I.auriano s'en occupait aven un admirable snng-froM
Mario, consterné ot comme liobdté, laissait AJaaw i'uabillnr aans aonger ù rien.
Il dtall ta*h pendant qu'on le botlnit, et Bfunblsil l'avoir pan la force de soulever ses petites Jambes.
Lucilio s'approcha et lui mit sous les yeux ces |* «les, écrites en italien :
« Ayez du coeur a l'exemple do ce brave cœur, s
— Oui, s'écria Mario on jetant ses liras autour du en de son ami, j'y fais mon possible, et Je comprends Un ce qu'elle 6it. Muis ne pensez-vous point que mon pfett songera a la délivrer t
— S faire so peut, dit Adaïaas, n'en doutez poini monsieur. Adamas ne vous quittera point, Dieu nwrd. et avisera a toute heure. Si monsieur se résigne, rt* qu'il y a bien do l'espérance 1 (farder.
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Uli IKlIK-IHiuf, 319
Huirqula oiiiiiioikuI ollocliv «ut, dans sa graiiil'-
(arnii lu'i Adamas et Morcddfia. Cliudur moula sur lu tjatf! ;ihbi Aristunrtrn,
[I ft4 convium i|iiu l.ucllln, but le coinpti! duquel lo min|nn nVWt [las trùs-ra«suril, so rendrait soctfîioou'iU » Heurites ilo son cola.
— Phluiutitiui', dit Adamas m uiarqii», lorsqu'il auront tipmi l.a Châtre, je la tiens ]
— guul, mon ami ? que tloiiN-tu T
. - Mou idou I Qiiiiml nous snroioi il Éùlii, nnus domnii litrons li prendre un instant do repu* choi muduinu fijjiiuuï. tille a uuo tllleulo do l'Jjjfl du tnndimiu Ijiurian», av<:c laquelle noua lu ferons eliantfor d'habits et que nuuïCiniiiiiinir iiisJi lu plane d's ■ ■ 1 1 1 . i ri ■ r 7 .
— Mai» cette filleule ne troUVera-l-oUo 11 a point
!«Hllll»6î
— S olhi ne s'y trouve |wint, i!it Mario, .flto raninuiirutles projets d'Ad«m:is, o'iat moi rjui prendrai la Japc, l'ocliurpc de «lu et lo chaperon di! Uurlunu, ut je «rai causa rester clion madame l%ium , tandis qu'ollo restera en ma place dans l'auberge, d'oii il lui »ora (iiad dp nu sauver chou Guiilnumo ou dira M. Hobin, quand nous serons un pou loin.
— aloa enfants, dit lo marquis, faites tout pour la mieux, mais ne me dites rien ; car un o.-t bien giné de as pouvoir nier sur su parole, «t un mu le demandera icrtainnmont uMand la feinte sera découverte. Tento» donc quelque autre chose cl uarlei bas. Je 110 voua écoute point du tout.
— Voua oubliez, dit 1-auriane, que Je ne mr prêterai à Micanu chose pour me maître en liberuS. Ne clierehffl point, Adamas; et toi, Mario, prends-en tau paru. J'ai luro à Dieu d'accepter mon sort.
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M >» «»'»» MMIMM
En eflel, Lauriane refusa de mettre pied a terra I l'auberge du GfaiiU-Rotigf, ofi l'échango projeté aurait pu avoir quelque chance de succès.
Mario espéra qu'un peu plus loin, sur la roule, c'a te raviserait et accepterai! quelque autre combinaison; mais on eut beau lui remontrer que les choses pavaient Arranger sans compromettre la marquis, eb fut inflexible.
— Non, non, disait-elle, personne ne croira quo It marquis n'a pas fermé tes yeux volontairement. Qb tait, mon pauvre Mario, si on ne te garderait pas or, otage jusqu'il ce que l'on m'eût retrouvée ? Et quanti Adamas, 11 irait en prison certainement, C'est ce que Je ne veut point, et, de gré ni de force , je ne consentit)! a m'éd. ipper ; car, si vous y tentez, je crierai et raèuerai ju 1 mit pour me faire reprendre.
Uuriitne fut inébranlable dans sa résolution. 11 fallut perdre l'espoir de la soustraire à la captivité, et l'os arriva a Bourges beaucoup plus abattu et découragé qui l'on n'était parti de Mutin*.
Le résultat de cette soumission lut assez favorable.
Ulieutenant-genéral, M. Biet, qui avait compté sur la ré-
de le voir sa présenter devant lui avec Lauriane, et rédamer pour elle une retraite honorable et les égarai auxquels la dignité de aa conduite lui donnait droit.
ira ce que L au couvent des religieuses de l'Annonciade, dont Jeanne de France, tante de «on ittastre aïeule Charlotte d'Aï hret, avait été la fondatrice. Lauriane avait ■ quelques amks, et il lui fut permis de garder Mercédis pour la servir.
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M mu s - mm S HT Ce couvent était de ceux ou l'union» propagande jéunique n'avait pas encore pénélré. Los religieux» clol Bées, voudra ii la vio contemplative, no iiions(nlent pas Uitréui'i d'un prosélytisme trop rigoureu».
Le marquis «ut avec la supérieure une conElrenea Janî laquelle il sut la bien disposer on faveur do la Jeune écluse, et il obtint la permission de In voir tous les jiurs avec Mario, ait parloir, on présence do la amur
Maigri colto cspériuiou, le coeur de Mario su brisa lorsqu'il entendit retomber, entra lui et sa clièra com- |Hgae, la lourde porte du couvent.
H lui semblait qu'elle n'en sortirait plus jamais, et il n'était pas non plus suis inquiétude pour Mercedes, qui s'efforçait de sourira en ta quittant, mais qui devint un instant comme Colle quand alla ne le vit plus et qu'elle a sentit condamnée, pour la première fois do sa vie, à dormir sot» un autre toit.
Aussi ne dormit-alie guère, non plus que Uuriane. Elles causèrent presque toute ta nuit, et pleurèrent ennmblc, ne craignant plus d'affliger Mario de leur douter.
- Ha Mercedes, disait Lauriane eu embrassant la Monique, Ja sais, quel sacrifice tu me fais en te séparant de ton enfant pour ma consoler.
- Ma fille, lui répondit la Morisque, je le confesse que c'est encore Mario qua je consola en toi, puisque Mario t'aime peut être encore plus qu'A ne m'aime. Ne As pas que non : je l'ai bien vu; mais je ne suis point jalousa de toi, car je sens que tu feras le bonheur de sa vie.
Il n'y avait pas moyen d'oter à la Morisque la persuasion
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SIS t,ss mtkVK HKHsiKuna
du oo timrisgo Juvraisuiiiblubltt, ut Luuriunu n'us.iU li
oautretto, un w iiiohiuiiMu miriuut.
|lol»-Hori avait qualquos duutos sur les witouaiUife par le PriticB A l'agoni de. Uiurlnno.
Lu Prima ulnlt lui» pi'rtl.li*, nmrn M toflriim iirnnr.>; mai» il n'etnil paa cruel, et non aversion pour loi tomme» n'nllult \>an juHqu'fi la po rafle utiau.
ll'oilloura, In nun-quia avait cru voir quota** (miiltls uliex In I lqii Initnn t-n ArtArnl loraqn'il l'avait questionne sur lefipvatenduaordMaacuraladul'riuce. Il espéra l'nmoner, pur douceur et pnrsuoaioii, h rovoiiuor aon arrêt.
Il envoya un exprès en Poitou pour tflelier Os rolrouvor M. <le Bcuvre ot l'ongngor a revenir rm plus vitn, elil a'eleblitt Bourges, autant pour mim aon plan auprès de M. Biot que pour ne pas punira de vue au chùro pupille.
L'exprès ne put rejoindre M. de Bouvro ; oelui-ci était retombe on nier.on ne Bavait veracpinlariwigoi.
Au bout de deux mois on n'avait pna reçu de soi nouvelles.
Leurisne le pleurait. Elto n'émit paa dupa dos contes que lui taisait le marquis pour lui porsunitr que certaines gens l'avaient aperçu el qu'il se portait bien. Il feignait d'être gend par la présence do la sœur «coûte, qui dormait tout le temps, et de n'oser communiquer les lettres à l'appui de aea aasertions.
Lauriane prit te parti de paraître tranquille peur '.renquilliaer Mario, qui avait toujours lea yeux fixes sur elle avec anxiété.
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LVlo ilo 1C<>3 au |iaaan ainsi snns qnn In marquis, |>nr pritais ou nimwcw, put obluuir l'iilur|[i8 surnom mm mi ion île la prisuiinfaro.
M. l«>-t, craijiimnt d'uvuir fait uno soilisn, s'était but iiiiorisor, apraa coup, h ulultror iiiiiilmuo <b> lluuvra.
I.'alifnnon prolongée et la *\tona: absolu <ln pern unfiraii'iit beaucoup lu situation. Il ifatwtwM furt inutile d'eu nî«r ki motifs, Personne nr pouvait plus en iluu- «r; aux instances ut roprochea du marquis, M. Uïut répondit, awo uii sourire amer :
— M.iia que ce gaiitilbonimo viemto donc ulit-rdiar m min! Kilo lui sera rendue à l'instant, ainsi que l'adiuinlslialion da se a liions.
Lucilio étalliitiioli a Bourges, sous un feux nom, dons le faubourg de Salnt-Ambroise.
