‹ Les béguines de Paris [microform]Chapitre 12 sur 42 · Œuvres, Bibl. elzév., t. l. p · texte numérisé non relu

Œuvres, Bibl. elzév., t. l. p

condamnés par le pape. Cet écrivain les taxe de paresse et soutient qu'elles veulent se faire entretenir par les aumônes en s'abandonnant à Toisiveté, sous prétexte de mener une vie de prières ^ Il blâme leurs rapports avec les religieux chargés de les diriger'; il prétend que c'est par fausse modestie qu'elles recherchent les humbles vêtements^. Maintes et maintes fois, il revient sur cette accusation d'hypocrisie, leur reprochant de vouloir éblouir le peuple par une fausse affectation de sainteté, bien qu'elles ne suivent aucune des austérités de la vie religieuse ^

Il ne convient pas d'attacher grande importance à ce dur réquisitoire contre les béguines. On sait en effet quelle haine Guillaume de Saint-Amour portait aux Frères prêcheurs, à tout ce qui touchait à cet ordre religieux. Or, les relations ont toujours été très étroites entre béguines et Dominicains. Dans toutes les villes où existait un couvent de saint Dominique, les béguines étaient placées sous leur direction , comme différents historiens l'ont déjà remarqué'^, et tout porte à croire que la rapide diffusion des béguines est une conséquence de celle des Frères prêcheurs*"'. Nous avons déjà eu l'occasion de signaler ces rapports avec les Jacobins dans différentes villes, notamment à Strasbourg, à Amiens, à Reims, et nous pouvons citer encore ici quelques exemples qui suffiront à démontrer que c'était un état de choses absolument général.

A Bruges, c'était le prieur des Dominicains qui, de concert

avec la maîtresse des béguines, nommait à la cure du béguinage '.

A Gand, le prieur des Frères prêcheurs avait la nomination de

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