue tout le monde.

— Et ça connaît la discipline 1 répondit le marquis avec un soupir. Ah I il ne faut pas se le dlasimulsr, las retires sont de rudes soldats! Si le bon Henri en avait eu dix mille, il eut été roi dix ans plus tôt !

— Cuisina, mon père, cuisine 1 dit Mario, la lieutenant te regarde!

— Il peut me regarder, mon nia I je sais mander ta queue d'une casserole aussi bien que maître Mgnoux lui-même.

— C'est la vérité, dit l'hâtasse; on jurerait que voua avez étudie!

-fai étudié en campagne, madame Pigooux; j'ai (rlcassé, l'épée au flanc et le casque en télé, pour mon Henri! Oui m'en t dit que je fricaasenis pour un Macabre et pour sa moitié! Quelque gaupe, jlmagine I

En eu moment, la veix de madame Proserpine s'éleva

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M iHMs-imuf. OS ihi-i(m*i» des nulles, uni l'iUMiPiii isiuvarie jir*nie-Bi, PoiiBhl comme çasBirtlonraitlurili^lÀ! erinii-flle; tfea uns Infection idl Munlona, montons vital Allons donc, lieutenant, donnai-moi la mal», sacrehleu I

il, do lioia-Duré et son lllx sa rogardoivM el bniaaerait fiwssilût la née sur Jours ennsoroloa.

Urtla aiimïoaa, qui, après avoir causé et tltscuti 1 oonliilcFJiii-llPiiwnt avec la capitaine et le liautonant sur lu souil .la Tiubarga , travorsoil maintenant la cuisina en su carrant dans son riche costume île guerriero, ol en agitant, sous son feutre à plumes bariolée» , sa volumineuse crinière d'un blond ardent, octte madame Proserpinc.épouse plus ou moins légitime du capitaine Macabre, c'Mt l'ancienne gouvernant* du marquis, c'était l'ennemie prrrsonnollo de Mario, c'était la Guilletto Carcat de U Cliatre, c'était la [jellinde de llriantea.

— Hous sommes perdus, pensa la marquis; elle va nous reconnaître I

- Nous sommes sauvés, pensa Mario; elle ne nous recon iislt pas !

Et, iiour mieux ae déguiser, il s'enveloppa aussi d'un tablier à pièce qui lui montait jusqu'au menton, et passa , sur ses jouas roses, ses petites mains frouéos de charbon.

tieliinda passa sans se retourner. Hais il n'y avait pas moyen de songer a la fuite. Madame voulait être servie a l'instant.

L'ex-gouvernante, prude et sucrée, aveit subi une rapide métamorphose. En devenant la compagne d'un viaiK routier, elle avait pris les manières soldatesques « le ton impérieux et violent, qui, en somma, était 1 «pression de sa véritable nature, comprimée et fardée

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1» m» usaux HtsaiKuiis

depuis longtemps u iliïwilos. Sa pardonna a'dlalt développée avec lu mémo exubérance. N'étant pliia forûij de savourer an secret loa liqueurs el les friandise» dérubées , elle a'élait livrée avidement a sa gourmand^. Abnndnaunent pourvut d'argent, do vivres ol boissons par lossnms do Macabre, qui prenait la pari du liun dans le pillage, elle noyait chaque jour, dans la ruinée dus feslins, le remords et le dégoût d'appartenir a nu espèce de monstre.

Le plaisir de ne riea faire qua chevaucher et commander était aussi pour alla une compensation, Les intempérie» ot las intempérances de sa nouvelle vie d'aventurière avaient donc altéré ses traita et presque subitement doublé son embonpoint. Sa figura, naturellement colorée, avait deja pria las (uns marbrés de la débaudie et le violacé de la plétliure. Plère de sa riche crinière rousse, elle l'étaiait sur sas épaules avec une affectation ridicule, el ee couvrait sans discernement de tous les objets conquis par maître Macabre, en trahison bien plus souvent qu'en franche guerre.

Madame était donc fort pressée de manger et de boire après une assez longue chevauchée, et se faisait féle de connaître, enfin, la bonne cuisine de H. Pignoux, qu'elle avait entendu vanter si souvent k Briantes.

Peu lui importait que vingt-cinq bons soldais (trèsméchants drôles, d'aîtleura , il ne faudrait pis s'y tromper) attendissent h la porte, le ventre creux. Le mécontentement que ses façons d'agir leur causaient ne la préoccupait nullement; elle ne doutait de rien, son amant imbécile lui ayant donné le grade £a lieutenant et le commandement d'une par lie de sa bande , qu'elle associait à ses profits quand elle était de bonne humeur, et qui, en somme, lui était dévouée par intérêt.

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US noij-nùuf: 197 l.iw ijuiiiKO nouveaux lxmdila qu'olln nwit aroenéa, al qui priMU possession dû la cuisine, tandis que les aulivs dlawiil relégués à 1'écuvio ou uomiuandéa pour le guît !■! U garda montants, an montrèrent mut d'auord trispretsii-s de la faite servir; Ils comptaient sur ses restes, il, mndis que les una drosaiiiem la tabla eu Bousculant tt injuriant las valota, lesautroi I alonnnlent la cAi/ Bolslloré, sa prétendue tarama et Marin, la marmiton improvisé, pour qu'ils eussent a amiifaire la li

Vtrili» pourquoi il ne fallut plus songor a onsarvations, ni a regarder la porte. Il fallait cuisiner, et l'on cuisinait a tour do bras.

Ce fut une des aventura de la via du m montra & la hi

Il fit des ragoûts dignes d'un m et dressa las mets, graissa la poêle et Bt sauter Yomoleile avea des allures d'une maestria qui finit par imposer la respect à ces mécréants, en dépit de leur impa

Au moment do servir la soupe, le marquis vit Jacques Brfckmd allonger le bras comme pour saler sur nouveaux frais. Il repoussa machiialamenlcet inutile concours; main l'insistance du brèche- dents l'etonna, ot, lui saisissant la main, il trouva à son sel un aapect singulier.

—Laissez donc faire, dit Jacques, ils aiment ça, la soupe saMe!

El U avait un soutire étrange qui frappa tout a fait le marquis.

- Jacques ! lui dit-il tout bas, pas de poison : c'est

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Jacques laiasa tomber lu mart-aiw-rou do.it il t'As •r la soupe des aimables botes di

mler scrwea aux pages barbus de madame rYoserpto..;! U respirait un pau; on semblait disposa a lui ' ' peu pluadeliboTlé.

Mario même allait de temps un temps jusq et il eût pu fuir en rat Instant, en ayrnt l'air d'alto chercher du bois bous le hangar; mais il se garda bW de dire le fait a son père. Gelul-d eot exige nu'U «I proilt.it, et, pour rien au monda, l'enfant n'eut voulu st. séparer de lui.

— Si l'on doit tuer mon pire, pensait-il, je v mourir avec lui ; mais, Jusqu'à la lin, je garderai l'ct-j poir de le sauver.

K autant do cynisme que les autres; n U ; avait dans leurs manières une sorte de gaieté qui 'reaun fonds de bonhomie, <

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as nom-no a* iso

El, se présentait! a lu lioutuiianlc, aile lui demanda iNlieotiioinamont m ordres, en ayant soin de no pus ivolr l'ait do la reconnaît ru, ou de l'accepter d'emblée potr une paraonna autromont importante qaa Wkj.rfi]iuww» des petits chiens du marquis.

— Me» ordres sont que votre mati comparaisse aussi, répondit la llellindo flattée do la soumission de madame Flinoux, Mlei la chercher, ma bonne femmo.

