‹ Les Belges et les Alsaciens-Lorrains au Canada [microforme]Chapitre 7 sur 22 · CLIMAT · texte numérisé non relu

CLIMAT

Le climat du Canada est le plus sain de l'Amérique du Nord, et la plupart des Européens qui viennent s’y fixer, préfèrent de beaucoup en hiver son ciel clair et son froid fortifiant aux pluies et au brouillard de l'Europe occidentsle. On a, du reste, exagéré la sévérité de l'hiver ; il convient parfaitement à la constitution des Européens.

Les maladies chroniques et épidémiques sont très-rares, et, avec un peu de prudence, les nouveaux venus s’acclimatent facilement. ;

La fièvre intermittente, si dangereuse pour les émigrants qui s'établissent dans certaines parties des Etats-Unis, est inconnue au Canada.

Les neiges qui recouvrent le sol pendant cinq mois de l'ennée, lui donnent une fécondité et une vigueur, qui

amène une maturité rapide, une force de végétation inconnue

au même dégré dans les autres pays.

Les céréales et les fruits arrivent parfaitement à maturité,

et peuvent lutfer avec avantage, comme quantité et qualité, avec les pays les plus favorisés.

L'été de Québec peut se comparer à celui de Toulouse, et celui de Montréal à l’été de Marseille.

L'hiver est la saison des fêtes de famille ; c'est alors que l'hospitalité généreuse des habitants s'exerce avec le plus d’entrain ; les promenades en traineau et le patinage donnent une grande animation, et font de l'hiver la saison de prédilection des habitants.

L'hiver a encore l'avantage de rendre l'accès des marchés plus facile aux habitants, grâce au trainage qui s'établit sur les larges voies ouvertes à travers la neige.

Une des meilleures preuves de la salubrité du climat de celle province, c'est que l’on y acclimate facilement les animaux,

sas AU de que les fruits d'Europe y arrivent à maturité, et que la vie moyenne est &e sept ans plus élevée qu’en France, et de cinq ans de plus que dans la Grande-Bretagne. Les renseignements qui précèdent, puisés dans des documents officiels, ma paraissent résumer la situation exacte sur ce sujet d’une haute importance pour l’émigrant.

C'est bien comme mé l'écrivait en automne dernier le très- Rév. Mr Langevin, Vicaire-Général de Rimouski : « Si vous ameniez avec vous quelques bonnes familles de ceultivateurs ou d'artisans religieux, elles trouveraient un elimat dur mais bien sain. » « Tant mieux si l'hiver est long,» dit avec beaucoup de bon sens, Mr le Docteur Hubert La Rue, « cela oblige nos eultivateurs à tenir leurs animaux plus longtemps à l'étable ; cela les contraint à faire des engrais, sans lesquels ii n'y a pas d'agriculture possible. Ne sait-on pas, que les agriculteurs. modèles recommandent la stabulation permanente, l'été comme l'hiver ? Il y a longtemps que nos terres seraient complètement épuisées, si la rigueur de notre climat n'eut forcé nos gens à établir une stabulation de six ou sept mois. On dit encore ; « La beiïle saison est courte ! » — C'est

vrai ; mais notre population est d’une vigueur, d’une force

sans ‘pareille. Quelle somme énorme de travail ne peuvent pas faire des hommes taillés comme nos habitants ! Et la végétation, dès qu’elle commence, avec quelle rapidité extrême ne se développe-t-elle pas ? Notre sol est d'une fertilité sans pareille ; tous les grains, tous les légumes parviennenk facilement à pleine maturité, » (1)

dd) Mélanges historiques, littéraires et d'économie politique, page 220, saw le D' Hubert La Ruc, prof. à juniv. de Laval.

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Milice et Défense du pays.

Avant 1861, il n’y avait plus eu d'appel aux armes en Canada depuis 4812, lors de la guerre entre les Etats-Unis et l'Angleterre, si l’on excepte quelques mois en 1837, iorsqu’il fallut prendre des mesures pour se précautionner contre un commencement de mouvement populaire, qui a amené des changements de politique intérieure, tout-a-fait à l’avantige de la colonie.

