‹ Les bénédictins de Saint-Vanne et la RévolutionChapitre 3 sur 124 · GalLia Christiana^ t. XV, fol · texte numérisé non relu

GalLia Christiana^ t. XV, fol

3 Sur tous ces évèques, cf. Sicard, L'ancien clergé de France. Les évèques avant, pendant et après la Révolution, Paris, 1894-1905, 3 vol. in-8°, etBaunard (Mgr): Lépiscopat français depuis le concordai français jusqu'à la Séparation. Paris, i 907, un vol. in-4°.

évêque de Châlons, abbé de Montiérender ; Pierre du Gaylar, mort en 1789, évêque de Digne, abbé de Saint-Urbain ; François-Gabriel Moreau, évêque de Mâcon, abbé de Mou/on ; Charles-Joseph de Rafélis de Saint-Sauveur, évêque de Tulle, abbé de Montiéramey ; Claude-Jules Apollinaire de Polignac, évêque de Meaux, abbé de Saint-Evre de Toul ; Etienne-François-Xavier de Champorcin, évêque de Toul, abbé de Saint-Mansuy ; Barthélémy Chaumont de la Galaisière, évêque de Saint-Dié, abbé de Saint-Mihiel ; Sébastien-Michel Amelot, évêque de Vannes, abbé de Saint- Vincent de Besançon.-

La mense de l'abbaye de Montier-la-Celle était unie depuis 1770 à Tévêché de Troyes qui avait comme titulaire Louis Mathias de Barrai. Il en était de même de Saint-Vanne de Verdun, que possédait l'évêque de cette ville, Louis-Henri Desnos. Enfin^ Louis-Albert de Lezay-Marnesia, ancien évêque d'Evreux ^, possédait l'abbaye de Beaulieu.

Trois vicaires généraux : Louis-Antoine de la Roche- Fontenilles d'Agen, envoyé à Téchafaud le 27 octobre 1791, alors qu'il ne cherchait qu'un gîte où il pût vivre tranquille — une des premières victimes de la Révolution, par conséquent — était abbé de Nesle ^ ; Joseph

1. Louis-Albert de Lezay-Marnésia, anc. év. d'Évreux, abbé commendataire de Bellevaux et de Beaulieu, était retiré à Lonsle-Saulnier, où il s'était fait construire une belle maison en pierre de taille dont la façade donne sur la place Perraud actuelle, en face de l'Hôtel de Ville. Il y mourut le 4 juin 1790r à l'âge de 83 ans. Son corps fut inhumé dans l'église des Capucins, devenue une écurie en. 1795. Son cadavre fut exhumé, profané. Le sarcophage de pierre servit d'auge ou d'abreuvoir pour les chevaux. Depuis l'on a construit le lycée de garçons^ sur l'emplacement du couvent démoli et le même cercueil sert d'auge à la pompe de la cour (Perrod, F. X. Moïse, évêque du Jura , dans les Mémoires de la Soc. d'émulation du Jura, 7* série, 4* vol., p. 64, notCi.

2. Prévost (A.), Le rftocèse de Troyes pendant la Révolution^ t. I, 122 ; t. III, 111.

de Nettancourt-Vaubecourt, vicaire général de Ghâlons, abbé de Saint-Pierre-aux-Monts; M. de Meun de Sarlabousl, vicaire général de Gomminges, était abbé de Bouzonville.

Enfin, neuf bénéficiers ^ vivaient sur les abbayes restantes: Thomas de Joyeuse de Grandpré, abbé de Saint-Symphorien de Metz; Olivier le Gren de Kerbolo, grand chantre de Mortain, abbé d'Huiron; Gharles- Gabriel-Noël de Villeneuve d'Ansouis, ancien chanoine de Montpellier, abbé de Moiremont ; Jean-Glaude Richard de Saint-Non, abbé de Pothières ; Alphonse- Hubert Lattier de Bayane, auditeur de rote de France à Rome, abbé d'Hautvillers ; Stanislas-Gatherine de Roufflers ^, abbé de Longeville; Ainard de Glermont- Tonnerre, oncle de Tévêque de Ghâlons, abbé de I.uxeuil ; Louis-Alexandre de GoUa de Pradines, abbé de Saint-Sauveur de Vertus.

Tels étaient les commendataires qui profitaient de la Congrégation de Saint-Vanne. Je ne puis nommer les titulaires des nombreux prieurés dont furent dépossédées successivement les abbayes. Un peu moins élevé peut-être, le recrutement était, dans ses grandes lignes, le même. Mais les vingt-cinq importants personnages qui viennent d'être cités suffisent. Ils représentent parfaitement le haut clergé français. Une

1. Nommé abbé en mai 1782, émigra à Fribourg où il fut directeur de la princesse Louise-Adélaïde de Gondé, puis chanoine de Saint-Denis après la Révolution (Lesprand, Le (Aergé messin et.la Révolution, Revue eccl., août 1911, pp. 431- 413).