Il no voyait personne qu-> Mario, qui vouait sans cquip9DU, sans parure et sans bruit, prendra ses liions.
Jiereéd*s,qui avait la libel lé de sortir, venait lui surtir ses repas, auxquels le philosophe, absorbé par uon Invail, n'eût probablement pas assez songé.
On sentit, en cette circonstance, que M. Poulain s'é- DU fort amendé.
Il était encore à Bourges, occupé d'obtenir l'autorisation d'Être abbé, lorsqu'un jour Lucilio se trouva focs à race avec lui dans le petit jardin qui tenait a son humble
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M <■»» BKflUJi HRNHlHUnR
Le futur aliW et lui dâmuvrirenl, en s'accostait, qu'ils demeuraient sous le même toit.
I.uclliu n'ottendoii atra dénoncé et tracassé. Il n'en Ail Him.
M fcwlnin se pltrt dans aa société, M témoigna lies», coup d'intérêt fi Mario lorsqu'il lo vil arriver pour |.r«ndro soi leçons.
H. Poulain était trop inU'It&enl pour n'avoir pus laji un retour sur lui-même, et il aentail combien pou il itvait compter sur lo prince do Condé; car l'orcrifiïtfqui de DauryoH'refuBail de lo faire abhé avant qao M. li Prince l'y eut auiorisé; H. le Prince no paraissait p» fort pressé do consentir.
L'enistoncu de nos personnages fut donc met paisible durant celle sorte d'exil à Bourges. Ils y goûtèrent maint plus de bécurild qu'ils ne l'avaient lait à Brian tes dim ces derniers temps.
Mais le marquis s'ennuyait bien d'avoir rompu aw toutes ses habitudes de Lue. de bieu-élre et d'aclivitf. 11 se faisait simple et petit pour ne pas attirer l'attenta sur Lauriane dans une ville où l'esprit de la Ligue étal mal éteint, et uù le règne court et violent do la Réforma avait laissé de fâcheux souvenirs.
Mario s'efforçait d'être gai pour le distraire; maisfc pauvre enfant no l'était plus lui-même, et, en lui lisais VAstrêe à la veillée, il pensait à autre chose, ou soupirait a -es peintures des ruisseaux, des jardins et de bosquets qui lui faisaient sentir l'ennui et la dépendait» do sa situation présente.
Aussi Mario était pile et devenait rêveur; il travaillai! à s'instruire avec un «rend acharnement, et son plaisir était de tenir Lauriane au courant de ses éludes, en lui
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dr aota-oouA «il Muni put de Ma petites connaissances fmMioiuoni
(l'éuit u«o maiitèrii de tuer la (einjis dans lonrii entrt^wiHilo chaque jour; car il n'y a pas do pire contrainte qus l'impossibilité de s'épancher, dovaui tiimaii.s, avec Isj gens que l'an aime.
Los Jusultas, qui déjà pimétralont tout en se ulissaitt pirioui, tachèrent do poraundor m marquis île leur (Uiiltor l'éducation de son charmant entant. Il s'urrangi-a four la leur laisser aspirer, voyant bien qu'il ne taisait pas ban de rompre en visière avec eux.
Ils no fui ent pas dupas du su finesse et s'inquiétèrent dos courses mystérieuses de Mario au faubourg. Ils le uivirent et s'inquiétèrent alors do maître Jovelin.
Mais M. Poulain arrangea tout, on déclarant qu'il connaissait Jovelin pour orthodoxe et que, d'ailleurs, il aslistalt aux levons du petit gentil homme.
M. Poulain les craignait plus qu'il ne les aimait ; mais il était de force à tes jouer.
Enfin, les événements de le guerre sa pressèrent; la nouvelle de la paix de Montpellier arriva et donna lieu s de Brands projets de réjouissance eu l'honneur de IL la Prince, do la part de sa bonne ville do Bourges. Mais on dut y renoncer; le Prince arriva inopinément, i!c fort méchante humeur, sentant que son rôle Était U.
Le roi l'avait Joué . d'abord, il n'avait pas voulu raourir ; ensuite, Il avait négocié la paix à son insu. Et puis la reine-mère avait repris quelque crédit. Iticlielieu avait obtenu le chapeau do cardinal, et, malgré tous les soins de U. le Prince, approchait Insensiblement du pouvoir.
GuwH ne fit que traverser la province et la viUe.ll
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IU us oeauk niissmina
uu croyait plus li l'aalrotogie, Il devenait iWm* na
Atau (ipain ion isiil. Il avilit fait un vtsu à Notrulbiiw.
do-l.orette.
Il nanti pont l'Italie anus s'occuper an aucune façon des allaita do an province. M. Bial, sentant que ta huguenots allaient rentrer un possession du leur libwts de ciMistilenno, ot qu'il aurait mauvaise grâce h se fui» arracher la liborté du l.nmisnii, alla lut-mème, avccl* iiniiiuis, la iïii'i'l:Ij:t iin entrant.
Lus Lfligiiaisas la quittèrent avec regret, tcmuisaiM de sa douceur et dosapulitesse.
I.aurlone avait beaucoup souffert duranlces cinq lirait ■le contrainte morale; ollo aussi avait pAli et maigri ; eSa avait suivi, sans sa plaindre, tous lus exercices religieu avec une contenance forme et respectueuse, priant Dieu da toute son âme devant Icb autels catholiques, m s'abstenant, d'ailleurs, de toule réflexion qui eht pu blesser les suinleanilesdel'Annonciade. Mais, lorequ'oa l'engagea a faire acte de renonciation, elle salua comme pour dire : J'entends, et garda un silence opiniâtre t toutes les questions qui lui furent faites. Ce n'est p» lorsque sou père était paut-etre sous la hache du bourreau qu'elle pouvait proclamer sa libelle de conscience. Elle h tut et endura les obsessions avec le stoïcien» d'un patient qui aurait tes mains liées et entendrait bourdonner les mouchée autour de sa tête sans les pouvoir écarter, mais sans vouloir seulement cligner l'œil.
En toute autre occasion, alla témoignait du respect aux sœurs, et les apaisait par d'exquiaw obligwmceî. Un esprit vraiment chrétien régnait lieu reusemeot parmi allés. On fit des vœux pour sa conversion, on pria pour elle, et on la laissa tranquille. Ce fut miracle: ailleurs, Uuriane eût pu, an désespoir de cause, être accusé» de
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m iiois-noua aua
jmgli! m condamné» aux iluntmei temporelles i c'était la dariiita ressource, quand les purjiceuies venaient a test ila 110 pas na |ni<sor convaincra a'Iitlrdsiti pHr leurs
Billn, lu 38 novembre, noa personnage i, pleins d'ospoir cl dejolo, mim'ivii* an miinï.ir d» llrinntos.
On avait reçu de nomma nouvelles do M. da Bbiuto Il avril tkrit lilcn des fois; mais ses courriers avaiont été iwrwptos au Mdelos. Il allait arriver; il arriva, on m. On lui fit dograndoslutas; après quoi, on paila do it séparer.
Il iuiit convenable qua Laurinne retournât dans son àiitau, et la gros de Rouvre so trouvait e l'étroit dam le putit manoir de Briantes. Lauriaiio no devait pas montrer a son pfrre qu'aile eût la moindre répugnance à reprendre la vie avec lui. lilla n'en éprouvait certainement pas, tant elle «"il heureuse do le retrouver 1 Co- !«ndant «lie ressentit une sorte de mélancolie soudaine et involontaire, dès qu'elle rentra dans lo triste cMteuu Ah Hotte.
Les beaux messieurs de Bols-Dord lui avaient fait fa tondui te et devaient, S. la prière do son ptre, rester deux nu trois jours auprès d'elle. Mercedes et Jovclin étaient rte h partie. Ce n'était donc pas la sensation de l'isoleuEnt qui déjà s'emparait d'elle; ne pouvait-on pas d'ailleurs, et ne devait-on pas se revoir presque tous les jours?
Ce vague effroi qui troublait Lauriane, c'était une sorte de désenchantement dont elle ne se rendait pas compte. Elle avait toujours voulu prendre son père pour un hàroa; ses inquiétudes au couvent, à l'idée des dangers qu'il avait courus pour sa cause, avaient porté jusqu'à l'en housiasme l'idée qu'elle se faisait de lui. Il fallait en
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III Ml BlftOX NRI1IKIRI
rabattra dupuia qu'il était la. D'abord, de Bauvrp, qid s'êtult plaint do IVmhoHjiointdan«riiiiii;lLoii, et qualta s'altendnlt a vufr reparaîtra ronigro ot fatigué, arrivait [■lus ruuge et plus gros qu'Auparavant. Sun esprit semblait h'etra BpnisBl h l'avenant. Su gaieté brusqua (liait iloventin m' pan brutale. Il an posait en marin, funioU di tabac, jurait p'.us que de raison, oubliait d'uiiveloppw non scepticisme dans Isa ingénieux npliorlsmcs de (ton. tnljme, ot, par ruoments, prenait des airs de satisfaction mystérieuse ot narquoise qui n'avalent rien d'ouligomt
Lo mot do cette dernière énigme Ait Iflché par lui k lendemain de son retour a la Motte, dans une canfarenM que noua devons rapporter.
On avait chassé, puis soupe, et l'on veillait autour it l'être du grand salon, quand Guillaume d'Ara, qui, depuis la nouvelle de la paix, s'était montré très-assidu auprès de Lauriane, demanda avec un peu d'émotion enjouée i prononcer un discours.
