Dom Jean François, ouv. cité, t. II, p
3. Nouvelles ecclésiastiques, année 1764, p. 118 ; 1765, p. 205; 1771, p. 113 ; 1773, p. 85.
ouvrag^e qui combattait un ennemi des jansénistes. Je rois inutile d'entrer dans les discussions sur la grâce. Mais ce livre mit en lumière Dom Moug^enot. C'est probablement de ce moment que date Tamitié et Tadmipation de Tarchevêque de Lyon, Mgr de Montazet \ pour le bénédictin, qui correspond sous le manteau avec Tabbé Clément du Tremblay par l'intermédiaire de Dom Clément ^.
Mais la notoriété de Dom Mougenot ne pouvait pas se borner, malgré toutes les précautions, au clan janséniste. L'apparition successive des trois tomes du Tournély convaincu , en 1764, 1765, 1770, durent attirer sur lui l'attention des supérieurs. Dès 1766, Pacciaudi signalait « les tracasseries qu'avait essuyé l'auteur de la réfutation de Tournély •*. » C'étaient évidemment des enquêtes de l'Ordinaire. Le bénédictin dut se défendre habilement, car en 1769, lesNouvelles disaient : « Actuellement la Congrégation de Saint-Vanne jouit d'une assez grande paix. Les supérieurs en usent bien avec les appelans et n'ont pas moins d'égards pour eux que pour les acceptans '*. >>
L'orage amoncelé sur la tête de Dom Mougenot éclata pourtant en 1772, après la publication de son troisième volume. La procédure n'avait pas été rapide, puisqu'on l'avait laissé libre pendant une quinzaine d'années d'enseigner une philosophie si particulière. A l'instigation des évêques de Metz, Toul et Verdun,
1. Antoine de Maloin de Montazet, né 1712, dioc. Agen, sacré év. d'Autun le 25 août 1741, arch. de Lyon depuis 1758. Cf. Picot, IV, p. 493.
2. Revue Bossuet, VII, 314. L'abbé Clément du Tremblay (1717-1804), trésorier de l'église d'Auxerre, était un des membres les plus militants du parti janséniste. Il sera évêque constitutionnel de Seine-et-Oise en 1796.
3. Bibl. de Besançon, ms. 624. Lettre de Pacciaudi à DomBerthod.Gf. ci-après, p. 301.