— Ksousea-mol, dit la Pignoux, mon lionimo oaï dans son coup do feu, at trop enfumé pour sa montrer en tablier et on bonnet salea devant uns dama connus vous,

— Te crois-W doue plus rafmûtiinte, vieille pendardeî cria le capitaine. Va, en no m'en donnn point a garder. Jo nui voir ht figura de ton bélître de mari, et il n'y a pota. d'excuse qui serve. Et vous autres, mes drôles, itii-il aux servants de la Prosorpino, d' oh* vient qui;, '|u>iid voira lieutenantu commanda quelque chose, vous voua la faites dire (tant foisîMort de ma vie I faudra-t-il que- J'aille quérir moi-même ce double traltreî

Au mime instant, llais-Duré, k qui déjà l'on avait fait monter da force l'escalier, fut pousse dans la salle, et si rudement, qu'il fallut aller tomber aux genoux de la Proserpine.

U pauvre Mario le suivait, tremblant do cralnlo pour lui et de colère contre les méchants reltres. Si son vieux nere fût tombé, l'enfant eût perdu patience et se fût fait mettre en pièces pour le défendre.

Heureusement pour «us deux, le marqub ne perdit pas la tete et ae résolut à tout braver, remettant son destin au succès de son déguisement.

Le hasard voulut que Proserpine ne m nulln attention a ws traite, nie connaissait fort bien le véritable Pi-

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140 ut mus msmii»»*

gnou* ; elle «e daigne paa lover les yoiw *nf lui tout d*

famittan que lui adressai* te lloutonaol Saccage, teq- ol, placé a coté d'aile, profltatt de tous le* Instants oii \h. cabre ne \m observai! pus de trop près.

Le maints P«< *™ »" P ,ncw «lerriaro la Proaerpi«o, dma l'altitude d'un respectueux serviteur qui attend dos ordres, al, d'un mouvement ndrotl, il fil passer Mario derrière lui.

— Ahl to voila enfin, Hibtcr destrapadel a'éerlal» capitaine en frappant du poing sur la lablo. Ta oralnM ma vend ta traîtrise, «iuvoMclairdaiM tas mauvais desseins!

Bote-Doré, bb croyant dévoilé, ItUHt envoyer le dégui. Bernent, au diable Ht Jouer du couteau do cuiaine pour mourir bu moins sans insulte ; mais Mario était la, qui glaçait ara courage. Incertain du se;is des proies qui lui étalent adressées, il m «arda de répondre et de foire entendra ta voix aux oreilles de la Proserpine.

Il ao contenta do regarder totemeat le Macabre d'us air assuré. Céiait, ■ son Insu, h meilleure auiiude qu'il pût prendre.

— Voyons, parleras-tu ; hurla de nouveau le capitaine, qui paraissait inquiet et qui bo sentait rassuré par son air de candeur. Tu fais le simple, mauvais drdlo! cependant, tu n'ignores point qu'en ne te présentant pas ici toi-même, et en te faisant tirer l'oreille pour I

Bote-Doré, décidé a M point parler, lit une p. équivalant à un point d'interrogation, avec un ment de tête qui aigniflait De quoi s'agit-ill »

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nK BUia-DOR.fi (11

- As-W perdu lu parolo, toi oui bavardai* gi bien laatntï reprit lo Mnciibra ; du ignorns-iu, tripla sot, que rMWkw doit, le premier, geftiar larnero™t aux plats ot auxlifeonsqu'il prisante? Pensas-tu quojo sols siafirde toi «m jn "ouille m'exposerait poison Allons, vite, ilé- K'siablel>ete,avu]a-mai ce qnotu vainaur cette assietleet .lBii-.uiKoholal,QU,niordii'ulin lo fuis avu 1er mn rapière.

lin Mime temps, il montrait ou miiiqiris une assiette sur laquelle on avait placé un échantillon de tous les mets servis sur In table, « un gobelet rempli de vtn pris dans lima les pots.

Lu marquis fui grandement soulage de voir do quoi il s'agis-ait, d'autant plus que la Proserpine ne le reperdait pus au moment oit il lut oblige de ae pencher sur la table pour prendra l'assiette et lo verre.

Lti coutume de foire goûter les mots par l'aubergiste était lombéa en désuétude depuis In dit dea grandes perres civilea, du moins dans les provinces du centra; les voyagouw n'exerçaient plus ce droit, non plua que les aubergistes ne revendiquaient celui de les désarmer h leur entrée dans la maison.

liais M.icnlire agissait comme en pays conquis, et il s'y avait pas à discuter avec le droit du plua fort. La maquis s'exécuta bravement, avec un sourire de dédain pour l'outrage infligé a sa loyauté. Il avala en silence le contenu do l'assiette ot du verre, tout en lançant a. Jacques Dréchaud un regard qui lui disait éloquemment : ■ Jacques, tu vois que la générosité porte bonheur ! .

Et lacques, qui adorait le marquis, se signa en retournant a. la cuisine.

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iss mus uEfsiiani

Tout allait Won.

Macabre et ses acolyte», vaincus par le fier regard il le (1er sllonco du majintueux cuttiniar, atatenieliariiai), d'ailleurs, du puuviiir Uira liHineur à ses plat», ut pout- Mra n'nul-il pu* dis forcé du au montrer de nouveau; uiaU una mallieiireiisa diatruclion de ta part vint tuai

^La* rWserjiiue laissa tomber l'éventail de plumes quMu portail à sa ceinture en compagnie d'une <bgustto ot de deux pistolets ; et, par une fatale habitude de galanieria dont il ne •'émit jamais départi, mtm envers sa gouvernante, la marquis m Uaiasa pour rimasser l'objet, qu'il préaflnla *vuo émotion, e'apewe. vanllrop tard de sa bévue.

U y eut un motnenl de surprise et d'Incertitude &«» les yeux de la Proaerpinu, un moment long comme «a siècle; enfin, la dame •'écrit en portant la main à ses

^ — je veia mourir da la grand'mort, si c'est là maître Pignou*!

- Quoi î qu'esta à direî s'écria a son tour le Macabre. Arrive ici, rien» Iricotier, et montre ton sala a. Par la mort-diable! s'il y «ici

Mw; u hors de la salle, en lui di

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Wt BOIS-BOHé I/|S

— Va donc mi bits, tuil nia tomme. fnppuUal

piiii II so présenta résolument on faco de In l'rosarpino et la regarda avec colle suprême dignité que rlHiiinn» iln c<Dur est seul capable d'invoquer contre de i;.i!Vh i ii luira ii ires.

le grotesque accoutrement de son maître, U auftairu Hulliiido ne put bu dépendre d'un seul Im eut de napfttt « do remords. Kilo tenait dans sas mains la via ilo ohM qu'elle voulait humilier ot piller, mais non pas fuie tourmenter et égorger. Bile hésita encore un iustnal.otdit:

— Ma fol, malire Plgnoux, je voua reconnais a cette heure ! mois par la mordit mua êtes bien changé ! Vous aw donc fait une grosse maladieî

— Uni, madame, répandit Bois-Doré touché de ce ban mouvement : j'ai eu beaucoup de fatipie dana ma maison dupulB que J'ai été forcé do me adparor d'une personne qui me servait fort bien.

— Je aas ie qui vous parlai, reprit la Beilinde. C'était un trésor que vous avez méconnu et Jeté a la porte tomme un chien. Oui, oui, Je sais comment la chose s'est passée. Tout le tort est de voue coté, et, à préixr.ii, vous en êles aux regrets! Hais il est trop tard, ma foi I elle ne vous servira plus !

— Elle fera bien de ne plus servir personne, si elle peut s'en dispenser; mais je me Batte que, en quelque situation qu'elle soit, elle n'a point oublié me générosité envers elle. Je la quittât sans reproche et sans leV.iarie, elle pourra vous le dire.

— Il suffit; noua parierons de ça plue lard. Serveïnous Sien, et, peur ce, retourne* à votre ouvrage, nu*

«fMI. AliMl

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tu

Ul BBAUX «IUHM»

Er. sortant, Bois-Iiori la vil parler bM a un de as

— floua sommes sauvés ! dil-il il Mvio dans l'escalim Elle ne m'a pas trahi, et elle vient de donner l'ardre dt nous laisser sortir !

