CHAPITRE XV
Une excursion à Ikoutuu. — Station de Nuoiiilré. — L'n mariage dans l'Oubani;!. — La rivière Mboungtou. — Les Bangala et le mussolo du niundelé. — Coquilliat cliL-t' de la station d'Iboko.
(^M 1 y!?T^^C^'^''' OU2E jours apfès avoir quitté Léopoid ville, l'expédition "^ sS^^i \* Hanssens campait à la fin de la journée du 5 avril sur
un îlot parallèle à la rive droite, devant le village bateké
de Mbossi.
Le lendemain, au point du jour, on apercevait le drapeau tricolore français sur la hutte la plus élevée du village établi sur la pente d'une falaise couverte de bananiers et de sorghos et tombant à pic, par son versant septentrional, dans les eaux brunâtres d'une grosse rivière appelée Likouba.
Hanssens, sans songer à porter la moindre atteinte à l'influence que la mission française avait acquise sur la rive droite, voulut, dans l'intérêt de l'Association, rendre visite aux habitants de la rive gauche et les déterminer, par des présents et des paroles amicales, à se rangei^ sous la protection de la Sociét j internationale, dans le cas où ils n'auraient pas encore accepté le protectorat de la France.
Le capitaine confia à Courtois le command'îment provisoire de la flottille et, accompagné de dix hommes de couleur, il redescendit le fleuve sur une des baleinières pour gagner vers l'est une rangée d'îlots d'où l'on voyait s'élever des nuages de fumée indiquant qu'ils étaient habités.
Hanssens accosta le premier de ces îlots et y rencontra des indigènes occupés à brûler des herbages.
Questionnés par le mundelé, les natifs répondirent amicalement, qu'ils faisaient du sel et qu'ils habitaient Ikoutou, bourgade située vers i'est.
<' N'avez-vous jamais vu d'hommes blancs? demanda Hanssens.
— Oh ! bien des fois nous avons vu passer les pirogues de Boula .Matari, et nous connaissons aussi le frère de sang de Nabouna, un blanc grand fcticheur, homme à médecine (le docteur Bal.ay), dont les maisons pleines de fusils, de poudre et d'étofifes magnifiques sont a .Mbossi, sur l'autre rive.
— L'homme à médecine dont vous parlez a-t-il visité votre village.-
— Non, mais il a pi'omis de revenir et d'aller avec nous rendre hommage à notre mfoum Ikoutou. »
0 Décidément, pensa Hanssens, je devance fort heureusement les agents de mon émule de Brazza; puis s'adressant aux sauniers, il décida l'un deux à lui servir de guide et d'interprète jusqu'à Ikoutou.
La baleinière, sur les indications de l'indigène, redescendit le fleuve à travers un labyrinthe de canaux, et vint atterrir à la rive gauche, en un point où la berge peu élevée était d'un accès facile.
Confiant la garde de la baleinière a six de ses rameurs, Hanssens s'engagea sous la conduite du guide, avec les quatre autres pagayeurs portant des ballots, dans un sentier conduisant au village d'Ikoutou.
Ce sentier, étroit et capricieu.x comme toutes les pistes indigènes, zigzaguait a travers des fourrés inextricables d'arbustes et de hautes herbes dont les ramilles épineuses et les tiges emmêlées abritaient des nuées dinsectes aux couleurs vives et brillantes, mais audacieux et avides.
Dédaignant la peau noire et rugueuse des enfants de l'Afrique, ils s'acharnaient de préférence aux mains et au visage du malheureux pionnier blanc qui ne savait comment repousser ces attaques incessantes.
Les bourdonnements, les piqûres, les morsures des taons, des moustiques, des insectes de tout genre et de toute taille, les ronces et les épines, les caresses brûlantes du soleil tropical, telles furent pour Hanssens, durant deux heures dune marche difficile, les douloureux incidents de la première partie du trajet.
