‹ Les Belges dans l'Afrique centrale; voyages, aventures et découvertes d'après les documents et journaux des explorateursChapitre 14 sur 46 · LEPOLSE ETAIT PORTEE A SA DEMEURE CONJUGALE · texte numérisé non relu

LEPOLSE ETAIT PORTEE A SA DEMEURE CONJUGALE

régler la marche et les détails du cortège nuptial, eut refermé la porte sur l'esclave porteur de la dernière fraction du trousseau de la mariée, la curiosité des spectateurs se reporta tout entière sur les deux mundelés.

Hanssens i^t Van Gelé furent en un instant cernés par une foule bigarrée d'où sortaient des murmures d'étonnement, des exclamations d'effroi et des grondements sourds et menaçants poussés parles fétichistes timorés de l'assistance.

Sans donner a leurs voisins le temps de se consulter, les blancs firent traduire aux plus proches leur désir d'être présentés au grand chef de l'Oubangi. Le lieutenant Van Gelé ajouta qu'il venait en qualité de moucounzou du

dibtrict I!aroumbc féliciter son puissant collègue de l'Oubangi à l'occasion de son brillant mariage.

Il se trouva fort heureusement dans l'assistance peu disposée à croire qu'un mundclc fût roi d'une tribu voisine, des sujets bakouti et baroumbJ qui certifièrent le titre du commandant de l'Equateur, et narrèrent avec force amplifications les détails du tremblement de terre de l'Ikengé, phénomène attribué par les natifs au pouvoir occulte des blancs.

Un revirement complet en faveur de Ilanssens et de Van Gelé s'opéra dans la foule après les récits des trafiquants bakouti et baroumbé.

On se pâma d'admiration pour les mundelés ; toutes les mains se tendirent vers eux, et mille ciccroni volontaires s'offrirent à les escorter jusqu'à la hutte où le chef de l'Oubangi mettait la fille du trafiquant bateké au courant de ses devoirs d'épouse.

Craignant d'être indiscrets ou fâcheux, les blancs insistèrent poui^ attendre encore quelques heures le retour du grand chef; ils s'installèrent au pied d'un majestueux gommier odoriférant, aux dimensions énormes, du genre boswellia, dernier arbre séculaire d'un bois qui, situé à proximité du village d'Oubangi, avait été détruit par les natifs avides d'enrichir leur flottille de pirogues de combat.

Les occupations du nouveau mari ne furent point troublées. Il sortit enfin de la hutte nuptiale.

Sur le seuil de la porte, des courtisans l'arrêtèrent et lui annoncèrent la présence de deux hommes blancs, dont l'un, moucounzou des Baroumbé, avait naguère imposé sa volonté au soleil et a la terre, et l'autre, frère du célèbre Boula .Matari, l'emportait encore en puissance occulte sur le premier.

Ces deux êtres surnaturels, ajoutaient les courtisans, sont arrivés à Oubangi par la nvière, en naviguant sur une pirogue monstrueuse qui roule sur les eaux sans le secours d'aucun pagayeur, mais en lançant dans l'espace par un long tuyau de fer des nuages de fumée. Ils sont aimables et courtois et, sachant que le chef était très occupé, ils ont refusé de le déranger et l'attendent à la lisière du village.

En entendant ce rapport, le nouveau marié se rendit précipitamment près des mundelés dont l'entourage n'avait fait que croître depuis une heure.

Les indigènes firent place au grand chef noir, qui serra bientôt avec effusion les mains que lui tendaient Hanssens et Van Gelé.

Oubangi (tel était le nom du makoko) pouvait avoir quarante ans; sa haute stature dépassait de beaucoup la moyenne habituelle de la taille des nègres, son corps, bien proportionné et d'une couleur chocolat tendant au

noir, était orne d'une façon toute particulière : au lieu d'avoir aux jambes des anneaux de fer ou de cuivre, il portait autour des chevilles une parure métallique en forme de cymbales ayant vingt centimètres de diamètre environ: ces oimements incommodes, percés au centre, étaient en place depuis de long'ues années, et leur propriétaire, dont les jambes étaient gonflées, engraissées, devait, eût-il eu l'intention de s'en défaire, les subir jusqu'au jour de sa mort. En outre, des colifichets sans nombre s'enroulaient autour des bras, des jambes et du cou du makoko ; c'étaient ses nikissis de prédilection.