Et, dans sa cmdeur, le marquis se dirigeait awc Mario vers la porte de la cuisine ; mais 11 s'était blet trompe : la Proserpine avait, au contraire, renourt. l'ordre du blocus.

Il fallait donc feindre encore et s'occuper de la confection de la femeuse omelette ara pistaches.

Uno heure environ s'écoula sans apporter da chan^ ment a cette burlesque et tragique situation.

On faisait grand brull dans k salle. Macabre criait, jurait et chantait. C'était tantôt de ht gaieté brutale et tantôt de la colère.

Voici ce qui se passait :

La lieutenant Saccage était un homme positif et na comme son nom. Il trouvait absurde que l'on ae proporat k nn coup de main qui exigeait une marche rapide et silencieuse, par un souper qu'il savait bien devoir dégénérer en orgie.

Macabre était un bandit adonné à tous les excès qu étaient le véritable but de ses courses. U n'avait pm, comme son lieutenant, les qualités du spéculateur, 0, si je ne craignais de profaner tes mots, ja dirais que, dans sa vie d'aventures, il portait une aorte d'ivres» qui en était la poésie sombre et brutale. D était anss bohémien que larron, mangeant tout et n'étant ricl» que par crises.

L'aulra amassait froidement « plaçait k mesure. Il

entendait

i, ne donnait rien au plaisir et bV De nos jours, il eut été un fripon

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de aom-aoat 113 nimux posé : il eût filouté en habit noir si vécu dans le monde, au limi de courir Jea mules et de détrousser 103 payante,

Chaque altelo a son trafic, et, dans los guerres civiles Ou m' «t du xva' sitcle, le brigandage s'était organisé fii industrie régulière et en calculs positifs,

Saccage aspirait a se débarra Bser du Macabre. Il n'efit osé l'attaquer de front; mais il faisait comme M, le Prince avec la roi de France. Il poussait son maître dans le danger, comptant qu'une arquebusade l'emporterait et lui ferait la place natte.

Dans cette prévision, il tftehait de plaire S la ['raserpina, gardienne de lit caisse et des bijuux, et la dame, tout en ménageant l'époux de rencontra, ne décourageait pas l'époux en herbe que les hasards de la guerre pouvaient lai rendre utile a on moment donné.

Ce système de coquetterie commentait a être visible pour Macabre, et il se sentait partagé entre le besoin de se laisser mener par le ncx et celui d'administrer une solide correction a sa déesse.

Il eût voulu aussi, a chaque instant, casser les brocs lur la tète de son rivât, et cependant il sentait combien l'activité et la constante lucidité da ce lieutenant lui otaienl nécessaires, a lui qui ne pouvait se résigner à ctre sobre et h vivre sur le qui-vive,

S bien que, fatigué de cette alternative de colères et de téconciliations qui se renouvelait à chaque repue, le capitaine prit le parti de noyer ses soucis dans le vin clairet des coteaux de La Chaire, et commença, après avoir beaucoup déraisonné, à éprouver l'invincible besoin de faire un somme, le nés sur son assiette, dans un caste de pilé.

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HO LBS BB\UX MBSSIUIHS

Alors, seulement, Sacunga put parler raison Mit Tm.

ivrogue n'est non à rien, et, si vous m'en croyez, no* lu laisserons dormir Ici tout son soûl et courrons pilb le susdit manoir. Au retour, domain, nous reprendre* ici ce beau capiiainB, qui ne servirait maintenant qifi gêner notre expédition.

Proserpma nourrissait une idée toute fraîche dckta, Idée limite et bisarre, tloul elle n'avait garde de faire pari au lieutenant.

Elle feignit d'acquiescer a son désir de tout prépara peur le départ.

— Allez faire manger la troupa, répondit- aile; je ni veiller ce dormeur, et, s'il s'évoiHo, je le ferai bain

ce.se Et livrer toutes las pr»

visions en porc salé et conserves de gros gibier, pua passa a l'écurie, ou ses nommes et ceux du capital»

La distribution des vivres et surtout du vin fut fais sous ses yeux avec une prudente parcimonie; e a ce que ta garde fut bien montée. I " "latent alla " it de ta a

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DE bois- do nfl 147

situation et la mienne, et jtt vous ferai VQlr bien deschoses on jh;u de mots, car la temps pressa.

Le marquis s'assit an silence.

— U foui voua dire, reprit In dame-brigand, quo, lorsque vous me renvoyâtes incivileniont do voire gentilhommière, j'entrai au service do madame do Carlemjio, qui s'en allait dans le \m</x Messin du Lorraine, où elle a des biens de conséquence.

— Je la sais, dit le marquis; voua étiû! là chez une dama fort qiudillee, et ce n'était point déroger. Comment sefait-ill...

-Que jo l'aie sttotquittée? Je m'étais mis la dévotion en téte chai voua, parce qu'on aimo a faire la contraire de es que font las gens qui nous commandent; et c'est pour cala que, trouvant ma srando dama trop exigeante pour ma conscience, ja me tournai du celé des réformés , ce qui me servit à me faire chasser par elle, beaucoup plus durement que par voua, je le ùonfasse!

■ Sur ces entrefaites , fl arriva au pays Messin un corps d'aventuriers de tous les pays, qui avaient servi ce brava capitaine que l'on appelle ià-bas te bâtard de Mansfeld, et qui, battus sur l'autre rive du Rhin par les troupes catholiques de l'empereur cherchaient fortune ea Alsace et en Lorraine.

> On avait grand'peur de ces gens-là, moi tout comme les autres; mais le hasard me fit rencontrer parmi eux quelqu'un que voua voyei ici , et qui , ayant sauvé une bonne somme, venait de congédier ses soldats et songeait à revenir à Bourdes nour s'établir et vieillir en Prix.

» HsBiappelaitaibianleBerry, quo la connaissance fut bientôt faite et qu'il m'offrit son cœur et sa main.

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III LIS BBACK MBSSIEUM

o la ne sais puun|uuj j'Iiéshal a me lier; mais en est très-assuré, mon clior marquis, c'est que voira cUtoau sera pris cotte nuit fit brûlé dumain mutin.

— C'est dona la véritablement le but de votre okjsdlllont dit la marquis affamant un grand oalmo. K*a vous qui avait suggéra cette tuée ou capitaine Macabre! Ja ne puis croire que vous noya* une personne vindiulhi et perverse 1 ce point.

— [/idée, n'aal pas venue da moi; mais, uns lo vouloir, je l'ai suggérée h cet animal rapace , pour lui moi Unprudonunent parlé de voire trésor. A peine sut-il h fait , qu'il m'accabla de questions , et mai, sans savuir où il voulait en venir, Je lui donnai assez de détails pou la convaincre qu'il aurait facile de s'en emparer.

o A mes paroles imprudentes se Joignirent des lettres que J'eus aussi l'imprudence de lui montrer. L'uno vciuii de M. Poulain; l'autre de Sanclie. Tous deux me do» nnient des nouvelles de M. d'Alvimar; tous detu nn croyaient encore dans ce qu'ils appellent les bons principes, et, comme U est utile d'avoir des amis partout, > me gardais de leur faire savoir en quelle compagnie j< me trouvais.

> Si bien, mon cher marquis, qu'un beau jour Macabre s'en alla en Alsace et y retrouva plusieurs de sa anciens reltres ; il en enrôla d'autres qui ne deraandoienl qu'a rentrer en campagne, et s'adjoignit le lieulenarjl Saccage, qui est un homme habile et infatigable, et, tuai cela fait, il vint a-Unières, d'où, avec quelques-uns des siens, il s'en alla, U nuit dernière, à Brilbsult, donnant

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chant la surprisa « l'inquiétude ipia lui causaient toutes ws découvertes.

En sa rappelant les apparitions de Bnlbaull, il jeta machinalement tes yeux sut la muraille de ta asile ou II sa trouvait et vit ne répéter la figure a gros ont crochu, 1 longue uousiache et a motion empstiaché du capitaine Macabre.

