‹ Les bénédictins de Saint-Vanne et la RévolutionChapitre 112 sur 124 · Frayhier, Hi^t. du clerffé cath. d'Alsace, p · texte numérisé non relu

Frayhier, Hi^t. du clerffé cath. d'Alsace, p

D'autres sont bibliothécaires : Dom Demang-eot à Verdun, comme Dom Maugérard, le fameux pilleur de bibliothèques, mais pour le plus grand profit de celle de TévêquedeMetzqu'ilorg-anise; d'autres archivistes: Dom Peuchot, de la Haute-Marne, Dom F. Charles, du Doubs.

Avec Dom Bernardin Pierron, nous arrivons à l'enseignement utilisé par le plus grand nombre plutôt comme une situation et une ressource que comme une occupation désintéressée. L'ancien visiteur et prieur de Saint- Arnould professe la rhétorique à Metz et publie une quantité d'ouvrages à Tusage des classes (grammaires ^ etc..) comme suite à son Temple des Messins. En 1812^ il succéda à son frère François-Jacques, ancien récoUet^ curé doyen de Virton, où il mourut le ] 7 juin 1814.

Dom Mabille continuera toute sa vie à diriger le collège de Vertus, inamovible et respecté, ainsi de Dom Stein à Commercy. Dom Ybert, ancien procureur général à ^Paris, conserva ses fonctions de principal du collège de Verdun, durant toute la Révolution, malgré les hauts et les bas où le balançait l'instabilité des régimes jusqu'en 1819. L'âge et la Restauration l'obligèrent à démissionner. Il vit alors dans la retraite et console ses 'loisirs avec l'histoire de Port-Royal de Dom Glémencet, dont il fait ses délices, ainsi qu'il le conte à son ami Dom Grappin. Dom Gérôme est également principal du collège de Toul. Dom Lombal éduque un moment les gamins de Stenay. Dom Dussert fonde, avec le concours d'une famille de Paris^ dont il avait eu les deux fils en pension, tandis qu'il était curé de Rhuis, un pensionnat à Senlis. « Tout va, plus de 60 élèves, dont 26 pensionnaires », écrit-il joyeusement à Dom Grappin (23 janvier 1812).

Des prêtres mariés en font partie, qui eurent à subvenir aux besoins d'une famille : Dom Termonia, directeur de l'école secondaire à Sedan; Dom Couchot, professeur à Saint-Mihiel; Dom Gabriel, maître de pension

à Troyes; Dom Nicolas Louis, professeur de g^ramîiiaire à TEcole d'arts et métiers de Gompièg^ne; Dom Biétrix, instituteur à Besançon.

Enfin, quelques-uns sont précepteurs : Dom Bey se trouve en 1814 chez le général comte Hulin^ ; Dom 'Charles Lenfumey chez M. de Vogue à Ghevig-né-en- Val *; Dom Glerc avait été secrétaire du duc de Montbazon; Dom Winckel, de Metz, est demandé par Keiffer, gouverneur du jeune comte de Marcow, fils de l'ambassadeur de Russie. Plusieurs bénédictins de Metz se rendent en Prusse ou en Bavière : Dom Melin à Mariembourg en 1808, Dom Joseph Amiot à Munich, Dom Michel Guerrier à Hambourg, puis en Bussie. Sans doute, un de leurs confrères, émigré, leur signalait ou leur retenait une place, peut-être Dom Maugérard qui avait de nombreuses relations en Bavière s'ingéniait-il à les caser.

Je ne creuserai pas plus profondément les avatars ■de tous ces professeurs ou de tous ces religieux émancipés, pas plus que je ne suivrai les bénédictins mariés dont je n'ai fait qu'efïleurer la vie, quelque profit qu'y pût trouver un moraliste. Je ne voudrais pas risquer ■de rencontrer l'original de ce Dom Bigou dont Balzac lil^rava les traits dans Les Paysans, traits grossis démesurément par l'optique du romancier, glanés un peu partout et ramassés^ sur un type, mais réels et non imaginaires. Il ne faudrait pas jurer qu'on ne pût retrouver chez les vannistes certains des modèles dont il se servit, non pas certes tombés au point de cynisme odieux de ce bénédictin « déprêtrisé », mais suffisamment atteints pour en faire des êtres d'exception. Ges chutes motivées autant qu'accélérées par les serments du début ■de la Bévolution, serments qui établirent l'étiage moral de ces quelques vannistes, n'importent d'ailleurs qu'au-

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