Il était vêtu d'une longue robe écarlate à ramages, présent de son beaupère bateké, et coiffé d'un chapeau grossier en feuilles de maïs, agrémenté d'un panache de plumes blanches, et rappelant par la forme et les dimensions celui qui ?ert de magasin ambulant et inséparable au fameux Ibaka.

Les dignitaires de la cour se rangèrent autour de lui avec une célérité surprenante, suivant le grade et la faveur. Tout d'abord de hauts et puissants seigneurs, occupant des fonctions élevées prés de la personne du souvei'ain; le signe distinctif de leur charge est un bracelet formé de petites clochettes de fer, dont les tintements rappellent celui des grelots attachés aux fouets des postillons. Ensuite viennent les féticheurs, les ministres du culte, à la fois médecins des âmes et des corps, qui se distinguent par leur chevelure, les calebasses et les coi'beilles i^emplies de simples, attachées à leur ceintui'e aux couleurs éclatantes; plus loin sont groupés les notables du village, reconnaissables à de longues trompes d'ivoire rougies a la poudre de camwood, dont ils arrachent par moments des notes stridentes; puis sont entassées péle-mèle, derrière le grand chef de la guerre, les hordes soldatesques d'Oubangi, dont les lances, les mousquets, les boucliers métalliques étincellent aux i-ayons du soleil; enfin le vulgiim pecns, les trafiquants, les marchands, les lemmes, les enfants, les esclaves, en un mot toute la population sédentaire ou flottante de la localité s'est rangée circulairement pour assister a l'entrevue, à la palabra d'Oubangi avec deux hommes blancs d'une essence supérieure et divine.

Surpris de la promptitude avec laquelle s'est effectué le rangement de cette foule diverse et imposante, Hanssens félicite chaleureusement Oubangi; il insiste particulièrement sur l'impression qu'il a éprouvée en reconnaissant de quel esprit d'ordre et de discipline sont animés tous les sujets de ce puissant souverain qu'il complimente ensuite sur les richesses incalculables de sa nouvelle épouse.

« .Mon frère, lemoucounzou des Baroumbé, grande tribu qui vit à l'oi'ijnt

de votre royaume, vous félicitera lui-même à l'occasion de votre mariage; quant à moi, ma visi'.c a un caractère spécial sur lequel j'appelle toute votre attention. Les divinités du ciel vous ont donné un sol riche et Iccond, où se rencontrent en abondance des plantes oléagineuses, fructifères et vinifères, des bois précieux et des monceaux d'ivoii'c.

« Ces productions peuvent devenir pour vous une source intarissable de richesses, si vous permettez aux hommes blancs de s'installer sur vos terres. Les mundelés vous donneront, en échange des huiles, des fruits et du beurre de vos palmiers, des arbres de vos forêts et des récoltes de vos plantations, de ravissants colliers de perles, des mitakos, des ballots d'étolfes, de la porcelaine, des couteaux, de la verroterie, et des bijoux inaltérables encore plus brillants que les resplendissants ornements de cuivre qui parent vos chevilles.

« En outre, les mundelés consentiront à vous payer une redevance annuelle, pour avoir le droit de bâtir une ville, autour de laquelle ils cultiveront des plantations, initiant en cela vos sujets aux travaux rémunérateurs de la culture. »

Ces paroles, qu'un jeune Bakouti amené par Van Gelé traduisait dans l'harmonieux langage indigène, produisirent sur Oubangi et son entourage un excellent effet.

Le makoko répondit que les blancs étaient les bienvenus chez lui et qu'il serait heureux de voir naître et se développer des relations commerciales entre son peuple et les riches et généreux étrangers.

Puis séance tenante, et d'une voix qui n'admettait pas de réplique, il soumit à ses ministres les conditions définitives auxquelles il consentaitàcéder au capitaine Ilanssens le protectorat, la suzeraineté en quelque sorte, sur tout le district de lOubangi.