Au bout de la savane, le tracé suivi décrivait une courbe \ers le sud, longeait une forêt montueuse qui, aux dires du guide, était l'habitat favori des chats-tigres et des léopards, puis il inclinait brusquement vers l'est, laissant sur la gauche des masses sombres et prolondes de verdure d'où sortaient un fracas d'eaux rugissantes, des grondements et des sifflements humides, rappelant à lexplorateur le vacarme des rapides et des chutes du bas Congo.
Apres vingt minutes de marche, la petite caravane s'arrêtait sur les bords d'un torrent, a quelques mètres de cataractes dont le mugissement se mêlait au terrible concert des cascades tombant du haut de rochers énormes hérissés d'une végétation séculaire, d'un fouillis d'arbres et de lianes où le feuillage vert-noir des mangliers dominait les frondes du phrynium et s'empourprait des fleurs ccariates de l'ipomée parasite.
Au-dessus du torrent, à cheval sur les falaises rocailleuses, un tronc d'arbi-e colossal, renversé par la tempête, semblait comme un pont hardiment suspendu, défiant les marcheurs a tenter sur sa croupe ari'ondie le passage de la rivière.
Hanssens voulut suivre d'abord cette voie périlleuse ; mais son guide l'en dissuada. Le tronc d'arbre vermoulu ne résisterait point, disait-il, aux pas légers et l'apides d'une panthère; d'ailleurs, au pied même de la cataracte, cette rivière sans profondeur ofù'ait un endroit guéable.
Pour prouver au mundelé la véracité de ses assertions, le noir cicérone, nu jusqu'à la ceinture, s'engagea résolument dans le torrent, et reparut dix minutes après sur la berge opposée, d'où il encouragea du geste le blanc et ses compagnons à suivre son exemple.
Les serviteurs de Hanssens se disputèrent alors l'honneur de le porter. Le capitaine grimpa sur les épaules du plus vigoureux d'entre eux; et à ia queue-leu-leu, les trois noirs chargés des ballots, le quatrième transportant fièrement son niaître, traversèrent le torrent.
A cent mètres de la rive droite de ce cours d'eau, affluent sans importance du Congo, appelé par Hanssens tori-ent d'Ikoutou, s'étalait le village du même nom, terme du Vû3-age ardemment souhaité par les quatre porteurs épuisés.
Le mfùum de l'endroit, potentat bayan-^ii, fit un bon accueil au visiteur
blanc et reçut avec un joyeux empressement les riches étoffes et les objets d'échange que contenaient les ballots.
Ce vassal d'Ibaka connaissait à peine le nom de son suzerain, le roi de Bolobo, mais il avait fréquemment entendu parler de Boula Matari et des hommes de couleur blanche qui accomplissaient sur les bords du Congo des merveilles de génie et d'audace.
Il accepta, sans en comprendre peut-être toute la portée, les traités d'amitié et d'alliance que le capitaine Hanssens, au nom de l'Association internationale, soumit a son approbation; il admii'a surtout l'ctoffc soyeuse du drapeau bleu au milieu duquel scintillait une étoile dorée, et manifesta le désir de planter sur la toiture de toutes ses huttes, à côte des crânes humains décharnés qui les paraient déjà, de nombreux étendards de l'Association.
Hanssens fit observer a ce sauvage que le drapeau bleu, emblème de paix et d'humanité, serait déplacé au milieu de débris humains, mais les généreuses observations du capitaine ne furent pas comprises, et les drapeaux qu'il laissa au chef dikoutou, avec recommandation expresse de les montrer a tous les voyageurs b.ancs qui visiteraient son village, furent hissés sur les huttes du mfoum bayanzi à côté des hideux trophées rappelant des sacrifices liumams.
A la fin de cette journée, après avoir généreusement récompensé son guide qui l'avait ramené au point de départ, le capitaine retrouvait ses fidèles rameurs inquiets de sa longue absence, mais affamés et réclamant leur repas du soir.