On quitta les jeux, et' avoir demandé k Laurianeun qu'elle lui accorda sans deviner de quoi H s'agissait,
ris, Je vous prie d'écouter uns Iristoirequl eat la mien»
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noia-nung
MB
Tous voyea en moi un garçon qui n'est ni mieux ni plus mil fitil que bien d'autres; esses ignorant, maître Jovollu uo dira uns la contraire; assez riche et esxea bien né, te no sont pas dos vertus ; assez brave, ce n'est pas une vanterie; enfin,.. J'attends quelqu'un qui veuille bleu fera mon éloge; or je ne m'entends gufire, comme vous voyr.ï, 1 nie louer moi- niauio.
— Orteal s'écria le marquis avec sa bienveillance iccouluméo, vous Mes, mou cousin, plus que vous no dites la fleur dea gentilshommes du paya, le miroir do h chevalerie, "t, comme Aleidon, • tant estimé de ceux qui voua cognolasoat, qu'il n'y a rien a quoi votre mérite ne puisse voue faire atteindre, d
-Laissons la vus fadaiseries de VAstrêe! dit M. de lleuvre, Où voulex-vous en venir, Guillaume 1 et d'où vient que vous quflles nos louanges, quand personne crans ne songe a se plaindra de vous!
— C'est qu'ayant à vous présenter une bien grosse requête, mesaire, j'aurais voulu avoir pour avocats aupris de vous tous ceux en qui vous avez le plus de connut».
— Nous vous donnons tous témoignage de loyauté, bravoure, politesse et bonne amitié, dit Lauriane, A présent, parlez ; car nous sommes deux femmes ici, c'esla-dire deux curieuses.
Lauriane n'eut pas plutôt parlé ainsi, qu'elle rougit et regretta ses paroles; car le regard enthousiasmé et un peu fal du bon Guillaume lui fit tout a coup pressentir de quoi il s'agissait.
En effet, c'était une demande en mariage que Guillaume, encouragé par elle plus qu'elle ne l'eût souhaité, présenta à son père et i elle, invoquant toujours l'appui
KWiluriu 01 1" stflildiionl il'uiiu nuiiiiitru qui pouvait t\n iiijfi rilùu lîfimiiio naréublo et uonvoimb dans l'wpm du
(lutta dédiimlan fui assez longuette at embrouille», i-mma teignait In savoir-vivre, bion qu'alla fnl, au ilo. mourant, Iwr.lio ot franclm, et cordiato envers assistants.
Quand Ifl chose fut devenue cloiro , les émotion* divoraw so jieiBniunt aur In visage Jiia audiloura, H. âi Uuin-Puré marqua beaucoup d'embarras ut un pri.t,nil déplaisir, uuntojiiia lu miniix possible. Lamitino baisu 1rs yonx d'un nir pli» ruolniicoliquo que Iroubld. Nw cédas clwrclm avec nnxiutu a lira dans los grands youi do Mario. Mario e'éudt tourné ver» ta muraille; pursonna nu vit sa flguro. l-ucilio regard» uilentivomont I-nuriane,
M, do Bourre rosis seul Irapassiblo « sans expression aulro que colle do la réflexion ; ou eût dit qu'il faisait des lèvres un calcul iuiuercoplible, mais absorbant.
Tout le monde garda le allouée , et Guillaume te trouva un peu confus.
Mais co silence pouvait être considéré comme un encouragement aussi bien que commeune désapprobaiioa, et il mit un genou en terre devant Lauriano , comme
pour allendre sa réponse dans l'attitude d'une soumission absolu?.
Vous nous surprenez par une idée que nous n'avions point et à laquelle nous ne pouvons pas répondre aussi vite qu'elle nous est venue.
— Elle ne m'est pas venue vile , répondit Guillaume. H y a deux ou Iroïs ans qu'elle esl en moi. Haa votre
i Guillaume , lui dit la jeûna e pour l'y décider plue vile-
jeune fee cl votre ileiiil nie fiusalefil craindre Je parler
tnq> H".
— IVMMOlIre-moi 1IV11 .l.mrn\ ilit I aiiriano , qui aillait pnr la voix pnliliciua que Gulllauie avait toujours aiowi joyeuse vie et soupire récemment pour plusiuura jnmra plus, ou moins ù mûrier.
— Madame ma lillu, dit eilllil M. do KCUtre, pormctt<-/-moî de dirnquo Guillaume m* ment |«int. il y ,1 iuiiiitimip», je te sais , qu'il panse ii vu un quinid l'idée du iag" lui vient. Main il se décida un peu Uni, selon mai, h vous en fuira pari.
— Un peu tardî s'écria Guilluuiuu désuppoiiué , au» ricz-viius disposé!...
— Non, non, point! répliqua do llouvrn un riant; ma fille n'est promise ni linneco h personne , à moins que te no soit à notre jeune voisin, le mnrqnis de llois-linré, au 1. ce grave personnage, l'autre M. do Bois-Uord. qui ilorl 1 i-baa , pondant qu'on demande la main dit : a Uural
JI.'u-lo, confus cl bbssé, ne se retourna pas. On crut qu'il dormait; la Murlsque seule vit qu'il pleurait; mais la marquis se leva et répondit avec plus de vivacité qu'il n'en montrai d'habitude :
— Mon voisin, je gage que voira moquerie est un reproche de notre silence, et nous allons le rompre. Vous oie le pardonnerez , Guillaume; cor, aussi vrai que le ciel est au-dessus de noua, je vous tiens pour le meilleur et le plus loyal homme qui soit , digne en tout d'être l'heureux époux de notre Lauriane. Mais, sans vouloir >ous nuire auprès d'elle,Je déclare ici que ma demande a devancé la votre, et que j'ai été encourage par elle et par son pÈre a être écouté le premier.
— Voua, mon cousin î s'écria Guillaume stupéfait.
— Oui, moi, répondit Bois-Doré, comme onde, tuteut et père adoptif de Mario de Bois-Doré ici présent.
— Ici présent I Non, dit M. de Beuvre toujours ej riant, puisqu'il dort du sommai! de l'innocence.
— Comme 11 convient à l'enfance-! ajouta Guillauma avec douceur,
— le ne dors pas I a'écria Mario en s'éiançant iw les bras de son pire , et en montrant sa figure marbrée de sanglota étouffés dans ses mains.
— Oukli, dit M. Beuvre, il nous dit cela avec 4a veut bouffis de sommeil I
— Non pas! reprit le marquis en examinant sou enfant : avec des yeux brûles de pleura !
Uuriane tressaillit : la douleur de Mario lui rappelai! la scène du. labyrinthe et lui remettait devant l'espril les appréhensions qu'elle avait oubliées. Les larmes de cet enfant lui firent mal , et le regard de Mercédès l'inquiéta comme un reproche.
Ludlio paraissait partager cette anxiété. Laurians sentit qu'elle tenait dans ses mains, pour longtemps, ' pour toujours peut-être, le bonheur de celte famille, qui lui avait donné tant de bonheur à elle-même. Elle devint tout à fait triste, et, voyant que le marquis pleurail aussi, elle alla donner au vieillard et à l'enfant un bai* d'égale tendresse , en les suppliant d'être raisonnables et de ne point s'affecter d'un avenir qu'elle n'avait pu encore envisagé.
De Beuvre haussa les épaules.
— Vous voilà tous très-ridicules, dit-il ; et vous, Bois- Doré, je vous trouve trois fois fou d'avoir nourri de vas romans imbéciles la cervelle de ce pauvre écolier. Va» voyez où mènent les gâteries. 11 se croit un homme et veut ee marier, à l'âge où il n'aurait besoin que du fouet.
ni bois-do»»; Î3»
Ces dures paroles achevèrent de désoler Mark» ; elles dirent »érieusemenl le marquis.
— Mon voisin, dit-il a de Beuvre, ia vous trouve an teine do duretés superflue*. Le fouet n'entre pas dans na méthode avec un entent qui a marque le cœur d'un Allant nomma. Jo n'ignore point qu'il ne se doit marier
«ant Bopt ans, à partir du jour où, en totte «terne (timbre, l'an passé, elle me donna un gage...
- Ait 1 ne parlons plus de cet affreux gage I s'écria
— Parlons-en, au contraire, svec grâces rendues i pieu, répliqua la marquis, puisque oe poignard me fit retrouver l'enfant de mou frère. C'est donc par vos mains bénies , ma chère Uuriane , que ce bonheur est mtré dans ma maison ; et , ai J'ai été fol d'espérer que tous y entrerù» aussi, pardonnes-le moi. Plus on est
«aide Beuvre, voua ne nierez pas les a donnés par vous a mon idée. Vos lettres en font foi; tous y avei dit : • SI Lauriaue veut patienter à ne se poini affoler de mariage avant que Mario ait dix-neuf ou ringt ans, je vous jure que j'en serai bien aise. •
— le ne le nie point! répliqua de Beuvre ; mais je serais an sot de ne pas voir la question du mariage de ma fille bous sesdeux faces : l'avenir et le présent. Or, l'avenir esl
dans six ans d'ici; Et puis, quand je voua parlais comme mus dites, mon voisin, ma position n'était pas bien i, et je vous dis, sans détours mainienant, qu'elle
penses!.
d'Ars, écoutes-Moi, et vous
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ÎM i-sa eetux MsssiKtina
compte sur le secret do ce que je vais contler ici à gêna d'honneur et da prudence. J'ai doublé mu fortune dans celle dernière «mmpagiie. C'était là mon but principal si je l'ai touché liai et bien, tout ou survint ma eau» à me» risques et périls.