En 1861, lors de la difficulté connue sous le nom de l'Affaire du Trent, dans laquelle l'Angleterre fut insultée par les Etats-Unis, un capitaine de navire, ayant pris de forte deux passagers Sudistes, le Canada, en quelques jours, mit sous les armes plusieurs milliers d'hommes, par un mouvement spontané de la population.

Cette organisation toute volontaire se continua avec plus eu moins d'entrain jusqu'en 1866, quand un enrôlemént secret s'organisa aux Etats-Unis, dans le but d'envahir le Canada et de s'en emparer par la force. La frontière fut alors investie par les fénians ; mais 48 heures après la première alarme, les milices volontaires Canadiennes sur pied sé montèrent à 45,000 hommes, tous habitués au maniement des armes ; en quelques jours elles eurent raison des bandes fénianes et les déroutèrent complètement. Des attaques de cette espèce se répétlèrent dans la suite à plusieurs reprises ; mais elles finirent toujours à la honte des agresseurs. Ces tentatives presqu'incessantes pendant trois ou quatre années consécutives, forcèrent les Canadiens de songer à une organisation puissante, qui leur permettrait de mette sur pied, tous les hommes valides. Une loi pour la défense du territoire, connue sous le nom de : Acte de la milice et de la défense, fut votée après mur examen ct acceptée par la pôpulation toute entière. Jusqu'au jour présent, le nombre des

Et. AE

volontaires a toujours surpassé de beaucoup le chiffre fixé comme maximum par la loi, et il est incontestable que celte organisation purement volontaire, continuera à suffire en temps de paix pour faire maintenir l'ordre à l’intérieur et respecter les frontières au dehors.

Chose remarquable pour nous autres Européens, ces volontaires ne sont jamais appelés sous les armes par le Gouvernement que pour quinse jours d'exercice par année ; ils recoivent chaque jour une solde de frs. 2,50, et une’somime égale pour leur entretien, soit frs: 5,00 par jour. Chaque fois que par suile de circénstances difficiles, la milice: a été mise en activité, la solde du soldat, vraiment utile alors à son pays, a toujours égalé cette somme.

La CONSCRIPTION, tant et si justément rédoulée’en Belgique par la classe inférieure de la société, est icui- “sait inconnue au Canada.

La Constitution garantit au pays, que toutes es for.?s de Q l'armée et dé Ia flotte Anglaise, lui sont assurées pour la défense de son territoire contre toute invasion étrangère.

Au moment ou j'écris, les conditions de paix sont si slables, qe l'Angleterre a pu retirer son dernier soldat, pour concentrer toutes ses forces militaires dans les Iles Brilanniques.

Si le Gouvernement du Canoda n'a point recours à l'impôt odieux du sang, pour maintenir à grands frais une armee permanente, coinme on ie fait en Europe, ce n’est pas à dire que l'esprit militaire y soit nul, st que le rourage soit moins grand là qu'ailleurs. Je ne citerai de la bravoure Canadienne qu'un exemple entre mille : En 4867, l’armée garibaldienne marcha sur Rome. On apprit lexpédition du Condottiere en même temps que les journaux annonceèrent la bataille de Mentana et de Monte Rotondo, où deux Canadiens distingués avaient été blessés grièvement sous les drapeaux da Pape. Immédiatement 15,000 hommes offrirent gratuitement leurs services au Saint-Père ; malheureusement les moyens péeuniaires restreints dont on disposait à celle époque, furent cause qu'on se borna à en envoyer 300. Ceux-ci furent remplacés après deux années de serv.ce, par un contingent à peu près égal, Les frais considérables de celte expédilion (le

voyage, y Compris 1e rapatriement de chaque homme, calculé à 1000 francs), furent souscrits avec enthousiasme par toute la population catholique du pays. Des faits semblables indiquent suffisamment, me semble-t'il, le sentiment national du Canadien, et le sort qui scrait réservé à des ennemis, qui tenteraient une attaque contre cette population habituellement si paisible.