C'était bien la le profil qu'il avait vu a Brilbaull, et nul doute que le recteur Poulain , qu'il avait cru y rowaiialtre , ne fat aussi de ta partie. D'ailleurs, le marquis «o venait-il paa d'entendro de In boucho de Proserpine que d'Alvimar avait survécu nu terrible duel de U Ho ch aille?

Il s'abstint do toute réflexion, et se cuutenta d'interroger la dame , qui le confirma dans toutes ses appréhensions.

D'Alvimar avait vu avec horreur le huguenot Macabre li son M de mort.

Mais Sancue avait fait serment do se joindre aux reliras, avec ceux des bandits bohémiens qui voudraient le suivre, aussitôt que d'Alvimar aurait rendu le dernier soupir.

— Dès ce matin, ajouta Proserpiue, Macabre est retourné !i Tbevet, où nous l'attendions, Saccage et mol, avec nos gens, et où nous étions campés hors la ville sans vouloir effrayer ni maltraiter personne. C'est ainsi que, grâce à la prudence et à la bonne discipline de nos aventuriers , nous avons pu faire plus de cent lieues à travers la France, sans être forcés de livrer bataille. Nous nous faisions passer pour des volontaires vendu» an roi, et nous montrions un faux brevei- De celle manière, ceux de nos gens qui voudront aller chercher fortune dans le camp huguinot ou ailleurs pourront

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ganter le Piitou. Macabre nomplo leur donnnr tarifas, sauf è tirer do eob eût* avec vos dépouilles, s'il ïùii rm cavaliers s'aventurer dan» da trop mauvaises nHairos, Dune, mon cher marquis, nous voici en mesura de voui ruinât, et, pour voira malheur, vous êtes venu vouj jelor Ici dans les mains de gens bien décidés fa vous et» la vie.

— C'esl-a-dire que mon sort est dsna les vôtres, répondit le marquis, et vous me le dites pour me fnirc

Brian tes, vous y trouverez pins do profit qu'a partager

— Pour cela. Je vous Tel dit, marquis, ce n'est pas moi qui dirige ; mais je puis voua aider fa vous débar-

nant, qui aime mieux l'argent que les coups.

— Dono, c'est ma rançon et celle de mon chi

quelle est, je le confesse, sans défense, en votre pouvoir. Quant au château...

— Quant eu château, vom, v amcK qu une fois libre, vous le défendrai I Aussi ne seres-vous point libre avant que nous en soyons sortis, fa moins que...

-A moins que je ne paye?

acré pour qui, comme votre Odàte nueur d'un gentilhomme tel que

- Que voulei-vons donc que je signal dit te mar-

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| un loix-nonS lot

! La j'roserplno garda un instant le silence. Sou visage 1 prit nue expression de malice ilfohulfenw, ai cependant 1 il s'y l'u ÏRiiil, ea mime temps, une anxli'td slii(iuli6ra, cuiiime ai cil» oùt tuurI quelque peu i)a rus exigences.

- Allons, allons, lui dit le marquis, parlez et Unisfui» vile, avant que votre compagnon s'éveille.

- .Mon compagnon n'est pas mon épnux, vous le satpz, monsieur le marquis, reprit la liflulenanle en nuii.atiila.rir. Il pst fort laid et fort liflto... al, bien que vous ii» soja pas plus jeune nus lui, voua avez encore dos ggréioeatt... auxquela Je n'ai pas toujours oin aussi insensible que je le paraissais.

- Quelles (biles me contez-vous la, mi pauvre Belliiuleï... Allons, Ireve de plaisaateries... Concluons!

- Je no plaisante pas, marquis ! J'ai toujours eu la passion d'eira une femme do qualité, et, s'il but conclure, voici mon unique et dernier mot : Soyez libre 1 pas do rançon ! Partes, coures défendre votre manoir, si jo ne puis empêcher qu'on l'attaque, et, quel que soit le résultat de l'affaire, voua tiendrez la parois que vous allez m'écrira de me prend» pour voira famine légitime et hyalaire universelle.

- Ma femme, voua! s'écria le marquis en reculant de stupeur; y songeï-vous! ma légatricel quand Ma-

- Ah 1 nous y voila ! n'est le beau petit qui est l'achoppement. Maê soyez tranquille, j'aurai des bontés pour lui, s'il an conduit avec moi comme il le doit, et, à ma mort, votre bien pourra loi revenir, pourvu que je sois coulante de lui.

- Beilinde, vous êtes folie I dit le marquis eu se taïaut; a moins que tout ceci ne sort un jeu...

- Ce n'est point un Jeu, et, mort de ma via I dit-elle

répondit Itois-Uoré : ja ne ma prêterai Jamais !i i fantaisie! Mois saclie; que Je nu ma lai j su toi ji aliu c gor comme un maillon et que.

Le marquis, dégainant son couteau, s'était élancé U porte pour recevoir les assassins, que Uellindu.éli «Me de dépit, s'efforçait eu vain d'appeler, lorsque te Mocabit. ce leva tout i coup on trébuchant, et lança a li «te de son éftme un broc qui l'eût tuée, s'il eût eu ti main plus assurée.

— BétesKibtocnrognol a'écria-t-il on la poursuivant par la chambra; «h! lu vous épouser ton vieux marquis? Tu me crois sourd peut-être, et tu ne sais pas que le eapilaino Macabre na dort que d'un «il et d'ut* oreille I Reste-]*, toi, marquis I Je ne t'en veux point, car tu os refusé les offres de celte damnée Pu Reste, dla-jel Aide-moi î, attraper la diablesse! Je lut veux tordre le cou en bonne tonne et Taire un ti de sa peau!

Malgré ces séduisantes invitations, le marquis, laissant les deux amants aux prises, s'était élancé dans l'escalier, et Mario, effrayé du bruit qui se faisait dans la salit haute, s'était aussi élancé vers lui. Hais ils ne purent ni

D'un coté, Proserpine, poursuivie par le Macabre, qui l'assommait à coups de bâton de chaise, roulait sur ou dans l'escalier, de l'autre, les relues de la

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os eors-aOBt 133 Ml assai! brutalement, l'eiwiortèreitl dans lu salle 01 l'y etnuu.itronl en sd Jmraiiarit de ses cria elde tes ranimées

La lieiiwnante, liabîtuciu à ces orages, no fut pu loaciempi non plus à ae remettre.

A peine °"t-elto «™iû un verra de genièvre de Mardis, que lui présenta un de sei pages, qu'elln chercha d'un mil d'oiseau de proto bu victime, râfugide dans un

- U cuisinier, le cuisinier I s'écria- t-eila. Amené* devnnl moi la cuisinier.

On amena la marquis et Mario, qui s'attachait à tui nrec désespoir.

Bcllinde reconnut l'enfant du premier coup d'ici! , et sa ligure, blende par le peur, s'empourpra d'une Joie

— Mes amis, s'écria-t-elte, nous tenons le sanglier et le marcassin, et il s'agit ici d'une belle rançon pointons, mais pour nous seuls, entendez-vous î et sans partager avec les Allemands (elle appelait ainsi les reitree du capitaine), niavec M. Saccage et ses Italiens! A nous, a udus seuls te Bols-Doré et son petit, et rire la France, tudieu! Dite plume, du papier, de l'encre; vite I il faut gue le marquis tige* sa rançon! Je connais son avoir et je voua réponds qu'il no m'en cachera rien ! Mille ecus for pour chacun de ces braves, entends-tu, marquis? et pour mol, la parole que je l'ai demandée. î

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- Pour loi, méchante fommo, toute ma Umuiw, âVcris lo nmrqui*, puurvu que mon flla ait la vie mut, lionnes, donnas la ptunul

— Non pas, reprit la Proscrpina. ta n'est pas ment Ion bien que Je ntu, c'est ton nom, et slijiior la praïHBsao de mariage.

M> marquis n'eût pis «ru que cette diablesse .