» J'ai battit île mon inieus les mauvaises gens < tribué, tout comme tin autre, h la paix honorai)!* t[ue lt roi noua accorde. Donc, monsieur d'Ara, si vous nu " honneur en mederoandant mon alliance, c'est soutenau par votre nom et votre mérite; far Je suis pei aussi riche que voua.
■ Et vous, mon ami Sylvain, si voua me mnnpt votre amiilé par la même recherche, sachez que ce n'est point voire fréter qui me peut éblouir; car J'ai au mien, (mil vaisseaux sur la titre, et tout pleins ifw, argent et hterchandises, comme dit la chanson du part
n Donc, mes beaux et chers soigneurs, vous me donnerez la temps de la réflexion pour vous répondre, a ma fil te, sachant à cette heure qu'elle n'est point trop
Sur cette conclusion, on n'avait plue qu'à ae donner
Guillaume, en homme du monde, tourna en plate terie les prétentions de Mario, mais sans aigreur ni malice ; car l'enfant était monté à lui en demander noson, et Guillaume l'aimait trop pour vouloir l'Irriter à ta point.
H s'en alla avec l'espoir assez vraisemblable de Tmporter sur un rival qui ne hn Tenait pas à l'épaule.
Mario dormit mal et n'eut point d'appétit le Me main. Son pfcre remmena, craignant qu'il ne lombâi
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I »B uûl»-Doa< 231
malaria, at commençant il convenir an lui-même qu'il na liât paa joiwr avec l'avenir des enfants an leurprÉsom-e. Naii ce remords tardif ne le corrigea pas. Sa corvn((o raaanesuue M bizarre, qui filnll rostre elle-même celle fan Biifmii, iiq pouvait admettre la nolion saine du isiiips. Da mèma qu'il sa croyait toujours Jouno, il as [jurai que Mario était mûr pour le genre d'amour, froid n bavard, chaste et nuntftn*, que VAttrfr lui avait mit
Mario ne connaissait rien aux subtile» distinctions dos nota. Il ne ressentait qoo les tourments du cœur, les nuls profonds et durables.
Ildisnft: o J'aime Uuriane; s et, sionluieutdemnndd
quel genre d'amour, il eftt rdpondu de bonne fol qu'il n'y en avait pas deux. Pur comme les anges, il riait dans le vrai tddol de ta vie, qui est d'aimer pour aimer.
Des que du Iteavre et sa tille se retrouveront minable, il l'engagea fort a se prononcer pour Guillaume d'Ars.
— Je n'ai pas voulu mécontenter le marquis en me prononçant, lui dit-il; mais son rêve est une lubie, et j'imagine bien que vous ne voulez pas garder encore sût ma le chaperon noir, pour attendre que son bambin ail perdu mutes ses dents de lait.
— le n'ai pas pris cet engagement vis-à-vis de moimême, répondit Lauriane, qui était fort triste; mais je trains que vous n'ayez, à votre insu, pris l'engagement pour moi via-à-vis du marquis.
— Je m'en rirais bien, reprit de Beuvre; mais cela D'est point. Tant pis pour ce vieux fou et pour son l marmot s'ils prennent au sérieux des paroles en l'air î ;
J l'un se consolera avec un cheval de bois, l'autre avec un
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an «a miavx uassifliias
pmwnniut imiif; OU ils aant ou.rf enfanta Pi* <]W
l'autre,
— Hlon chur pire, tlU l.auriann, Il no m'en plu» potsibloda |>|aljianu<r sur ht marquis. Il o été pour moi fins qu'un pire, quoique cl.osa cuwmo un pero, MU iwma un frtre tout oiisemlilu : tant il a mis ils proluctiuu, <lo loruirL'twu et d'aimatdn gtiMi dans aes façons «wc mal Si Mario n'est qu'un enfant, eu n'est tauhûir* pat un m> tant comme les .intrus. C'est une fille puur b*im( tu finesse dus intentions; et c'est un nomma puur io murage, car vous anveï co qu'il u fait et comnio, an plus, il osl savant pour son âge. U nous en remontrerait h tous doux!
Uuiilh, nia filial s'écria de Oeuvre en frappait sur son vonirc, vous voili trop coiffée des beaux musiours do "ois-Doré, ei il me semble que Jo no suis plu graruTchosc h vos yeux. Vous paroisse» compter Leur chagrin pour haaucoup et mon consentement pour rte», puisque voua me faitoa la sourde oreille quand Je vous parle do Guillaume d'Ara.
Guillaume d'Ara est un bon ami, répondit Laurinno; mais c'est un trop vieux mari pour moi. Il a trente soi bientôt, connaît trop le monde et ma trouverai! trop niaise ou trop sauvage. Sa recherche m'eût pente» flattée avant la paix; il aurait eu quelque mérite a nom offrir Tappui de son nom quand nous étions persécutai. 11 en a peu aujourd'hui que nos droits sont reconnus et notre tranquillité assurée. Il en aura encore moins m persistant dans sa demande, a présent qu'il nous sa» plus riches que nous ne l'étions.
Do Bouvre essaya vainement de faire changer d'avis a sa fine. U en iut fart contrarié ; car, au ftind, à Age «pal, 11 eût beaucoup préHré Guillaume à Mario. Un gendre
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Mit ndunuo a la vin pJiyai^ur. ut t.mt prié aux f(l . cilm ni iu^moin.nos lui auriïoimU beaucoup iiùeuxWiiri eijjf.1 cultivé <n un cnrocHm dVMrio.
Liuriunu «a Ucfundi.il, Im.t en servant l.dNLUUouiol ielu tamuue : « Voira vi>luutésura In mlaun • Mm «Ile ™mpnfi, ui, parlant nlnai, sur la promue .)na «un féru lf n-uit faite, dopula son veunujn, .lo no jamais
Ile Mouvra, duvonu plus Ajiro aussitôt i|u'il dlait daman plus ridai (celle lran»fun»al|..n a'opi"' HmU uoup hm Vign niftr), avait grandu unvie do lu prundro nu aiot et do dira : Je mix. Nais il n'était pas méchant hmmin.tt u (lllu était a peu prft» a» seule affection.
Il n contenta do rormayar «i do l'ai trieur bomeonp •n M pariant sans cessa du ces intnrils wM-nv.h .hm -"- l'avait or., si bien détaché lorsqu'il avait entrepris
■ .-ni.'.ni ,T,,i, I .....
Les ee«Mt£ measieun demeurèrent huit Jours aana retenir. Mario avaU un peu de fièvre. Uuriaoe fut inquiète ft pleura, son père ne voulakpasIaconduiroiBriames, daaiil qu'il n'était pas utile de laisser vivre tes illusions. Il I eut entre eux un peu de dispute.
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OBI Ma Diurne «esaiEima
— Vous wo tiret passer pour une inhale, dlaait-A Aj«-6a tint du soins quo l'on a eiw pour mol la-bns, c'ei nioi qui devrai» aller «oisnnr Mario, Voua » davrbiii moins aller Ions les juura, mon pare. Il» diront quo vow les oubliait, A prisait que nous n'avons plus nessia d'eux I Ah! que na auk-Ja un gar^i! J'y conrraiaùefo. valotaulo heure; je sarnia In camarade et l'ami de» pauvre entant, et jo lui pourrais témoigner mon niiiîi! mina avoir un lieu suspendu sur ma toie ou un roprock
Ella décida enfin son pire 0 la conduira s Brlnntos.
Kilo trouva Mario assez revenu de son chagrin ot cuM de sa lièvre, tl paraiasuit avoir pria encore une fols m parti d'être enfant. Le marquis durit un peu blesse' deb conduite do M. de Ueuvre. Maïs on ne pouvait se garAr raucuna. Les parenia an mirent peu a peu a ciuui connue al de rien n'était ; Laurlane se mit à rire et h Joli tror avec son innocent amoureux.
— Voisin, dit alors de Beurra a Rais-Doré, il ne rr; tout point bouder. Voire idée pour ces ai ifants était pu (i rêvasserie. Vovex comme Ils s'entendent bien emer* pour les Jaux innocents! C'est signe qu'aux Jeux d'amo» Ils seraient en guerre. Songes qu'un trop jeune mari m ee contente pas longtemps d'une seule femme, et qu'uni femme délaissée est Jalouse et acariâtre. 11 y a, d'ailleurs, entre ces enfanta, un empachement auquel noue euasfou dû songer : l'un est catholique, l'autre est protestant.
— Ce n'eat point là un empêchement, dit le marqua On se marie à la même Église, sauf a retourner chaos I celle qu'on préfère.
-- Oui, oui, c'est fort bon pour vous, vieux incrédule, qui «tes des deux Ésliaes, c'est-à-dire d'aucune; aÉ pour nous ..
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Bi nois-mm« a.lR
- Pour \om, mon voisin r Je ne wU quelle communion vous fuites ; mais je crois tort en (Jlcu, ni vous n'y twjua guîm
- fViH-fltv.' pftl mil* a Jit Houtnlsno; ronU ma «Ile mit, et vous no lu feriez point cédor.
- Ella n'aurait noht à, eéoto. Ici, oliu a été libre de prier comme alla fantuiidnit. Mario ot elle ont fait leur prière du noir ensemble, ol lia n'ont point koiiko ft sa HspMKT- O'iiillonw, Murio serait tout prêt à Fuir» comme mol...