Cette cession complète de territoire ne souleva aucune indi;;-nation chez les sujets d'Oubangi. Elle ravit Ilanssens, qui n'avait pas osé compter sur un tel succès. L'objectif de sa visite était, on se le rappelle, d'obtenir du grand chef de l'Oubangi la cession d'un coin de terre sis en face de Ngombé,

Néanmoins les conditions proposées par Oubangi ayant été rendues moins onéreuses après un débat, un marchandage assez long, Hanssens déclara les accepter au nom de l'Association internationale africaine.

En garantie de la foi jurée, Oubangi échangea son sceptre royal contre un drapeau d'azur que lui remit Hanssens. Le traité d'alliance et d'amitié fut cimenté par le pacte traditionnel de l'échange du sang.

Le succès couronnait donc encore une tentative hardie du « Stanley belge. »

Venu à Oubangi avec un seul steamer, en compagnie d'un seul blanc, llanssens, sans autres arguments que la persuasion, l'exploitation habile de la vénalité d'un roi nègre, rangeait sous le protectorat de l'Associati(jn le district immense de l'Oubangi, dont le territoire, aux limites occidentales inconnues, s'étend sur la rive droite du Congo depuis le pomt sis en face de Ngombé jusqu'au pays des Dangala.

Mais, loin de se reposer sur ses lauriers, l'infatigable chef de la division du haut Congo, peu soucieux d'éterniser sa visite à Oubangi, d'accepter les surprises inépuisables de l'hospitalité de son nouvel allié décida son retour à Equateur-Station pour le lendemain même du jour de sa victoire pacifique.

La nuit l'obligea, bien malgré lui, à prolonger de dix heures son séjour a Oubangi.

llanssens et Van Gelé partagèrent pour la nuit une hutte spacieuse et bien aérée, mise gracieusement à leur disposition par le grand chef ami.

Malheureusement, le vacarme incessant des noirs, leurs ébats, leurs chants et leurs danses, les bruissements et les piqùi'es intolérables des insectes, troublèrent le repos des pionniers brisés par les émotions et les fatigues d'une journée figurant cependant parmi ies jours fastes du chef de l'expédition du haut Congo.

Le lendemain, YEn Av.Tiit emportait les mundelés justement fiers du succès obtenu vers la station de l'Equateur.

En naviguant sur l'estuaire de l'Oubangi, dont la largeur équivaut presque à trente fois la largeur de i'Eicaut devant Anvers, le capitaine communiquait a son compatriote ses réflexions touchant l'importance exceptior;nelle que la capitale de ce district acquerra inévitablement lorsque les traitants de race blanche auront, sur les traces des explorateurs, remonté le Congo et étendu leurs relations commerciales et civilisatrices chez les peuplades mercantiles du versant occidental du Congo mo5'en.

« Si mes minutes n'étaient pas comptées, si je n'avais hâte d'aller tentcr chez le grand chef de i'Iboko une campagne aussi fructueuse que celle d'hier, je n'hé:iterais pas à remonter cette rivière large, profonde, énorme, sur laquelle nous voguons. Quelle magnifique voie pour se rendre dans la partie ignorée de la zone occidentale africaine! Que n'ai-je le temps de l'explorer, de fournir a la science géographique tous les renseignements concernant le système hydrographique de l'Oubani Mboundgou. »

LrS UEI.CES. III.

;i [ CHAPITRE QUINZIÈME

Le souhait que formulait le capitaine belge fut réalisé plus tard par un agent des missions anglaises établies au Congo, M. Greenfelt.

Cet intrépide voj'ag'eur, dont nous avons à diverses reprises signalé les découvertes, remonta deux fois le Mboundgou et détermina, la direction de ce volumineux affluent de droite.

Le Mboundgou vient du nord-est et coule sur un parcours de plus de six cents kilomètres, parallèlement au Congo, de sorte que le territoire oubangi compris entre les deux cours d'eau forme une presqu'île longue et étroite.