À la tête du Département de la Guerre se trouve actuellement Sir George Etienne CARTIER, Baronnet, Membre de la législature locale à Québec, etc. Il est sans contredit un des hommes les plus distingués de son pays, et exerce une influence considérable sur la population toute entière. J'ai eu le bonheur de conférer avec lui, à plusieurs reprises, au sujet d'une immigration choisie parmi les populations les plus respeclables du continent Européen. Les paroles affectueuses de Sir George ct les mesures qu’il entend prendre de commun accord avee ses collègues dans le ministère, sont pour moi une ample garantie du bon accueil qui attend mes compatriotes, : tant Flamands que Wallons, à leur arrivée au Canada. La préférence qu'il manifeste en faveur de l'élément Belge, est non seulement motivée sur la renommée du cultivateur, mais surtout sur la morale éprouvée et l'esprit de famille, qui a survécu chez nous aux boulcversoments politiques.

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Administration de la justice.

L’Administralion de la justice est aussi parfaite au Canada, que dans les pays les plus avancés. Le français est généralement adopté dans les cours de justice de la Province de Québec.

Dès son arrivée, , étranger a le droit d'acquérir, @e vendre, d'hériter, de tester, etc. absolument comme les autres habitants du pays. Cependant pour qu'il ait droit de vo'e

comme électour, il doit se faire naturaliser après un séjour,

de 8 ans et remplir les conditions ordinaires.

Si pendant mes pérégrinations en Canada, j'a eu le plaisir

de constater l'absence du soldat, dont le besoin ne se fait heureusement ressentir qu’à de rares époques, je n'ai pas rencontré non-plus le bonnet à poil du gendarme ni le galon du garde-champêtre. Le pays est si paisible, qu’on n'a jamais du songer à former un corps de gendarmerie. Chaque ville du Canada maintient certains corps d'hommes de police, et de rares constables spéciaux suffisent pour maintenir l’ordre

le plus parfait dans les campagnes, qui couvrent une étendue

de territoire si considérable, que nous nous en formons à peine une idée exacte.

J'ai été agréablement frappé du sentiment général de respect pour le maintien de l'ordre, de l'autorité et des bonnes mœurs. Il n’est pas rare de trouver à la campagne des bâtisses dont les portes ne se ferment jamais à clef ; les animaux domestiques et les ustensiles de labeur sont généralement laissés à l'extérieur, même pendant la nuit, dans la plus parfrite sécurité.

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Chasse et Pêche. | #

Les pêcheries du Canada sont tellement riches, que leur produelion pour l’année 1874 est évaluée à 85,000,000 de francs. Les provinces maritimes offrent done un vaste champ äd tous ceux qui veulent s'occuper de cette industrie, d'autant mieux, que les terres sur le bord de la mer sont très-fertiles et que les engrais de mer y aboncent.

Voici les périodes de l'année pendant lesquelles il est illégal de chasser, tuer, acheter, vendre ou avoir en sa possession

aucun animal ou gibier dénommé ci-dessous :

: L'Elan, l'Orignal, le Caribou, le: Chevreuik et le Lièvre,

entre le 4 Février et le 4e Septembre : Coq de Bruyère Plarmigan, Perdrix, Bécasse ou Bécassine, entre le 4° Mars et le 4e Septembre ; Cygne, Oie et Cänard Sauvage, entre le 4er Mai et le 1er Septembre ; Loup-Cervier, Chat Sauvage, Vison, entre le 145 Avril et le 15 Octobre ; la Martre, entre, le. 45 Avril et le 4 Novembre ; Loutre, entre le 4e Mai et le 4er Novembre ; Castor, entre le 30 Avril et le 4: Septembre ; le Rat-musqué, entre le A Mai et le 21 Octobre.

Défenses : de chasser la Bécasse ou Bécassine, Oie et Canard Sauvage, une heure après le coucher et une heure avant le: léver du soleil ; de prendre ou de tuer par le moyen de cordes, collets, ressort, filet ou trappe, aucun des animaux ou oiseaux nommés plus haut ; de prendre ou de détruire en aucun temps: les œufs d'aucune espèce d'oiseaux sauvages ; 14 jours sont accordés à l'expiration de chaque période, pendant lesquelles; on pourra vendre les animaux et le gibier pris légalement.

Il est défendu de pêcher, Fran ou tuer le Saunon entre | le 34 Août et le 4 Mai.

La Truite de lac et de rivière entre le 4e Cetobre et le 4er Janvier,

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