Mais, bien loin d'en être scandalisé, tua rettrcs an. pleudircnt comme a un très-ban tour, et lu uns manu eu visag» de Bois-Doré, révolté du rôle abject et ridicule qui lui était assigné.

— Vous en demanda trop, madame, dit-Il en leva» les épaules; preneï mon or et mes terres, mais nu» honneur...

— C'est ton. dernier mot, vieux (ouï More, ici, camarades! une corde, et donnez-moi l' eslrapadeàt» marmot!

En partant ainsi, l'odieuse Cils montrai! un croc di> ter planté a la voûte do la cuisine st qui eervaii 0 suspendra les poids du tournebroeb*.

En un din d'rail, on se saisit de Mario, qui cria a» marquis:

-Refuse!, refuse, mon pèrel je supporterai looti Mais le marquis était incapable de supporter, m seconde, la pensée de voir torturer son enfant.

— Donnez-ffioi la plume, cria-t-U, je consens! » signe loutcfi que tous Toudrext

— Donnons-lui toujours un ou deux sauts d'estrapade, dit 1 un des bandits ers commet a «tacher Marie; ça rendra 1 écriture da vieux plus coulante.

-Oui, faites! répondit la Proserpir» Cs méchant ■Ont a bien mérité.,.

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dr noin-ponl

[.o iiwbhus devint lutoux; mois il s'opina aussitôt ou regardant son paiwro enfant, qui pilissa.il de terreur, maigre sou courage.

Il n'y avait pas h téta résistance. Mario Mit tenu en

imfc-lMré tomba aux pieds de lu Proserpino.

■ Ne Entes paaaoulïrir mon enfanll s'écria-Ml; je eèile, jo nia soumets, je mua épause; ijuci vohIm-vmis donc ils plus quo ma puralaf

- Je veux ton seiiui et ton scol, répondit la Prosor-

Lomorquis prit la. plume d'une main tremblante, et, sous la dicléo de cette furie, il écrivit :

• Moi, Sylviin-Jean-Pierra-Lauls Bouton du Noyer, nwrquis de Bois-Doré, je promets et jure à demolsclla (îuillelle Carcat, dite BoUinde et dite Proserpine... »

En ce moment, une effroyable rumeur so Ht entendre, et les reflroa de Proserpine s'élancèrent vers la

Celaient les Allemands du capitaine qui, appelés par lui delà fenêtre, accouraient pour le délivrer. La garde était montée par les Italiens de Saccage, qui avaient ordre de ne laisser entrer ni sortir personne.

Cas trois corps étant toujours en querelle comme leurs chefs, ceux-ci les maintenaient en lea séparant, liais, cède fois, ce fut impossible; Saccage, que les cru: de Macabre avaient attiré aussi, et qui pensait que la Proserpine voulait eu finir avec son tyrar., s'efforçait d'empêcher que les Allemanda m lui portassent secours. Quant aux Français de la lieutenante, ila ne voulaient

ni des uns ni des autre», et ils ■ toUeler, sans faire encore usa

. ils commencèrent tous à se usafte de leurs armes, mais

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IM lis bk.iux MussiRuna

«n n'injuriant aven fureur et se gommant dos pieds al

dos poings.

Ce vacarme «tait accompagne au Dris des meuble» dans la safte haute, où Macabre so débattait comme ut diable pour n délivrer, et des cris aigus de la Hroserpi », qui oricouragwiit ans gens ot commençait à craindre pour sa vie, s'ils avaient le dessous.

Ou pensa bien que te marquis n'attendit pas l'issue ria In lutte pour songer à la tuile. Il ne fit qu'uu siui vers son liis peur le délier; maie la corde était ai arlislement nouée, que dans son trouble, il ne pouvait parvenir à la défaire.

— Coupez! coupez I disait madame Pignour,

liais la main du vioUlord était agitée d'un mouvement convolait, Il craignait do blesser l'enfant avec le

— Laissez-moi donc faire! dit Mario en les repous-

Ut, avec adresse et sang-froid, il défit le nœud.

Le marquis le prit dans ses bras et suivit l'hôtesse et ea serrante, qu'il vU courir vers l'office.

En s'élançant au dehors, il faillit torahar sur le seuil : un corps était étendu en travers; c'était celui du Bréchaud. Il était mon; mais près de lui gisaient deui reitrea, l'un transpercé d'une broche n rolir, l'outre 1 moitié décapité par le tranche -lard. Jacques s'était vengé, et il avait dégagé le passage. Sa laide mais énergique figure avait une expression enrayante ; elle semblait contractée par un rire de triomphe, et montrait ses crocs espacés comme si elle ellt voulu mordre.

Le marquis vil rapidement qu'il n'y avait plus rien i faire pour le pauvre brèche-dents. 11 tenait Mario semi contre sa poitrine et courait comme il pouvait.

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HE BOIS-DOHg 157 Mots-moi II Wfro, lui disait l' enfant, lions courrons niiuu\. Jo t'en prie, muta-moi h terre!

Mavs le marquis erayail entendre uriuor derr^re loi tes torrlblas pistolets a pierro , et il voulait taira do sou corps un rempart a son ûla.

Il sa décida i> iu laisser courir aussi quand il se vit uocb dn uortéu; ut tous doux sa liatàreut vers le taillis uîi se cachait la b* demi-ccroulé de l'ancienne hùtel-

Chramii faisant, ils virant courir aussi madame l'igaaox et sa servante. Ces deux vieilles leur lirent peine, (luis tes appeler, c'était les perdra et se perdre avec elles. Elles coupèrent a travers champs, se dirigeant vers quelque cacliette apparemment connue d'elles comme un ban refuge.

I«b beau* messieurs de Boia-Uoré Muteront sur leurs ehanm et ae garderont bien do descendre le Terrier par la routa. lia enfilèrent un de ces chemina étroits et bordés de hauts buissons de prunelliers qui serpentent aalro les endos.

La bataille des relire» pouvait cesser brusquement. Ile étaient bien montés et capables do serrer de près leur proie; mais le galop léger de Rosidor et do Coquet faisait peu de bruit air la terre détrempée, et le chemin qu'ils suivaient se croyant avec les autres, leapoursuivanta devaient se séparer en plusieurs groupes pour chercher à lea atteindre.

B s'agissait avant tout, de gagner du terrain ; aussi les Bois-Doré no songèrent-ils d'ahord qu'à dérouter l'ennemi en s'enfonçant au basant dans ce dédale de traîne» boueuses qui s'encaissaient de plus en plus, a mesura

qu'elles touchaient au fond de la vallée.

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158 Lia bkm'x MBssmona

Au bout da dis minutes de triple galop, le marqua arrêta son cheval et colui de Mario,

Halte! lui dit-il, et onvm ta fine oreille. Somma.

noua poursuivis!

Mario écoula, mais le bruit des naseaux do son client essoufflé l'empêchait de bien enteadro.

Il sauta à terre, s'éloigna de quelques pas ot revint.

— Je n'entends rien, dit-Il.

— Tant plat répondit le marquis; ils ont fini don battra, et Ha doivent penser à nous. Vite à cheval, mon enfant, cl courons encore. Il fantgagnur Brilbault, tt sont nos amis et notre monde.

— Non, mon père, uou, reprit Mario, qui était ddjam selle. Il n'y a plus personne a cette heure à Brilbauu. C'est a Briantes qu'il faut courir par la traverse. Ob!|s vous en prie, mon père, n'hésite* pas et ne doutei pu que je n'aie raison. le suie bien assuré de ce que je vous

^Bols-Doré céda sans comprendra. Ce n'était pasls moment de discuter.

Ils gagnèrent en droite ligne le hameau 4e Lacs, I travers la grande plaine ffomentale qui, appartenant tout entière à la seigneurie de Montlevr, n'était pas, à celle époque, divisée en plusieurs lots garnis de Mes.

C'était marcher a la grâce de Dieu, en pays découvert et sans pouvoir aller vite ; car, en beaucoup d'endroits, las chevaux entraient jusqu'aux genoux dans ta lero labourée.

