Jérôme, ouv. cité, pp
2. A rassemblée du bailliage de Vie, Dom Baudot possédait deux voix, Tune pour sa communauté, l'autre par délégation (Mangenot, ouv. cité, p. 494).
Dom Pierson, abbé de Saint-Léopold, doyen d'âge, fut nommé scrutateur ; Dom Didelot, prieur de Laye, rédigea les procès-verbaux; Stanislas de Boufflers,abbé de Longeville, présidait l'Assemblée.
Un peu auparavant, Dom Gallet avait été élu commissaire de l'Assemblée patriotique des États de la province de Nancy le 21 janvier 1789, et à la dernière séance, le 25, fut Tun des trois ecclésiastiques nommés sur la Commission de 12 personnes qui devaient correspondre avec les quatre députés de Paris ^ .
Tous les députés appartenant à la Congrégation firent excellente figure dans les Assemblées. Partout, les communautés firent choix de leur prieur pour les représenter ^. L'esprit de subordination et de hiérarchie était donc intact, sinon au fond, du moins en apparence. Agir autrement eût peut-être été impolitique pour les religieux. Ils ne durent même pas y penser. Leur chapitre général était proche. L'ordre social n'est pas encore bouleversé et l'on pense construire pour durer.
Les bénédictins paraissent estimés de tous les partis, ils étaient considérés comme les plus représentatifs des
J. Ghatrian (Journal de). Extraits. Sem. religieuse de la. Lorraine,2S fév. 186i, p. 19. Sur ce curé lorrain, qui laissa des volumes de notes sur l'histoire religieuse de son époque, cf. Thiriet, L'abbé L. Ghatrian, 1752-i8i.'t. Nancy, 1890, 39 pp. Le titre seul d'un de ses ouvrages indique sullisamment son esprit et ses tendances : Catalogue historico-critico-rnonastique pour toute une année, par un curé myso-moine. A. Vilz-Biburg, 1801. Second volume, Partie honteuse. Les mss. étaient conservés à la bibliothèque du grand séminaire de Nancy. Ils sont invisibles depuis la séparation de 1 Kglise et de TEtat. Mes emprunts ne sont donc que de seconde main et par suite très incomplets.
2. Outre ceux qui sont cités: Dom Thénevin, prieur de Nesle (G. Laurent, Cahier des doléances pour les Etats Généraux de 1789. Epernay, Villers, 1909,11, 515). Mais il faudrait les citer tous et il n'y eut pas, je crois, d'exception.
réguliers: libéraux en même temps que conservateurs, si je puis dire, et leur renommée d'érudition, déjà tradition populaire, leur fit confier en de nombreux endroits la rédaction des cahiers :
A Paris, Dom Prêcheur, procureur g^énéral, est élule 30 avril, sur proposition de Tarchevêque, secrétaire des réunions du clergé '. Dom Pétré, prieur de Montier-la- Celle, fut, à Troyes, élu commissaire rédacteur des cahiers de doléances^, comme Dom Derône, prieur de Saint-Evreà Toul ^ (6 avril 1789), Dom Joseph George, sous-prieur du Mesnil à Lunéville, et Dom Jean-François Baptiste, prieur de Senones '*.
Quelques-uns crurent bon d'exposer sur les cahiers leurs doléances personnelles : Dom Ghomier, prieur de Rosières, signa celui du clergé, mais en ajoutant « sans préjudice à nos droits, touchant la juridiction de MM. les évêques », et à Troyes, Dom Brincourt ^, délégué de Montiéramey, protesta contre certains passages des cahiers contraires aux droits des curés ^. C'était déjà prendre parti contre son ordre, mais ce vanniste est une exception à ce moment.
Quelques vannistes passèrent aux Assemblées de réduction : Dom Collette pour le bailliage de Thionville, Dom Bonnaire pour celui de Boulay ^j Dom Josse Néophit à Bouzonville, Dom Breuillot à Besançon; ces succès étaient bien précaires et malgré la sympathie qu'ils dénotent pour les religieux sont plutôt une manœuvre du bas clergé.