- Oui, a dire comme voua, au temps du bon roi : ; Vive Sully et vire lo papol b
- Uurtane ne serait pas plus entatéo do calvinisme, eoj'tï-oo bien assuré !
Bais-Dori ao trompait. Plus M. do Beuvro s'avouait aseptique., plus I.auriane avait a cœur île 90 rattacher a b llcturme avec désintéressement. De Beuvre, qui le lavait bien et qui cherchait l'occasion de susciter des obstacles, souleva la question pendant lo dinar. I.auriane se prononça avec douceur, niais avec une fermeté remarquable.
î.e marquis n'avait jamais parle religion avec elle ni devant elle. Le fait est qu'il n'en parlait avec personne, et trouvait les dieux mi-partie gaulois et païens de VAtln'e Irës-eonciliables avec ses notions vagues sur la Divinité. Il (ut chagrin de voir Laurians se gendarmer de la aorte, et ne put s'empêcher de lui dire :
- Ah 1 méchante enfant, vous ne aériez pas si entêtée de controverse, al vous noua aimiez un peu plus !
Lauriane n'avait pas vu où son père voulait en venir. Lo reproche du marquis le lui Ht comprendre. C'était le premier reproche qu'il lui adressa!, et elle en fut vivement peinéo. Mais la craiata d'Irriter son père l'empêcha
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rr naie-noal aS7 jinuirt, U ma somlilorail lut iMsuboir an ne restant \m 3,r: l'fehse où il m'a m». Lauriaiia m'a donné rwuNpt», je ta «livrai; nous materons continu (mua tolll, nt co nom blon, Ça no m'oiupiîchura uaa rtti Wiwr,«i, ai ollo .10 m'almo plus, alors ollo aura tort ut t m uiauviiisu.
- gua dites-vous do cola, nia OHor ilit do «ouvra a liuriano; na vous *nmble-t-ll pas qua voila impoli! mari qui, vous voyant brûler, dirait ; < J'en mis pei><o i Mtia ja n'y peux rien, |Hiiaque c'est la volontd du pspaï»
Lnuriane Ot Mario discutèrent en enfants qu'ils étai™t, ttst-i-dire qu'ils 80 fâcheront tout rouge. Lnuriaiio touda, Hnrlo n'en démordit paa cl Unit par s'écrier avec la:
- Tu dis, Laurlano, que tu to ravalerais si tu cliaojMis. Tu me mépriserais donc al je changeais aussi f
Lourhme sentit la justesse tle cette répliqua et ne dit ,1m rien; mais elle était piquée comme une petite lewnto avec qui «on am.int tait des réserves, et son rcprd disait a Mario : « le croyais être plus aimée que je ne le suis.»
Quand elle revint à cheval avec son père, celui-ci ne moqua pas de lui dire :
■r. Kb bien, à présent, ma Dlla, ne voyec-vous pas pe Mario, ce charmant enfant, est un papiste tle la banne roche, comme feu monsieur son pire, qui sériait l'Espagne contre nouaî Et quelque jour, lionleu* le la nullité de son vieux oncle, il nous fera bel et bien «guerre! Que direi-vous alors devoir voira mari dans m camp et voira père dans Fautre, e'envoyaut des •ailes ou e'allongeant des horions?
- Vraiment, mon para, dit Laurlaue, vous me parlez
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comme si J'avais marqué la désir de rester rame, et h n'ai jamais résolu cela. Mais Je no voie pis en quoi M. d'Ara échappera nu mouvais desOii dont vous Mm prédiciion I N'cst-ll pas catholique et grand partisan (j In royauté?
— M. d'Ara n'a point de volonlu, reprit du Heu wu, a je réponds que noua l'aminarlom a (eûtes nos fins, cn louta rencontre, De plus malins or» lui ont chwj quand la lUiformo a eu bonne chance.
— Si M. d'Ara n'a point de volonté, reprit Uuraae, tant pis pow lui, co n'ust donc pas un homme; et si, 1 a âge d'homme, luit
Laurlane ne se trompait pas. Guillaume était nui do caractère; mois il était beau garçon, oimabte voisin, bravo comme un lion, ol d'un cœur trés-généreux avet
Doux et facile au paysan, il n laissait piller un) regarder; mais aussi il ialsait comme les selgnoureib son temps : il les laissait croupir dans l'ignorance « dans la misère. Il trouvait fort beau que les vassaux & Lauriane fussent propre et bien nourris, très-divertissant que ceux do Bois-Doré fussent gros; mais, quand on lui disait qu'il Saint-Dénia-de-Touhet, les paysms
rju'a Chassitmoles et au Magny, ils ne savaient pas It goût du vin ni de la viande, a peine celui du pain; enfin que, dans les pays de firenne, ils mangeaient de literie, tandis qu'en d'autres provinces, plus malheureuses saeore, Ils se mangeaient les uns les autres, it disait :
— Que voulei-vous y tore? Tout le monde ne pas pu être heureux !
a il ne se foulait pu l'esprit plus qu'à ne pouvaii pour trouver un remède, n ne lui fût pas venu en ta»
nu «ois-oons
le vivra dans ses terres eoinina rMn-Moru, ut d'ussecler 1 son bien-être tous chus <jui dépendaient de lui, Il aurait a Bourges et a Paris tant <|u'll pouvait, et aspirait fi un nnn mariage pour mener une plus JnîIIû vfo cncHM, avec une femme qu'il devait rendra parfaitement heureuse, Ji h condition qu'elle n'cfn pas plus d'entrailles nt de cervelle que M.
Il était l'homme du ua caste et do son temps, al nul ne sungeaità le blâmer.
Tuut au contraire, Lauriana passait pour une exaltée jurpuillûW et Bois-Doré pour un vieux fou, Uurione
que nous; mais elle sentait en lui un ntanquo de fond et do consistance, et, auprès de lui, un ennui insurniontible. Alors le souvenir des jours passés a Briantes lui revenait comme un rêve délicieux. Elle eQt volontiers m:EtinArea<Ha ego!
l'ourlant elle n'admettait pas l'idée d'être la femme de Mario. Dans ses pensées les plus intimes, elle demeura sa sœur aimée, ilère de lui et pleine d'émulation; nais elle ne trouva aucun prétendant à son gré, bien qu'il s'en présentât beaucoup dès qu'on vit son père acheter de nouvelles terres. En comparant involontaireme m son père, si positif et si calculateur, qui la critiquait souvent dans ses charités, aveu le bon M. Sylvain, qui vivait toujours et faisait vivre tout le monde comme dans un conte de fées, elle prit la raison eu grippe at devint en secret la fille du monde la plus rêveuse et ta plus romanesque, au dire de. M. de Beuvre et de ses autres parents des deux religions. On se moquait en famille d'elle et ds son ridicule amour, disait-on, pour un enfant
A force de s'entendre dira qu'elle était éprise de Ma-
i sevrage.
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M> Lit ORAUX MMSIIUM
rio. Lauriat.o, un pou porsocuioo clwa elle, âinit uunm conduilo malgré elle a regarder cet amour comme pu. sluln. Aussi ea admit-elle l'Idée lorsque Moriu «a quinze ans.
Mais aile ropuusso bientôt celle idée, car Mario, l qulnie ans, semblait ne pas distinguer encore l'unoe du l'amitié. U ét.iiL respectueux avec elle dans tes nu. nlères, en infinie tumpa que familier dana aoa p,.n.lssi U focon d'un triiro bien élevé. U no disait pus un m qui prit faire penser que la passion au fût révélée a lu. yuelqueEoia seulement, 11 rougis mit beaucoup nu s ni Luuriaiio arrivait inopinément dans un lieu où il ni l'attendait pas, et il pâlissait quand on parlait duv» lui de quelque nouveau projel de mariage pour ello h moins, Adamos confiait cm remarques a aon maître, « Hercddès & Lucilio. Haie ils se trompaient peut-etru. I* jeune gareon grandissait et lisait beaucoup : 11 éprouvait peut-être certaine malaises de la téta et des Jambe».
Nous ne dirons qu'un mot sur celte époque où Mari) oui quinze ans et Uurisne dix-neuf. Leur existence sédentaire et leum tranquilles relations offraient sas doute un caractère d'heureuse monotonie qui ne nom permet pas d'en retrouver la trace dans no* archive» sur Briantes et la MoUe-Setiilly.
Nous y trouvons seulement le mariage de Guillaume d'Ars avec une riche héritière du Dauphioé. Les noca ao firent en Berry, et II ne paraît pas que le renia « Laurianc eût mécontenté le bon Guillaume, car elle U de ht fête, ainsi que les Bois-Doré.
C'est ut e année plus lard, en 1626 , que nous voyou ta vie de nos personnages se dessiner plu* clairement. Ce fut répoquedu baptême de monseigneur le duc d'6>
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m: aora-nonfi atl 0a (le futur grand Coudé) qui hJla pour eux lo cours
C« baptême eut lieu lo a mal a Bourges. Lo Jeune prince avait alors environ cinq ana. La» grande» fêtes m liront attireront toute la noblesse et toute la boarflottole do la province.