Nos fugitifs firent cependant la moitié du trajet sans entendre aucune bande de cavaliers sur le chemin, qu'a suivaient a peu près parallèlement, à une distance it deux ou trois portées d'arquebuse.

Calait, dans la pensée du marquis, un assex mauvais

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DRinia-nonf )jn

«Ignfl. l.a quaralla des retires n'avait pan dit s» prolonger jusque-là. Du moment que les Allemands auraient vérifié que HacaW n'était pas assassiné, mais seulement enfermé pou, cause d'ivresse, tout devait s'apaiser, « "a Proscrpinc n'était pas femme à oublier les captifs, dont elle «notait tout au moins une bonne rançon.

—Si l'on no descend pas sur nous par la routa frayée, pensait le marquis, c'est que l'on nous a vualraverser In plaine, c'est que l'on nous attend aux abords de ta tailla île Veille, par las chemins creui que la Ballinde peut fort bien connaîtra. Peut-être ces coquins sont-ils plus près de nous que nous Dépensons; carie brouillard s'épaissit, et je commence a ne plus savoir si cas ombrea que Je vois ià-baa sont das tâtsaiw de chêne ou dos cavaliers au repos qui nous attendent. »

11 arrêta encore Mario pour lui faire part de ses appréhensions.

Mario regarda les arbre», et dit :

— Marchons t marchons! tl n'y a point li de cavaliers.

Les fugitifs reprirent leur course. Hais, comme ils passaient le long de la Uiue qui, a cette époque, s'étendait Jusqu'à la métairie d'Aubiers, Usée trouvèrent subitement pressés par un groupe de cavaliers qui débouchatent à leur droite et qui leur criaient: « ttaltel n d'une voix

C'étaient bien des voix francakes, mais les aventuriers de la BeHmde étaient Français.

Le marquis hésita un Instant. Ces gens, encore couveris par l'obscurité du bois, n'étaient pas faciles à m- Connaftre, tandis que le» Bois-Doré étaient asaex loin de la Mire pour na devoir pas échapper à leura ra-

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]GQ LES BEAUX MKSSISU1I5

Msrelwia toujours! lui dit Mario. SI ce ue sont point des ennemis, nous lu verrons bien!

Vive Dieu ! répondit le marquis, ce sont les rellns,

car ils nous suivent! Courons, cnurons, mon cher enfauu

Et il pensa en lui-même :

—Que Dieudonnedea Jambes h mes pauvres cfaevam!

Mais les clievaiut avaient trop couru dans la terre grasse pour n'avoir pas perdu leur première ardeur, et ceu* qui les poursuivaient le serrèrent bientôt de si près, qu'à tout moment le marquis croyait entendre siffler la balles à ses oreilles. Il perdait du temps à vouloir, en dépî t de Mario, se tenir derrière lui pour recevoir la première décharge.

Un cavalier mieux monte" que 1rs autres 1 atteignit presque et lui cria :

— rarrèteras-lu, larron, et faudra-t-il que je le met

— Dieu soit loué, c'est Guillaume ! s'écria Mario ; je reconnais sa rote I

Ils tournèrent bride, et ne furent pas peu surpris ce voir Guillaume s'élancer sur euï et (aire mine de jeter le marquis è bas de son cbeval.

Hé! mon cousin! dit Bois-Doré, ne me recon-

naissei-vous point?

— Ah! qui diable vous reconnaîtrait dans cot équipage? répondit Guillaume. Qu'est-ce que vous avez donc là de blanc sur 1» tels, mon cousin, et quelle sorte de jupon portes-rous flottant sur la cuisse? Je voulais avoir de vos nouvelles ; puis, vous voyant de près, je croyais bien reconnaître votre cbeval et celui de Mario. Maie jî m'imaginais voir en vous des voleurs qui emmenal-nt vos montures, peut-être après vous avoir assassines! Kswe donc là Mario? Vraiment, vous ôte» accoutrés d'une étrange façon toua les deuxJ

h ion-Boni 151

— ïl est vrai, dit le marquis en so rappelant son tablier tic cusine et son Iwnnet do toilo, dont il n'avait enitirfi eu ni le loisir ni la pansée de sa débarrasser; Je ne suis point équipé en homme de guerre, et vous m'obligerez, mon cousin, de me faire donner un chapeau el des armas, car je n'ai au liane qu'un couteau de cuisine, et nous pouvons avoir bataille d'un moment h l'autre.

— 'tenez, tenez, dit Guillaume en lui passant sun propre chapeau elles armes de son iikùlleuruoroeatique, faites vile, et ua nous arrêtons point; car il parait que votre château est en danger.

Rois-Doré crut mm Guillaume était mal renseigné

— Point 1 dit-il; les rettres étaient encore à Ëialifi, il y a une demi-heure.

— Les retires à ÉtaliÔ? s'écria Guillaume. En ce cas, noustie risquons rien do courir, si nous ne voulons être pris entre deux fenx 1

I! n'y avait pas d'explications à échanger; on reprit, eu grande Mie, la plains jusqu'à Briantes.

Le long du chemin, la troupe de Guillaume se grossissait des gens de Bois-Doré, lesquels, après de vaincs recherciies à Brilbault, avaient reçu les avis de la petite bohémienne, et revenaient à tout hasard, n'ajoutant pas beaucoupde foi à son message, et pensant que c'était quelque ruse de ses camarades pour dérouter les investigations.

ils ne s'étaient décides qœ parce que Piler leur avait dit que leur maître était averti et allait revenir sur ses pas; ne l'ayant pas va au rendez-vous général de Brilbault, ils avaient pansé que, vrai ou faux, ravis, avait été donné au marquis, et qu'il était inouïe de l'aller chercher à Étaiie.

H. Robin n'avait pas cru un mot du récit de Pilar. tl s'était iiiSatluloiiiï mis on roulo, avoc son escorte, mab sans so presser beaucoup, et on pouvait craindre qu'il n'oat rencontré les reliras , car on arriva on vue dt Briantes sans qu'il eût rejoint.

On s'inquiétait aussi de maître Jovelln, qui était parti le premier de Brilbault avec cinq ou six hommes do Brianles, et que l'on s'étonnait de ne pas rattraper, bien que l'an marchât très-vite '. w vite, que cas réOcxlions furent faites par ciiacim sans quo l'on prit le temps de se les communiquer.

J'ai lu, dans bien des romans, de longues conversations entre les personnages, pendant qua les chevaui fendent le vont et dévorent l'espace; mais Je n'ai jamais vu, dans la réalité, que la chose fût possible.

Bien qu'il ne fat guère qu'une heure du matin, on vit clair comme en plein Jour en traversant le village. Les bâtiments de la renne du château étaient la proie des

A cette vue, personne ne douta plus, et l'on s'élança à l'assaut de l'huis, qui était fermé et défendu par Sanche et quelques bohémiens rassemblés par M à la hâte, dès qu'il avait entendu le galop des arrivants.

— Que taisons-nous li, mon cousin? dit Guillaume au marquis. Nos gens s'emportent par trop de* couraf» et n'attendent le commandement de persouno. Nous ai-

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loua y parité nos meilleure valets, peut-être sans prollll Avions à faire <î« l'onvra|;e qui serve.

-Oui, certua, répandit Buis-Uoré, occupez-vous do les ratenlr. Ce n'est pas un moment fie plus ou de moins qui empêchera rua grange du brûler ; j'aime mieux la vie .U: ces bons chrétiens que ton» ma récolte. Rappal.«ios, m les apaise* I la ma veux d'abor.l oecuper de cet ci i fuit qui m'inquiole.