0 Vous avez lami, mes braves amis, je souffre comme vous de cette maladie passagère et curable. Patientez encore un peu, faites force de rames, nagez vigoureusement, dans deux heures nous stopperons près de ÏEn Avant. Ma journée a été bonne, il y aura pour chacun de vous un supplément de ration, un quart de gin. »
Ranimés par cette promesse, les noirs cessèi-ent de murmurer et se plièrent sur les pagaies. La baleinière, docile aux inflexions de la barre gouvernée par Hanssens, soulevée sur la nappe dormante d'innombrables canaux, vola, effrayant dans sa course les ibis attardés parmi les herbes des rives; elle toucha terre, à la nuit tombante, a côté des steamers, devant les tentes des vo\'ageurs dressées çà et là dans les sombres massifs herbacés, reproduisaient sur leurs toiles blanches, à la lueur des feux de bivouac, les silhouettes fantastiques des noirs occupés à préparer le souper.
Courtois, Amelot et Wester avaient attendu leur chef pour se mettre a table. 11 y avait ce soir-là un service exceptionnel : ragoût dhippopo-
tame, friture de petits poissons et rôti d'antilope; le tout résultant des exercices variés auxquels s'étaient livrés les blancs pendant l'absence du capitaine.
La chasse et la pèche peuvent, dans ces parages, suffire à l'alimentation d'une armée. Le gibier d'eau pullule dans les îlots herbeux; les hippopotames encombrent les canaux du fleuve, sans gêner la circulation d'innombrables poissons de toutes dimensions; les antilopes y courent partout, mais sont moins nombreux que les buffles rouges, plus petits et néanmoins aussi terribles que les buffles noirs de la zone orientale.
Hanssens remercia ses compagnons de leur délicate attente et surtout de l'agréable surprise qu'ils avaient ménagée à son estomac impatient.
Tout en mangeant et en mêlant à son récit des éloges sur le souper succulent, sur la façon dont le maître-coq Courtois avait préparé chaque mets, le capitaine raconta les incidents de son excursion à Ikoutou, et se montra satisfait d'avoir, au prix de plusieurs heures de fatigues et de quelques ballots de marchandises, acquis au protectorat de l'Association ce village susceptible d'éveiller les convoitises du docteur Ballay.
« Je n'ai pas caché, leur dit-il, mes intentions aux agents de la mission française.
« Sans être le rival de M. de Brazza, je dois prévenir le plus possible ses empiétements sur la rive gauche, où l'Association compte déjà de nombreuses possessions qui lui assurent un droit de priorité.
« Je renouvellerai sous deux jours, en amont, mes démarches d'aujourd'hui. Il est, à mon avis, indispensable aux intérêts futurs de l'Association de posséder ou tout au moins de ranger sous son protectorat les districts qui s'étendent sur la rive gauche du fleuve, depuis Loukoléla jusqu'à Equateur-Station.
« En effet, continua l'officier en déroulant sous les yeux de ses auditeurs la carte du Congo, partez de ce point marqué Loukoléla, remontez avec moi..., par la vue, le fleuve que nous remonterons demain sur nos vapeurs; vous trouvez en face de Ngombé une bourgade nommée Banana, comme le port où nous avons pour la première fois entrevu les eaux limoneuses du Congo.
« De ce village, et sur une étendue d'environ trois kilomètres vers le nord, le fleuve se resserre d'une façon très sensible; ce rétrécissement est en réalité plus considérable que ne l'indique la présente carte. Selon les calculs de Stanley, le Congo y forme un canal navigable dont la largeur n'excède pas quinze cents ou deux mille mètres, alors qu'en aval elle varie de dix à quinze kilomètres.
« Cette zone présente pour rexpédition une importance de premier ordre, en ce sens que si de Brazza parvenait à s'en rendre maître il tiendrait une des clefs du haut Congo, et pourrait par l'occupation des deux rives fermer la navigation et proclamer français le cours supérieur du fleuve.
« M. Stanley sait toute la valeur de ce point, puisqu'il me l'a particulièrement signalé; il s'}' est assuré l'alliance des natifs, mais sans réussir à y fonder une station.