Le marquis do Dote-tlorA, qui avait enfin gagné, sinon lis dangereuses bonnes grUcea, du moins la salutaire inàflîronco de Cuudo et du parti jésuitique, céda aux délire do Mario, qui était curieux de voir un peu to monde, nnsiana propres, qui «talent de montrer son hériileravec plus d'avantages qu'on 1022, sons le poids d'une eltua-
Une fola décidé, Bois-Bore, qui ne Bavait rien faire 1 demi, employa, un mois durant, le génie et l'activité fldamas a. faire préparer les beaux habits et les riches équipages qu'il voulait eihibar devant la cour et la ville.
On ae remonta en chevaux et harnachements de luxa, m s'inquiéta des nouvelles modes. On s'apprêta a tout fcSpser. Le vieux seigneur, toujours droit sur se* Jambes et rotde des épaules, toujours fardé et frisé, toujours ■ira portant et jeune d'imagination, voulut être encore habillé des mènes étoffas avec les mêmes formes de vè- Eraenl que s»np£li(-/Ifs.
On appela ainsi Mario à Bourges, parce que le Prince, roulant dire a Bois-Doré un mot d'agréable raillerie, et M. 10
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I» US BBfkUK MsasIBOR»
ne se souvenant plusdudegcéda parenté entre les btsu messieurs de Bois-Doré, lu) demanda si c'était par ta garnie qu'il babillait sou petit-flls des rognures do sa étoffa. Mario comprit les dédains du grand vassal si s sentit plus royaliste que Jamais.
Lauriane avait désiré aussi voir pour la première fcfc du sa vie une Vas-grande fate. Son père n'ayant |u pris part à la nouvelle révolte des huguenots, et, d'ail, leurs, une nouvelle paix avec eux étant signée depnh trois mois, Us pouvaient m montrer sans danger. Il Iji convenu que l'on irait tous ensemble.
Repas spleudidcs, trophées avec distiques latins e anagrammes en l'iionneur du petit prince, régimaoB d'enfants bravement équipés et manœuvrant Ires-bia pour lui faire escorte, motets chantés, harangues ta magistrats, présentation des cleft de la ville, concerts, danses, comédie donnée parle collège des jésuites, anses descendants des arcs de triomphe et présentant de riches cadeaux au jeune duc (c'est-à-dire à monsieur Mi pire, qui ne se fut point contenté de dragées), manœuvres de la milice, cérémonie et réjouissances, tout œh dura cinq Jours, On ï vit de grands personnages.
Le célèbre et beau Montmorency (celui que Richelieu snvoya plus tard ■ récbaJàud) et la, princesse douairfet de Coudé (dite l'empoisonneuse) y représentèrent le parrain et la marraine, qui n'étaient pas moins que m ni et la reine do France. M. le duc reçut le baptême eu cM- «mu (petit bonnet de pierreries) et en longue robe & drap d'argent, Le prince de Coudé portait un habit gril de lin (oui battu d'or et d'argent.
Les beaux messieurs de Bois-Doré furent invita par M. Biet a se placer sur l'estrade de la grande nobles*
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pe BOis-noafi SAS Mil qu'ils fussent des meilleurs amis de la petite cour mais à cause de leur Mie Iraue, qui faisait honneur au speclacle.
La beauté de Mario fut encore plus remarquée (pis
ment la. belle etjeune mère du petit prince) faire leurs ibserrations sur les grâces de ce charmant adolescent. Ella se sentit troublée pour la première fois, comme si «Lie eut été jalouse des regards et des sourires dont il Sait le eut.
Mario n'ïfaiaait nulle altenUon.il regardait l'eufant ftinder ovoc curiosité. L'enfant était laid et malingre; Bite il v avait beaucoup d'intelligence dans ses yeui et de décision dans ses mouvements.
Le G mai, comme nos personnages se préparaient au départ, de Beuvre prit le marquis dans l'embrasure dune fenêtre.
Us étaient descendus chez un ami.
— Ça, M.dft-U, il en faudra finir et prendre mi paru.
— Ayez patience I Les cheval» seront bientôt prels, Ind répondit Bois-Doré, qui le crut pressé de reprendre te chemin de sa chàtellenie.
— Voua ne m'entendez point, mon voisin ; je dis qu'il faudrait se décider à marier nos enfants, puisque c'est leur idée et la notre. Je vous dois confier que je vais faire encore un voyage. Je ne suis venu ici que pour n'entendre avec des gens qui mepromeltenldebonnes iffltirea en Angleterre, et, si je dois encore vous cotiser ma Lauriane, autant vaudrait qu'elle fût mariée avec votre héritier. (Test bouue chance pour lui; car mes vaisseaux vont faire des petits, à ce que l'on m'assure, et la paix ne fera que donner carrière a la pttirterte anglo-proWBtante. Mb filin mît Anne, pu prétendre
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su
ieb beaux MEiaiinni
Le marquis fut abasourdi d une proposition que, d» puis quatre ans, II, de Beuvre semblait peu disposé à bien recevoir, au caa où elle lui entêté faite. Muiailne lui Mut pas beaucoup de réflexion pour sentir I'uidodvenance de ce projet et l'égoïste légèreté du pin * Lauriane. Bois-Doré était souvent léger lui-même , hors du vrai; mais fl était vraiment père, et ~ amoureux et marié a seize ans, lui '
- C'est ainsi qun je l'entendais ! dit de B
je reviendrai faire la noce.
Boia-Doré était aaseï romanesque pour céder; cepta dant il hésita. H avait oublié l'amour, ou du m ' orages. Hais un regard d'Adamaa, qui feignait d'à ies paquets 61 qui écoutait fort bien de sra deux orcSIe tut rappela ces rougeurs et ces pâleurs qu'il avait rem quéea sur le visage de Mario, et qui pouvaient être
— Non, non, drUI. Je no mettrai point mon auprès du brasier; Je ne l'exposerai point a n'y des* cher ou à manquer aux loi ' "
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«s aoia-Donl 2»
Mes asseï rleno. Mangeons ici notre parole, a l'insn 4a nos enfanta, cette fois I Pourquoi oter le sommeil a l'un d'ma? Dans trois ana, noua les ferons heureux, nos trouble ni reproche.
Db Beurre sentit que l'ambition et la cupidité lui liaient fait désirer une sottise. Hais il était devenu entêté et colérique. 11 prit de l'humeur, refusa l'échange des paroles et décida qu'il conduirait sa fille en Poitou, auprès de la duchesse de la TrémuuiUe, sa parente.
Mario eut une défaillance au moment de monter en rotture, lorsqu'il apprit que Lauriane ne revenait pas nec lui et s'éloignait pour un lamps Miroité. Son père avait essayé d'amoindrir le coup; mais de Beuvre tenait i le M porter pour éprouver ses sentiments ou pour se ranger de la leçon de prudence qu'il avait eu le dépit de recevoir du moins prodent des hommes. Lauriane, qui et savait rien encore (son père lui avait seulement dit qu'il avait i rester quelques Jours de plus avec elle & Bourges), descendit précipitamment l'escalier eu entendant l'exclamation douloureuse du marquis, à la vue de Mario blême et détaillant Mais Mario se remit très-vite, prétendit u'aroir qu'une crampe, et se Jeta dans le grand carrosse en fermant les feux. Une voulait pas voir Launana, dont l'air calme jusqu'à ce moment le blessait jusqu'au fond du cœur. Q la supposait instruite de tout t décidée, sans regret, i le quitter pour toujours.
Le marquis voulait rester, s'expliquer avec de Eeuvre . 1 eut le courage de n'en rien faire, en voyant le courage ta Mario: quoi qu'il pût advenir, l'âge était venu pour M tune homme on ut» séparation de quelques années devrait nécessaire.
Mario, si expansif à tous autres égards, n'ouvrit sou
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SHO LCI BEAUX H1SSIËUU9
rœnr h personne et affecta, durant la chemin, une Rraiide sérénité.
A Brian bo, te marquis l'interrogea adroitement, MercAAH ImuWenunent. Il tint bon, disant qu'il aimait iviiBi-euj) Uuriano, mais que co chagrin no prendrait ai sur sa raison ni sur son travail.
Il liai parole; h awilé souffrit im peu, 11 H mufti tous les soins qu'an le pria d'avoir de lui-mou», et il cul bientôt pria lu dessus.
— l'espère, disait quelquefois le marquis fa Adamas, qu'il ne sera pas trop sentimental et qu'il oubliera celte mauvaise enfant, qui no l'aimn point.
— Moi, j'espère, disait la sage Adamas, qu'elle l'aime pins qu'il ne parait; car, si notre Mario perdait l'espérance qui le (oit vivre, nous pourrions bien avoir On souci!
En 1527, c'est-a-dira l'année suivante, le manoir di B riantes fut menacé d'une crise nouvelle. 11 Tut quesifoa de mer ses bonnes murailles, sas peuta bastions et ses lui» fortifiés.
Richelieu, désormais installé au pouvoir définitive ment, avait décrété et fait ordonner la destruction des fortifications de vffleset de citadelles par tout le royaume. Celte excellente mesure, prise dans toute sa rigueur, s'étendait a à toutes les fortifications faites depuis trente ans, ès château* et maisons des particuliers, sans permission expresse du rav. »
Mantes n'était pas dans ce cas ; ses défenses dataient delà féodalité et n'étaient pas à répreuve du canon. Les magistrats et échevina de La Châtre, meeontenla'd'avaS à se raser eut-mimes, comme disait l'ei-perruquia Adamas, eussent bien voulu raser tous les beaui messieurs, leurs voisins. Hais Bois-Doré, qui sentait la né-
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gros dos. M. le Prince ne laissa pu otcr une pierre <ta
"trieras» de Hanlrond; les châteaux de la grande et de la petite noblesto restèrent debout, el la grosse tour de Bourges ne tomba que bous Louis XIV.