En parlant ainsi, le marquis emmenait Mario un peu à

— Mon fils, lui dit-il, donnez-moi votre parole de gentilhomme de ce point avancer que Je no vous ap

— Eh quoi! mon p*re, s'écria Mario consterné, vous me parlez comme faisait tantôt Arisiandre, et vous me traku comme un tout petit enfant I Sont-ce là les levons d'honneur et de vaillance qua vous me donnez aujourd'hui, vous qirï...î

— Silence, monaieurl obéissez) dit le marquis parlant pour la première fois avec autorité à son blcn-aimC. Voue n'êtes point encore en (tga de vous battre, et je voue le défends !

Ile grosses larmes vinrent aux jeux de l'enfant. Le marquis détourna les siens pour ne pas les voir, et, laissant llario au milieu d'une petite réserve de ses bons serviteurs, il courut rejoindre Guillaume d'Ara, qui avait réussi i ramener l'ordre et l'obéissance dans sa troupe.-

— 11 est iris-inutile, lui dit le marquis, d'essayer de forcer l'huis : avec deux hommes, il peut être défendu une heure, à moins que nous ne voulions sacrifier «ne vingtaine des noires. Ah! mon cousin, c'est fort bien feit de fortifier ses entmiictt, mais c'est fort mai com-

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161 IK9 RR1UX MB8SIRUKB

modo lorsqu'il s'agit de rentrer chez soi. Ku tel endroit, la fossé « quinze pieds de profondeur, et vous voyez qus le» talus ne permettraient pas eux nageurs d'ubordei sans 6 Ire foudroyés par le moucharabt Saven-vous « qu'il fautfaireî Regarde* 1 La grange ait écroulée Eh Irien, elle a du tomber dans la fossé at le combler en partie. Cest par la qu'il faut entrer. J'y vais avec mon monde. Restez ici comme si vous cherchiez des plancha et des engins pour remplacer le pont levé, et ce, pour tromper l'ennemi, que vous empêcherai! do fuir qutrai noua tomberons sur lui. Nous autres, mes amis, dit-il i ses sens, nous filerons sans bruit derrière le mur, dnnt l'ombre nous cachera, malgré le grand feu qui consuma nos gerbes.

Le plan du marquis était fort sage, et ce qu'il prévoyait avait eu lieu, Le fossé était comblé en partie et le mur écroulé par la chuta de ta grange. Mais il fallait passer sur les décombres en feu et à travers des vague de flamme et de fumée. Les chevaux, effrayés, reculèrent.

— A pied, mes. amis, à pied! cria la marquis en «'avançant au galop dans cet enfer.

Le seul Rosldor s'y jeta avec intrépidité, franchit tous lesobstacles avec une adresse miraculeuse, et, sans s'inquiéter d'y griller sa belle crinière et les rubans dont elle était tressée, il porta vaillamment son maître au milieu de l'enceinte.

La marquis ne risquait rien pour sa riche chevelure. Cite était restée sous les fagots, à l'auberge du (Jeudiiîouje.

Ses valets, déjà fort a.-iimés par le désir de retrouver et de délivrer ou de venge- leurs familles, furent électives par le courage de leur maître, et plusieurs le sri-

tirant d'nssoa près pour l'empêcher do tomber au* nains

Mais, au moment on le gros do la Iraiipu s'engageait tua les décombres embrasas, un cri d'alarme, puussé par un dos paysans qui In composaient, arrêta tous Ion Miras et les lit reculer avec leirour.

Le grand pignon, encore debout, de la grange, subissant l'action d'une chaleur intense, venait do craquer et, su courbant, menaçait d'écrasar quiconque essaierait de passer. Une seconde d'allante, et on allait le voir tomber; alors on passerait, quoique difficile que fol l'escalade. Voila ce qne chacun pansa, et tout le monde attendit, liais les secondes, les minutes même se succédaient, et le pignon ne tombait pas. Or, ces secondes et ces minutes-li étaient des siècles, dans la situation ou se trouvait, en cet instant, le marquis.

Seul avec une dizaine des siens, il tenait tete à toute li bande dos bohémiens, encore composée d'une trenlaine de combattants.

Quatre heures s'étaient écoulées depuis l'évasion de folio sous ut sarcasme, et, depuis ces quatre heures, les bandits n'avérant pas songé seulement a se repaître.

A la première ivresse de leur victoire et à la première satisfaction de leur appéut avait bientôt succédé l'espoir opiniâtre de s'emparer du château. Us avaiont essayé tous les moyens de s'y introduire par surprise. Plusieurs y avaient péri, grâce à la vigilance d'Arlamas et a-Aiistandre, secondés par la présence d'esprit, les bons «rasent et l'activité de Lauriaoe et de la Horisque. Voyant leurs efforts inutiles, ils avaient mis le fen a la grange, dsns l'espérance d'engager les assiégés à faire une sorte pour sauver las bâtiments et tes récoltes. Ce ne fut pas sans y dépenser des trésors d'éloquence que le sage

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HH LUS BSiUï HBBSIBUnB

Adamaa réussit à retenir Ar&tandre, qui voulait uo juin dans le piège téte bnisséo. 11 avait mema fallu que Uu. riann employai sou autorité, at lui démontrai qu», succombait dans son entreprise, tous les malheureu renfermes daua le château, i commencer par elle, étaient perdus sai» retour.

Depuis une heure que la grange brûlait, Aristandri, exaspéré, avait épuisé tous les Jurements et tuutos la imprimions tla son vocabulaire. Condamné au repos, i rongeait son frein et maudissait même Adam as et Uit riaue, et Mercddès par-dessus la marché, et Clindor, q» prêchait aussi la patience, enfin tous eaux qui rampéchaient d'agir, lorsque Adamaa, grimpé au faite deli tour-escalier, lui cria de la lanterne r

— Monsieur est Ut monsieur est la! Je ne le vù pas; mais il est là, j'en réponds! car on se cogne, et je suis sur d'avoir reconnu sa vote par-dessus toutes In

— Oui! oui! s'écria Uercédèj d'une des fenêtres di préau; Mario est la, car te petit chien Fleurial ta comme un fou; il l'a senti. Voyez I Je ne peux pas li tenir!

— Aristandrel s'écria Lauriane, sorteil Sortons tous,

Arkiandre était déjà sorti. Sans s'inquiéter d'élu suivi ou non, il s'élançait aux cotés du marquis el k débarrassait de La Flèche, qui, souple commeun sel' pent, avait sauté en croupe derrière lui et l'étouOait dus ses bras maigres et nerveux, sans réussir toutefois S k désarçonner.

Aristandre saisit lo bohémien par une jambe, au risqos n'entraîner le marquis avec lui ; il le jeta à term, le fouit ■eus sas pieds, «i ayant bien soin de lui enfoncer te

DE BOIS-DDRE 10?

celés; pais, le laissant là, évanoui ou mort, H se jeta sur les autres.

U-.s domestiques du chUeau étaient sortis aussi, manie Uicidor , M même la pauvre petit Flourial, qui avait échappa aux h™» I» Hor isque éperdue, et qui ae jeu &ms les jambes du marquis , bien empêché de s'en apercevoir, puis, enfle, disparut dans le tumulte pour aller chercher Mario.

Uuriano, année et exaltée, ventait sortir aussi,

— Au nui) du ciel, dit Àdaïuas en se jetant au devant d'elle, ne faite pas cela 1 ai monsieur voit sa chera (lue dans le danger, lien perdra l'esprit, et vous aère* cause qu'il se fera tuer. Et d'ailleurs , voyez , madame ! me voilïi seul pour fermer la porte, ce qui peut sauver las nôtres. Ssit-on ce qui peut arriver f Rester pour m'aider

— Mais la Horisqne est sortie I s'écria Lauriane. Vola, A'iamas, voie! celte brave fille cherche Mario. Kilo suit le petit chien 1 Mon Dieu! mon Dieu! Mercedes, revend ! voua allez vous faire tuer I

Mercedes n'entendait rien au milieu de la bataille. D'ailleurs, elle n'eût rien voulu entendre : elle ne songeait qu'à son enfant. Bile traversait littéralement le fer et le feu; elle eût traversé legranit.