« A nous de réparer l'insuccès de l'agent général. Demain nous quitterons notre camp; nous ferons une courte halte à Loukoléla; puis, sans plus de retard, nons poursuivrons notre route jusqu'à Ngombé, où je compte sur l'intelligent concours de chacun de vous pour m'aider à obtenir à un prix modéré une concession de terrains et le droit pour les agents de l'Association de bâtir et de planter sur ces terres. >)
Le plan communiqué par Ilanssens a son entourage fut exécuté ponctuellement.
Le 9 avril, après un temps d'arrêt à Loukoléla qui permit au commandant de la division du haut Congo d'inspecter les travaux de M. Glave, activement secondé par son adjoint, M. Gamble Keys, la flottille stoppa le soir au pied du morne boisé de Ngombé.
Les natifs de Ngombé, ces éleveurs de crocodiles que Stanley avait, en juin i8S^, trouves disposés à commercer avec les blancs, se montrèrent envers Ilanssens pleins de bienveillance, et s'ils débattirent longuement les conditions d'un traité, du moins finirent-ils par en accepter, à un prix admissible, toutes les conclusions avantageuses pour l'Association.
Ilanssens acquit un vaste emplacement aux abords mêmes du village, dans une situation pittoresque et salubre. Il y installa aussitôt quatre des plus dévoués Zanzibarites qui avaient remonté le fleuve avec lui, et leur enjoignit de défricher le terrain, de vivre en termes constamment pacifiques avec les natifs et d'attendre l'arrivée d'un blanc qui serait ultérieurement désigné pour prendre le commandement de la station de Ngombé.
Mais, contrairement à ses prévisions et aux indications de la carte, la bourgade désignée sous le nom de Banana n'existait pas sur la rive droite du fleuve en face de Ngombé.
Cette rive était dépourvue de villages et le territoire appartenait au grand chef du district dOubangi, dont la capitale est située sur la rive nord d'un affluent de droite du Congo, affluent inscrit Mbanghi sur les cartes de Stanley, mais appelé Mboundgou par les natifs. |
Hanssens résolut de visiter ce chef de l'Oubangi, pour en obtenir seule-
TRAVERSKE DU TORRENT D IKOUTOU.
LEa BELGES. lU.
ment la cession du territoire qui s'étend devant Ngombé. à l'endroit où le fleuve est réduit à sa moindre largeur. Mais au préalable le capitaine amena sa flottille dans les eaux d'Équateur-Station. Il tenta ensuite sur l'En Avjut l'excursion de découverte du district de l'Oubangi, en compagnie de son compatriote, le lieutenant Liebrechts. dont la popularité chez les nègres de la contrée était immense depuis qu'il avait été élevé sur le pavois par les Baroumbé, à la mort du moucounzou Seko-Tounghi.
La rivière Mboundgou mesure à son embouchure une largeur égale à l'estuaire du Congo devant Banana, soit environ onze kilomètres; elle est réputée par les trafiquants et les natifs de la région comme son plus important affluent de droite.
HanssensetLiebrechtsfurentlcsdeux premiers blancs quiypénétrérent. Ils longèrent la rive gauche, reconnurent l'agglomération de villages connue sous le nom d'Oubangi, et furent assez heureux pour rencontrei- clans le plus important de ces villages, qui était en même temps le marché le plus achalandé de toute cette partie du continent africain, le grand chef noir, a qui ils avaient affaire.
Prés de débarquer dans ce centre populeux, les explorateurs constatèrent avec surprise le peu d'empressement que mettaient les natifs à venir au devant des steamers.
Contrairement aux agissements de la plupart des populations africaines voyant pour la première fois une pirogue inusitée s'arrêter dans leurs eaux, les gens d'Oubangi ne formaient pas la haie sur la rive; ils couraient vers l'intérieur du village en chantant des refrains plus gais que les monotones strophes des chants funèbres ou guerriers; des envolées de coups de feu suivies de hourras d'allégresse résonnaient à tous les angles du village, envoyant vers le ciel comme des ballons de fumée.
Sans nul doute il se passait dans Oubangi un événement extraordinaire. C'est à peine si une cinquantaine de natifs s'arrêtèrent dans leur course pour contempler les blancs qui débarquaient du vapeur.
