‹ Les bénédictins de Saint-Vanne et la RévolutionChapitre 19 sur 124 · Barbier, Dictionnaire des anonymes · texte numérisé non relu

Barbier, Dictionnaire des anonymes

Claude-François Denis, dans le Narrateur de la Meuse (janvier 1826, n° 1628), bien placé pour connaître les vannistes (l'un d'eux, prieur du Breuil, Dom Aubry, fut son ami et lui laissa ses papiers), confirme l'assertion de Barbier et ajoute : « Les principes de cet écrivain lui firent perdre les charges et les dignités de son ordre dans une sorte de concile provincial tenu à son sujet par les évèques de Toul, Metz et Verdun. »

2. D. Jean-François, Bibl. des écrivains de l'O. S. B., Bouillon, 1777, 4 vol. in-4».

3. Journal de Luxembourg (édité par Feller, qui était loin d'être janséniste).

l'amour de Dieu au gré des Jésuites, le phénomène est assez surprenant. Dom de l'Isle ne semble avoir entrepris son ouvrage que pour appuyer le molinisme ^.

Voilà le grand mot lâché. C'était la qualification symétrique à janséniste. Dom Mougenot jugera cette doctrine opposée à celle de la Congrégation. Par un artifice facile et qui ne pouvait tromper personne, Tauteur déclarait qu'il avait été inspiré par un de ses amis, bénédictin de Saint-Vanne, qui n'avait pas voulu s'en charger parce qu'il seroitw indécent de voir le frère armé contre son frère «. Le bon apôtre ! La même phrase se trouve mot pour mot dans une brochure inspirée des mêmes sentiments, écrite dans le même style, que Dom Mougenot signera, celle-là, en 1772. Enfin, après nombre d'aménités sur «cet écrit indigeste», après avoir accusé Dom de risle d'avoir plagié un certain M. Vitasse, l'auteur attaque Tournély. Il faut voir dans ce factum l'origine des trois volumes qui vont suivre contre ce théologien.

Quant à ces attaques haineuses, pour ne pas dire plus, Dom Jean François les juge ainsi :

Quand on est aussi grand dans son corps que l'étoit à tous égards Dom Joseph de l'Isle, on doit s'attendre aux piqûres des frelons, à recevoir des traits lancés par la jalousie. Cela ne lui manqua pas et il a lu avec le sang-froid ■du philosophe chrétien une brochure satirique faite contre lui, brochure dont les étourdis ont ri par complaisance, sans l'approuver, et que les honnêtes gens ont généralement désapprouvée 2.

Le Tournély convaincu d erreur fut naturellement accueilli avec les plus grands éloges par les Nouvelles ecclésiastiques ^. Cela suffit à établir les tendances de

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