I^'altitude de cette prc-qu'île dépassant à peine le niveau des eaux moyennes du fleuve et de son affluent, il en résulte, à l'époque de la crue des rivières, des débordements intermittents et des inondations qui font ressembler la zone péninsulaire à une éponge d'où l'eau ruisselle.

Le Congo, gonflé, roule en grandes masses ses lames brunes et limoneuses, qui vont se mêler aux eaux noirâtres de son affluent.

L'humidité et les dépôts de limon accroissent la fertilité prodigieuse de cette contrée acquise désormais au protectorat de lAssociation. Malheureusement, les natifs indolents et complètement étrangers à toute notion agricole ne retirent pas de ces débordements fertilisateurs les avantages, les bénéfices que les habitants de la basse Egypte se créent à la suite des inondations périodiques du Nil.

Les renseignements précédents font néanmoins prévoir la prospérité future du vaste pa3'S de l'Oubangi, sous l'impulsion progressiste d'une société européenne qui saura tôt ou tard inspirer aux peuplades nègres de l'Afrique tropicale l'amour de la culture, cette source de puissance, de force et de richesse pour la race blanche.

De retour avec Van Gelé à la station de l'Equateur, le capitaine Ilanssens prépara son expédition chez les Bangala, cette tribu la plus sauvage et la plus indomptable de celles rencontrées par Stanley sur les rives du haut Congo.

Ce dernier avait, comme nous l'avons dit, promis aux notables de l'Iboko, en l'absence du chef Matamwiké, d'envo3''er sur leurs terres un blanc assez riche pour les combler de cadeaux. Cette promesse obligeait le capitaine à se montrer plus généreux chez les Bangala. qu'il ne l'avait été prés des chefs des tribus d'aval; mais sa générosité ne devait cependant pas nuire au ravitaillement du poste des Falls et à l'installation des stations futures en amont de l'Iboko.

En prévision de la rapacité des Bangala, Hanssens fit alléger les chargements de ses embarcations et déposer dans les magasins de la station de

l'Equateur les ballots de marchandises, les caisses de cauiùs et de mitakos, de vivres et d'outillage iadispensables au succès de son voyage futur entre le pays de l'iboko et l'île Ouana-Rousari.

Il combla les vides opérés sur les ponts des steamers par une forte escouade noire de la garnison commandée par Van Gelé, mais réserva à bord de ÏA. I. A. une place confortable pour le lieutenant Coquilhat à qui était destiné le commandement de la station à établir chez les Ban gala.

Le 26 avril, la flottille quitta l'Equateur pour l'iboko, dans l'ordre suivant : ÏEn Avant, poi'tant pavillon de commandement, ayant à son bord Hanssens, Amelot et Dress, et remorquant une des baleinières ; r.l. /. A., sur le pont duquel se tenaient Coquilhat, Courtois et Wester, et auquel était amarrée la baleinière ÏÊclairciir; enfin le Royal, où Guérin remplissait les fonctions de mécanicien et Nicholls, à peu près rétabli grâce aux soins de Courtois, celles de timonier.

Le trajet s'effectua en douze jours, pendant lesquels des haltes furent laites pour permettre au capitaine Hanssens de conférer avec les chefs des villages de l'Ouranga.

^^oicidu reste, d'après une correspondance de Hanssens, la façon dont furent employées les douze journées du voyage entre l'Equateur et le village de Matamwiké.

K Les jours où je suis en route, écrit le commandant de la flottille, mes bateaux marchent depuis le lever du soleil jusqu'à six heures du soir; nous débarquons alors au hasard sur l'une ou l'autre rive, pour préparer le campement de la nuit.

K Nos serviteurs rompus, à l'existence nomade que nous menons depuis plus d'un mois, dressent en un clin d'œil ma tente et celles de mes compagnons de route. On allume des feux; nous soupons le plus souvent, à la lueur de ces foyers, sous le firmament resplendissant d'étoiles, car la saison des pluies touche à sa fin et nous bénéficions depuis une semaine des laveurs de la saison sèche.