Cependant les rues du village regorgeaient de monde; monde bizarre, étrange, disparate, où tous les t}-pes de la race nègre du centre africain, Bateké, Bayanzi, Baloui, Bakouti, Oubangi, Bangala, Oubika, se distinguaient par leurs chevelures diverses et leurs accoutrements différents; tous les visages enluminés, peinturlurés, barbouillés aux couleurs du prisme solaire, respiraient la joie, le plaisir ; les huttes elles-mêmes avaient un air de fête.
Hanssens et Liebrechts ne tardèrent pas à avoir le tin mot de cette animation : le grand chef de l'Oubangi convolait en huitième noce, il épousait
SoS CHAPITRE QUIXZIÈMt:
la fille d'un Crésus de rAlViquc centrale, d'un trafiquant de la conti^éo batcké dont les caravanes sillonnaient depuis des années tous les mai'chés des districts les plus riches de l'Afrique tropicale, semant partout l'ivoire, le minerai de fer et de cuivre, le fil de laiton, en échange de milliers d'esclaves, des productions locales et des produits manufacturés du mpoutou.
Le bcau-pcre du chef de l'Oubangi était parent de Mpumu Ntaba, le plus puissant makoko de lazone tropicale africaine, dont la domination s'étend de la rive nord du Stanley-Pool aux vallées lointaines et inexplorées de rOkanda.
Ces noces co'incidaicnt avec l'époque du marché d'Oubangi le plus fréquente de l'année. Cette coïncidence n'était joas due au hasard ; l'épouseur, possédé du démon de la gloriole, vaniteux à l'excès comme tous les potentats de l'.Afrique. avait fixé lui-même la date des épousailles, et chciisi le jour où le plus grand nombre de témoins, de spectateurs bruyants, enthousiastes, porte-voix de toutes les peuplades environnantes, pourraient assister à la solennité et s'extasier devant les richesse composant le trousseau de sa huitième épouse
La coutume permettait, en effet, dans l'Oubangi à tous les gens présents au village, lors d'une cérémonie d'épousailles, de compter les paniers de perles et de cauris, les douzaines de colliers, de bracelets et d'anneaux, les corbeilles de jonc chargées de fils de laiton et de cuivre, les ustensiles de ménage, les instrument agricoles, les ballots d'étoffes du mpoutou, les pagnes de fabrication indigène, et les esclaves mâles et femelles qui constituent la dot de 'a femme libre épousée.
Roi, chefs, sous-ciiefs, arrière-chefs, conseillers de villages et hommes libres du district de l'Oubangi se soumettaient de bonne grâce à cet usage, qui flattait le plus souvent leur amour -propre. Les notables de cette contrée recherchaient de préférence comme épouses légitimes les plus riches et les plus belles héritières des districts limitrophes; leurs recherches aboutissaient toujours à des résultats favorables, par la raison que les seigneurs de l'Oubangi opéraient des rafles d'héritièi'es dans les districts voisins de la même façon que les premiers Romains enlevèrent les Sabines.
Mais la huitième épouse du grand chef de l'Oubangi n'avait pas été enlevée: la noce, à laquelle assistèrent les officiers belges, laissait subsister un accord parfait entre le beau-père et le gendre.
Les blancs se frayèrent un passage jusqu'à l'endroit où se déroulaient les péripéties les plus intéressantes de la cérémonie : la place du village, bordée de huttes de chaume en torme ovale, appartenant toutes, disait-on au grand chef de la tribu.
Lorsqu'ils \' arrivèrent, après a\'oii' joue du coude et écarte les rangs pressés des curieux, le défile des porteurs du trousseau commençait.
L'épouse, campée sur les épaules d'un robuste esclave, était portée a sa demeure conjugale. Sur les traces de sa monture marchait, en file indienne, d'un pas lent et cadencé, de manière à permettre à la foule de calculer la valeur de la dot, tout son futur personnel domestique des deux sexes, portant à la main, sur la tête, sur les épaules ses multiples colis.
Lorsque le grand maître des céi-émonies de la cour du makoko de rOubangi, personnage exotique dont la présence avait été requise pour