LEDUC, LA MARQUISE
LEDUC. Ah ça, mademoiselle d’Uumièrcs ne se doute pas que tous \cnei la retirer du couvent aujourd'hui même?
LA MARQUISE. Non, j’en ai prévenu seulement la supérieure par un mol.
LEDUC C’est une circonstance bien favorable pour présenter une demoiselle dans le monde que le commencement d’un règne Isurtout, avec un prince de sciic ans.
LA MARQUISE. Oh ! les commencemens sont toujours superbes; c’est la fin qu’il faut Toirl
Air de Partie et Revanthô.
Qnaad uo nouveau règuc commence Chacun voit l'avenir en beau;
Chacun se livre à l'espérance,
D'attraper sa part du gSteau;
Cliacun veut aa part du gSteae.
Tout est promesse pour séduire
Tant de gens qu'on doit reodre hcoreui ;
Mais l'hiatoirc est lit pour nous dire ,
Que promettre et tenir sont dcox.
LE DUC. Il faut espérer que celui-ci sera mieux élevé que son aïeul, et que ses instituteurs ne s’amuseront pas è nous le gâter. Il es' vrai que quelque dame de la cour pourra biett prendre cette pcinc-li.
LA MARQUISE. Mais en vérité monsieur le duc vous dites aujourd’hui des choses 1 LE DUC. En effet, je ne sais pas ce que j’ai; il m.urivedes idées !..
LA MARQUISE. Fort étranges I et dans un lieu pareil. (On entnul te ion dn cor.) Est-ce qu’il y aurait chasse de ec coté?
LE DUC. Ça ne me surprendrait pas.
L.A MARQUISE. Et par quel hasard n’avez* j vous pas suivi sa majesté.
LE DUC. Ce n'csl point par hazard, marquise , niaLs par le bonheur que j’ai eu que vous me proposiez de vous accompagner.
LA MARQUISE. Toujours galant!
LE DUC. Avec vous, ce serait toujours, si votre haute piété ne le défendait ; aussi , est-ce sur la nièce que j'ai le projet de me venger de la sévérité de.« principes de la tante.. .vous savez que mademoiselle d'Humiéres m'a été promise par monsieur le maréchal lui-même, son digne père.
LA MARQUISE. Oui; mais il vous a prévenu que les d’Humières, de mère en fille, n’ont épousé, et ii’cpou seront jamais que des grands cordons de l’ordre, des maréchanx ou tout au moins des ducs et pairs.
LB DUC. Eh bien , ça m'est dû , madame la marquise, duché, cordon, bâton, ça m’est dû. Louis XIV de glorieuse mémoire qui connaissait mes capacités, me l’a dit, devant M. Tallart qui vous l’affirmerait s’il n’était allé rejoindre Louis XIV ; et l’occasion m’a manqué seulement; car, les colliers de l’ordre pleuvaient autour de moi.
LA MARQUISE. Et p S un n’est venu é votre cou.
LEDUC. Pas un, c’est vrai.
LA MARQUISE. Le bâton de maréchal a passé de main en main aussi.
LB DUC. Et m’a toujours passé devant le nez, vous voulez dire? dites, dites, ne vous gêuez pas... Eh bien , madame la marquise, jc m’en fais gloire, dans ces derniers temps , â qui la faveur? â des écervelés qui partagaient les excès du prince, et Dieu sait si j’en ai jamais fait d'excès!
jc n’aurais pas pu... madame la marquise, vous devez me rendre cette justice.
LA MARQUISE, Mais monsieur le duc,
J' gnore absolument, je vous assure...
LE DUC Eh bien, je vous le. déclare, j'ai passé pur, ce qui s’appelle pur et sans tache , & travers les fêtes effrénées , les regards lubriques et les orgies brûlantes; et j'ose dire que j’apporterai â mademoiselle d’Humières un cœur tout neuf.
LA MARQUISE. Quel âge avez-vous donc, monsieur le duc ?
LE DUC. Jc dis neuf de toutes les souillures de ce temps déplorable. (On sonne rïoement ou dehors.) Oh, ohl voilà des arrivants qui sonnent en maitre. (/ï regarde.) £hl je ne me trompe pas, c’est le premier
LES BBteNET* A LA COUB.
Talet de chambre du roi. Par <piel haiard ici?