Théâtre des antiquité:^ de Paris, p
trespas, sauf et réservé à tenir tous iceuiz biens sa vie durante » Les Bonnes femmes Sainte-Avoye abandonnaient également à la communauté la nue propriété de ce qu'elles possédaient et n'en gardaient que la jouissance jusqu'à leur mort. Cependant, en cas de nécessité, si leur revenu ne suffisait pas à assurer « leur vivre et entretenement, » elles pouvaient être autorisées à aliéner tout ou partie de leur avoir ^.
Ce don irrévocable de leurs personnes et de leurs biens constituait, avec la pratique obligatoire de la vie commune, les seules différences essentielles entre les statuts des Haudriettes et ceux des béguines; pour le reste, les deux règlements offraient à peu près le même caractère^. Les veuves admises à l'hôpital d'Etienne Haudri étaient tenues d'obéir à la maîtresse et ne pouvaient sortir sans sa permission. Elles ne devaient laisser entrer personne dans leur dortoir; elles s'obligeaient à assister aux offices de la chapelle, à prier chaque jour pour leurs bienfaiteurs et à s'approcher des sacrements aux quatre bonnes fêtes. Les fautes graves, telles que le vol, la calomnie, Tivresse, l'incontinence, étaient punies
1. Arch. nat., S* 4634, fol. cv. Ces lettres de fraternité étaient celles de Jeanne la Dalonne, maîtresse desdites bonnes femmes (21 décembre i387), de Jeanne de Parfontaine (12 juin iSgS), de Jeanne la Piarde, dite de Laigny (19 juin 1402), de Martinete de la Roe (3i mai 1408), de Plaisance du Bois (i3 février 1394, n. st.), de Guillemette la Tonnelière, veuve de feu Arnoulet le Tonnelier, en son vivant potier d'étain (4 septembre 1410), de Jeanne la Morelle (6 août 141 1), de Marguerite de Huy (22 août 141 1), de Jeanne Magote, soeur de feu maître Pierre Daret, jadis chanoine de Paris (4 septembre 1411), de Margot la Godoinnc (6 août 1416), de Jeanne la Championne {16 juin 142 1), de Margot la Vaillande (22 janvier 1422, n. st.), de Jeanne la Moinelle (4 juin 142 1).
2. Bibl. Carnavalet, Manuscrits, n* 3o8o2, Lettres de réception de Jeanne Véron et Simonne Plattemart. Les nouvelles sœurs reconnaissent c elles estre données et se donnent par ces présentes, en pur don irrévocable, des maintenant à tousjours, audict hostel et chapelle Saincte-Avoye, aux seurs et successerresse d'icelle chappelle, avec leurs corps et tous et chacuns leurs biens, meubles et immeubles, presens et advenir, à la charge toutesfois que de leursdictz biens elles se pourront aider et en joiront en forme de usuftruict, leur vie durant, sans ce que d'iceulx biens meubles ou immeubles, ou partie d'iceulx, icelles vefves ne pourront aucunement donner, aulmosner, vendre, engaiger, hypothecquer, alliener, transporter ne mettre hors de leurs mains, se se n'estoit par grande nécessité de leur vivre et entretenement, sans fraulde et soubz l'autoritté toutesfois, consentement et permission desditz cheveciers curez. >