Le marquis et Aristandre , vaillamment secondés, furent bientôt maîtres du terrain, et commencèrent 4 refouler les bandits , partie du coté des ruines de la grange, partie du coti de l'huis, Ceux qui passèrent sous le grand pignon, sans s'inquiéter de sa chute imminente, furent reçus à coups de pique et de pieu par les vassaui de Dois-Doré, qui avaient commencé a franchir ce passage redouté.

On en tua et l'un en prit plusieurs. Les autres re-

JB8 les seau* uBssietrns

brousserent chemin, et, longeant les murailles, touta li banda, qui ne complaît plus qu'une vingtaine d'hommei valides, ea trouva engouffrée sous la vonte de l'hula.

— Éteignez 1k feu ! cria Boia-Doré, qui voyait Hncen. die gagner les autres balimenla de la ferme, et ferissei. nous aclKwer la tmrwftMwife de celle canaille I

En partant ainsi, il s'adressait ouï paysans et m femmes ot enfants qui s'claient décides a sortir du coV tenu, et il courait avec soa damesliques a la voulu à l'huis, ou un étrange conflit venait de s'engager enln les bandits on fuite et Ssncbe, resté seul gardien de U aorlie.

Sanche avait une seule idée, une idée implacable. Il avait vu Mario hora de portée, plaça par k raarquij derrière une maison du bourg avec une escorte. L'enfant était bien abrité et bien gardé. Hais il était impossible qu'à un moment donné, il ne sortit pas de cetu retraite el ne s'engageât pas à la portée de l'arquebuse.

Sauchs était là en arrêt, le canon de son arme appuie sur un créneau du moucharabi, le corps bien caché, l'œl fixé sur le coin du mur d'où sa proie devait sortir tût m tard. Le sombre Espagnol avait pour lui te formidabh avantage qu'aucune préoccupation pour sa propre vi ne le détournait de son but. Il n'avait en tète aucun souci du lendemain, ni même de l'heure qui s'écoulait, grosse de périls. Il ne demandait au ciel qu'une minute pour savourer et accomplir sa vengeance.

• Aussi, lorsque les bohémiens en déroute vinrent sa -heurter en hurlant, l'e'pée dans les reins, contre les pieux massifs de la sarraaûw, Sancbe ne bougea non plus Cie les pierres de la voûte. Ce fut en vain que des vont furieuses et désespérées lui crièrent :

— Le pont! La facrso 1 Le pont I

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kg Bois-pont ton U fat sourd ; que lui Importaient as» complices ! Les bohémiens furent forçais de s'élancer dans la manœuvra «or essayer de se délivrer. Leurs Femmes et lours enfants poussaient des «ris lamentables.

Celait la conlre-parlie do la scène de terreur et de confusion qui avait eu lieu en ca mémo endroit, quelques heures auparavant, parmi les vassaux éperdus de la seigneurie.

HoU-Doré, toujours a cnevaf et entouré des siens, louait désormais en cage tous les débris de cette borde d'assassins et de voleurs. Leurs femmes, devenues furieuses pour défendre leurs enfanta, se retournaient coulre lui arec la rage du désespoir.

— Rendez-vous I rendez-vous tous ! s'écria le marquis pris de pitié; je fais grâce à cause des enfanls !

Hais personne ne se rendait : ces malheureux no trojaient pas à la générosité du vainqueur ; ils ne comprenaient pas la bonté, — cluse rare chez les seigneurs de cette époque, il faut en convenir.

Le marquis fut forcé d'arrêter sas gens pour etnpéfher, comme il l'a dit depuis, un massacre des innocente, ai tant est qu'il y eut des innocents parmi ces petits sauvages, déjà dressés a toute la perversité dont ga étaient capables.

Enfin, ta sarrasine fut levée et le pont s'abaissa.

Guillaume, aussi généreux que te marquis, eût fait grâce aux faibles; mais à la grande surprise de Bols- Doré, les fuyards passèrent sans obstacle. Guillaume et son monde n'étaient pas la.

— Mille noms du di.'blo I s'écria A ristandre, ces démons se sauveront. Sua ' sus 1 courons-leur sus ! AL ! monsieur, il fallait, pendaiu que nous les tenions la, les Kscner comme de la paille!...

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170 Lia bbaoi uassisnas

El il s'élança h leur poursuite , laissant le martp huuI tous La vaine ouverte et dégagée, mais trts-liiqji rie Maria, et nu pouvant lancer son cheval sur b pw dans la craints d'écraser sua propres geua, qui étajrttX pied et qui se jetaient en foula sur es passage éiro pour atteindre les fuyards.

Enfin, le pont fut dégage. Vainqueurs et vaincus ii lancèrent en avant. Le marquis put passer et vit venir lui, sur sa droite, Mario, qui pensait pouvoir quitter retraite, rua iuta tient que l'affaire semblait Dme.

Quant aux bandits, tout danger paraissait dissipa « effet ; les fuyards ne songeaient qu'a s'échapper curera Ils pouvaient dans toutes tes directions ; quelquos-ui se cachaient ca et lii avec beaucoup d'adresse, tari que les poursuivante passaient outre.

Un seul des vaincus n'avait pas bougé, et nul ne pu aaitb M: c'était i^nchc, toujours caché et aoenouillÉ4ïi l'angle du moucharnbi. De ca petit balcon a micheo» lis, il etlt pu faire tomber des pierres sur les Brian toa car il y avait toujours, dans la galerie de manoeutrr, une provision de moellons bien mesurée a l'ouvertur des micbecoulia. Mai. Sanche ne voulait pas trahira présence. Il voulait vivre encore quelques instants; i regardait venir Mario et la visait à loisir, lorsqu'il a, beaucoup plus près de loi et beaucoup plus a portée, i marquis a trois pas en avant du pont. .

Il se fit alors en lui un violant combat. Quelle viclir» choisirait-il T H n'y avait pas alors do fusils a doux coups. Entre le père et l'enfant, la distance était trop cou» pour permettre de recharger l'arma.

Dans sa lutte avec Àrirrtandre, Sanche avait brisé un à ses pistolets et s'était vu arracher l'autre par ce vtjuurem antagoniste.

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I as BOiB-noR« 171

par un raffinement de vengeance, Sanche es décida

mt Mario. Le voir mourir devait être plus cruel pour

marquis que de mourir lui-nifirno.

Mais ce moment d'héeilatlon avait troublé l'équilibre

> celte tranquille férocité.

Le coup partit et ail* frapper, a un pied plus Las que

poitrine do Mario, monté sur son petit cheval, la Moisque, qui l'avait rejoint et qui marchait près de lui.

Mercedes tomba sans pousser un cri.

— A moi, à moi, mes amis t s'écria Bois-Doré, qui se oyait seul avec son fils exposé aux coups d'ennemis

Derrière lui accouraleni seulement Lauriane et Àdam, qui, en voyant fuir les bandits, avaient abandonné i garde de l'huiaset pour venir les rejoindre. Tudh qu'avec Mario éperdu, Ha relevaient de terre la auvre Morisque, le marquis leva les yeux sur le moulurai» et vit s'y dresser la haute taille de Sanche, qui, «connaissant la Morisque, cause première de la mort de on maître, se consolait un peu de n'avoir atteint qu'elle, lara songer à fuir, il rechargeait sonarme à la haie. Boig-Doré le reconnut aussitôt, bien que l'incendie l'&Mrtt que faiblement cette face de l'huis. Mais le oirquis n'avait plus aucune arme chargée, et il se jeta i bas de son cheval peur rentrer bous la vouto et monter su moucbarabi, Jugeant avec raison que, de tous les enîemis auxquels il avait eu affaire jusque-là, le vengeur ie d'Alvimar était le plus redoutable.

Sanche le vit accourir, devina sa pensée, et, sans l'occuper di lui envoyer des projectiles qui eussent pu tomber a ràté de lui, il s'élança dam l'escalier de la maomivra, résolu a le poignarder, son couteau étant le

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