« Puis après quelques heures de causeries enjouées avec mes compagnons, au nombre desquels mes compatriotes Amelot et Courtois se distinguent par leur caractère enjoué et une bonne humeur persistante, je rentre sous ma tente et j'écris mon journal aussi longtemps que les moustiques acharnés autour de ma chandelle fumeuse veulent bien me permettre de le faire. Lorsque ces êtres désagréables m'interdisent d'écrire, je souffle ma bougie; je fume coup sur coup une, deux et trois pipes de cet excellent tabac d'Obourg, qui ne me manque jamais, grâce aux envois de

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mes bons amis d'Europe ; les vampires sont, sinon asphyxiés, du moins réduits à une torpeur qui les rend inoffensifs, et je m"endors dans une atmosphère de tabac préférable, ma foi ! aux bruissements incessants et aux assauts de mes antagonistes ailés.

* Quant aux jours où les embarcations de la flottille ne naviguent pas, tout mon temps est absorbé par des négociations, des palabras avec les chefs des contrées où je veux obtenir des concessions, et ces personnages sont généralement des <* crampons » tels qu'ils ne me laissent pas une seconde de liberté. Courtois, Wester, Amelot, mes mécaniciens et voire même les hommes d'équipage tentent en pure perte de détourner de moi l'attention des sauvages; dès que les noirs savent que je suis Je grand chef des blancs, le Boula .Matari II, ils n'ont d'3-eux que pour ma personne, de paroles obséquieuses, de chants improvisés, de danses en chœur que pour moi, et ce la plupart du temps au grand dam de mes oreilles et sans souci de me lasser, de m'exténuer. »

S'il n'avait pas été si modeste, le capitaine aurait pu ajouter : <, La bonne grâce avec laquelle je me prête aux fantaisies absorbantes des sauvages m'acquiert spontanément leur amitié; chemin faisant, les chefs que je visite et qui m'assomment de leurs sollicitations interminables, finissent toujours par reconnaître le protectorat de l'Association, et se montrent favorables à l'installation de postes hospitaliers futurs. »

Enfin, dans la matinée du 3 mai 1S84, Hanssens s'arrêtait devant Iboko, capitale du district bangala située par 1° 15' de latitude nord.

La tribu des Bangala, contre laquelle Stanley, en 1877, lors de son aventureux voyage de découverte, avait eu ù soutenir un combat sérieux, est signalée comme la plus féroce et la plus sauvage, et en même temps la plus populeuse et la plus riche de toutes les tribus riveraines du Congo.

Ses villages couvrent la rive droite sur une étendue de vingt kilomètres environ ; ils se touchent et ne présentent d'interruption qu'aux rares endroits, remarque Hanssens, où le terrain est trop bas pour être habité.

Tout l'ivoire descendant du haut fleuve. ou pi'ovenant delà zone située au nord du courant, est arrêté au passage par les Bangala, qui n'admettent pas ie tiansit dans la partie de la rivière soumise à leur juridiction et qui sont assez puissants, par le nombre, les armes et la férocité, pour arrêter les tlottilles de canots et les caravanes qui voudraient passer outre.

Leur territoire est donc le plus vaste marché d'ivoire qui existe de rOcéan lux Stanlej'-Falls; il est connu dans le haut Congo sous le nom dlboko, sa capitale, mot qui signifie « marché » en bangala.

Ce point s'imposait donc pour l'établissement d'une station, et da.is

l'élaboration de son plan de conquête pacifique la Société internationale africaine l'avait mis en première ligne.

Stanley, cela a été mentionné déjà, revenantavec Rog'cr de l'ile Ouana- Rousari, avait vainement tenté dy obtenir une concession. Plus heureux que l'agent général de l'Association, Hanssens devait parvenir à i'aire signer au roi des Dangala, un ti'aité accordant à l'Association le protectorat de toute la contrée et l'obtention d'un terrain propre à l'installation dune station. Un résultat aussi important ne fut acquis cependant qu'après bien des efforts patients et de nombreux cadeaux.

Du ^ au 8 mai, cinq mortelles journées furent pass Jcs en négociations, en

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