Bois-Doré était i peine remis de celle émotion, qu'il lui en vint une autre plus sérieuse et plus douce.
— Monsieur, lui dit un soir Adam as, il but que je nus régale d'une histoire que M. d'Urfé eût mise en ro-
i), car elle D'est point vilaine.
-Voyons ton histoire, mon ami! dit la marquis , en mettant son mortier de dentelle sur son crâne, chauve.
- il s'agit, monsieur, de votre vertueux druide et de Il belle Morisque.
- Adainaa, tous devenez pasquin et satirique, mon bonhomme. Point de calomnie, je vous prie, sur le compte de mon digne ami et de II chaste Haicédès I
- Ehl monsieur, où aérait le mal que ces honnête» onnes fussent unies par les liens d'hyménée? Sa- , monsieur, que ce matin, comme je rangeais la blaeoue du savant... il ne vent souffrir que moi pour
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ft/t I.R» BE\UX HKBSlEUnS
toucher a ses livres, at, de fait, U y but on homme ug peu instruit. . . Ju vois la Morlaque baiser ovec tondrei» a la dërobea un bouquet da roses qu'elle apporta tout lu matins sur sa laUe pendant qu'il déjeune avec vous. Et puis, m'aperceront tout a ceup, elle devint plie comme son dcbarpe de tête et as aauva,corame el o|l« eut commis un stand ctim Il y avait longtemps, bien longtemps, monsieur, quo je me doutais de quelque chose. Toute cette amitié, tous ces égards et petits soim qu'elle a pour loi... Je pensais bien que cela pouwill conduire l'un el l'autre a l'amour.
— Au fait 1 dit la marquis. Hais poursuis. Adantasl
— Eh bien, monsieur, la découverte me Ht pousser un beau grand rira, non de moquerie, mais de aallslactktn, car on est toujours content de deviner ou surprendre un secret, et, quand on est content, on rit. Si bien que maître loveUn, rentrant dans sa chambre, me demanda, doucement, avec ses yeux, de quoi Je riais de si boneosur, et moido le lui dire, là, innocemment, pour le faire rire aussi... et aussi, je l'avoue, pour savoir comment U prendrait l'aventure.
— Et comment la prit-il F
— Avec on grand coup de soleil en pleine figure, d plus ni moins qu'une jolie fflle, et il faut croire que le contentement vous refait bien un homme ; car eeUtf-d, avec ses grandi jeux, sa grande bouche et sa grande moustache noire, s'illumina comme un astre, et me parut aussi beau qu'il Test quelquefois, quand il aonne de ta meTodieusa imurdeune.
— Fort bien, Adamas, tu te formes 1 bien parler. Alors T..
— Alors Ja sorns, on plutôt Je fis le bruit desortir, et, regardant parla porto un peu entre-Mille*, Je ris le
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on Min-nani SW ton Lucilio prendra les iluurs, les baiser avec beaucoup ds passion, et les mettre dans tan Juaisucorps, fleurs, opines et tout, connu s'il et» pris plaisir a an sentir lu piqftre w mémo temps que la douceur. Et U marchait par la chambre, pressant de sas deux mains ce calice d'amour sur sa poitrine.
— De mieux on mieux, Adawas 1 El après?
— Apraa, la Harisque est entrée par une autre porto et lui a dit : f Est-ce l'heure d'appeler Mario pour In bpol »
— Qu'a-i-il répondu î
— De ses yeux et 4a sa tète, il a dit non; par ou J'ai vu qu'il souhaitait la retenu'. Ella a voulu s'en aller, pensant qu'il était occupé a ses grandes singeries; car, avec lui, monsieur, elle se lient comme une servante qui n'a pas du tout l'Idée de plaire à son maître. Mais lui, il « frappé sur la table pour la rappeler. Elle est revenue. Ils se sont regardés; pas longtemps, car elle a vilement baissé ses beaux yeux noire, et elle lui a dit en arabe, du moins je t'ai présumé a son air :
• — Qu'est-ce que tu toux, mon maître î*
Il lui a montré le gobelet oh elle avait mis les roses,
et elle, ne les voyant plus, a dit encore :
, — (Test ce méchant espiègle d'Adamaa qui les a
otées, car Je ne tes oublie Jamais. *
— Elle s dit cela?
— Oui, monsieur, an arabe. J'ai très-bien deviné tout! Alors elle a couru pour chercher d'autres fleurs, et il l'a suivie Jusqu'à la porte comme un nomme qui se défend contre lui-même. Il est revenu à sa table, il a mis sa tâte dans ses mains et il a eu, monsieur, Je vous eu réponde, tes plus beaux sentiments du monde dans le cœur, pour accorder son amour avec sa vertu.
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130 LES UEltUV aRBMKIIll*
— !■:)> I pourquoi «a défendre ainsi t s'éurla le mu. quh; no sail-llpaa que Jb serai heureux dft te natiw avec ceiw belle nt bonne paraonnaï Va le chercha:, Adamas il «a couche tard at sera encore debout. Mario dan, ci c'est te uuft Bornait pour use «pUcaUou sus*
Le bon marquis n'eut pas de peine h confesser [,«. citto.
Celui-ci avoua avec candeur qu'il adorait la Morisque depuis longtemps, et que, depuis quelque temps, D croyait elra aima d'elle; mais, do sa plume concise, il résuma la situation.
D'abord, il avait craint d'attirer sur lui Isa persécalions auxquelles il n'avait échappé en France qua pu miracle. Puis, quand 11 lui avait paru prouvé que Richelieu, malgré toutes «sa luttes cortfrela Reforme, aval para politique imlenible de maintenir l'édll de Nantes on faveur de tout genre de bnerté da coffisrieiKe, il s'était décidé a attendre le mariage de Mario avec Lauriane on
d'espoir ou do regret, d'attente paisible ou de secrète agitation oh pouvait!* trouver soa cher élev», il ne vo* lait pas lui donner l'égoïste el dangereux spectacb dU mariage d'amour.
La marquis approuva la généreuse prudents de son atoi, mais il trouva un biais.
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oh wiis-ime Ul — Hun granit ami, lui dil-li, li Morlsque a bientôt la irenialne, et vous, vous dépassez la quarantaine, Vous Aies <lanc uncore usseï jounus pour vous pialro l'un II l'auliu, et vos âges ionl fort bien assortis; mais, «ans vous ull'uuser, vous n'êtes plus Jus ailolescents pour laisseritos [loges R-imite» «ans la livra do votre félicitât proiilez i'os balles unaim qui vous ruaient. Mariez-vous. ls forai ovoc Mario un voyago pendant quelques mois, ilunuil iesi|uuk je lui dirai que j'ai eu seul l'Idée d'un nuiinga de raison entre Marcédta et vous, J'invenierai des jirâleitos pour que vous n'ayon pu attendre notre retour, el, quand il vous reverra, son esprit sera tout lia; biuiii Ii celle nouvelle siiuaiion. i.a mariage rend toutes choses sérieuses, el, d'ailleurs, je mo (le a vous pour cacher vos lunes de miel derrière les épaisses nuées de la prudence ai de la retenue.
Le marquis conduisit donc Mario û. Paris. II lui lit voir h roi a la cour, mais de loin; car ie monda était bien chingédepuis quinze ans que le bon Sylvain vivait dans ks terres. Les amis de sa jeunesse étalent moris, ou, eumine loi, retires du fracas de la société nouvelle. Le peu de grands personnages encore debout qu'il avait approchés autrefois se souvenaieiil de lui médiocrement, et, sans ses vieux atours, l'eussent a peine reconnu.
Cependant la figure intéressante et tes modestes maaièrea de Mario lurent remaïquées : on Bibon accueil suxicawîwtewiiwsdans quelques maisons distinguées, on ne leur parla pas de les pousser plus haut; et, de fait, ils ne souhailaient ni l'un ni l'autre bien vivement de se rapprocher du pale soleil de Louis XIII . Mario avait éprouve une grande déception en voyant lasser à cheval le fils effaré de benri IV, et le marquis a'awut pas été encouraae par celui physionomie a pour-
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Da nouveaux édlb paraissaient cliau.ua Jour contra les usurpation* de qualités; édita peu respectés, car las
ranttssail. Pois-Doré fut forci de reconnaître qu'il tC pas de meilleur refuge.
Et pus il lui fallait bien s'apercevoir aussi que l'un n'était pas plu» beaux messieurs h Parla le» uns que ta autres, du moment que l'on n'était pas de la cour. Oa se retournait bien un peu, dans les promenades et a la place Royale, pour regarder le contraste de son étrange .figure fardée avec la délicieuse fraîcheur de Maria , et , .pendant quelque temps, la bonhomme, se croyant reconnu, souriait aux passants et portait h main à sa feutre, prêt a accueillir des avances que l'on ne son .gaait point a lui faire. Cala lui donnait un grand afe d'Incertitude hébétée et de courtoisie banale qui prêtait a rire, Lea dames assises
— Quel est donc ce grand vieux fou !
Et, si ces dames étalent femmes du monde où Bois-
Uoré avait reparu, ou bourgeoises du quartier oùSs'étail Jogé, il s'en trouvait parfois une pour répondra :
— Cert ui. gentilhomme de province qui se piqur d'avqfaétélamidufeuroi.
