Cité par .Muslieim, p
Le temps nafïaihiii pas la laveur que les bé|«ilies rencontraient auprès des successeurs de saint Louis en s )iivenir iic leur fondateur, et en 1340 on voit encore Philippe \'I leur amortir 8 livres de rente, a pour ratfection et dévotion que nous avons, dit-il, aus prières de noz amees la matresse et la communauté des béguines du beguinaige de Paris, lequel monseigneur saint l^oys fonda, et pour ce que nous, nostre très chère compaigne la I\oyne et touz noz enfans soions participans à leursdites prières et bienffaiz^ »
Le pape, comme le roi, prétait une oreille favorable aux demandes des béguines; on en trouve une preuve dans le privilège qu'Honorius IV leur accorda, le 8 aoiit 1286, de ne pouvoir être citées en justice en dehors de Paris^.
La paroisse sur laquelle s'élevait le béguinage était celle de Saint- Paul; il semble que le roi se soit tout d'abord chargé de dédommager cette paroisse du préjudice que pourrait lui causer Térection de la nouvelle chapelle^; mais, en 1290, il intervint un accord entre le curé et les béguines elles-mêmes, d'où résultait pour ce prêtre, entre autres obligations, celle de célébrer la messe au béguinage, une fois par an, tant qu'il y aurait des béguines^
A côté des offices ordinaires qui se disaient dans la chapelle du béguinage, il convient de faire une mention spéciale des sermons qu'on y prononçait; nous verrons, en étudiant leur règlement, qu'elles devaient fréquemment écouter Texplication de la parole de Dieu, et les principaux prédicateurs en renom montaient tour
1. Arch. nat., JJ 75, n* 168. — Le même roi faisait une rente de blé à une béguine nommée Marie l'Escot : c Maria Scota beguina pro denariis sibi debitis inter débita Reginaldi Bouton, receptoris nuper vicecomitatus Parisiensis, de termino Candelose CCCXLVII, pro vi sextariis bladi pcr compotum granorum. » (Arch. nat., KK 6, fol. 221.)
2. M. Prou, Registres d'Honorius IV, col. 416. Tivoli, 8 août 1286 : f Dilectis fiiiis muiieribus, que begine dicuntur, in parochia ecclesie Sancti Pauli parisiensis insimul commorantibus... »
3. Historiens de France, t. XXII, p. 624, Compotus ballivorum (i285) : « Gapellanus Sancti Pauli pro capella beguinarum pro medieute, 7 1. 10 s. »
4. Arch. nat., S 4642 ; c Extrait et mémoire des pièces concernant la fondation royale de i'Ave-Maria. — Un liltre en parchemin, en latin, datlé du mois de mars 1289, passé entre Reginaldus, prestre et curé de Saint-Paul, et les sœurs de la congrégation des béguines, par lequel ledit sieur curé étoit obligé entre autres choses de dire une messe annuellement, tant qu'il y auroit des béguines, i
LES BEGUINES Dl" PARIS.
àlonrdaus la vhaire du béguinage. On trouve dans le livre de M. Lcciiv de la Marche l'indication de diîicrents sermons qui y liirciu prononcés '.
Ce n'étaient pas seulement des ecclésiastiques qui développaient devant les béguines les enseignements de l'Évangile; leur maîtresse elle-même entreprenait parfois cette tâche, comme nous l'apprend le Recueil de Pierre de Limoges, qui, aux mots Tem^ plum et Tribulatio^^ rapporte des fragments de deux homélies qu'il avait recueillies de la bouche de la maîtresse des béguines de Paris. Quelque étrange que puisse paraître un pareil usage, il semble avoir été pratiqué ailleurs, et Ton peut rapprocher des sermons de la maîtresse de Paris les prétentions plus hardies encore de celle des béguines de Cambrai qui se permettait de poser publiquement des objections aux prédicateurs. « Comme l'un d'eux, dit M. Lecoy de la Marche, formulait cette proposition que l'homme dont la charité irait droit ne ferait que des actions irréprochables, la maîtresse des béguines lui adressa cette question : « A quel endroit de la sainte Écriture, maître, aveza vous vu que la charité fût boiteuse? Si elle boite et qu'elle n^aille a plus droit, ce n'est plus la charité. » — L'orateur demeura confus^. »
Répandues dans tant de villes, réunies en si grand nombre à Paris, les béguines jouirent bientôt d'une certaine célébrité; les jugements portés sur elles par leurs contemporains varient beaucoup. Les uns font leur éloge et leur attribuent de sérieuses vertus : de ce nombre sont des hommes considérables et dont nous n'avons nul sujet de suspecter le témoignage, tels que Robert de Sorbon et Jacques de Vitry.
Le premier reconnaît en elles une grande science de la vie intérieure, développée par de fréquentes confessions, et estime qu'au jour du jugement une simple béguine pourra, peut-être, montrer plus d'assurance que de savants théologiens''.
Le second rapporte qu'un religieux cistercien mal disposé pour