Rosario. Memorie domimane, 6* année
3. Le texte le plus intéressant qu'il cite est celui de Jean de Mailly qui écrivait vers 1243 : t Multe etiam matrone et virgines centics et quinquagesies hoc faciunt, et per singulas salutationes Gloria Patri subjungunt, et sic Psalterium B. M. canUrc se dicunt propter cumdem numcrum
ptalmorum. i
4. Parmi ces exemples, on peut noter celui de frère Nicolas qui, en 1269, donne c \e pater noster » qu'il avait porté quatre ans à sa ceinture. — Boutaric, dans son Rapport sur les dncument^ de Belgique {Arch. des Missions, 2* série, t. Il, p. 309), cite un texte de 126^ environ, qui morurc que dès cette époque l'usage des « patenôirc» â était trcs i c| indu : « Et après vint une preude femc qui avoit achaté i millier de paten.ostres a Bruges,
LES BéoUINES DE PARIS.
ricn: .a xin" siècle. Il a repris en même temps l'argument ^"^^ ^^ î^^ - Mammach-, dans ses Annales ordinis Prœdicatorum, ^^^ of^^ervcr que k^ relations étroites établies entre les DominicaiîiN CI les hc-uincs de Gand permettent de supposer avec beaucoup Je probabilité que cet usage constant du rosaire a été inspire aux beginnes par les successeurs de saint Dominiqueles assertions d'Alain de la Roche qui prétend que ce saint en a été le promoteur acquièrent ainsi une grande vraisemblance.
Quoi qu'il en soit, aucun texte ne constate chez les béguines de Paris l'obligation de réciter la même prière*, et, comme les différente béguinages n'avaient entre eux aucun lien, contrairement a ce que paraît supposer Piganiol, les suppositions qu'on peut faire à ce sujet sont purement gratuites.
On a fort peu de renseignements sur les occupations auxquelles se hvraient les béguines. Ces occupations étaient sans doute très variées, comme leur condition, et il y avait évidemment une graiiJe différence entre la vie journalière d'une femme de noble lignée comme Jeanne de la Tour^ et celle d'une humble ouvrière telle qu Aak. M iiachine, dont nous parlent les Miracles de saint Louis^.
et passa parmi Copegueule, et li paagiers li demanda qu'ele portoit, et ele d.st que ce esto.ent paternostres por revendre, et il dist qu'ele devoit de chascun cent xn d., et ele les paia, et toutes les paternostres n'avoient cousté que XI sols. »
1. Si elle n'était pas obligatoire chez elles, la récitation du chapelet ne devait cependant pas leur être étrangère, car, en 1408, la maîtresse des bégumes lègue à Gennevote de Meaux t ses bonnes patenostres •
2. Arch. nat S 4642, Sentence de la prévôté, du 14 juin 1432, qui rappelle la vente d une maison du bégumage, faite « des l'an mil CGC quatre vingtz et cinq à feue damoiselle Jehanne de la Tour, à son vivant beguyne et demeurant audit lieu du beguinaige. laquelle damoiselle Jehanne qui en son vivant avoit esté noble et de noble lignée et du sang royal, 'ainsi que len disoit .. » d y ,
M rr^/f '"v. '' ^ ''"''' '- ^^''^' P- '^^ '' ' E" ^'«" ^^ Nostre Seigneur MLLLX et Xi, ou environ, Aales Malachine, de Pir s, estoit saine et netiée en ses membres, ausi comme une autre feiuoic ^ame, et hantoit 1« meson des béguines de Paris, là où ele ouvroit de cevre de laine en peignant et en fesant teles choses. » Il pourrait se faire que cette femme ne tut pas une béguine, mais une simple ouvrière employée au béguinage II n en est pas moin, vrai qu'on admettait des personnes de la plus humble condition comme ie montre l'article 22 des Statuts qui prévoit la réception de bégumes trop pauvres pour subvenir à l'entretien de leur chambre
On connaît cependant une œuvre intéressante à laquelle se livraient un certain nombre de béguines : c'est l'instruction des jeunes enfants. Il y avait, nous l'avons dit, dans l'enclos du béguinage un bâtiment appelé Vostel des escolliers, et une sentence de la prévôté de 1482 rappelle que la maîtresse était chargée du « gouvernement et administration tant du béguinage et des béguines et escoUiers estans en icellui^ »
Recevaient-elles, comme paraissent l'indiquer ces textes, non seulement des écolières^ mais aussi des écoliers? Il est difficile de résoudre la question. Nous croirions cependant volontiers que ce terme est pris ici dans un sens général et ne désigne pas nécessairement de petits garçons. On voit, en effet, qu'elles tenaient à&s écoles spéciales de filles. Une discussion s'éleva à ce propos sur la question de savoir à quelle autorité appartenait le droit de permettre Touverture de ces écoles. Les béguines prétendaient que le consentement de Taumônier du roi suffisait, tandis que le chapitre de Paris soutenait qu'elles rentraient dans le droit commun et que la licence devait leur être délivrée par le chantre de Notre-Dame^ Une enquête eut lieu sur ce point en 1442-, nous n'en avons pas trouvé les conclusions, mais elles durent être favorables au chapitre, car, douze ans plus tard, on trouve dans les registres capitulaires la prononciation d'une amende contre Renaude la Fuchine, qui tenait une école aux béguines sans l'autorisation du chantre ^