ÉPILOGUE
Vësale venait de disparaître de la scène, mais son ge'nie continua de veiller aux progrès de la science. L'édiGce construit par Galien avait été détruit, et sur ses ruines sëtait élevé un monument solide, dont Tétude approfondie du corps humain formait la pierre angulaire. Grâce à notre savant compatriote, on vit naître toute une génération d'anatomistes, qui illustrèrent la fin du seizième siècle, et dont aucune autre époque ne présente plus l'exemple. Ce fut surtout en Italie, dans les lieux qui retentissaient encore du grand nom de Vésale, que l'anatomie devint l'objet d'un véritable culte. Là se créa cette admirable école, dont il fut le chef, et dont presque tous les élèves furent à leur tour des maîtres illustres : Fallopia, Colombo, Varoli, Aranzi, Casserio, Ganani, Van den Spiegel, etc.
Dans le cours du dix-septième siècle deux découvertes mémorables furent faites : celle de la circulation du sang et celle des vaisseaux lymphatiques. On peut dire que Vésale provoqua la première, en préparant les éléments de l'important problème
cinq lieues de la côte de Morée, long. lOo lat. 38o. Sa capitale, Zanthe, est située au fond d'une rade très-ouverte, sur la côte orientale de Pile. Elle est grande et bien bâtie, et renferme quatorze mille habitants. G*est dans cette ville que le malheureux Vésale est venu mourir de maladie et de misère, entouré d'une population uniquement occupée du soin de son commerce , et qui ne se doutait point que le hasard avait jeté au milieu d'elle le plus grand génie du siècle. Il est peu probable que Tinscription pieuse consacrée à la mémoire de notre illustre compatriote subsiste encore. Notre gouvernement ferait bien de la faire replacer sur une simple pierre tu mutai re, qui rappelât aux voyageurs le nom et les malheurs du grand anatomiste.
qu'il devait être donne à Harvey de résoudre. En effet, s'il est vrai que la connaissance de la circulation du sang repose sur celle des organes qui leffectuent^ qui plus que Tanatomiste belge peut revendiquer Thonneur d'avoir fait connaître ces circonstances? C'est lui qui, en déterminant d'une manière exacte la disposition du cœur, et en décrivant l'admirable mécanisme de ses valvules, indiqua au physiologiste anglais la voie qu'il devait suivre pour attacher son nom à l'une des découvertes les plus importantes des temps modernes. La question était mûre, et Harvey n'a eu que le mérite de l'a propos, puisqu'il lui a suffi de tirer les conséquences des faits posés par Vésale.
Parmi les auteurs qui illustrèrent le dix-septième siècle, se font remarquer Malpighi, Bellini, Lower, Glisson, Santorini, Senac, Duverney, Ruysch, De Graave, et tant d'autres dont il serait trop long d'épuiser ici la liste. Il ne serait pas difficile de démontrer que ce fut Vésale qui les guida dans leurs recherches et que ces anatomistes ne se firent spéciaux que parce que trouvant le champ de la science déjà entièrement exploré, ils durent se borner à en cultiver çà et là quelque parcelle, afin d'y faire de nouvelles découvertes; encore ces dernières ne peuvent-elles leur être attribuées sans partage. Ainsi les recherches de Malpighi sur le cerveau, le foie, la rate; celles de Willis sur les nerfs; de Senac, de Lower, de Vieussens sur le cœur, se trouvent en germe dans l'anatomie de notre compatriote.
Mentionnerons-nous maintenant le dix-huitième siècle, et l'esprit philosophique qui a présidé à ses travaux? Mais là encore il faudrait dire que Vésale est allé au devant des vues
VÊSALE. 6S
qui^ deux siècles plus tard^ devaient inspirer à Bordeu et à Bichat ridëe de Fanatomie géneVale.
Quant aux travaux en anatomie comparée^ auxquels notre époque consacre ses veilles, Vësale peut encore en re'clamer une large part. Il est vrai quil a dépossède Fanatomie des animaux du rôle que Galien lui avait fait jouer dans la science de l'organisation de Fhomme ; mais en faisant connaître en quoi ces organisations diffèrent, il a indiqué la route aux Vicq-d'Azir, aux Daubenton, aux Guvier, aux Duroeril, aux Geoffroi de Saint-Hilaire, aux Meckel, aux Tiedemann, aux Garus, aux Muller, en un mot, à tous ces anatomistes qui, de nos jours, poursuivent Fanalogie des êtres, au milieu des varia^ (ions infinies quils présentent.
Ad. Burggraeve.
LES BELGK9 ILLUSTRES
Au seizième siècle , la science de la nature saluait un beau triumvirat en Belgique : De L'Escluse , Dodoëns et De L'Obel , ces trois grands hommes qui se partageaient Fëtude du monde animé, des merveilles de l'organisation^ des formes singulières que la découverte de l'Amérique avait livrées à la curieuse attention des Européens. Ces hommes préparaient la voie à Jiinnée, à Buffon^ à Cuvier, qui, consciencieux et recon-
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