«ont sauvé la France ! an
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ne uoiB-no*6 Ï3S
].« bon Sylvain était donc bien effacé dans celle foule oublieuse et pimpante, quelque effort qu'il fît pour y paraîtra aussi grand que aa taille. Il se disait, avec quelque itëpit, que mieux vaut otro le premier de «on village que le ilnrait:i' h la cour. Il est certain pourtant qu'avec un peu d'aute: el dinirjgue , il eAl pu y pousser Marie comme tant d'autres ; mais il redouta quelque affront à propos de son problématique marquisat.
il te résigna à taire le badaud de province, et so fût grandement ennuyé el Mario, toujours studieux et artiste •drieni dans sas goals, ne t'eut entraîné à voir les monuments d'art et de science qui Elisaient pour lui le principal attrait de la capitale du royaume.
Le plaisir et le profit que le Jeune homme en redis consolèrent un peu le vieillard de ce qu'en lui-même il appelait un voyage manque'.
Il ne se notait pas à Mario de toutes ses déception, lt avait toujours eu l'espoir de lui faire retrouver ai famille maternelle et de lui reconquérir par là quelque beau titra espagnol, avec un héritage quelconque.
H avait maintes /ois écrit en Espagne pour avoir des Informations et pour en faire donner sur le compte de Mario, dans le ces où ladite famille y prendrait intérêt.
0 n'avait Jamais reçu que des réponses vagues, peut-être
a, Paris , il s'était décidé à aa rendre de sa personne
1 l'ambassade. Il y fyt reçu par une manière de secrétaire intime qui lu! répondit, en substance, que, sur ses fréquentes demandes, on avait enfin édairci mm affaira mystérieuse. La Jeune dame enlevée et disparue appartenait, en effet, à la noble famille de Mérida , et Mario était le fruit d'un mariage clandestin que l'on pouvait contester.
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SSi I.KB »P*UX NESSIK1IHS
U Jaune femme n'asalt laissé de dretta à aucune fot-
da reconnaître un jeune homme élevé par un vieux tieré-
ré , se le tint pour dit ei résolut de rendre oubli pour mépris h ras vaniteux Espagnols, y lui en avait assez coûté d'assiéger les portes d'une ambassade dont, è Ulre d'ancien protestant et de bant'ran. tais, il baissait l'enseigne.
" et il était triste et confiait ses peines a son
rient h ceux qui ont bien payé de leur personne , elle peut devenir pesante et même honteuse à un Jeune eccur comme celui de Mario, L'ai-je lait élever avec de grands soins, avons-nous fait de lui, grâce à son génie précoce, un gentilhomme accompli et propre s toutes choses, pour l'ensevelir en une gentilhommière, sous prétexte qu'il n'a pas besoin de faire fortune et qu'il a le cœur doux et. humain ? Ne lui faudrait-il pas un peu de guerre et d'aventure, et, par quelque action d'éclat, conquérir ea marquisat que les idées ris n grand cardinal peuvent " l'autre f Je sais que l'en!
a point de temps pardi aie semblent tournées vers le beau savoir, et je m tracasse l'esprit du chemin qu'il y trouvera pour se dû
votre fila sera plus manchot que vous a la bataille, c'est
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«s aois-nant ÏSS
- - Kh bien , non, monsieur, vous ne le connaisses point : c'est un mystérieux qui vous aime tant, qu'il n'aie jamais avoir une idée pour vous tracasser ou une peine a vûus'faira partager. Mais je sais la fond du sac : ilurio rare de guerre autant que d'amour, et le temps est proche ou, si vous ne devines point ses ambitions, voua le verre* devenir triste ou malade.
— A Dieu ne plaise 1 s'écria le marquis, le le «eux interroger la-dessus des demain l
Quand on dit demain, en pareille affaire, c'est dire que l'on recule, elle marquis recula, en effet. La faiblesse paternelle livra en lui ua grand combat & l'orgueil paternel, et elle triompha. Maria n'était pas encore deforçe a supporter les fatigues de la guerre, et, d'ailleurs, la guerre que tout annonçait avec l'Angleterre ou l'Espagne semblait un peu ajournée par les grands efforts de Richelieu pour ta création d'une marine française. On ne devait pas se presser ; on avait le temps : on s'y trouverait bien assez tôt!
On retourna donc à Brïantes I la Gn de l'automne, et on trouva Lucllio marié avec Hercédès.
Mario, en apprenant cette nouvelle 1 Paris, en avait témoigna ptos de satisfaction que de surprise. Il avait depuis longtemps senti, dans l'air embrase que lui soufflait involontairement sa Horisque,*aussi bien que dans la suave mélancolie de I.ucilio, et jusque dans le langage ardent et tendre de ta sourdeline, les effluves de passion qui l'embrasaient rsrfoia lui-même. 11 eut le cœur pris dans un élau à la pensée de l'amour faeu-
mâme. Son père ne vivant que de sa vie, il s'était, de bonne heure, habitué à lui cacher ses émotions; et,
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LES BHHOY. MESSIEURS
quand Alternas lui reprochait de trop renfermer sra pensées : a
— Mon peu est vieux, repondait-il ; il me chérit comme une mire chérit son enfant. Cesl affaire a moi de ne point abréger ara jours par des souda, elle ciel m'a donné charge da le faire vivre longtemps.
Lauriana vivait au fond du Poitou et donnait rarement de tes nouvelles; c'était dam un style affectueux al respectueux pour le marquis; mais elle traçait a peine la nom da Mario, comme si elle eût craint de se rappeler à son souvenir.
En revanche, eue s'exprimait avec une vive tendresse sur ie compte de la Morisque, de LudBo al des bons serviteurs de la maison, il semblait que son affection, contenue avec ceux qui y avaient les premier» droits, eut besoin de prendre sa revanche avec les autres. Elle annonça même plusieurs fois, avec uns aorte d'affectation, qu'on avait des projets de mariage pour elle, et que probablement elle 'ferait bientôt part d'une décision, souhaitant, disait-elle, de faire agréer son choix au marquis, qu'elle considérait comme un second père.
Ce qui! j avait d'étrange dans ces mariages annoncés, c'est qu'elle ; revenait tous les ans, comme a des projets renoues ou renouvelés , sans rien indiquer de ce nui pouvait intéresser sas amis a son choix, et comme ai elle eut voulu leur faire entendre ceci au fond : ■ le ne me marie pas, parce que ce n'est 'pas mon goot; mais gardex-Toue de croire que je me garde pour vous
M NOIS-DORË B57
d'elle, M. de Beurre lui avait froissé la cœur en inventant da lui dire que le marquis et son héritier, coniuliés par lui à Bourges, avaient répondu avec beaucoup de froideur. Mario s'était montré très-fervent catholique eu celle circonstance, U avait Juré de ne jamais faire un mariage rallie,
Lauriane eût dû se méfier d'un pire que U aoif del'or avait mordu Jusqu'au fend des entrailles, et qui, pressé ù s'éloigner, voulait 1 tout prix 1a décider a un prompt mariage. Elle refus» de se marier par dépit et a l'étourdie ; mais elle promit d'y songer, et renonça fièrement, dans sou âme, h l'ingrat Mario. Elle l'avait aimé a Bourges, aimé d'amour pour la première Ibis, après des sunées d'amitié calme. Et ce premier amour de sa vie, it peine avoué, à peine révélé à elle-même, il fallait en rougir de honte et le briser sans faiblir!
Elle eut cependant quelques doutes; mais, si son père ne lui Jura pas qu'il n'exagérait rien, il put an moins lui donner sa parole d'honneur qu'il avait proposé les fiançâmes au marquis, et que celui-ci avait éludé l'offre sous prétexte que Mario était encore trop jeune pour se mettre l'amour en tète. Lauriane était trop pure pour comprendre les dangers qu'elle eût pu courir en retournanti Brianles. Elle se rappela qu'au moment delaqcïtter Mario, que l'on disait indisposé, avait haussé les épaules et détourné la tète en disant: i Vous faites trop dVfai dune crampe. Je ne sens plus aucun mal. >
Elle répéta donc a son père ce qu'elle lui avait dit avec sincérité quelque temps auparavant, i. savoir qu'elle n'avait Jamais regardé ce mariage comme possible, et aile l'encouragea t partir comme il le souhaitait, en lui juranlqu'eile épouserait le prétendant convenable qui ne M inspirerait pas d'aversion.
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0B BOlS-B0«£ 3511
tesqufl. Ella éull toreéo maintenant de reconnaître qiiu son père, dont l'avidité l'avait tant humiliée, ne faisait qu'un peu plus tard ce que la plupart dos gens de son ije avaient fait louie leur rie, ce que la plupart des jeunes gens dolent pressés de (aire a leur tour, encore 11. de Ueuvre était-il des meilleurs ; car il n'avait pas l'idée de trahir son drapeau, 11 se déplcliail seulement de faire ses affaires avant qu'il f<lt ronvereé.
Une exception pouvait ae rencontrer pour Lauriane. Il y avait des exceptions, puisqu'elle-mème en était une. Elle n'en rencontra pas, peut-être parce que, rêveuse et distraite, elle ne sut pas la chercher.
La Jeunesse et la beauté sont fièfts a juste titre. Elles ■tiennent qu'on les découvre, et ne découvrant rien elles-mèntes, dans la crainte d'avoir l'air de s'offrir.