2. L'Almanach royal donne M. Fumée (?) comme abbé de Saint-Clément de Metz. Je n'ai pas d'autres renseignements sur ce commendataire. A Saint-Avold, M. de Chaumont de la Galaizière, mort en 1783, n'avait pas été remplacé.

3. Né le 31 mai 1738, f 19 janviej' 1815. Cf. Maugras (Gaston), Dernières années de la Cour de Lunéville, Paris, Pion, 1906, in-S", Maugras (G.), La marquise de Boufflers et son fils le chevalier de Boufflers, Paris, Pion, 1907, in-8°.

esquisse biographique sur quelq<ues-uns d'entre eux fixera la physionomie delà caste tout entière. Je n'insisterai pas sur les évêques dont l'existence a été suffisamment explorée, mais sur les simples commendataires. Deux de ceux-ci sont intéressants, d'autant qu'ils pétitionnèrent pour le maintien de leur abi3aye et leur traitement. Ils fourniront des traits généraux,.

Jean-Claude Richard de Saint-Non a laissé un nom assez connu dans l'histoire des arts'.

Il naquit à Paris en 1727, il était fils d'un receveur général des Finances. Il entra dans les ordres, mais ne dépassa pas le sous-diaconat. D'abord conseiller clerc au Parlement de Paris, il fut tout heureuj des circonstances qui lui permirent de donner sa démission pour se livrer entièrement au dessin pour lequel il se sentait une véritable vocation. Son voyage en Italie en 1751* décida de sa vie. Ce fut l'origine de cet ouvrage considérable pour lequel il dépensa sa fortune : Le Voyage pittoresque de Naples el de Sicile^ en cinq volumes in-f®, qu'il mena à bien et qui parut en 1781-1786. Il Ijrava des eaux-fortes et laissa des eî5tam{>es en grand nombre.

11 ne possédait pas d'autres revenus que les 8.000 livres que lui rapportait l'abbaye de Pothières et lorsqu'il fut question des offrandes patriotiques « fut le premier des bénéficiers qui vient déposer la sienne sur l'autel de la Patrie ».

Messieurs, dit-il, dans une lettre envoyée à l'A. N., pour être membre du clergé, on n'en est pas moins patriote, je viens vous offrir, non le quart de mon revenu, mais la moitié. Je n'ai qu'une abbaye qui me rapporte 8.000 livres, je m'oblige à en verser 4.000 dans le Trésor public dans le courant du mois de janvier prochain. Il ne me reste qu'un

1. Michaud, /^lOf/r/jp/ite universelle, t. XXXV, pp. 375-376.

vœu à faire, c'est que tous les Abbés commendataires eit fassent autant K

Peu de temps après, il s'autorisa de celte démarche spontanée et généreuse pour adresser une deuxième i^quête à l'Assemblée pour demander la conservation de Pothières.

L'intérêt que l'abbé doit prendre à son abbaye, la connaissance'et la certitude même oi^i il est de l'utilité infinie dont elle est au pays dans lequel elle est située sont lesseuls titres qui l'engagent à joindre ses instances à celles de ses religieux... Loin de penser à faire (des représentations) pour lui-même, il s'est regardé heureux de pouvoir contribuer par le sacrifice de plus de la moitié de son revenu au bien et au soulagement de la chose publique^ mais il a pensé qu'il étoit de son devoir de s'occuper uniquement du sort non seulement de ses religieux, mais de l'intérêt même de l'abbaye et de tous les villages qui en dépendent.

Le bâtiment principal à peine fini a coûté 100.000 écus, II faudrait y réunir des religieux qui vivront avec leurs pensions. Formant alors une conventualité plus considérable, ces religieux, parmi lesquels il en est plusieurs d'un très grand mérite, pourroient se rendre très utiles en se livrant avec succès à l'éducation gratuite des jeunes gens du pays ou des environs, emplo\^ vraiment utile pour un ordre religieux et qui seul pourroit faire désirer d'en conserver quelques-uns à la Société 2.

L'on pourrait pardonner les arguments contestables-

1. Brizard (Gabr.), Notice sur J.-C. Richard de Saint-Non^ amateur honoraire de l'Académie de peinture^ de Tinipr. de Glouzier, 1792, 1 br. in-S", 36 pp., p. 31.

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